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Pauline Marois balise le recours aux référendums d'initiative populaire

La Presse canadienne   16 février 2012  Québec
Pauline Marois a notamment expliqué qu’au moins 15 % de la population, soit 850 000 personnes, devraient signer un registre pour que le gouvernement donne suite à toute initiative populaire de référendum.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Pauline Marois a notamment expliqué qu’au moins 15 % de la population, soit 850 000 personnes, devraient signer un registre pour que le gouvernement donne suite à toute initiative populaire de référendum.
Québec — La chef péquiste, Pauline Marois, a voulu clouer le bec de ses adversaires hier en énonçant des règles qui encadreraient la tenue de référendums d'initiative populaire.

Mme Marois a déclaré que ces référendums ne pourront porter sur des questions qui vont à l'encontre de la Charte des droits et libertés du Québec ou sur des questions fiscales.

Ce recours ne pourrait pas être utilisé non plus pour destituer un premier ministre ou un député, a indiqué la chef péquiste lors d'un point de presse, où elle a donné suite à des résolutions adoptées récemment par les militants de son parti.

De plus, au moins 15 % de la population, soit 850 000 personnes, devraient signer un registre pour que le gouvernement donne suite à toute initiative populaire de référendum. Selon la chef péquiste, le gouvernement serait lié au résultat de ces consultations, dont il devrait tenir compte dans ses décisions.

Mme Marois s'est faite rassurante quant aux sujets qui pourraient être exclus de consultations réclamées par des citoyens. «Est-ce qu'on pourrait contester le droit à l'avortement? Est-ce qu'on pourrait ramener la peine de mort? Non, on ne va pas jouer dans ce film-là», a-t-elle dit.

Des munitions

En dévoilant ces balises, Mme Marois a indiqué qu'elle souhaite priver ses adversaires de munitions dont ils se sont déjà servis contre elle, depuis que le dernier conseil national péquiste s'est prononcé en faveur des référendums d'initiative populaire. «Donc, contrairement à ce que disent nos adversaires, il n'est nullement question de référendums à répétition», a-t-elle dit.

Alors qu'elle s'opposait encore elle-même aux référendums d'initiative populaire il y a quatre ans, Mme Marois a dû se plier à la décision de ses militants le mois dernier.

Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, avait réussi à les convaincre de voter pour que ce type d'outils soit mis à la disposition de la population, dans le cadre du débat sur les réformes démocratiques entamé à la suite d'une vague de démissions au PQ.

En concluant ce conseil national, Mme Marois avait déclaré que les péquistes attendraient d'être au pouvoir avant de définir des balises.

Mais hier, la chef péquiste a affirmé qu'il était néanmoins possible de commencer à les préciser maintenant, pour les adopter ensuite grâce à un projet de loi. «Nous avons dit que nous n'adopterions pas formellement de balises avant la prochaine élection, a-t-elle dit. Cependant, rien ne nous empêche de faire ce que nous faisons aujourd'hui.»

Une autre mesure adoptée au dernier conseil national visait à abaisser le droit de vote à 16 ans, ce que Mme Marois a repoussé hier, précisant qu'il faudra d'abord mettre en place un cours d'histoire et de citoyenneté. «Par la suite, on verra à débattre de cette question du vote à 16 ans», a-t-elle dit.

Un gouvernement péquiste plafonnerait aussi à 100 $ les contributions d'électeurs aux partis politiques, dont l'essentiel du financement proviendrait de fonds publics attribués en proportion des suffrages obtenus.

Finalement, Mme Marois a répété que son parti étendrait les pouvoirs du vérificateur général et créerait un poste de directeur parlementaire du budget, tout comme il y en a un au Parlement fédéral.
 
 
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  • celljack - Inscrit
    16 février 2012 08 h 51
    La délicatesse de la dame de béton
    Marois tient en main ce qui pourrait être le meilleur outil démocratique que l'humanité ait connu. Mais malheureusement, ses paradigmes sont trop forts pour être capable de bien l'utiliser.

    15% de la population pour les référendums d'initiative populaire????

    Mettons, mettons... mettons que 15% de la population décidait de passer au rip, y s'passe quoi avec la ségrégation du vote?

    A-t-on songé à un système de rip à plusieurs niveaux de juridictions?

