Plus qu'un vote de protestation
Mario Dumont estime que les électeurs ont démontré leur intérêt pour les idées que défend l'ADQ
Les électeurs issus de toutes les couches sociales et de toutes les ethnies votent ADQ et choisissent le parti de Mario Dumont notamment pour ses idées. L'analyse du vote de lundi soir amène le chef adéquiste à penser que son parti récolte beaucoup plus que les votes des insatisfaits en ce moment, soit des électeurs en faveur du changement, certes, mais aussi capables de vivre avec plusieurs éléments du programme adéquiste.
«C'est certainement un mouvement vers le changement, mais un changement que les gens trouvent positif. Si les gens n'aimaient pas nos valeurs, nos idées — et je ne dis pas qu'ils connaissent le programme ligne par ligne —, s'ils ne les aimaient pas, ils fuiraient notre parti.»
Les chiffres semblent lui donner raison. Un simple vote de protestation se dirige habituellement vers l'opposition officielle, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Québec. Les élections partielles semblent montrer qu'il y a quelque chose de plus en faveur de l'ADQ.
«Malgré que les sondages aient été très positifs pour l'ADQ récemment, ils sous-estiment notre vote. Quand les électeurs se sont présentés devant les urnes dans les quatre comtés, il y a eu clairement une prime à l'urne pour l'ADQ. On parle presque d'un 10 % supérieur au sondage le plus généreux.»
Cette analyse expliquerait notamment la déroute du Parti libéral de Jean Charest dans Vimont. M. Dumont était particulièrement fier des résultats adéquistes dans cette circonscription baromètre où on retrouve beaucoup d'anglophones et de membres des communautés culturelles. Les résultats démontrent que l'ADQ sait rejoindre ces deux clientèles.
Question linguistique
Toutefois, si l'ADQ veut éventuellement «déparalyser» le gouvernement et laisser le libre choix aux citoyens dans bon nombre de dossiers, notamment les écoles privées et les garderies, le chef de l'ADQ n'est clairement pas prêt à rouvrir le débat linguistique pour autant et à rompre ainsi l'équilibre.
«En ce moment, nous avons une situation qui est acceptable pour tout le monde, estime le chef de l'ADQ, et je pense que rouvrir cela ne serait pas une bonne idée.»
Toutefois, Mario Dumont penche davantage vers la doctrine péquiste quand il est question des impôts des particuliers. Répondant à une question d'un journaliste sur l'abolition du ministère du Revenu afin de réduire l'appareil d'État, le chef de l'ADQ s'est fait catégoriquement nationaliste.
«L'autonomie fiscale du Québec est quand même un principe fondamental. [...] Si on devait aller un jour vers un seul ministère du Revenu, j'ai l'impression qu'il y a pas mal plus de gens au Québec qui diraient que notre ministère du Revenu ramasse l'argent, un peu comme on fait avec la taxe de vente, puis on donnera au fédéral sa part.»
Il reste cependant bien des croûtes à manger à l'ADQ avant de prétendre au trône gouvernemental, reconnaît volontiers le jeune chef. Un tout premier caucus des cinq députés adéquistes aura lieu demain à Québec. Les tâches parlementaires seront réparties et les mandats établis pour l'été. L'ADQ entre phase de recherche de candidats.
Beaucoup de candidats
Contrairement aux autres partis travaillant avec une base militante plus large, l'équipe de Mario Dumont entreprend le travail de comté avec un candidat qui se met en quête de financement et de bénévoles. Certaines circonscriptions feront d'ailleurs l'objet d'investitures tant les candidats se bousculent au portillon, notamment dans la région de Québec, mais il n'est pas question de marauder auprès des chefs des autres partis, comme cela a été le cas pour Mario Dumont de la part du PQ et du PLQ jusqu'à tout récemment.
«Non, on veut construire avec du neuf», a blagué M. Dumont à propos des deux autres chefs, mais il a ajouté que d'éventuels députés transfuges seraient les bienvenus à l'ADQ.
«Mais nous voulons des gens qui veulent accomplir des choses avec nous, pas seulement des gens qui veulent améliorer l'état de leur carrière en se collant à nous quand les choses vont bien.»
Le chef de l'ADQ pense toujours que les élections générales doivent avoir lieu à l'automne. Son parti sera prêt, soutient-il. Il croit que ce n'est pas tant un problème de légitimité auquel doit faire face le premier ministre Landry en ce moment qu'une absence de motivation.
«Ce qui est grave, c'est d'avoir le pouvoir et de ne plus s'en servir pour améliorer les choses. C'est de s'en servir pour nommer ses chums puis régler des problèmes internes du parti.»
