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    En attendant des élections et la fin du conflit étudiant - La CAQ se donne un programme en toute hâte

    21 avril 2012 22h15 |Robert Dutrisac | Québec
    Dans un discours de près d’une demi-heure où François Legault fut acclamé à plusieurs reprises, le chef caquiste a décrit le Parti québécois et le gouvernement eu égard au conflit étudiant comme étant «le Jello et le béton».
    Photo: Pedro Ruiz - archives Le Devoir Dans un discours de près d’une demi-heure où François Legault fut acclamé à plusieurs reprises, le chef caquiste a décrit le Parti québécois et le gouvernement eu égard au conflit étudiant comme étant «le Jello et le béton».
    Victoriaville - La Coalition avenir Québec (CAQ) s’est officiellement dotée de son premier programme politique en adoptant en un temps record 54 des 59 propositions soumises aux 600 militants présents à son congrès de fondation.

    «On a un programme !» a lancé le chef de la CAQ, François Legault lors de son discours de clôture.

    Aucune proposition n’a été rejetée. Mais les militants ont décidé de renvoyer cinq propositions à la commission politique du parti, dont celle qui porte sur les droits de scolarité et l’accessibilité aux études supérieures. François Legault, dont c’était la proposition, n’a pas paru démonté par cette déconvenue, affirmant qu’il s’agissait de «la mécanique de comment on bonifie le programme de prêts et bourses».

    À cet égard, la position de la CAQ ressemble à s’y méprendre à la dernière annonce du gouvernement Charest, qui offre désormais aux étudiants un régime de remboursement proportionnel au revenu et une diminution de la contribution parentale pour le calcul de l’aide financière.

    «Ni de béton, ni de Jello»

    Après avoir déclaré aujourd'hui à l’ouverture du congrès que Jean Charest n’avait ni la crédibilité, ni la légitimité pour gérer le Québec, François Legault a tout de même sommé le premier ministre de régler le problème de la grève étudiante. Selon lui, il doit convoquer dès lundi matin à «une rencontre de la dernière chance» la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), ainsi que la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), si ce dernier regroupement accepte de dénoncer la violence lors de son assemblée demain.

    François Legault a dit souhaiter des élections le plus tôt possible, mais pas avant que Jean Charest ne règle la crise avec les étudiants. «Dans un monde idéal, je pense qu’il faut avoir des élections rapidement. Mais avant que M. Charest déclenche des élections, il y a quand même un problème à régler rapidement au cours des prochains jours et ne pas attendre 35 jours d’une campagne électorale», a-t-il dit au cours d’un point de presse. 

    Dans un discours de près d’une demi-heure où Legault fut acclamé à plusieurs reprises, le chef caquiste a décrit le Parti québécois et le gouvernement eut égard au conflit étudiant comme étant «le Jello et le béton».

    «Le Québec n’a besoin ni de béton, ni de Jello; il a besoin de gros bon sens et le gros bon sens, c’est nous. Il y a moyen dans la vie d’être ferme sans être fermé», a-t-il déclaré.

    Dans son discours, Legault est revenu sur les thèmes qui animent son parti: l’intégrité, la création de richesses, la fin du débat constitutionnel, l’ordre à mettre dans les réseaux publics. 

    «Il n’y a aucune raison objective qui explique nos retards. Aucune raison autre que le laisser-faire et le manque de leadership de nos dirigeants», a-t-il dit.

    Comme il l’avait hier, Legault a émaillé son discours de l’expression «Maîtres chez nous», chère au chef libéral Jean Lesage. «Après les souverainistes et les fédéralistes, ça nous prend des nationalistes au pouvoir au Québec», a-t-il scandé.

    De voir ce que le gouvernement Charest fait des ressources naturelles lui donne «froid dans le dos», alors que le Plan Nord des libéraux contribue «seulement au bénéfice des compagnies étrangères». La CAQ «est le seul parti des entrepreneurs» et son chef a promis, s’il est élu premier ministre, d’accroître l’investissement privé au Québec. «Il y a aura un compteur sur mon bureau, un compteur des investissements des entreprises au Québec et je vous assure: il va tourner, ce compteur.»

    Plénière inusitée, code Morin bafoué

    Pour disposer des 59 propositions au terme d’une pléinière de deux heures seulement, précédée d’ateliers d’une durée de deux heures en matinée, la direction de la CAQ a usé d’une procédure accélérée et inusitée où les militants ne débattaient pas automatiquement des propositions: il fallait que 50 d’entre eux autorisent le débat. En pléinière, la plupart des résolutions ont été adoptées sans débat. La pléinière ressemblait à une séance d’apposition d’estampilles.

    Durant la journée, Victor Morin a dû se retourner dans sa tombe. Dans certains ateliers, les règles du Code Morin furent allègrement bafouées. Dans celui sur l’éducation, par exemple, la présidente acceptait la question préalable, qui met fin aux discussions et force la tenue du vote, sans la soumettre au vote des deux tiers de l’assemblée. De même, invoquant son pouvoir discrétionnaire, elle a refusé que l’assemblée, pourtant souveraine, ne puisse renverser ses décisions.

    Discuter et adopter autant de résolutions en si peu de temps relevaient de l’exploit, quitte à tourner les coins ronds. Dans l’atelier sur la santé et la famille, le vice-président du parti, Richard Thibault, est intervenu de tout son poids à de multiples reprises pour encadrer les débats et battre les amendements jugés indésirables.

    De toute manière, les votes pris dans les ateliers n’étaient que consultatifs: les propositions rejetées ne l’étaient pas et étaient soumises au vote des membres lors de la plénière. Le seul pouvoir confié aux ateliers consistait à amender les propositions, et encore là les critères d’irrecevabilité des amendements étaient particulièrement stricts.

    Écoles, santé, syndicats

    Les militants caquistes ont voté en faveur de l’abolition des commissions scolaires et la création de 39 centres de services pour les remplacer. La hausse de 20 % du salaire des enseignants et l’évaluation de de leur performance ont également reçu leur imprimatur. Ils ont aussi approuvé l’abolition au primaire des cours d’Éthique et culture religieuse.

    Une autre proposition d’inspiration adéquiste est passée comme lettre à la poste: la mise sur pied d’un projet-pilote pour permettre aux médecins de pratiquer dans le réseau public tout en touchant, dans leurs cliniques privées, des honoraires de leurs patients.

    Autre innovation: un gouvernement caquiste reconnaîtrait les services de garde comme un service essentiel lors de grève ou de lock-out. Enfin, le vote à scrutin secret serait imposé pour l’accréditation syndicale, pour décider d’une grève ou pour disposer des offres patronales.    
     
     
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