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    Budget 2012-2013 - De la microgestion

    21 mars 2012 | Jean-Robert Sansfaçon | Québec
    Par son aspect neutre et même drabe, ce troisième budget du ministre Raymond Bachand fait sans doute partie de la stratégie d'un gouvernement qui ne veut pas gaspiller ses munitions avant d'avoir choisi la date des élections. Tout en maintenant le cap sur le retour à l'équilibre budgétaire, il s'adresse quand même aux entreprises, aux régions ressources et aux personnes âgées, trois groupes cibles dont les libéraux ont bien besoin pour renverser la tendance négative dans les sondages.

    Le budget 2012-2013 du ministre Bachand ne passera pas à l'Histoire pour son audace et son originalité, mais personne ne lui en demandait tant. De toute façon, à une année seulement du retour à l'équilibre budgétaire, M. Bachand ne pouvait pas se lancer dans les folles dépenses, ni même dans les moins folles...

    Malgré cela, son budget contient quelques mesures attendues, notamment en ce qui touche aux personnes âgées, aux travailleurs de plus de 65 ans, aux salariés privés de régime de retraite, aux artisans de l'industrie touristique et aux habitants des régions ressources. Au total, les nouvelles mesures coûteront tout au plus 211 millions cette année.

    Cela dit, cette première impression de modestie dans les dépenses doit être nuancée puisque depuis quelques années, le gouvernement Charest a compris qu'il pouvait dépenser beaucoup sans creuser son déficit. Pour cela, il suffit d'investir dans les immobilisations au lieu de dépenser dans les programmes.

    Cette année, par exemple, la dette brute du Québec s'est accrue de 10 milliards, et elle grimpera encore de 8 milliards l'an prochain même si le déficit se rapproche de zéro. Cela tient au fait que ces milliards sont investis en immobilisations, ou encore sont prêtés aux sociétés d'État, aux universités et aux entreprises. Ils n'apparaissent pas au budget des dépenses, mais c'est à cause d'eux si les intérêts à payer chaque année accaparent maintenant 11,4 % des revenus du gouvernement.

    Ce budget, comme c'est souvent le cas au Québec, en est un de microgestion, par opposition au rôle plus structurant que se donnent d'autres gouvernements. Il cherche moins à orienter l'économie et à accroître la productivité qu'à répondre à des attentes bien spécifiques exprimées ici et là par des acteurs de l'économie qui parviennent plus facilement à se faire entendre.

    Ainsi, ce budget ajoute une kyrielle de nouveaux crédits d'impôt pour les entreprises. Qu'elles soient manufacturières ou financières, qu'elles interviennent dans le multimédia ou le tourisme, le bois ou le minerai... il y a quelque chose pour elles qui ne coûtera pas trop cher et ne sera pas trop facile à obtenir, mais qui fera quand même plaisir! A-t-on voulu dorer la pilule pour mieux faire passer le régime volontaire d'épargne retraite?

    En revanche, parmi les mesures attendues qui ne faisaient pas partie de ce budget, trois d'entre elles avaient trait à des décisions antérieures qui ont suscité de vives critiques: la contribution santé uniforme qui passe comme prévu à 200 $ cette année, la hausse accélérée des droits de scolarité, et la formule de calcul des redevances imposées aux sociétés minières. Trois dossiers qui, contrairement à la presque totalité des mesures du présent budget, seront certainement au coeur de la prochaine campagne électorale!
     
     
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