Bruyante opposition aux hausses de tarifs du gouvernement Charest

Quelques centaines de manifestants provenant de divers groupes sociaux et syndicaux ont crié leur opposition aux tarifs imposés par le gouvernement Charest, hier matin, en plus de bloquer les accès à la tour de la Bourse pendant plusieurs heures, à Montréal. La manifestation a aussi donné lieu à quelques incidents entre manifestants et policiers, mais aussi entre manifestants, journalistes et caméramans. Le Service de police de la Ville de Montréal a rapporté quatre arrestations. <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Quelques centaines de manifestants provenant de divers groupes sociaux et syndicaux ont crié leur opposition aux tarifs imposés par le gouvernement Charest, hier matin, en plus de bloquer les accès à la tour de la Bourse pendant plusieurs heures, à Montréal. La manifestation a aussi donné lieu à quelques incidents entre manifestants et policiers, mais aussi entre manifestants, journalistes et caméramans. Le Service de police de la Ville de Montréal a rapporté quatre arrestations.

Quelques centaines de manifestants provenant de divers groupes sociaux et syndicaux ont crié leur opposition aux tarifs imposés par le gouvernement Charest, hier matin, en plus de bloquer les accès à la tour de la Bourse pendant plusieurs heures, à Montréal.

La manifestation a aussi donné lieu à quelques incidents entre manifestants et policiers, mais aussi entre manifestants, journalistes et caméramans. Le Service de police de la Ville de Montréal a rapporté quatre arrestations. Certains «pourraient être accusés d'entrave ou de refus d'obtempérer» aux ordres, a fait valoir le SPVM en après-midi.

Les accès au Centre de commerce mondial, où la coalition devait manifester à l'origine, avaient été verrouillés à l'intérieur et à l'extérieur, et étaient surveillés par les policiers avant même l'arrivée des manifestants à 7h30 hier matin.

Les protestataires se sont donc tournés vers la tour de la Bourse, située en face. Les personnes qui y travaillent ont pu y entrer jusqu'à 7h45 environ, mais chaque porte a ensuite été bloquée par des dizaines de manifestants et une longue banderole.

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics dénonce plus particulièrement la hausse des tarifs d'électricité, la hausse des droits de scolarité universitaires de 325 $ par année pendant cinq ans et la contribution santé que chaque citoyen doit payer dans sa déclaration de revenus — soit 50 $ en 2010, 100 $ en 2011 et 200 $ en 2012.

Groupes divers

Parmi les manifestants, on reconnaissait des gens du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), de comités de logement, de la Fédération étudiante collégiale du Québec, de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA-FTQ), de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et de la Fédération des femmes du Québec.

«On est ici, notamment, pour protester contre l'augmentation des droits de scolarité, a commenté en entrevue Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale. On est inquiets des impacts que ça va avoir, non seulement sur les étudiants, mais également sur les familles de la classe moyenne qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts.»

«On a fait plusieurs manifestations de petite envergure; aujourd'hui, on hausse le ton — non seulement les étudiants, mais aussi les groupes communautaires, les groupes de femmes, les syndicats. On a décidé de s'unir en équité intergénérationnelle», a ajouté M. Bureau-Blouin.

Même si certaines de ces «taxes» ont déjà été implantées, comme la contribution santé, ces groupes estiment qu'il n'est pas trop tard pour protester. «Pour moi, il n'y a encore rien de joué. On a encore le temps. Et le prochain budget de M. Bachand peut réparer tout ça, s'il le veut, en se tournant vers les contribuables qui ont plus d'argent et vers les entreprises, aussi, qui doivent faire leur part», a commenté en entrevue François Saillant, coordonnateur du FRAPRU.

Les syndicats d'infirmières disent voir quotidiennement les effets de la pauvreté sur la santé des gens. «On ne pensait jamais, quand on préparait ça, qu'on arriverait à bloquer la Bourse. Et on est arrivé quand même à bloquer les entrées de la Bourse. Chaque fois, on se dit: c'est l'énergie des vainqueurs, l'énergie des gens qui se disent: "Je n'ai rien à perdre, mais tout à gagner." Alors, on va continuer de le faire, parce que ce n'est pas possible qu'on élise un gouvernement et qu'ensuite il ne nous écoute pas», a plaidé la présidente de la FIQ, Régine Laurent.

À Québec, le ministre Raymond Bachand semblait trouver que les manifestants dépassaient les bornes. «Les gens ont le droit de manifester et d'exprimer leurs droits, mais ils n'ont pas le droit d'empêcher les autres de travailler. Tout le monde a des droits dans la société et ça doit se faire avec respect. Ils ont le droit de manifester, mais de bloquer le centre-ville, ça, c'est interdit et c'est inacceptable dans une société», a-t-il objecté.

Bousculades

Les manifestants n'ont pas bloqué le centre-ville, mais ont certes ralenti la circulation sur leur passage. Ils se sont mis à marcher dans des rues achalandées du centre-ville, spontanément, sans itinéraire précis, causant des maux de tête aux automobilistes entre lesquels ils circulaient.

