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L'éthique en arrache ces jours-ci...

Paul Bégin - Ancien ministre de la Justice dans le gouvernement du Parti québécois  25 février 2012  Québec
Trop d’éthique dans le monde de la construction?<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Trop d’éthique dans le monde de la construction?
En dépit de l'avis contraire du Commissaire au lobbyisme, le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n'entend pas poursuivre Bell, Evenko et Quebecor dans le dossier de l'amphithéâtre de Québec.

Des explications fournies par le DPCP, le Commissaire au lobbyisme «comprend que la principale raison de sa décision est reliée aux circonstances particulières du dossier, notamment le statut singulier joué par le mandataire retenu par la Ville de Québec» (La Presse, 22 février 2012).

De son côté, Pierre Pomerleau, président de Pomerleau, apparemment la plus grande entreprise de construction du Québec, croit qu'il y a «trop d'éthique» dans le monde de la construction au Québec. Comme le rapportait La Presse cette semaine, M. Pomerleau «croit que le respect maladif des questions d'éthique au Québec est devenu exagéré et il juge que ce phénomène peut avoir des effets pervers».

Dès lors, et le pas est subliminalement franchi, pourquoi une commission d'enquête, doit-on comprendre? Ironie de l'actualité, dans la même édition du même journal, un de ses chroniqueurs juge l'enquête nécessaire mais craint la noyade devant la multiplicité des dossiers qu'aura à traiter la commission...

L'approche de Me Lussier

Au même moment, Le Devoir nous apprenait que Me Sylvain Lussier, procureur en chef de la commission Charbonneau, agit et agira à temps partiel à la commission Charbonneau, sous le motif qu'il continue à représenter la Ville de Montréal dans des dossiers particulièrement chauds en matière d'éthique, tels ceux relatifs à l'espionnage du vérificateur général de la Ville de Montréal.

Que peut-on attendre ou espérer d'un procureur (ou d'une commission) qui enquête sur l'éthique et la légalité des gestes posés par différents intervenants (villes, entrepreneures, ingénieurs, etc.), et qui devra regarder ce qui se passe à Montréal, si cette même personne agit à titre d'avocat (conseil) pour la Ville de Montréal, au même moment?

Selon les sources à l'origine de cette information, Me Lussier confiera à d'autres procureurs les dossiers concernant Montréal. La belle affaire! Montréal, c'est 50 % et plus de ce qui se passe sur le plan économique au Québec. Et c'est là que se dessinent les façons de penser, les façons de faire, compte tenu de l'ampleur des contrats qui y sont octroyés.

Dès lors, peut-on se demander, quelle approche aura Me Lussier dans les dossiers ayant une certaine ressemblance avec les dossiers dans lesquels il continue d'agir pour la Ville de Montréal? Aura-t-il une compréhension des choses qui ne soit pas incompatible avec la position qu'il sera amené à défendre dans les dossiers où il agit pour la Ville de Montréal?

Que Me Lussier choisisse: les mandats de la Ville de Montréal ou celui de la commission Charbonneau.

Que la commission Charbonneau choisisse: un procureur en chef indépendant ou un procureur en chef qui sera à l'origine de plus de questions qu'il n'apportera de réponses.

***

Paul Bégin - Ancien ministre de la Justice dans le gouvernement du Parti québécois
 
 
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  • Airdutemps - Inscrite
    25 février 2012 07 h 33
    L'arche de Noé ou la Tour de Babel
    C'est bien Noé qui, en vain, avait cherché avant le déluge annoncé, quelques « bons » afin de les sauver. Ce fut bien inutile.

    Si nous pouvions mettre la main sur l'organigramme de la Tour de Babel, au moins pourrions-nous avoir quelqu'espoir de trouver des coupables. J'ai beau cherché cet organigramme, mais je ne le trouve pas.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    25 février 2012 14 h 57
    Lussier
    D'acord. On ne peut servir deux maîtres, Dieu et Mammon" a dit un grand homme.
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  • M. Julien - Abonné
    25 février 2012 16 h 56
    Me Lussier en porte-à-faux avec la tenue d’une enquête publique
    Je suis d’autant plus d’accord avec l’opinion de Monsieur Bégin qu’au-delà de ce à quoi il fait référence dans sa note, Me Lussier, que je sache et au meilleur de ma connaissance, s’était initialement prononcé publiquement contre la tenue d’une enquête publique sur l’industrie de la construction, ou à tout le moins avait-il laissé voir qu’il n’était pas d’accord avec le principe.

    S’il n’y a pas dans tout cela conflit d’intérêts comme tel, il me semble à tout le moins y voir une apparence de conflit d’intérêts.
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  • Claude Gélinas - Abonné
    25 février 2012 20 h 36
    Avec cet accommodement déraisonnable, La Commission risque de perdre sa crédibilité
    La Commission se doit d'être impartiale. Et cette apparence de partialité du procureur chef qui ne pourra ériger une muraille de Chine entre les dossiers de la Ville de Montréal qu'il conseille et ceux des autres municipalités du Québec. La commissaire doit mettre Me Lussier devant l'alternative suivante : il représente la Commission à temps complet ou on remplace. On ne peut servir deux maîtres. La Commission a tellement de chats à fouetter qu'elle ne peut se permettre aucun accommodement sur cette névralgique question. C'est à prendre ou à laisser. Une interrogation : pourquoi avoir permis un tel arrangement avec le risque de perte de crédibilité que pouvait subir la Commission. C'est à n'y rien comprendre. Y a-t-il un capitaine à bord ?
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  • Nunu - Inscrite
    26 février 2012 07 h 33
    L'éthique?
    Oui l'éthique en arrache pas mal depuis quelques années au Québec.
    Surtout depuis que Jean Charest est arrivé.Lui il n'a aucune éthique,il passe constament à côté et les autres pensent que c'est correct puique le P.M s'en fout.
    Mr Lussier devrait céder sa place dans un des deux postes.
    Il doit faire un choix.
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  • Jean-Pierre Martel - Abonné
    27 février 2012 10 h 48
    Me Lussier doit démissionner ou faire des choix
    Pour n’importe quel avocat, défendre les magouilleurs, c’est payant. Mais si on veut le prestige d’être procureur en chef d’une Commission d’enquête contre la corruption, il faut faire des choix.

    Me Lussier était du mauvais bord à la Commission Gomery : il défendait le gouvernement libéral impliqué dans le scandale des commandites. Aujourd’hui, il est avocat-conseil de l’administration nauséabonde du maire Tremblay.

    À la Commission Charbonneau, Me Lussier semble convaincu qu’il lui suffit de se retirer lorsqu’il sera question de son client municipal. Cet accommodement permettant de concilier des mandats contradictoires est un peu facile.

    (Pour plus de détails : http://jpmartel.wordpress.com/2012/02/27/sylvain-l )
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