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Sur fond de grève étudiante, Québec solidaire adopte sa plateforme électorale

Gratuité scolaire progressive et parité homme-femme étaient au coeur des discussions

28 juin 2012 17h31 | Marco Bélair-Cirino | Québec
Québec solidaire tient cette fin de semaine à Montréal son 8e congrès, pendant lequel les militants sont appelés à adopter la plateforme électorale du parti. <br />
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Photo : Marco Bélair-Cirino - Le Devoir Québec solidaire tient cette fin de semaine à Montréal son 8e congrès, pendant lequel les militants sont appelés à adopter la plateforme électorale du parti.

Réunis à l'occasion du 8e congrès de leur formation politique, des dizaines de délégués de Québéc solidaire (QS) mettent ce week-end la dernière main à leur plateforme électorale avec en toile de fond la crise étudiante.

La présidente de QS, François David, a salué samedi la «maturité», l'«intelligence», la «créativité» de la jeunesse québécoise. «Ils veulent que les choses changent. Ils ont l'espoir d'y arriver», a-t-elle déclaré lors d'un entretien avec Le Devoir.

Les délégués du parti de gauche ont réitéré samedi en fin d'après-midi leur appui à la «lutte historique» du mouvement étudiant dans le bras de fer qui l'oppose depuis plus de 10 semaines au gouvernement libéral. D'ailleurs, plusieurs d'entre eux ont confirmé leur intention de manifester une nouvelle fois aux côtés de milliers d'étudiants ne digérant pas la «solution globale» mise de l'avant par le premier ministre, Jean Charest, afin de dénouer la crise étudiante.

Le gouvernement «ne prend pas la mesure» de la «révolte populaire», selon Françoise David. «Au delà de quelques anectodes regrettables, j'observe un mouvement étudiant qui réagit avec beaucoup d'intelligence à toutes les tentatives de déstabilisation gouvernementale. À mon humble avis, c'est du jamais vu», a-t-elle affirmé.

Françoise David, qui briguera les suffrages dans la circonscription de Gouin, a elle aussi battu le pavé jeudi soir afin de protester contre l'attitude du gouvernement, qui laisse à ses yeux pourrir la situation. Elle s'est défendu samedi d'avoir pris part à une manifestation déclarée illégale selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), arguant notamment que sa présence — ainsi que celle de son bras droit Amir Khadir — a pu contribuer à sa « pacification». «J'ai marché une heure à peu près. Je n'ai pas vu le début d'un geste de provocation. Très calme. C'était difficile d'imaginer qu'on était dans une manif illégale», a-t-elle relaté.

Par ailleurs, Françoise David nie chercher à convaincre les leaders étudiants — Gabriel Nadeau-Dubois (Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE)), Martine Desjardins (Fédération universitaire du Québec (FEUQ)) et Léo Bureau-Blouin (Fédération étudiante collégiale (FECQ)) — de défendre les couleurs de QS lors de la prochaine campagne électorale. «Il n'y a eu aucune approche, de près ou de loin, formelle ou informelle, à l'égard des trois représentants», a-t-elle souligné. «Franchement, même si on y avait pensé, est-ce qu'on peut se dire que ce n'est pas le temps. Il me semble qu'ils ont beaucoup d'autres chats à fouetter.»

Promesse impopulaire


Rappelons que Québec solidaire propose d'«appliquer progressivement» la «gratuité scolaire» même si une majorité de Québécois sont aujourd'hui favorables à la hausse des droits de scolarité. «Ce qui pourrait être intéressant suite à cette crise, à cette grève, c'est qu'un certain nombre d'étudiants décident d'aller voter. […] et tant qu'à voter, qu'ils votent pour un parti qui représente les idées qu'ils défendent avec beaucoup d'enthousiasme une dizaine de semaines», a dit Françoise David, égratignant au passage la promesse du Parti québécois d'abolir l'augmentation des droits de scolarité jusqu'à la tenue d'un sommet sur l'enseignement supérieur. «On a les idées claires, nous. C'est la gratuité scolaire appliquée progressivement», martelait-elle, pendant que les délégués présents dans l'auditorium de l'école Édouard-Montpetit sise dans l'est de Montréal débattaient des promesses devant faire partie de la plateforme électorale de QS. Celles-ci seront annoncées demain à la presse.

«Raffiner nos idées»

«Il n'y a pas de changements d'orientation depuis la première année jusqu'à maintenant, c'est plutôt un raffinement de nos positions», a indiqué la coporte-parole de QS, Françoise David. «Québec solidaire va aller chercher, en termes de votes, des jeunes et des moins jeunes qui vont vraiment décider de prendre le parti de la lutte aux inégalités sociales.»

En matinée samedi, les délégués ont inscrit dans les statuts du parti «de gauche, féministe, écologiste, altermondialiste et souverainiste» l'obligation que la parité homme-femme soit atteinte dans ses instances, notamment au sein de sa commission politique. En revanche, ils ont refusé de se prononcer sur une proposition faisant en sorte que la parité candidat homme-candidate femme soit imposée dans chacune des régions administratives du Québec en vue du prochain scrutin.

«Moi personnellement j'aurais pu me présenter dans Outremont contre une femme, mais on m'a dit: "il manque un peu de candidatures femmes". Tout de suite j'ai dit: "pas de problème je vais me présenter dans une autre circonscription, celle de Saint-Henri–St-Anne"», a indiqué Nicolas Boisclair, coréalisateur du documentaire Chercher le courant. L'écologiste a admis «moins connaître» le sud-ouest de Montréal, mais a dit être très bien au fait des enjeux qui touche sa ciconscription, notamment le projet de la reconstruction de l'échangeur Turcot.

«Il n'y a personne à Québec solidaire qui veut qu'on élise un homme parce que c'est un homme ou une femme parce que c'est une femme. La chose la plus importante c'est d'élire la meilleure personne», a poursuivi Françoise David.

La machine électorale de QS tourne à fond, 90 candidats sur 125 ayant déjà été sélectionnés. Marie-Ève Mathieu, présidente du comité local de mobilisation contre le gaz de schiste de la Vallée des Patriotes et Éric Bédard, président du syndicat des enseignants de la Haute-Yamaska font partie des «recrues», tout comme Nicolas Boisclair. Ils brigueront les suffrages respectivement dans les circonscriptions de Richelieu et Yamaska.

MISE A JOUR DIMANCHE

Au dernier jour du congrès du parti, dimanche à Montréal, les militants ont adopté le programme du parti. La porte-parole du parti, Françoise David, précise que la protection des ressources naturelles, la défense des services publics et la lutte aux inégalités sociales serviront de fer de lance de Québec solidaire au cours de la prochaine campagne électorale.

Selon Mme David, les électeurs ont eu l'occasion de sa familiariser avec les orientations de Québec solidaire au cours des quatre dernières années, soit depuis l'élection d'Amir Khadir, en 2008.

À ceux qui reprochent au parti de vouloir dépenser sans compter, Mme David leur répond qu'ils connaissent encore mal la formation, puisque Québec solidaire a été le seul parti provincial à chiffrer ses engagements lors des dernières élections générales.

Québec solidaire sait mieux que tout autre où serait puisé l'argent qu'il souhaite injecter dans les programmes sociaux, assure-t-elle.

-Avec La Presse canadienne



 
 
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