Montréal - Un poids léger
Le maire de Montréal, avec l'appui de l'opposition à l'hôtel de ville, a dénoncé la semaine dernière avec une rare vivacité le refus du gouvernement de lui laisser la responsabilité de l'implantation et de la gestion des radars photos sur son territoire. Bel exemple de l'attitude du gouvernement québécois qui, à son avis, «infantilise» sa métropole.
Gérald Tremblay en a gros sur le coeur, tant sont nombreux ses griefs à l'endroit du gouvernement Charest. La liste des «incompréhensions» porte à la fois sur de gros dossiers, comme la réfection de la rue Notre-Dame et de l'échangeur Turcot, et sur des peccadilles, comme la fermeture du tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine sans préavis. Un oubli qui montre bien jusqu'à quel point, à Québec, on se fout parfois de Montréal.
Le mot «infantiliser», s'il peut paraître exagéré, traduit bien, en revanche, la méfiance que de tout temps Québec a entretenue envers sa métropole. Avec ses couronnes nord et sud réunies dans la Communauté métropolitaine, Montréal représente presque la moitié du Québec. Lui accorder trop d'autonomie serait politiquement dangereux. On ne veut pas d'un contre-pouvoir.
La situation de Montréal n'est pas différente à cet égard de celle des autres grandes métropoles canadiennes, qu'il s'agisse de Toronto ou de Vancouver, qui sont aussi tenues en laisse par leur gouvernement, dont elles ne peuvent se passer par ailleurs. Elles concentrent sur leurs territoires des problèmes de toutes natures auxquels elles ne peuvent répondre sans un appui financier de leur gouvernement, qui, dès lors, veut se garder le pouvoir de décider. Mais tout est dans la manière. Soit que l'on travaille en partenariat, soit que l'on impose d'autorité des décisions en ignorant le point de vue de l'élu local le mieux à même d'exprimer les besoins de ses concitoyens. Trop souvent, c'est ce que Québec fait. C'est ce qu'il a fait dans le dossier des radars-photo, tout comme avec cette décision impromptue d'abolir l'Agence métropolitaine de transport.
Gérald Tremblay est en droit de se demander à quoi tient cette arrogance qui frise parfois le mépris à l'endroit de sa ville. Il aurait dû, d'ailleurs, réagir bien avant. Mais tous les torts ne sont pas du côté de Québec. Il doit se regarder dans le miroir et admettre que Montréal est devenu un poids léger sur le plan politique.
Cela est vrai sur le plan électoral, où Montréal n'a guère d'influence sur la détermination du vainqueur, tant les résultats sont fixés d'avance sur l'île de Montréal. Séduire les Montréalais n'est dès lors pas très important. Cela est vrai aussi sur le plan du leadership. Gérald Tremblay n'arrive pas à mobiliser ses concitoyens. À mi-chemin de son troisième mandat et probable dernier mandat, les Montréalais sont plutôt indifférents à son endroit et, par le fait même, aux enjeux de développement de leur ville.
La capacité de Montréal d'influencer les décisions du gouvernement est limitée dans le contexte présent. Une photo l'illustre bien. C'est celle où on voit le ministre Pierre Moreau annoncer sa politique sur les photos-radars aux côtés du maire de Québec, Régis Labeaume, l'homme auprès de qui les politiciens veulent être vus en cette période préélectorale, car lui peut influencer le résultat de la prochaine élection.
Gérald Tremblay en a gros sur le coeur, tant sont nombreux ses griefs à l'endroit du gouvernement Charest. La liste des «incompréhensions» porte à la fois sur de gros dossiers, comme la réfection de la rue Notre-Dame et de l'échangeur Turcot, et sur des peccadilles, comme la fermeture du tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine sans préavis. Un oubli qui montre bien jusqu'à quel point, à Québec, on se fout parfois de Montréal.
Le mot «infantiliser», s'il peut paraître exagéré, traduit bien, en revanche, la méfiance que de tout temps Québec a entretenue envers sa métropole. Avec ses couronnes nord et sud réunies dans la Communauté métropolitaine, Montréal représente presque la moitié du Québec. Lui accorder trop d'autonomie serait politiquement dangereux. On ne veut pas d'un contre-pouvoir.
La situation de Montréal n'est pas différente à cet égard de celle des autres grandes métropoles canadiennes, qu'il s'agisse de Toronto ou de Vancouver, qui sont aussi tenues en laisse par leur gouvernement, dont elles ne peuvent se passer par ailleurs. Elles concentrent sur leurs territoires des problèmes de toutes natures auxquels elles ne peuvent répondre sans un appui financier de leur gouvernement, qui, dès lors, veut se garder le pouvoir de décider. Mais tout est dans la manière. Soit que l'on travaille en partenariat, soit que l'on impose d'autorité des décisions en ignorant le point de vue de l'élu local le mieux à même d'exprimer les besoins de ses concitoyens. Trop souvent, c'est ce que Québec fait. C'est ce qu'il a fait dans le dossier des radars-photo, tout comme avec cette décision impromptue d'abolir l'Agence métropolitaine de transport.
Gérald Tremblay est en droit de se demander à quoi tient cette arrogance qui frise parfois le mépris à l'endroit de sa ville. Il aurait dû, d'ailleurs, réagir bien avant. Mais tous les torts ne sont pas du côté de Québec. Il doit se regarder dans le miroir et admettre que Montréal est devenu un poids léger sur le plan politique.
Cela est vrai sur le plan électoral, où Montréal n'a guère d'influence sur la détermination du vainqueur, tant les résultats sont fixés d'avance sur l'île de Montréal. Séduire les Montréalais n'est dès lors pas très important. Cela est vrai aussi sur le plan du leadership. Gérald Tremblay n'arrive pas à mobiliser ses concitoyens. À mi-chemin de son troisième mandat et probable dernier mandat, les Montréalais sont plutôt indifférents à son endroit et, par le fait même, aux enjeux de développement de leur ville.
La capacité de Montréal d'influencer les décisions du gouvernement est limitée dans le contexte présent. Une photo l'illustre bien. C'est celle où on voit le ministre Pierre Moreau annoncer sa politique sur les photos-radars aux côtés du maire de Québec, Régis Labeaume, l'homme auprès de qui les politiciens veulent être vus en cette période préélectorale, car lui peut influencer le résultat de la prochaine élection.
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