Intérêt pour la Chine: Québec a une longueur d’avance sur le Canada, dit Gagnon-Tremblay
La crise européenne offre de belles occasions d’affaires, plaide par ailleurs la ministre des Relations internationales du gouvernement Charest
Photo : Source: Ministère des Relations internationales
Les occasions à saisir seront d’autant plus nombreuses, a soutenu Mme Gagnon-Tremblay, que le Canada s’apprête à conclure un Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Union européenne.
Québec — Il était temps que Stephen Harper reprenne contact avec la Chine, a soutenu Monique Gagnon-Tremblay, ce matin. «L’absence du Canada a été mal perçue par les Chinois», a opiné la ministre des Relations internationales du Québec. Elle s’est réjouie ce matin du voyage du premier ministre canadien en Chine. Mais le Québec n’a pas attendu le réveil du gouvernement Harper pour multiplier les échanges avec la Chine, a poursuivi Mme Gagnon-Tremblay. Et ça lui a profité. À ses dires, il a «même été plus présent en Chine que le Canada ces dernières années». La ministre a souligné que le Québec y a effectué sept missions depuis 2003: «Nous avons réussi à nous y faire connaître et je dirais que le Québec est maintenant devenu l’ami de la Chine.» Elle en veut pour preuve le statut de «partenaire privilégié» que le Québec a obtenu de la région du Shandong. Un protocole a été signé par Jean Charest et le gouverneur de Shandong, Jian Daming, à Jinan le 6 août 2008.
Profiter de la crise européenne
C’est toutefois la «stratégie à l’égard de l’Europe» du gouvernement du Québec que la ministre présentait ce matin. À ses dires, les difficultés économiques aiguës que connaît le Vieux Continent — notamment la Grèce, frappée en ce jour par une grève générale — ne doivent pas effrayer les milieux d’affaires au Québec. L’actuelle crise européenne est même selon elle remplie de bonnes occasions: «Il faut déjà penser à l’après… à la reprise», a-t-elle insisté. La ministre a donné l’exemple d’une entreprise québécoise de traitement des eaux usées, Bionest, dont le siège social est situé à Grand-Mère, qui a annoncé récemment qu’elle ouvrait un bureau en Italie.
Les occasions à saisir seront d’autant plus nombreuses, a soutenu Mme Gagnon-Tremblay, que le Canada s’apprête à conclure un Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Union européenne. Cet accord, qui a nécessité jusqu’à maintenant neuf rondes de pourparlers, en serait à la «phase finale» des négociations, selon ce qu’a confié l’ancien ministre libéral Christos Sirros, délégué à Bruxelles depuis 2004. «On devrait normalement s’approcher d’une signature. […] On parle de quelques mois encore. Et les négociations avancent. De part et d’autre, les négociateurs sont relativement confiants. On a fait beaucoup de progrès sur la reconnaissance des qualifications professionnelles avec l’Union européenne», a indiqué M. Sirros.
En ce qui a trait aux qualifications professionnelles, le modèle de l’AECG est celui conclu entre le Québec et la France en 2008. Celui-ci, a soutenu Monique Gagnon-Tremblay, serait en «phase accélérée de mise en œuvre». Jusqu’à maintenant, 81 arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM) des qualifications ont été signés entre autant d’associations professionnelles québécoises et françaises. Il est toutefois impossible de savoir pour l’instant si ces ARM, qui ont fait l’objet de multiples conférences de presse dans les dernières années, ont eu des effets concrets. L’évaluation des retombées et des résultats est en train d’être effectuée et ne sera disponible que dans «quelques mois», a soutenu Mme Gagnon-Tremblay. «Ça va bien dans certains cas; dans d’autres cas, il y a des obstacles à lever», a noté la ministre en donnant l’exemple des vétérinaires québécois et français qui peinent à s’entendre. Présent, le délégué général du Québec à Paris Michel Robitaille a souligné que les dernières «Journées du Québec pour le recrutement avaient été un succès», car environ 140 travailleurs «stratégiques» français ont été embauchés par des firmes québécoises, notamment dans le milieu de l’informatique. «Des emplois qu’on n’arrivait pas à pourvoir avec la main-d’œuvre locale», a précisé M. Robitaille.
La stratégie européenne du Québec cherche d’ailleurs à accentuer la promotion de ces «emplois stratégiques». Cela fait partie des «cinq objectifs prioritaires» de la stratégie qui sont: «favoriser la prospérité économique du Québec, soutenir la coopération en matière de recherche et d’innovation, favoriser la mobilité des personnes, promouvoir la culture québécoise et, enfin, accroître la capacité d’action du Québec et le développement d’expertises».
Écosse
Le Québec suit «de très près» l’évolution d’un autre dossier européen d’importance, a admis Mme Gagnon-Tremblay: le débat sur le statut de l’Écosse, qui se prononcera sur cette question à l’automne 2014.