Pendant que les manifestants de la coalition continuaient de scander des slogans devant l'entrée principale de la tour de la Bourse, quelques dizaines d'autres, plus jeunes, vraisemblablement des étudiants, se sont rendus devant l'hôtel Delta, qui communique avec la tour de la Bourse et le Centre de commerce mondial par des tunnels.

Des dizaines de policiers, casqués et matraques en main, ont encerclé l'hôtel. Ils ont utilisé du gaz poivre à quelques reprises. Parfois, les protestataires empêchaient même les clients de l'hôtel d'entrer. Les policiers ont dû aider certains clients à franchir des cordons de manifestants qui se tenaient par les coudes. Les policiers ont demandé aux manifestants de s'éloigner de l'entrée de l'hôtel et, comme ils restaient sur place, un policier a vaporisé du gaz poivre.

Une empoignade a aussi eu lieu entre des manifestants et un caméraman qui les filmait.

À un autre moment, les policiers ont procédé à l'arrestation de deux jeunes manifestants. Après qu'ils les ont fait monter à bord du fourgon, les policiers ont tenté de mettre le véhicule à l'abri, plus loin, dans un stationnement privé. Quelques dizaines de manifestants se sont alors déplacés pour encercler le fourgon, et les policiers ont dû utiliser du gaz poivre pour éloigner les manifestants et laisser le fourgon circuler.
24 commentaires
  • pierre savard - Inscrit 17 février 2012 06 h 35

    Bravo !

    Je suis de droite mais j'approuve ces manifestant d'hier. Charest nous gouverne à coup de taxes et de hausse de tarifs depuis 10 ans. Si seulement la droite pouvaient organiser de telles manifestations de cassage !!!! Mais nous n'avons pas le temps. Les gens de droite travaillent et ne recoivent pas le soutien financier des syndicats. Non aux taxes de Charest qui frappent les pauvres !

  • Carole Dionne - Inscrite 17 février 2012 07 h 10

    Oui à l'augmentation mais...

    Pas dépensé n'importe comment. Les recteurs se paient des salaires, élevés sous différents prétextes, se font voter des primes de départ effarants, et le pire agissent comme si l'université était une business. On ouvre des succursales partout sous prétexte d'une certaine demande... Et après, on augmente le salaire ru recteur parce qu'il diversifie l'université


    Donc: oui à l'augmentation mais le gouvernement devrait baliser les conseils d'administration des université. Le plus que l'on demande aux étudiants doit revenir aux étudiants. Pas à la classe politique près du pourvoir à Québec

  • Airdutemps - Inscrite 17 février 2012 08 h 01

    Qui sont ces manifestants ?

    Qui sont ces manifestants qui peuvent se permettre de s'absenter de leur travail pour manifester ? Seraient-ils des manfestants professionnels ?

  • Jacques Morissette - Abonné 17 février 2012 08 h 29

    Frais des services publics qui augmentent versus salaires qui stagnent ou baissent parfois dans la population = Pauvreté qui augmente.

    Augmenté les frais des services à la population du gouvernement versus les salaires qui stagnent et même parfois baissent. Le résultat nous fait constater le fait net, indubitable, que c'est la pauvreté dans la population qui augmente. Si au moins, ça servait à quelque chose, peut-être nous pourrions être plus solidaires avec ce genre de décision du gouvernement.

    Le problème est que souvent les politiciens gèrent de façon irresponsable le bien commun. Par exemple, pour chaque dollar reçu des citoyens, le pourcentage de l'argent réservé au service à la dette publique augmente de plus en plus, puisque la dette publique ne cesse d'augmenter, du fait qu'elle est mal gérée par le politique.

    Je soupçonne que le gouvernement s'endette moins pour payer le manque à gagner des services publics, que pour subventionner sans compter les entreprises. Vu les priorités du politique, les citoyens sont en train de faire vivre aveuglément l'esprit capitaliste. Ainsi, à force d'assumer les augmentations des frais des services et de l'impôt du politique d'un côté et, en contrepartie, d'avoir à endurer l'inaptitude du politique à affronter la tempête, il y a appauvrissement.


    En bref, pourquoi le politique gère mal le bien commun? C'est que le politique utilise le budget pour favoriser la croissance économique, comme le ferait un athlète qui prend des stéroïdes dans le seul but d'augmenter artificiellement ses propres performances. Avec comme résultat que la santé de l'athlète finit par en prendre un bon coup à la longue. Et que c'est tous les citoyens qui en paient les pots cassés de plus en plus difficile à réparer.

  • Maryse Veilleux - Abonnée 17 février 2012 08 h 51

    Le sentier des indignés

    Il est intéressant de voir que le site occupé par les indignés, symbole du 1% soit demeuré inscrit dans la mémoire collective. Bravo à ces manifestants pour leur courage... il est un peu comique d'entendre monsieur Bachand parler de respect dans les comportements et de trouver ce qui s'est passé inacceptable alors qu'à tous les jours nous entendons nos libertés civiles se faire bafouer, soit au fédéral ou au provincial. Pour lui il semble que tant que la violence envers la population s'exerce dans un cadre "civilisés"... gaz de schistes, entente secrète en Péladeau et Labaume, autorisation de la torture, surveillance des courriels,traiter les écologistes de terroristes... il n'y a pas de problèmes... Lui, qu'est-ce qui l'indigne?...