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Commission des relations de travail - Québec blâmé pour avoir négocié de mauvaise foi

Une loi spéciale avait été adoptée pour imposer les salaires au secteur public en 2005

La Presse canadienne   31 janvier 2012  Québec
Monique Jérôme-Forget était présidente du Conseil du trésor lors de ces négociations.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Monique Jérôme-Forget était présidente du Conseil du trésor lors de ces négociations.
La Commission des relations du travail blâme le gouvernement du Québec pour avoir négocié de mauvaise foi, du moins pour les salaires, lors de la série de négociations du secteur public de 2005, dans laquelle il avait notamment inclus l'équité salariale. Il avait alors adopté une loi spéciale pour imposer les salaires.

Dans un jugement dont La Presse canadienne a obtenu copie, la Commission des relations du travail accueille en bonne partie les plaintes déposées par plusieurs syndicats, dont celui des employés professionnels et de bureau, affilié à la FTQ, de la CSD, du Syndicat de la fonction publique du Québec et des professionnels du gouvernement.

Lors de cette série de négociations, les représentants gouvernementaux, notamment l'ancienne présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, avaient prévenu dès le départ que le gouvernement n'offrirait que 12,6 % d'augmentations salariales pour six ans, y compris le règlement du dossier de l'équité salariale.

Le juge administratif Louis Garant conclut que l'attitude fermée du gouvernement démontre qu'il a bel et bien négocié de mauvaise foi, du moins pour les salaires.

«L'adoption, dès le départ des négociations, d'une position ferme à prendre ou à laisser, et son maintien tout au long du processus [...] ne constituent pas une négociation de bonne foi. Ce n'est pas un comportement où l'on s'engage à chercher honnêtement un compromis ou encore une attitude démontrant un effort véritable et réel d'entente», écrit le commissaire Garant.

«Par son attitude, ses propos et son intransigeance, il a donc négocié de mauvaise foi en ce qui concerne le volet salarial de la négociation collective», ajoute le juge administratif.

Il souligne que même devant «l'imminence du dépôt» du projet de loi imposant les salaires, le négociateur en chef du gouvernement «refuse de rencontrer les représentants syndicaux sur le volet monétaire, puisque, selon ses propos, le gouvernement n'a rien de nouveau à proposer».

De plus, le commissaire Garant critique le gouvernement pour avoir voulu inclure dans la négociation le règlement de l'équité salariale. «En incluant dans le cadre budgétaire de 12,6 % l'équité salariale, le Conseil du trésor a aussi négocié de mauvaise foi», tranche-t-il.

«L'employeur a une obligation de résultat dans l'atteinte de l'équité salariale. On ne peut donc la négocier au rabais puisqu'une entreprise ne peut être justifiée d'asseoir sa rentabilité sur la sous-évaluation du travail des femmes. Ceci s'applique aussi à l'État», écrit le commissaire.

Les syndicats lésés pourront peut-être obtenir réparation, puisque la Commission des relations du travail a convoqué les parties à une audience afin de décider des «remèdes à ordonner, s'il y a lieu».

Joint au téléphone, l'un des syndicats visés a exprimé sa satisfaction. «On est convoqué pour la réparation. On va faire des représentations. On va lui proposer des remèdes à apporter», a commenté Serge Cadieux, directeur exécutif du Syndicat des employés professionnels et de bureau (FTQ), qui représente 6000 syndiqués.

Selon lui, le gouvernement pourrait devoir débourser davantage pour compenser les pertes subies par les syndiqués à cause de son refus de négocier. Il a rappelé qu'une autre voie avait également été choisie par certaines organisations syndicales, qui contestent aussi la loi spéciale devant la Cour supérieure.
 
 
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  • ClimateCrisis - Inscrit
    31 janvier 2012 02 h 01
    encore une fois
    une autre preuve du "tout-croche" de ce parti.

    Comme personne n est imputable, les liberaux sortent gagnat encore une fois , cest trop long les delais de l illegalites.
    Comme pour l enquete sur la construction, une fois le jugement rendu, les seront probablement tous deja parti, comme Monique Jérôme-Forget !
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  • parade21 - Abonné
    31 janvier 2012 03 h 25
    Il y a loin de la coupe aux lèvres
    Le gouvernement et Mme Jérôme-Forget, qui était alors présidente du Conseil du trésor, avaient une marge budgétaire supérieure à celle annoncée en 2005. Une opinion*, commandée par trois centrales syndicales, dans le cadre de la contestation de la Loi 43 (projet de loi 142) l’avait démontré. Et pourtant, Mme Forget ne voulait pas bouger d’un pouce. Elle s’entêtait à rester sur ses positions et ne voulait pas négocier en dehors du cadre budgétaire qu’elle s’était fixé. Le BIT (Bureau international du travail) avait alors blâmé le gouvernement pour son attitude dans la négociation. Aujourd’hui, la Commission des relations de travail (CRT) le reconnaît aussi. Il y a un autre recours qui a été exercé, par d’autres syndicats impliqués dans la négociation, devant la Cour supérieure.