«Ça appartient aux Écossais de décider ce qu’ils veulent faire», a insisté la ministre, ajoutant que des parallèles pouvaient être dressés entre l’Écosse et le Québec. «La situation n’est pas la même», a-t-elle laissé tomber. Invitée par Le Devoir à préciser sa pensée, elle s’est montrée prudente: «Je n’entrerai pas dans les détails.»
Le délégué général du Québec à Londres Pierre Boulanger a ajouté avoir eu «des rencontres fréquentes» avec des Écossais récemment. «J’ai personnellement rencontré plusieurs ministres écossais, les gens de l’administration en général, les universitaires», a-t-il dit sans donner plus de précisions.
Profiter de la crise européenne
C’est toutefois la «stratégie à l’égard de l’Europe» du gouvernement du Québec que la ministre présentait ce matin. À ses dires, les difficultés économiques aiguës que connaît le Vieux Continent — notamment la Grèce, frappée en ce jour par une grève générale — ne doivent pas effrayer les milieux d’affaires au Québec. L’actuelle crise européenne est même selon elle remplie de bonnes occasions: «Il faut déjà penser à l’après… à la reprise», a-t-elle insisté. La ministre a donné l’exemple d’une entreprise québécoise de traitement des eaux usées, Bionest, dont le siège social est situé à Grand-Mère, qui a annoncé récemment qu’elle ouvrait un bureau en Italie.
Les occasions à saisir seront d’autant plus nombreuses, a soutenu Mme Gagnon-Tremblay, que le Canada s’apprête à conclure un Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Union européenne. Cet accord, qui a nécessité jusqu’à maintenant neuf rondes de pourparlers, en serait à la «phase finale» des négociations, selon ce qu’a confié l’ancien ministre libéral Christos Sirros, délégué à Bruxelles depuis 2004. «On devrait normalement s’approcher d’une signature. […] On parle de quelques mois encore. Et les négociations avancent. De part et d’autre, les négociateurs sont relativement confiants. On a fait beaucoup de progrès sur la reconnaissance des qualifications professionnelles avec l’Union européenne», a indiqué M. Sirros.
En ce qui a trait aux qualifications professionnelles, le modèle de l’AECG est celui conclu entre le Québec et la France en 2008. Celui-ci, a soutenu Monique Gagnon-Tremblay, serait en «phase accélérée de mise en œuvre». Jusqu’à maintenant, 81 arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM) des qualifications ont été signés entre autant d’associations professionnelles québécoises et françaises. Il est toutefois impossible de savoir pour l’instant si ces ARM, qui ont fait l’objet de multiples conférences de presse dans les dernières années, ont eu des effets concrets. L’évaluation des retombées et des résultats est en train d’être effectuée et ne sera disponible que dans «quelques mois», a soutenu Mme Gagnon-Tremblay. «Ça va bien dans certains cas; dans d’autres cas, il y a des obstacles à lever», a noté la ministre en donnant l’exemple des vétérinaires québécois et français qui peinent à s’entendre. Présent, le délégué général du Québec à Paris Michel Robitaille a souligné que les dernières «Journées du Québec pour le recrutement avaient été un succès», car environ 140 travailleurs «stratégiques» français ont été embauchés par des firmes québécoises, notamment dans le milieu de l’informatique. «Des emplois qu’on n’arrivait pas à pourvoir avec la main-d’œuvre locale», a précisé M. Robitaille.
La stratégie européenne du Québec cherche d’ailleurs à accentuer la promotion de ces «emplois stratégiques». Cela fait partie des «cinq objectifs prioritaires» de la stratégie qui sont: «favoriser la prospérité économique du Québec, soutenir la coopération en matière de recherche et d’innovation, favoriser la mobilité des personnes, promouvoir la culture québécoise et, enfin, accroître la capacité d’action du Québec et le développement d’expertises».
Écosse
Le Québec suit «de très près» l’évolution d’un autre dossier européen d’importance, a admis Mme Gagnon-Tremblay: le débat sur le statut de l’Écosse, qui se prononcera sur cette question à l’automne 2014.
«Ça appartient aux Écossais de décider ce qu’ils veulent faire», a insisté la ministre, ajoutant que des parallèles pouvaient être dressés entre l’Écosse et le Québec. «La situation n’est pas la même», a-t-elle laissé tomber. Invitée par Le Devoir à préciser sa pensée, elle s’est montrée prudente: «Je n’entrerai pas dans les détails.»
Le délégué général du Québec à Londres Pierre Boulanger a ajouté avoir eu «des rencontres fréquentes» avec des Écossais récemment. «J’ai personnellement rencontré plusieurs ministres écossais, les gens de l’administration en général, les universitaires», a-t-il dit sans donner plus de précisions.
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