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Droits de scolarité: Québec convoque tous les leaders étudiants

La FEUQ entrevoit une «possibilité de régler le conflit rapidement»

Les représentants de la FECQ et de la FEUQ, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins. Tous les leaders du mouvement étudiant ont rendez-vous avec le négociateur en chef du gouvernement du Québec cet après-midi.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Les représentants de la FECQ et de la FEUQ, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins. Tous les leaders du mouvement étudiant ont rendez-vous avec le négociateur en chef du gouvernement du Québec cet après-midi.
Y aura-t-il répit dans la crise étudiante qui secoue le Québec depuis plus de 80 jours? Le négociateur en chef du gouvernement du Québec a convoqué aujourd'hui à Québec toutes les associations étudiantes impliquées dans le conflit, y compris la CLASSE, de même que les principaux acteurs concernés. La rencontre a lieu alors que s'ouvrira à Victoriaville le conseil général du Parti libéral.

Des chefs syndicaux les ont suivis, afin de participer à une rencontre convoquée par le gouvernement.

La nouvelle a été confirmée vers 13h30 par le bureau de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp. Un communiqué émis par son bureau mentionne simplement que la rencontre portera «sur la situation du conflit étudiant». Mme Beauchamp sera présente à la réunion, de même que la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne (ancienne ministre de l'Éducation). Des représentants des institutions collégiales et universitaires sont aussi parties prenantes à ce sommet élargi.

Depuis Victoriaville, où il prenait part au conseil général du Parti libéral, le premier ministre Jean Charest a semblé vouloir baisser les attentes quant à cette rencontre.

«Aménager un espace de discussion, c’est déjà en soi une bonne chose. On a toujours raison de se parler dans un environnement respectueux et apaisé, c’est ce que nous voulons», a-t-il commenté.

Réintégration de la CLASSE

La rencontre marquera la réintégration de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) comme interlocuteur entre Québec et les étudiants. Le gouvernement avait auparavant exclu l'association, au prétexte qu'elle ne décourageait pas suffisamment la violence.

Outre les fédérations étudiantes collégiales et universitaires (FECQ et FEUQ), seront présents à la table la Fédération des cégeps, la Conférence des recteurs des universités et les syndicats de professeurs (CSN, FTQ et CSQ).

Avant la rencontre, les porte-parole de la FEUQ et de la FECQ, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin, se sont dits optimistes, mais méfiants. «Les ministres [de l’Éducation et du Conseil du trésor] Line Beauchamp et Michelle Courchesne seront là. Ça laisse présager qu’on veut régler la situation et trouver une sortie de crise», a affirmé Mme Desjardins.

«Je ne présume pas de la mauvaise foi du côté gouvernemental, a pour sa part avancé son collègue de la FECQ. Je pense que, du côté gouvernemental, on a aussi compris qu’il y avait urgence d’agir.»

À Montréal, la nouvelle a été accueillie positivement par Gabriel Nadeau-Dubois. «On a hâte de voir ce qui sera discuté, en espérant que ça va aider à régler le conflit», a-t-il indiqué ce midi en marge d'une conférence de presse où une trentaine de professeurs de cégeps et d'universités ont réaffirmé leur soutien aux étudiants. «On se présente à Québec avec beaucoup d'espoir. Actuellement, les étudiants ont la volonté de trouver une solution au conflit. Mais encore faut-il que les libéraux constatent que chez les principaux concernés, leur décision d'augmenter les frais de scolarité ne passe pas et crée une contestation sans précédent.»

Dans un manifeste lu devant des centaines de sympathisants bruyants (des professeurs et des étudiants), les enseignants ont salué la «solidarité et la détermination dont font preuve les étudiants malgré les tentatives répétées du gouvernement pour les diviser et discréditer leur mouvement». Ils ont aussi réitéré leur «refus du recours au judiciaire comme gendarme de la pédagogie» et revendiqué la «tenue d'États généraux sur l'Université».

Négos?

Difficile de prévoir pour le moment sur quoi porteront précisément les discussions. Mercredi, le ministre des Finances Raymond Bachand avait fermé la porte à une reprise des pourparlers avec les associations étudiantes, à qui il reproche de rester campées sur leur position contre la hausse des droits de scolarité. «Ils ne bougent pas, ils n’ont jamais bougé, a lancé M. Bachand. Une table de discussions est une illusion quand vous avez quelqu’un qui n’a qu’un mandat, le gel des frais de scolarité.» À son avis, la «solution globale» soumise par le gouvernement vendredi dernier a répondu à l’une des principales revendications du monde étudiant, soit l’accessibilité aux études supérieures pour le plus grand nombre.

Reste donc le dossier des droits de scolarité pour lequel les parties défendent des positions aux antipodes. Devant l’impossibilité d’en venir à une entente, les Québécois seront appelés à décider de la marche à suivre lors du prochain scrutin «d’ici un an», a déclaré le ministre Bachand. «Il y a une place pour régler ça, c’est lors d’une élection. Il y a un parti qui veut la gratuité, un autre qui veut les geler, il y en a deux qui pensent qu’il faut qu’on finance les universités», a-t-il dit au sujet des positions défendues par les formations politiques représentées à l’Assemblée nationale.

La ministre Beauchamp refuse elle aussi depuis des semaines de discuter de la question centrale du conflit, soit une hausse des droits de scolarité de l’ordre de 75 % en cinq ans. Elle refuse également d’aborder l’idée de la gratuité scolaire soumise par la CLASSE.

Pendant ce temps, à Victoriaville

Cette rencontre au sommet entre le gouvernement et les étudiants doit se tenir alors que Victoriaville, où se tient le conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ), devrait être le théâtre d’une manifestation étudiante aujourd’hui. Celle-ci doit débuter vers 17h. Un peu plus d’un millier de personnes sont attendues, selon les informations circulant sur les réseaux sociaux.

Et selon le Parti québécois, les citoyens de Victoriaville seront les prochains à faire les frais de la mauvaise gestion de crise du gouvernement Charest. Selon la députée péquiste Agnès Maltais, les citoyens de Victoriaville devront faire les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables. «Ce que je trouve terrible, c’est que la mauvaise gestion de cette crise par le gouvernement nous a amenés devant une situation qui pénalise tout le monde, a-t-elle dit dans une conférence de presse à l’Assemblée nationale à Québec. Cela pénalise les étudiants, les policiers, les citoyens de Victoriaville et même, à la limite, les militants libéraux.»

Ce conflit a été géré de façon «déplorable», a-t-elle poursuivi. À l’opposé, elle a fait valoir la méthode du PQ qui, quand il était au pouvoir, «a travaillé sur de grands sommets» et «a amené tout le monde autour de la table».

La municipalité appréhende depuis déjà quelques jours l’arrivée des étudiants grévistes. La Sûreté du Québec exerce une surveillance accrue. Le PLQ avait choisi de déplacer sa rencontre de Montréal vers la municipalité du Centre-du-Québec par crainte de perturbations, mais les associations étudiantes ont décidé de suivre les libéraux à la trace et de mobiliser leurs troupes.
Les représentants de la FECQ et de la FEUQ, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins. Tous les leaders du mouvement étudiant ont rendez-vous avec le négociateur en chef du gouvernement du Québec cet après-midi. Gabriel Nadeau-Dubois était ce midi en conférence de presse où une trentaine de professeurs de cégeps et d'universités, dont Guy Rocher, ont réaffirmé leur soutien aux étudiants.
 
 
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