dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 18h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Montréal - Un poids léger

Bernard Descôteaux   27 février 2012  Québec
Le maire de Montréal, avec l'appui de l'opposition à l'hôtel de ville, a dénoncé la semaine dernière avec une rare vivacité le refus du gouvernement de lui laisser la responsabilité de l'implantation et de la gestion des radars photos sur son territoire. Bel exemple de l'attitude du gouvernement québécois qui, à son avis, «infantilise» sa métropole.

Gérald Tremblay en a gros sur le coeur, tant sont nombreux ses griefs à l'endroit du gouvernement Charest. La liste des «incompréhensions» porte à la fois sur de gros dossiers, comme la réfection de la rue Notre-Dame et de l'échangeur Turcot, et sur des peccadilles, comme la fermeture du tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine sans préavis. Un oubli qui montre bien jusqu'à quel point, à Québec, on se fout parfois de Montréal.

Le mot «infantiliser», s'il peut paraître exagéré, traduit bien, en revanche, la méfiance que de tout temps Québec a entretenue envers sa métropole. Avec ses couronnes nord et sud réunies dans la Communauté métropolitaine, Montréal représente presque la moitié du Québec. Lui accorder trop d'autonomie serait politiquement dangereux. On ne veut pas d'un contre-pouvoir.

La situation de Montréal n'est pas différente à cet égard de celle des autres grandes métropoles canadiennes, qu'il s'agisse de Toronto ou de Vancouver, qui sont aussi tenues en laisse par leur gouvernement, dont elles ne peuvent se passer par ailleurs. Elles concentrent sur leurs territoires des problèmes de toutes natures auxquels elles ne peuvent répondre sans un appui financier de leur gouvernement, qui, dès lors, veut se garder le pouvoir de décider. Mais tout est dans la manière. Soit que l'on travaille en partenariat, soit que l'on impose d'autorité des décisions en ignorant le point de vue de l'élu local le mieux à même d'exprimer les besoins de ses concitoyens. Trop souvent, c'est ce que Québec fait. C'est ce qu'il a fait dans le dossier des radars-photo, tout comme avec cette décision impromptue d'abolir l'Agence métropolitaine de transport.

Gérald Tremblay est en droit de se demander à quoi tient cette arrogance qui frise parfois le mépris à l'endroit de sa ville. Il aurait dû, d'ailleurs, réagir bien avant. Mais tous les torts ne sont pas du côté de Québec. Il doit se regarder dans le miroir et admettre que Montréal est devenu un poids léger sur le plan politique.

Cela est vrai sur le plan électoral, où Montréal n'a guère d'influence sur la détermination du vainqueur, tant les résultats sont fixés d'avance sur l'île de Montréal. Séduire les Montréalais n'est dès lors pas très important. Cela est vrai aussi sur le plan du leadership. Gérald Tremblay n'arrive pas à mobiliser ses concitoyens. À mi-chemin de son troisième mandat et probable dernier mandat, les Montréalais sont plutôt indifférents à son endroit et, par le fait même, aux enjeux de développement de leur ville.

La capacité de Montréal d'influencer les décisions du gouvernement est limitée dans le contexte présent. Une photo l'illustre bien. C'est celle où on voit le ministre Pierre Moreau annoncer sa politique sur les photos-radars aux côtés du maire de Québec, Régis Labeaume, l'homme auprès de qui les politiciens veulent être vus en cette période préélectorale, car lui peut influencer le résultat de la prochaine élection.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Fabien Nadeau - Inscrit
    27 février 2012 08 h 09
    Infantiliser?
    Le leadership, je l'ai appris à l'école, c'est l'art de prendre sa place. Je crois que Québec n'infantilise pas la direction de Montréal, je crois simplement que la direction montréalaise ne fait pas le poids. On a un ministre retraité qui peine à gérer les ruptures de tuyaux et autres nids de poule. Autrement dit, ça ne vole pas haut à l'hôtel de ville.

    On a le respect qu'on mérite. Pauvre Monsieur Tremblay...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Caritas - Inscrit
    27 février 2012 08 h 18
    Et si Montréal se sépare du ROQ.....
    40% et plus de Québecois ne s'identifie pas avec le Canada et souhaite un pays. Le Canada les enfantilise etc. Combien d'exemples depuis toujours du mépris des Québecois par le ROC nous rappelle-t-on sans cesse? Et alors si on vit la même chose entre Montréal et le ROQ pourquoi pas suivre l'exemple de la Sérénissime République de Saint-Marin, le Vatican, Monaco, Nauru, Tuvalu, Singapour, Hong Kong ? Réclamons nos droits, assumons nos responsabilités, mobilisons pour nous faire reconnaître comme.....pays!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    27 février 2012 09 h 36
    Seule ville
    Il existe peu ou pas, sur la planète, de pays dont la moitié de la population habite la seule ville du territoire. Le Québec, en effet, ne compte qu'une seule agglomération urbaine digne de ce nom: Montréal. Tout le reste est constitué de plus ou moins gros villages, y compris Québec. Rien de mal à cela, sinon que la ville est, au bout du compte, sous la coupe des représentants des villages. Confierait-on l'avenir d'une multinationale au gérant d'un dépanneur?

    Desrosiers
    Val David
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Richard - Abonné
    27 février 2012 09 h 49
    Le souverainisme montréalais
    Le souverainisme montréalais, c'est une bonne idée. Il y a tout à parier cependant que Québec va tout faire pour entretenir, sinon accentuer la rivalité entre la ville et sa banlieue, entre le 514 et le 450 si on préfère.

