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    Droits de scolarité: Québec refuse l'offre de discussion des étudiants

    La FEUQ voulait céder deux sièges à la CLASSE

    Des étudiants dans les rues de Montréal, la semaine dernière.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiants dans les rues de Montréal, la semaine dernière.
    Une nouvelle manifestation est prévue à Montréal en soirée
    Le gouvernement balaie la proposition des étudiants: il n'y aura pas de négociations avec des membres de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), exclue hier de la table de discussion. Il ouvre encore la porte aux autres groupes, dont les deux grandes fédérations étudiantes collégiale et universitaire.

    Pour retourner discuter dès demain à 14h, la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) avait réitéré sa proposition d'en céder deux sièges à des membres de la CLASSE. Ce n'est pas un ultimatum, a dit Martine Desjardins, présidente de la FEUQ. «On lui offre la solution [à la ministre de l'Éducation], on va être là demain.»

    «Pour organiser une sortie de crise intelligente, il faut que l'ensemble des organisations étudiantes soient présentes», a renchéri pour sa part le président de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

    Plus tôt cet avant-midi, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a déclaré en point de presse à Québec qu'il acceptait l'offre de la FEUQ et que son organisation était disposée à négocier. «Notre comité va se présenter à une rencontre de négociations à 14h demain. […] Si le gouvernement Charest refuse de nous accueillir, il devra justifier devant la population ce refus», a dit M. Nadeau-Dubois. «On remarque une escalade de la tensions et de la confrontation tout le monde est perdant, toutes les parties auraient avantage à s'assoupir et à dialoguer sur l'enjeu de fond aujourd'hui on voulait réaffirmer notre bonne volonté et notre bonne foi à négocier».

    M. Nadeau-Dubois a également dénoncé les attaques personnelles des dirigeants du gouvernement à son endroit. «On a assisté à un dérapage, des députés se sont livrés à des attaques personnelles. Le conflit actuel n'est pas un conflit qui oppose Gabriel Nadeau-Dubois et Line Beauchamp, ce n'est même pas un conflit qui oppose la CLASSE à Mme Beauchamp. C'est un conflit qui oppose 180 000 étudiants à un gouvernement qui, depuis 11 semaines, est incapable de régler la crise.» M. Nadeau-Dubois a rappelé que la CLASSE n'était pas une organisation violente. «Elle ne l'a jamais été et elle ne le sera jamais.» Il a souligné qu'on a vu un gouvernement par le passé négocier avec les Mohaws lors de la crise d'Oka et que la CLASSE, qui n'est pas violente, mérite le même traitement.

    «Vendetta»

    Les deux fédérations ont dénoncé l'attitude paternaliste du gouvernement dans le dossier. Mme Desjardins croit assister à un «jour de la marmotte». «On a déjà condamné la violence et on nous demande encore de le faire», a-t-elle noté. «On a l'impression que ça devient une question d'orgueil. On se demande si le gouvernement veut régler la crise, car ça semble être payant pour lui de laisser pourrir le conflit.»

    Elle a aussi condamné les accusations de la ministre de l'Éducation qui semble rendre responsable des actions de perturbations le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau Dubois. «Le gouvernement mène une vendetta contre la personne de Gabriel Nadeau-Dubois. […] L'échec des négociations ne peut pas reposer sur les épaules d'une seule personne, ça suffit les enfantillages.»

    Le journal Le Soleil a révélé que le gouvernement s'était montré favorable à un étalement de la hausse des droits de scolarité, sur 7 ans au lieu de 5.

    Les deux fédérations ont été tout aussi fermes. «Le noeud du conflit présentement est la hausse des droits de scolarité et ça doit passer par la hausse», a dit Martine Desjardins. Elle a rappelé que la hausse de 1625 $ sur cinq ans des droits de scolarité, soit une augmentation de 75 %, est une forme de «violence économique».

    Québec inflexible

    Tôt ce matin, le gouvernement Charest se montrait toujours aussi inflexible sur la question des droits de scolarité et rejetait l'idée d'un moratoire. Le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil a accusé la Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) d’encourager la violence.

