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    Lancement de Québec ouvert - Des citoyens veulent stimuler la démocratie numérique

    22 février 2012 |Fabien Deglise | Québec
    Après les villes, la province. Un groupe de citoyens invite le gouvernement Charest à adopter rapidement une politique d'ouverture des données du gouvernement, comme l'a fait la Ville de Montréal l'automne dernier, et ce, afin de donner corps à une démocratie un peu plus numérique au Québec. Cette politique vise à faciliter l'accès à l'ensemble des informations gouvernementales non nominatives, comme l'attribution de contrats, les données géomatiques, les rapports du gouvernement..., au nom de la transparence et de l'amélioration des services publics.

    Québec ouvert — c'est le nom de ce groupe dont le lancement officiel va se faire aujourd'hui à Québec en marge de la conférence WAQ, le Web à Québec — compte d'ailleurs faire pression sur toutes les instances gouvernementales dans les prochains mois, prévient-il, histoire de ne pas manquer le virage technologique, social et politique en cours, dont les «répercussions sont d'une envergure comparable à celles de la Révolution tranquille au Québec», écrivent les mem-bres fondateurs dans une lettre publiée aujourd'hui dans la page «Idées» du Devoir.

    «Le mouvement de l'amélioration de la gouvernance par le numérique est là, résume à l'autre bout du fil Jonathan Brun, cofondateur de Québec ouvert. Montréal, Québec et même Gatineau y sont réceptives pour le moment. Il reste à accélérer le processus à l'échelle de la province, au bénéfice de tous.»

    Pour Québec ouvert, le gouvernement doit désormais emboîter le pas en donnant un accès sans contrainte à ses données civiques. L'objectif est de permettre ainsi la création d'applications ou de services basés sur ces données et visant à améliorer la qualité de l'information en provenance de l'État, à rendre plus efficaces les services publics et à stimuler la participation citoyenne.

    Tout en faisant la promotion de la transparence, le groupe reconnaît aussi qu'une telle politique viendrait créer également des «opportunités économiques», en faisant naître au Québec une industrie de l'information liée à ces données.

    À l'heure actuelle, à l'échelle municipale, l'ouverture des données publiques a fait apparaître dans les univers numériques des services comme ZoneCone.ca, un service d'information en temps réel sur les travaux routiers, Resto-Net.ca, portant sur les inspections sanitaires dans les restaurants, ou encore Patiner Montréal, qui aide à connaître l'état des patinoires en ville. «Avec ces projets, nous avons fait de la sensibilisation à la question des données ouvertes, dit M. Brun. Maintenant, nous voulons passer à des choses plus sérieuses» en développant des sites autour de l'attribution des contrats, des demandes d'accès à l'information, des temps d'attente dans les hôpitaux... Entre autres.

    Québec ouvert va annoncer sa formation aujourd'hui, alors que la capitale provinciale est l'hôte d'un GouvCamp, tenu dans le cadre du WAQ, première réflexion en groupe d'experts en gouvernance et en technologie qui cherche à inscrire la mission de l'État dans le cadre numérique actuel. L'idée portée par ce groupe est d'ailleurs partagée par la commission Gautrin, formée par le gouvernement Charest l'an dernier pour réfléchir sur le principe d'un gouvernement 2.0, qui depuis plusieurs mois invite Québec à suivre l'exemple de plusieurs autres États, dont les États-Unis, l'Australie et la France, en exploitant les outils du Web participatif pour interagir avec les citoyens.

    Selon Québec ouvert, le changement de paradigme induit par la numérisation des rapports humains est «irréversible». Ne pas s'y investir «serait la preuve d'une grande insouciance qui porterait sans nul doute à conséquence», écrivent-ils.












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