Quant aux libéraux, le chef adéquiste a été indulgent hier. Il a répété que les problèmes de leadership de Jean Charest ne relèvent pas de ses affaires.
«Nous avons mené des campagnes sans nous soucier de ce que faisaient nos adversaires et c'est la stratégie que nous allons garder.»
«C'est certainement un mouvement vers le changement, mais un changement que les gens trouvent positif. Si les gens n'aimaient pas nos valeurs, nos idées — et je ne dis pas qu'ils connaissent le programme ligne par ligne —, s'ils ne les aimaient pas, ils fuiraient notre parti.»
Les chiffres semblent lui donner raison. Un simple vote de protestation se dirige habituellement vers l'opposition officielle, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Québec. Les élections partielles semblent montrer qu'il y a quelque chose de plus en faveur de l'ADQ.
«Malgré que les sondages aient été très positifs pour l'ADQ récemment, ils sous-estiment notre vote. Quand les électeurs se sont présentés devant les urnes dans les quatre comtés, il y a eu clairement une prime à l'urne pour l'ADQ. On parle presque d'un 10 % supérieur au sondage le plus généreux.»
Cette analyse expliquerait notamment la déroute du Parti libéral de Jean Charest dans Vimont. M. Dumont était particulièrement fier des résultats adéquistes dans cette circonscription baromètre où on retrouve beaucoup d'anglophones et de membres des communautés culturelles. Les résultats démontrent que l'ADQ sait rejoindre ces deux clientèles.
Question linguistique
Toutefois, si l'ADQ veut éventuellement «déparalyser» le gouvernement et laisser le libre choix aux citoyens dans bon nombre de dossiers, notamment les écoles privées et les garderies, le chef de l'ADQ n'est clairement pas prêt à rouvrir le débat linguistique pour autant et à rompre ainsi l'équilibre.
«En ce moment, nous avons une situation qui est acceptable pour tout le monde, estime le chef de l'ADQ, et je pense que rouvrir cela ne serait pas une bonne idée.»
Toutefois, Mario Dumont penche davantage vers la doctrine péquiste quand il est question des impôts des particuliers. Répondant à une question d'un journaliste sur l'abolition du ministère du Revenu afin de réduire l'appareil d'État, le chef de l'ADQ s'est fait catégoriquement nationaliste.
«L'autonomie fiscale du Québec est quand même un principe fondamental. [...] Si on devait aller un jour vers un seul ministère du Revenu, j'ai l'impression qu'il y a pas mal plus de gens au Québec qui diraient que notre ministère du Revenu ramasse l'argent, un peu comme on fait avec la taxe de vente, puis on donnera au fédéral sa part.»
Il reste cependant bien des croûtes à manger à l'ADQ avant de prétendre au trône gouvernemental, reconnaît volontiers le jeune chef. Un tout premier caucus des cinq députés adéquistes aura lieu demain à Québec. Les tâches parlementaires seront réparties et les mandats établis pour l'été. L'ADQ entre phase de recherche de candidats.
Beaucoup de candidats
Contrairement aux autres partis travaillant avec une base militante plus large, l'équipe de Mario Dumont entreprend le travail de comté avec un candidat qui se met en quête de financement et de bénévoles. Certaines circonscriptions feront d'ailleurs l'objet d'investitures tant les candidats se bousculent au portillon, notamment dans la région de Québec, mais il n'est pas question de marauder auprès des chefs des autres partis, comme cela a été le cas pour Mario Dumont de la part du PQ et du PLQ jusqu'à tout récemment.
«Non, on veut construire avec du neuf», a blagué M. Dumont à propos des deux autres chefs, mais il a ajouté que d'éventuels députés transfuges seraient les bienvenus à l'ADQ.
«Mais nous voulons des gens qui veulent accomplir des choses avec nous, pas seulement des gens qui veulent améliorer l'état de leur carrière en se collant à nous quand les choses vont bien.»
Le chef de l'ADQ pense toujours que les élections générales doivent avoir lieu à l'automne. Son parti sera prêt, soutient-il. Il croit que ce n'est pas tant un problème de légitimité auquel doit faire face le premier ministre Landry en ce moment qu'une absence de motivation.
«Ce qui est grave, c'est d'avoir le pouvoir et de ne plus s'en servir pour améliorer les choses. C'est de s'en servir pour nommer ses chums puis régler des problèmes internes du parti.»
Quant aux libéraux, le chef adéquiste a été indulgent hier. Il a répété que les problèmes de leadership de Jean Charest ne relèvent pas de ses affaires.
«Nous avons mené des campagnes sans nous soucier de ce que faisaient nos adversaires et c'est la stratégie que nous allons garder.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