    En mettant cette mesure en place d'une manière si simpliste et brute, la dame de béton fait définitivement tout pour s'assurer que cet outil reste sur la tablette.
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    16 février 2012 09 h 00
    Comment transformer un outil démocratique en arme de combat...
    Pauline Marois décide les sujets qui pourront être soumis à un référendum, donc ceux qu'elle espère gagner et qui répondent aux plans du Parti Québécois. C'est cela sa compréhension de la démocratie? Bien protégée, il ne pourra y avoir de référendum pour la destitution du premier ministre... alors qu'elle sera en poste!

    Et pas de référendum sur l'avortement. Les résultats lui font-ils si peur?
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  • Franfeluche - Abonné
    16 février 2012 09 h 10
    Avec ce 15%
    Je trouve intéressant ce 15% parce que ceux qui vont demander un référendum populaire devront informer les citoyens et en convaincre une bonne partie du bien fondé de ce qu'il réclame.

    Je trouve que c'est un moyen d'intéresser les citoyens à la politique. Nous nous plaignons constamment du peu d'implication citoyenne en dehors des élections et même pendant les élections.Alors, le RIP est une réponse à cette lacune. Les cours d'initiation à la politique dans nos écoles en est un autre.

    Claude Smith
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  • Louka Paradis - Inscrit
    16 février 2012 10 h 01
    Chose promise, chose due
    Mme Marois avait promis de baliser le referendum d'initiative populaire : mission accomplie. Enfin ! voilà une femme de parole, qui, en plus d'écouter ses militants et de chercher avec eux des moyens de stimuler la participation démocratique, nous propose des gestes concrets, mûrement réfléchis. Bravo Mme Marois !
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  • alarus53 - Inscrit
    16 février 2012 10 h 15
    Bravo pour le RIP
    Je fais entièrement confiance à Mme Marois, notre futur Première Ministre
    du Québec. Plus on la connaît, plus on la sait capable d'un changement pour
    le mieux. Avec le RIP nous aurons une image plus précise de ce que pense la population québécoise.
    Bonne chance au Parti Québécois pour les prochaines
    élections!
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  • Jana Havrankova - Abonnée
    16 février 2012 10 h 22
    Questions pour madame Marois
    Si l'on ne peut pas utiliser le référendum d'initiative populaire (RIP) pour destituer un député, pourra-t-on l'utiliser pour destituer un pays? L'impact d'un RIP sur la séparation du Québec serait autrement plus important que celui sur la destitution d'un simple député. Pour l'instant, nous savons à quoi les RIP ne pourront pas servir. J'aurais aimé entendre madame Marois donner un exemple d'un sujet approprié au RIP. À moins qu'elle ne considère que RIP veuille dire requiescat in pace (repose en paix)...
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  • Pierre Schneider - Abonné
    16 février 2012 10 h 35
    Antidémocratique
    Chez Mme Marois, le respect de la base militante est une abstraction à laquelle ne croient que les naïfs militants qui ne servent qu'à renflouer la caisse électorale et à donner de leur temps pour un parti qui leur avait promis un pays. Fin des rêves. Bienvenue dans la réalité: Le livre Le PQ a trahi ses militants, de Me Pierre Cloutier le démontre tout à fait.
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  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    16 février 2012 11 h 05
    RIP et le PQ : comparons avec la Suisse
    Je suis pour la souveraineté des citoyens sur leurs institutions politiques. L'adoption de la proposition de référendums d'initiative populaire par le PQ redorait leur image car les référendums d'initiative populaire assurent la souveraineté des citoyens sur leurs institutions.

    Sommes-nous en démocratie si un citoyen ne peut pas faire de proposition pour améliorer sa communauté?

    L'implantation de RIP, voire de "référendums à répétition" comme l'appréhende Marois, n'est pas synonyme de chaos politique et économique : la Suisse a des RIP "à répétition, jusque pour savoir le nombre de trous dans le gruyère" blagueront certains, et ça ne réduit pas leur qualité de vie ou leur développement économique. Leur constitution a comme valeur plus que la liberté d'opinion, elle reconnaît le discernement et, par le vote des lois par ses citoyens, elle reconnaît que le discernement du plus grand nombre vaut mieux que le discernement d'un seul.

    En Suisse (7,7M hab., comparable au Québec), il faut 100 000 signatures pour initier un référendum. Avec un seuil "balisé" de 850 000, nous serions à l'arrière-garde de la démocratie. Et même en termes québécois, lors du dernier référendum d'initiative populaire (sur les défusions municipales), le seuil était de 10% : c'est un précédent intéressant qui peut continuer à faire consensus.

