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    Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Budget Bachand: priorité à la santé et aux aînés

    12 mars 2012 |Marco Bélair-Cirino | Québec
    Raymond Bachand a donné l'assurance qu'il n'avait pas l'intention d'alourdir encore le fardeau fiscal des Québécois.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Raymond Bachand a donné l'assurance qu'il n'avait pas l'intention d'alourdir encore le fardeau fiscal des Québécois.
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    Les Québécois lancent un défi de taille au ministre des Finances, Raymond Bachand, en vue du dépôt du budget du gouvernement du Québec: accroître les dépenses en matières de santé et d'aide aux aînés tout en réduisant les dépenses générales... et, tant qu'à y être, ils l'invitent à mettre au rancart la taxe santé.

    Les Québécois s'entendent pour dire que les taxes et les impôts sont trop élevés au Québec (83 % contre 13 %) et pressent Raymond Bachand — ainsi que son homologue fédéral, Jim Flaherty — de comprimer les dépenses publiques, selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir.

    L'heure est venue de réduire les dépenses aux yeux de 59 % des répondants, alors que 28 % préconisent leur maintien et à peine 5 % leur augmentation. «Le message n'est surtout pas d'augmenter les dépenses, indique le président de la maison de sondage Léger Marketing, Jean-Marc Léger. Les gens souhaitent qu'on réussisse à réduire les dépenses, bien qu'elles augmentent année après année à hauteur de 3 à 4 % de façon structurelle.»

    Mais, du même souffle, les Québécois réclament, «très clairement» selon M. Léger, que les sommes investies dans les programmes de soins de santé et d'aide aux aînés soient plus importantes en 2012-2013. «D'après moi, c'est beaucoup lié au débat qu'on a eu avec les centres de santé et de soins de longue durée (CHSLD) dernièrement. L'aide aux aînés, c'est un enjeu plus important que l'on pense», fait valoir l'analyste.

    D'ailleurs, Raymond Bachand a laissé entendre que l'accent serait mis dans son troisième budget sur les soins et les services destinés aux personnes âgées. «Il faut mieux s'occuper de nos parents. Il faut mieux préparer nos retraites, collectivement et individuellement», a-t-il déclaré à la presse la semaine dernière.

    En revanche, 46 % de la population souhaitent que les dépenses soient réduites dans les programmes d'intégration des nouveaux arrivants, tandis que 38 % désirent qu'elles soient maintenues et 10 % qu'elles soient augmentées. Il s'agit d'un «dossier explosif», estime M. Léger.

    Un Québécois sur deux ne digère toujours pas la taxe santé, qui a atteint 200 dollars par contribuable en 2012, et invite M. Bachand à la mettre au rebut et à élaborer une nouvelle taxe, progressive cette fois. Près de 30 % estiment que le gouvernement aurait plutôt dû taxer exclusivement les contribuables qui ont un revenu suprérieur à 130 000 dollars et deux fois moins de personnes (14 %) lui donnent sa bénédiction pour la maintenir.

    «La taxe telle quelle, les gens la trouvent injuste. Ils ne sont pas nécessairement en désaccord avec une taxe santé, mais font valoir qu'elle devrait être modulée en fonction du revenu et que ses recettes aillent bien au bon endroit», estime Jean-Marc Léger. «Ça contredit la position de [la chef du Parti québécois] Pauline Marois et celle de tous les politiciens. Les gens sont prêts à faire un effort, mais il faut que [la contribution] soit équitable.»

    À Ottawa, le gouvernement de Stephen Harper ferait fausse route s'il accroissait ou maintenait ses dépenses dans le système carcéral, mais surtout dans les Forces canadiennes, selon le coup de sonde effectué par Léger Marketing. Trois répondants sur cinq souhaitent qu'Ottawa sabre dans les dépenses militaires, tandis que 3 % souhaitent au contraire que le gouvernement fédéral consacre plus de ressources financières à ce poste. Enfin, 33 % préconisent qu'elles soient maintenues.

    Une forte majorité de Québécois s'inquiètent de l'accroissement de la dette (80 % contre 13 %). Ils sont aussi nombreux à prier MM. Flaherty et Bachand de se tourner vers les entreprises, qui «ne paient pas assez d'impôt» à leurs yeux.

    Le prochain budget fédéral marquera le début d'un «changement de culture» à Ottawa, passant de «facilitateurs de dépenses» à «conteneurs de coûts», a assuré au cours du week-end le président du Conseil du Trésor, Tony Clement. Il est chargé de dénicher des économies annuelles oscillant entre 4 et 8 milliards de dollars.

    À Québec, Raymond Bachand a donné l'assurance qu'il n'avait pas l'intention d'alourdir encore le fardeau fiscal des Québécois.

    D'autre part, les Québécois sont davantage préoccupés par la gestion gouvernementale, dont celle de la dette, plutôt que de l'état de l'économie, estime Jean-Marc Léger. À cet égard, ils sont partagés sur l'état de l'économie: 47 % des répondants sont en désaccord avec l'idée que «l'économie du Québec va bien en général», alors que 44 % des répondants pensent le contraire.

    Les budgets québécois et fédéral seront respectivement déposés le mardi 20 mars à l'Assemblée nationale et le jeudi 29 mars à la Chambre des communes.

    Le sondage Internet a été effectué du 5 au 7 mars auprès de 1003 personnes. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.












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