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    Droits de scolarité - Avant-goût électoral

    La mobilisation étudiante qui prend forme au Québec autour d'une radicale hausse des droits n'a rien d'un caprice d'enfants-rois. L'appel à la grève générale illimitée n'est pas la reprise d'un classique pour abonnés au farniente. Il s'agit du seul moyen disponible pour ébranler un gouvernement acharné, intraitable et indifférent aux questions d'inégalités sociales.

    Sur le thème du gel des droits de scolarité, le Québec a déjà connu une bonne poignée de grèves générales illimitées. Chaque fois ou presque, les gouvernements — libéral et péquiste — ont soit reculé, soit stoppé une course projetée, preuve irréfutable que lorsqu'elle est bien menée, la fronde des étudiants peut ébranler quelques certitudes, et ce, même chez les plus entêtés.

    Une élection au Québec pourrait-elle pimenter l'enthousiasme des troupes? Influencerait-elle les stratégies des principaux partis pour adoucir quelques plateformes? Le PLQ et la CAQ prônent la hausse des droits; le PQ croit à un temps d'arrêt, sorte de retour au gel. QS rêve même de la gratuité.

    La cueillette des votes de grève n'est pas terminée, mais si la jeunesse tient un discours enflammé assorti de taux de présence faiblards aux réunions et d'une participation molle aux activités de mobilisation, les espoirs sont bien minces d'annuler cette hausse de 1625 $ en cinq ans. Non seulement est-elle entérinée par ce gouvernement qui en a fait un credo au point de ne plus écouter les opposants, mais en plus, elle recueille l'adhésion populaire.

    Depuis l'évocation de la hausse radicale, basée sur la nécessité de reprendre en cinq ans un rattrapage de quelques décennies, les étudiants ont été cohérents dans leur opposition: ils s'inquiètent des effets sur l'accessibilité chez la frange moins nantie des candidats aux études supérieures. N'en déplaise aux élites bien pensantes, sans doute peu abonnées aux soupes populaires, ce discours a des racines.

    Tout récemment, les dirigeants du réseau de l'Université du Québec ont manifesté des préoccupations bien réelles et documentées quant aux conséquences de la hausse sur une clientèle dont les parents n'ont pas fréquenté l'université, ou encore les cohortes d'étudiants à temps partiel, déchirés déjà entre le travail et les études.

    En France, les présidents d'université s'inquiètent de l'inégalité dans l'accès à l'enseignement supérieur en même temps qu'ils causent droits d'entrée — ça se peut! La même inégalité, précisément, qui a mené les étudiants du Canada à manifester au début du mois, pestant contre des taux spectaculaires d'endettement. Cela aussi qui a motivé le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, à annoncer en décembre un programme de réduction de 30 % des droits de scolarité.

    Sur notre propre scène locale, certains faits d'armes ne doivent pas être oubliés: le gouvernement Charest promet un généreux programme de prêts et bourses, mais nous n'en avons pas encore vu la couleur. Cet engagement reste précédé d'un horrible faux pas, commis en 2004, avec la transformation de 103 millions de bourses en prêts, une décision qui ciblait les plus vulnérables. Huit ans plus tard, en quoi ce groupe retient-il davantage l'attention du gouvernement?

    La bourde de 2004 avait soulevé une redoutable et efficace vague étudiante, avec une grève générale percutante. Cet épisode peut-il être répété? Les 18-24 ans, qui n'ont offert que 41 % de participation aux élections de 2008, doivent maintenant joindre le geste à la parole.













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