    Je peux concorder sur la primauté des la CDLQ sur les lois (tant celles venant de députés que de RIP), je peux aussi être d'accord que le RIP n'est pas l'outil pour les questions fiscales en autant que l'on ait un budget participatif pour que les citoyens sachent d'ou provient le trésor public et ou sont les priorités.

    Avec ces balises rendant impossible les RIP, Marois vient de briser le momentum d'une proposition qui aurait pu intéresser les indignés à voter PQ. Le RIP est une munition dont Marois vient de se priver.

    Guillaume Blouin-Beaudoin
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    16 février 2012 12 h 37
    Moins de un mois après
    Cela aura pris moins de un mois à Madame Marois pour reculer. Elle a accepté à reculons plusieurs résolution lors du dernier congrès, elle .était dans les câbles, les militants (lire ses adversaires) en on profiter pour faire passer quelque motions qui historiquement on toujours été rejeté par elle. Mais vu sa faible position et son besoin de rallier, même temporairement, madame Marois a accepté et donner son approbation. Maintenant elle met des balises au RIP, comme promise et aussi requise, mais une d'entre elle est un quasi rejet de la motion. Qu'on demande qu'au moins 15% de la population signe le registre rend tout RIP quasi impossible. Une pétition en ligne contre le premier ministre le plus impopulaire n'a même pas obtenu la moitié de ce nombre, pourtant ce n'était pas compliqué et qu'il y avait facilement possibilité de signer plus d'une fois.
    Le vote à 16 ans...... on verra, on en reparlera.
    Quelle sera la prochaine résolution qui sera rejetée?

    Et pourquoi ne pas avoir des RIP sur des mesures budgétaires? Ce serait intéressant de pouvoir dire au gouvernement qu'il prenne les mesures qui s'imposent pour réduire le budget total d'un certain % et lui interdire tout déficit et augmentation de revenue sous forme autre que par la croissance.

    Et maintenant combien de temps cela prendra pour la prochaine révolte?
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  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    16 février 2012 12 h 38
    Oui, comparons avec la Suisse
    C'est-à-dire vec un pays qui n'a pas d'assurance-maladie d'État, qui a un taux d'homicides bien supérieur au nôtre (la profusion d'armes à feu doit y être pour quelque chose) et dont un canton à démocratiquement refusé le droit de vote aux femmes jusqu'à ce que l'équivalent de leur cour suprême le force à changer, dans les années 70.

    Et il ne faut pas oublier la récente initiative pour interdire les mosquées...
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  •  
  • Carole Dionne - Inscrite
    16 février 2012 13 h 40
    Elle aurait dû faire cela avec
    Son projet des garderies. Aujourd'hui, on est rendu manchot au Québec: plus aucun bras pour payer. Félicitation mme Marois, pour quelques bébés de plus, cela nous côute très très chère.
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  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    16 février 2012 13 h 58
    @Sylvain Auclair
    Les suisses ont des valeurs bien différentes des valeurs québécoises ou montréalaises : je ne crois pas que nous retirerions le droit de vote aux femmes, je crois que la proposition serait battue et non seulement je voterais contre une telle proposition, je ferais campagne pour maintenir le droit de vote des femmes et cette proposition serait irrecevable en vertu d'une CDLQ.

    Les politiques suisses sont différentes des nôtres, je suis contre celles que tu nous nomme, mais je trouve leur pratique de la démocratie intéressante sur plusieurs aspects.

    Au final, je crois que c'est plutôt le pouvoir absolu du PM qu'il faut baliser.

    guillaume Blouin-Beaudoin
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  • André/Andrés 71 - Inscrit
    21 février 2012 14 h 43
    Les RIP, la reprise du pouvoir par le peuple.
    Actuellement et antérieurement, nos systèmes parlementaires furent et sont encore organisés pour concentrer le pouvoir aux mains de quelques-uns par abandon graduel des devoirs civiques des individus. Vote aux 4-5 ans avec des % ridicules de participation des voteurs potentiels en constante diminution. Avec 25 - 30% du vote populaire u parti se retrouve MAJORITAIRE à l'Ass. Nationale. C'est totalement ANTI- DÉMOCRATIQUE. Il faut changer ça au plus tôt même si ça fait tomber quelques politiciens manipulateurs et carriéristes. Le PAYS d'abord, le bien commun prioritaire et un contrôle réel du pouvoir PAR
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