    M. Dutil a déclaré lors d’un point de presse que le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, incite à la violence en ayant une position ambiguë quant aux débordements lors des manifestations.

    «M. Nadeau-Dubois s’exprime avec volubilité, dit toutes sortes de choses et quand on décode, quand on ramasse l’ensemble de ses déclarations et qu’on fait un portrait, on doit constater qu’à la fin ce qu’il dit c’est: tous les moyens sont bons pour obtenir satisfaction, y compris la violence.»

    Selon le ministre, même si des casseurs infiltrent des manifestations, la violence dans la rue est un mode opératoire connu de la CLASSE.

    M. Dutil s’en est remis aux policiers pour déterminer si M. Nadeau-Dubois contrevient à la loi en appelant à la violence. «S’il contrevenait à la loi, c’est à la police à faire des accusations, et à la cour de justice, a-t-il dit. Ce n’est pas à nous, on n’a pas de police politique.»

    Charest dit avoir pris ses responsabilité

    De son côté, le premier ministre Jean Charest a déclaré aujourd'hui que son gouvernement a pris ses responsabilités en excluant une association d’une table de discussion, dans le cadre du conflit sur la hausse des droits de scolarité.

    Alors qu’une manifestation suivant cette décision s’est soldée par 85 arrestations à Montréal, hier soir, M. Charest s’est défendu d’avoir semé la zizanie avec l’exclusion de la Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), quelques heures plus tôt.

    Selon le premier ministre, accuser le gouvernement d’avoir jeté de l’huile sur le feu déresponsabilise ceux qui posent des gestes de violence.

    M. Charest a affirmé qu’il est de sa responsabilité de condamner les débordements, ce qu’il a fait une nouvelle fois aujourd'hui.

    «Votre question déresponsabilise ceux qui posent des gestes de violence, a-t-il dit à un journaliste. Je parle de votre question à vous là, qui a comme prémisse que le gouvernement en assumant sa responsabilité, qui sont des responsabilités démocratiques légitimes, aurait légitimé des actions, c’est faux ça.»

    Pas de moratoire

    Le ministre de l’Éducation Line Beauchamp a affirmé que des contacts sont pris par le gouvernement avec les trois autres associations étudiantes pour déterminer si une reprise du dialogue est possible. La ministre a cependant exclu toute possibilité d’un moratoire sur la hausse des droits de scolarité.

    La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont toutefois établi comme condition, hier, la participation des représentants de la CLASSE à la table des négociations.

    Des professeurs indignés

    Par ailleurs, trois syndicats de professeurs de cégep et d’université se sont indignés de la décision du gouvernement d’exclure la CLASSE des négociations, accusant le gouvernement de braquer les projecteurs sur des débordements incontrôlables.

    Le président de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) Jean Trudelle a déclaré que le gouvernement a fait preuve d’un cynisme inacceptable envers la jeunesse, notamment en concentrant le débat sur les actes violents.

    «En ajoutant à son intransigeance de mauvais aloi, le gouvernement a commencé à essayer de braquer les projecteurs sur toutes sortes d’éléments qui sont un peu périphériques au fond de la question, a-t-il dit.

    «On dénonce la violence avec beaucoup, beaucoup d’insistance, on essaie d’associer cette violence-là, qui est pour nous le fait de petits groupes isolés, à une organisation étudiante qu’on veut de toutes forces discréditer.»

    Selon M. Trudelle, la décision d’exclure la CLASSE à cause d’une manifestation qui a mal tourné, mardi soir à Montréal, est un faux prétexte.

    «Tout ça nous conduit dans un cul-de-sac et je vous dirais que nous sommes extrêmement inquiets et indignés de la tournure des événements», a-t-il dit.
    M. Trudelle a affirmé que depuis le début le gouvernement a bâclé le dossier, ne s’appuyant sur aucune étude pour décréter la hausse de 75 % des droits de scolarité qui a fait descendre les étudiants dans la rue pour une 11e semaine.

    Selon la FNEEQ, la Fédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ) et la Fédération québécoise des professeurs d’université (FQPPU), une reprise des discussions est nécessaire, ainsi qu’un moratoire sur la hausse des frais le temps d’un forum pour déterminer la suite.
     
     
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