    La banlieue est déjà très avantagée car on peut y pratiquer l'électoralisme. La banlieue est beaucoup plus susceptible de basculer soit vers le PLQ, soit vers le PQ et qui sait, vers la CAQ. À Montréal, les efforts de séduction électoralistes sont inutiles.

    Les plus grandes villes de banlieue, soit Longueuil et Laval, ont atteint une taille respective qui s'approche de celle de Québec (et qui la dépassait avant les fusions). Tôt ou tard, ces villes connaîtront des problèmes assez semblables à ceux de la ville centre, problème qui ne serait pas étranger au fait que ce soit leur tour maintenant de se faire siphonner par les banlieues plus récentes. On pourrait croire alors qu'elles deviendraient solidaires de la ville centre. Or, Québec va sûrement voir les choses venir et faire en sorte de ne plus avoir la moitié de la population contre elle.

    Sinon, il ne reste plus qu'à espérer qu'un jour, Montréal aura un vrai maire, pas un maire populiste comme Québec les adore, pas un maire qui se prend pour un félin mais qui n'a pas de griffes, mais un maire qui soit capable d'aller chercher le pouvoir et les ressources là où elles se trouvent.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Leclaire - Abonné
    27 février 2012 10 h 10
    Confierait-on l'avenir d'une multinationale au gérant d'un dépanneur?
    Que oui ! Elles (les multinationales) disparaitraient pour le plus grand bien des Humains.

    Michel Leclaire
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Terreault - Abonné
    27 février 2012 10 h 54
    Diviser pour règner
    Ouest contre Est, Anglos contre "séparatistes", 450 contre 514, les manipulateurs ont réussi jusqu'ici à étouffer toute solidarité dans le Grand Montréal et toutes les tentatives d'en arriver à de grands concensus. Et le pire est que le maire Tremblay est lui-même prisonnier de ces manipulateurs, lui qui a été élu par le clan des Anglos et des défusionnistes et grâce à la machine des libéraux et des chambres de commerce.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    27 février 2012 11 h 14
    À monsieur Desrosiers
    Le Québec n'est pas un pays. C'est peut-être dommage, mais c'est comme ça.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Samuel - Inscrit
    27 février 2012 11 h 31
    La victime consentante...
    Tout de même surprenant, votre éditorial de ce matin, car n'importe quel observateur le moindrement averti des affaires municipales ne peut faire semblant d'ignorer que l'ineffable Gérald Tremblay n'est depuis toujours qu'un fantoche à la merci de quiconque se charge de le remettre au pas...

    Difficile de feindre soudainement la surprise à l'effet que «Montréal (est) un poids léger» après toutes les fin de non-recevoir que ce jovialiste déconnecté a absorbé au cours des années puisque autant les gouvernements péquistes que libéraux ont toujours su exactement à qui ils avaient affaire...

    Curieux votre affirmation à l'effet que: «...Montréal n'a guère d'influence sur le résultat du vainqueur, tant les résultats sont fixés d'avance sur l'île...».
    A ce compte, l'étaient-ils plus à l'époque de Jean Drapeau? Pas plus qu'aujourd'hui...

    On peut reprocher à ce dernier une mégalomanie finie, cependant jamais au grand jamais, il aurait approuvé la marginalisation de SA VILLE à ce point en acceptant une structure administrative aussi bancale dont Gérald Tremblay, lui-même, fut un des principaux instigateurs...

    Et après, on trouve le moyen de se questionner sur son «impuissance», alors que lui même s'est offert en victime consentante, rôle dans lequel, malgré quelques soubresauts de façade, il se complait parfaitement...Tremblay n'a qu'à effectuer son propre mea-culpa et il découvrira aisément la raison de «l'arrogance qui frise le mépris» à son endroit et d'une majorité de Montréalais désabusés d'un pareil cul-de-sac!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Cornellier - Abonné
    27 février 2012 12 h 20
    Montréal: ce bordel est dû au PLQ et aux défusions
    Si la majorité des ex-villes de l'actuelle ville deQuébec avaient suivi le pattern des ex-villes dans "une île, une ville"(Montréal), le maire Labaume ne pourrait pas avoir les coudées franches comme actuellement.

    En Ontario, suite à la fusion de 45 villes, Toronto peut bouger vite dans un monde où tout évolue rapidement.

    À Montréal, c'est la paralysie. Un "gros" maire" et 19 petits maires. Tout le monde se pile sur les pieds!

    Quel dommage! La petite politique de Charest et du PLQ!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    27 février 2012 20 h 24
    Que faudrait-il pour que Montréal retrouve son poids politique?
    "Montréal n'a guère d'influence sur la détermination du vainqueur (à Québec), tant les résultats sont fixés d'avance sur l'île de Montréal. Séduire les Montréalais n'est dès lors pas très important."

    Mais je ne vois vraiment pas comment le maire de Montréal, quel qu'il soit, peut changer cette donne. Les résultats ont-ils toujours été fixés d'avance à Montréal?

    L'île est en bonne partie libérale, donc gagnée d'avance à ce parti. La population francophone ne bouge pas beaucoup non plus. Dans la ville de Québec, le vote est plus volatile.
    Le maire de Montréal pourrait-il rendre les comtés libéraux plus incertains pour le parti libéral?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
3 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012