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Financement occulte - Trop facile, Madame!

14 avril 2012 | Jean-Robert Sansfaçon | Québec

La commission d'enquête sur l'industrie de la construction, un dossier du Devoir
L'émission Enquête de Radio-Canada vient d'illustrer de façon crédible et convaincante les soupçons de complicité criminelle qui pèsent depuis longtemps sur le milieu politique et celui de la construction. Devant la caméra, un ancien agent de «développement des affaires» de la firme de génie-conseil Roche, Gilles Cloutier, affirme avoir lui-même versé des milliers de dollars au nom de son employeur à des partis politiques dans le but de décrocher des contrats; de son côté, l'entrepreneur en construction Lino Zambito explique avoir organisé des activités de financement avec la même firme Roche au profit du parti de l'ancienne ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, dans le but de promouvoir une demande de subvention de Boisbriand pour la construction d'une usine d'épuration dont les deux firmes seraient premiers bénéficiaires.

Hier, l'ex-ministre Normandeau répliquait n'avoir jamais été influencée par ces gestes, ajoutant que toutes les décisions avaient été prises «dans les normes». Quant à Roche, elle accuse les journalistes de s'être «substitués aux tribunaux».

Voilà qui ne change rien aux faits exposés qui corroborent deux éléments déjà connus des initiés pour lesquels il n'y avait jusqu'ici que très peu de témoignages à visage découvert.

Le premier, c'est qu'il existerait bel et bien collusion entre firmes de génie et entreprises de construction, laquelle peut avoir des conséquences graves sur la qualité des travaux et sur les coûts pour les contribuables. On savait depuis longtemps que les firmes de génie intervenaient directement, voire illégalement dans la vie démocratique des municipalités admissibles aux grands programmes nationaux d'infrastructures. Voilà qu'enfin, certains des acteurs de ce scandale acceptent d'en parler ouvertement.

Le deuxième, c'est que malgré la distance qui sépare les partis politiques nationaux et municipaux sur papier, il existe un lien officieux étroit entre les deux ordres de gouvernement quand vient le temps de financer les projets... et les partis politiques. Ainsi, pour court-circuiter la concurrence et multiplier leurs chances d'obtenir un contrat de l'envergure d'une usine d'épuration municipale, les firmes de génie et les entreprises de construction doivent d'abord s'entendre entre elles, puis se rapprocher des organisations politiques en place à Québec et dans la municipalité.

Que ce soit par des élections clé en main, des prête-noms ou des enveloppes brunes, en embauchant d'anciens élus ou en soudoyant des individus, les firmes de génie et leurs complices entrepreneurs sont passés maîtres dans l'art du trafic d'influence. Et c'est à cela que la commission Charbonneau doit maintenant s'attaquer.
 
 
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