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Plus de 37 000 citoyens disent non aux gazières

18 avril 2012 | Alexandre Shields | Québec
Même si le gouvernement Charest a déjà clairement manifesté son intention de financer le développement de l'industrie du gaz de schiste, des dizaines milliers de citoyens inquiets des risques environnementaux exigent toujours que Québec revoie sa position. Accompagnés de députés péquistes, ils ont déposé hier à l'Assemblée nationale une pétition signée par 37 125 Québécois qui entendent refuser aux gazières l'accès à leur propriété. Un geste qui survient alors que deux nouvelles études font état de risques de séismes associés à cette industrie lourde.

«Le message est très clair, il n'y a pas d'acceptabilité sociale. Les risques sont trop grands tant pour la santé que pour l'environnement. Devant autant d'entêtement de la part du gouvernement libéral et des gazières, il n'y a qu'une mobilisation citoyenne large pour arrêter la destruction», a affirmé Serge Fortier, porte-parole du Regroupement interrégional sur les gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent.

«Il s'agit d'une mobilisation sans précédent qui démontre que nos concitoyens sont très inquiets et utilisent le seul pouvoir qu'ils ont, soit le refus d'accès à leur propriété, pour assurer leur santé et la qualité de l'environnement. Les citoyens parlent, il faut les écouter», a soutenu la porte-parole de l'opposition officielle en matière de mines et de gaz de schiste, Martine Ouellet, en présentant la pétition. Le Parti québécois réclame un moratoire sur cette industrie.

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs a répliqué en accusant les péquistes de présenter des «scénarios catastrophes». Pierre Arcand a du même coup rappelé que les libéraux ont lancé une évaluation environnementale stratégique (EES) sur l'industrie du gaz de schiste. Malgré ce qui avait été initialement annoncé, aucune fracturation hydraulique ne sera menée durant les travaux puisqu'aucune entreprise n'a manifesté le souhait de mener de telles opérations. En période d'exploitation, l'industrie prévoit forer 200 nouveaux puits chaque année au Québec.

Le comité qui dirige l'EES entend mener des tests en laboratoire pour simuler des opérations de fracturation. Mais selon ce qu'a confirmé au Devoir son président, Robert Joly, le comité ne pourra pas connaître les «proportions» des produits chimiques utilisés par les gazières dans les liquides de fracturation. Ces recettes, qui renferment de nombreux produits toxiques, sont considérées comme des secrets industriels. Et le comité n'entend pas étudier le secteur pétrolier, bien que celui-ci soit en train de s'implanter au Québec.

Deux nouvelles études con-cluent que la fracturation hydraulique peut provoquer artificiellement des séismes lorsque l'eau, le sable et les produits chimiques sont injectés dans le sol à haute pression afin de fissurer la roche. Dans l'étude qu'il publiera aujourd'hui, le Service géologique des États-Unis signale que l'augmentation «remarquable» du nombre de séismes observée dans la partie continentale du pays est «quasi certainement» le résultat de l'exploitation pétrolière et gazière. Certains spécialistes américains attirent aussi l'attention sur un autre rapport publié lundi. Celui-ci conclut que les récents séismes dans le nord-ouest de l'Angleterre ont été causés par l'injection de liquide dans une zone de failles.
 
 
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