Charest se fait évasif sur son séjour au domaine des Desmarais
Québec — Questionné sur ses séjours à Sagard, le domaine de la famille Desmarais dans Charlevoix, Jean Charest s'est montré évasif hier, répondant qu'il fallait «faire confiance aux gens».
La semaine dernière, Le Journal de Québec révélait que le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Michael Sabia, avait séjourné au domaine familial des Desmarais pendant trois jours au mois d'août. Le Parti québécois avait réagi en réclamant que le Commissaire au lobbyisme (CL) s'intéresse à ce séjour. M. Sabia est au sens de la loi un «titulaire de charge publique».
De plus, la CDPQ a admis «qu'il s'agissait d'un contexte d'affaires». Nicolas Marceau, critique en matière de finances au PQ, a réclamé hier que M. Sabia vienne s'expliquer à ce sujet en commission parlementaire. En 2009, peu après sa nomination par le gouvernement Charest, M. Sabia avait rencontré d'importants joueurs de l'économie québécoise dans les bureaux mêmes de Power Corporation à Montréal, a rappelé M. Marceau. Son prédécesseur Henri-Paul Rousseau, qui travaille maintenant pour Power, y assistait.
Au reste, le Commissaire au lobbyisme fera des vérifications sur le cas des Desmarais. Ni ces derniers, ni Power, ni Gesca ne sont inscrits au registre des lobbyistes du Québec. «Il faut déterminer s'il y a eu communications avec un titulaire de charge publique dans le but d'influencer ce dernier», a précisé Louise-Andrée Moisan, porte-parole du commissaire. Un lobbyiste-conseil, Robert Yalden du cabinet Osler, avait inscrit un mandat en 2004 pour Power Corporation. Celui-ci est échu.
Câbles diplomatiques
En mai 2011, Le Devoir dévoilait que, dans un câble diplomatique intercepté par WikiLeaks, l'ambassadeur américain au Canada, David Jacobson, s'interrogeait sur la grande «influence» de Power sur Jean Charest en matière énergétique. M. Charest et Power avaient vivement nié ces allégations.
La semaine dernière, M. Charest a toutefois admis avoir séjourné à Sagard. Questionné de nouveau par un journaliste du Canal Argent hier, le premier ministre a refusé de donner plus de détails: «Je pense qu'on a dit à peu près tout ce qu'on avait à dire là-dessus. Faut faire confiance aux gens.» M. Charest a répondu au reste que ce n'est pas à l'élu de vérifier si les gens rencontrés sont inscrits au registre. C'est à ces derniers de «déterminer [...] si leur démarche fait en sorte qu'ils doivent s'inscrire au [registre] des lobbyistes», a noté le premier ministre.
***
Avec la collaboration d'Éric Desrosiers
La semaine dernière, Le Journal de Québec révélait que le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Michael Sabia, avait séjourné au domaine familial des Desmarais pendant trois jours au mois d'août. Le Parti québécois avait réagi en réclamant que le Commissaire au lobbyisme (CL) s'intéresse à ce séjour. M. Sabia est au sens de la loi un «titulaire de charge publique».
De plus, la CDPQ a admis «qu'il s'agissait d'un contexte d'affaires». Nicolas Marceau, critique en matière de finances au PQ, a réclamé hier que M. Sabia vienne s'expliquer à ce sujet en commission parlementaire. En 2009, peu après sa nomination par le gouvernement Charest, M. Sabia avait rencontré d'importants joueurs de l'économie québécoise dans les bureaux mêmes de Power Corporation à Montréal, a rappelé M. Marceau. Son prédécesseur Henri-Paul Rousseau, qui travaille maintenant pour Power, y assistait.
Au reste, le Commissaire au lobbyisme fera des vérifications sur le cas des Desmarais. Ni ces derniers, ni Power, ni Gesca ne sont inscrits au registre des lobbyistes du Québec. «Il faut déterminer s'il y a eu communications avec un titulaire de charge publique dans le but d'influencer ce dernier», a précisé Louise-Andrée Moisan, porte-parole du commissaire. Un lobbyiste-conseil, Robert Yalden du cabinet Osler, avait inscrit un mandat en 2004 pour Power Corporation. Celui-ci est échu.
Câbles diplomatiques
En mai 2011, Le Devoir dévoilait que, dans un câble diplomatique intercepté par WikiLeaks, l'ambassadeur américain au Canada, David Jacobson, s'interrogeait sur la grande «influence» de Power sur Jean Charest en matière énergétique. M. Charest et Power avaient vivement nié ces allégations.
La semaine dernière, M. Charest a toutefois admis avoir séjourné à Sagard. Questionné de nouveau par un journaliste du Canal Argent hier, le premier ministre a refusé de donner plus de détails: «Je pense qu'on a dit à peu près tout ce qu'on avait à dire là-dessus. Faut faire confiance aux gens.» M. Charest a répondu au reste que ce n'est pas à l'élu de vérifier si les gens rencontrés sont inscrits au registre. C'est à ces derniers de «déterminer [...] si leur démarche fait en sorte qu'ils doivent s'inscrire au [registre] des lobbyistes», a noté le premier ministre.
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Avec la collaboration d'Éric Desrosiers
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