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    Les étudiants déposeront une contre-proposition demain

    30 avril 2012 19h31 |La Presse canadienne | Québec
    Québec — Les leaders étudiants entendent reprendre l’offensive demain avec le dépôt d’une contre-proposition au gouvernement Charest à «coût nul» pour les contribuables. La contre-offre ne fera aucun compromis sur le gel des droits de scolarité mais épargnera néanmoins les contribuables de toute charge supplémentaire, a indiqué aujourd'hui la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins.

    «C’est non seulement à coût nul mais on fait économiser de l’argent. Je dirais même que la proposition se porte à la défense des contribuables», a dit la leader étudiante lors d’une entrevue accordée à La Presse canadienne.

    La proposition sera rendue publique à Montréal par la FEUQ et la Fédération étudiante collégiale (FECQ). Le regroupement le plus militant, la CLASSE, a été avisé de la démarche.

    Inspirée des informations obtenues à la table des discussions avec le gouvernement la semaine dernière et fruit des délibérations de la fin de semaine, la contre-proposition que s’apprêtent à soumettre les étudiants permet enfin d’espérer «une sortie de crise», a soutenu la présidente de la FEUQ.

    «Nous, on croit que c’est une sortie de crise. On a écouté beaucoup d’experts, on a épluché nos recherches, on a revu notre argumentaire et si le gouvernement veut discuter de la proposition, nuancer certains éléments, on est toujours très ouvert», a-t-elle fait valoir.

    Pour la présidente de la FEUQ, «l’offre globale» soumise par le gouvernement Charest vendredi n’est tout simplement pas acceptable. Non seulement l’offre maintient la hausse des droits de scolarité mais elle alourdit la facture refilée aux étudiants compte tenu de l’indexation.

    «On se bat contre l’augmentation des droits de scolarité et c’est une proposition qui vise à hausser les droits de scolarité. Vous comprendrez que nos associations ont pris ça comme une insulte», a-t-elle dit.

    Pas de médiateur
    ...

    Selon Mme Desjardins, la contre-proposition n’inclura pas la nomination d’un médiateur au dossier même si toutes les associations étudiantes, y compris la CLASSE, sont favorables à l’intervention d’un tiers dans le débat.

    La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, n’a pas complètement fermé la porte lundi à la nomination d’un médiateur mais a prévenu les associations étudiantes qu’elles devront d’abord assouplir leurs positions.

    S’ils souhaitent dénouer l’impasse, les leaders du mouvement de boycott doivent «envoyer un signal» et abandonner leur revendication en faveur du gel des droits de scolarité, a fait savoir la ministre en point de presse.

    «Ça va prendre un signal que le débat ne porte pas uniquement sur: "je ne veux pas ma facture et donnez là à quelqu’un d’autre". Ça va prendre un autre débat car si ça revient toujours au gel des droits de scolarité, je vais être très claire, je vais toujours refuser de transférer la facture à l’ensemble des contribuables québécois», a tranché Mme Beauchamp.

    Alors que s’amorce la 12e semaine de boycott dans les universités et les cégeps, la ministre Beauchamp a appelé les étudiants «de la base» à prendre le temps de bien soupeser «la solution globale» soumise par le gouvernement.

    Québec propose en outre d’étaler sur sept ans plutôt que cinq l’augmentation de 1625 $ des droits de scolarité. L’offre est assortie de bonifications aux bourses et aux prêts.
    À peine rendue publique vendredi, la proposition du gouvernement était déjà décriée sur toutes les tribunes par les leaders étudiants.

    La ministre reproche à ces derniers de demeurer braqués sur le gel des droits de scolarité plutôt que de faire les compromis nécessaires pour aplanir les différends.
    «Il va falloir qu’il y ait du mouvement du côté étudiant. On ne peut pas dire: je suis en négociation, je veux un médiateur et ne jamais bouger. Ça n’a jamais bougé après 12 semaines», a-t-elle relevé.

    Deux cégeps annulent leurs cours

    Deux cégeps ont à nouveau décidé de ne pas donner de cours aujourd'hui, soit le cégep de Saint-Laurent, à Montréal, et le cégep de Sherbrooke en raison de la présente de piquets de grève devant les portes de ces institutions.

    Pendant ce temps, les Fédérations étudiantes collégiale et universitaire sont à consulter leurs membres et se préparent à présenter — possiblement dès demain — une contre-proposition aux offres du gouvernement Charest qui serait assortie d’une demande de médiation.

    À la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), le comité de campagne, une instance mise sur pied durant le conflit, est à analyser les options devant lesquelles se trouvent leurs membres. Ceux-ci sont à être consultés dans diverses assemblées générales et leur position devrait être connue d’ici mercredi.

    La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), quant à elle, procède également à des consultations de ses membres, mais on ne s’attend pas à avoir de résultat avant vendredi.

    La CLASSE, qui a consulté ses instances en fin de semaine, a déjà fait part de son rejet des offres gouvernementales.

    Entre-temps, la mobilisation se poursuit. Les étudiants ont l’intention de se joindre en grand nombre à la manifestation de la Jounrée internationale des travailleurs, le 1er mai, soit ce mardi, et les manifestations quotidiennes, qui ont lieu en soirée à Montréal et que l’ont qualifie «d’auto-organisées», doivent se poursuivre.

    Les étudiants prévoient également se rendre en très grand nombre à Victoriaville le week-end prochain, à l’occasion du conseil général du Parti libéral du Québec. D’autres groupes de pression désireux de faire part de leur mécontentement envers le gouvernement Charest pour différentes causes y sont également attendus.












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