    Le droit d’association est un droit reconnu par la Charte canadienne des droits et libertés et par la Charte québécoise des droits et libertés. La Cour suprême a reconnu que le droit d’association signifiait l’obligation de négocier de bonne foi dans une cause (Le Health and Social Services Delivery Improvement Act, adopté par la Colombie-Britannique en 2002) Il est probable que cette décision a joué en faveur des travailleurs de l’État dans leur contestation du projet de loi 142 (Loi 43) contre le gouvernement du Québec.

    Le gouvernement Charest avait, en 2005, une marge budgétaire supérieure à ce qu’il prétendait et en plus il a négocié de mauvaise foi. Il est à prévoir que le gouvernement en appellera de cette décision, car elle implique que les parties doivent se rencontrer pour établir le remède approprié. Un dossier à suivre.

    • L’état des finances publiques et la capacité de payer du gouvernement, opinion relative à l’adoption de la Loi 43, Louis Gill, économiste retraité, UQAM, octobre 2007, Classiques des sciences sociales
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  • Raynald Blais - Abonné
    31 janvier 2012 07 h 03
    Sympathie
    "Le gouvernement Charest avait, en 2005, une marge budgétaire supérieure à ce qu’il prétendait"
    Peut importe les contestations dont les conclusions étaient depuis longtemps attendues, les négos 2003-2005 se sont déroulées telles, dues à la faiblesse des stratégies syndicales unissant les travailleurs de la fonction publique.
    Malgré l'opinion de quelques porte-paroles du clan anti-syndical qui dénoncent toujours le trop grand pouvoir des "Unions"; Malgré celle des dirigeants syndicaux sur la mauvaise foi du gouvernement; nous ne pouvons passer sous silence le cul-de-sac dans lequel les nouvelles manières syndicales, participation, consultation, compréhension, envers l'employeur nous ont poussé.
    Qu'un arbitre sympathise avec le plus faible ne nous sortira pas de ce sans issu.
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  • Francois - Inscrit
    31 janvier 2012 07 h 47
    Les libéraux sont des dogmatiques
    Les libéraux sont des dogmatiques.
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  • Carole Dionne - Inscrite
    31 janvier 2012 08 h 05
    Et dire que l'on a vanté Mme Forget
    La super woman du gouvernement Charest. celle qui se prend pour une autre en économie. Avec un diplôme en psychologie!!! Usurper le cerveau des journalistes. On aurait aimer la surnommé "la dame de fer2 avec sa réingénérie de l'état" mais qu'a-t-elle fait de si important dans l'économie québécoise? Et un poste de psychologue dans un cabinet d'avocat! Les cabinets engagent souvent des psychologues pour leurs d'avocats dépressifs, j'imagine. À part d'augmenter la dette du Québec, qu'a -t-elle fait de si important aux yeux des québécois? Et dire qu'il y a encore 28% des québécois-ses qui croient...Je déménage au Groenland avec les phoques et les manchots
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    31 janvier 2012 09 h 19
    Ce fut une tragédie pour la FAC
    J'étais syndiqué à la Fédération autonome du Collégial (FAC) à ce moment-là. Pour mémoire, le gouvernement avait acculé les syndiqués dans un dilemme cornélien : ou vous acceptez nos offres, ou on impose le décret. Dans un très faible majorité des membres, face à une majorité de syndicats membres de la FAC, les offres gouvernementales sont rejetés et la FAC tombe sous le décret. C'est l'un des rares syndicats à agir ainsi, la plupart ayant acceptés les offres. Par la suite, la FAC a négocié un réajustement, mais pas égal à ce que les autres syndiqués avaient obtenu en acceptant les offres. Quatre ans plus tard, la FAC est dissoute et ses membres doivent se rallier à une autre fédération syndicale.
    Si le verdict aujourd'hui prononcé par la Commission des relations de travail a quelque valeur, il faudrait que le gouvernement fasse amende honorable et rejette le décret qu'il avait imposé par le chantage, plutôt que par une honnête négociation et qu'il compense les syndiqués qui ont subi une perte de salaire encore plus grande. Et peut-être - si on croit à la résurection - que la FAC pourra renaître de ses cendres.
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  • N. G. S. - Inscrit
    31 janvier 2012 12 h 26
    Quoi de neuf?
    Depuis la loi 111 (toujours effective en termes réelles) et ses maintes lois-matraque-d'exception (même rétroactives un peu à l'instar de la loi sur les mesures de guerre!), le P.Q. n'a cessé d'innover en ce domaine rétrograde, autoritaire et pour le moins corporatiste. C'est devenue rien de moins qu'une tradition néo-duplessiste au Québec.
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  • Jean_Yves - Abonné
    31 janvier 2012 13 h 12
    Le commissaire erre…
    Dans son texte il dit,

    -«L'employeur a une obligation de résultat dans l'atteinte de l'équité salariale. On ne peut donc la négocier au rabais puisqu'une entreprise ne peut être justifiée d'asseoir sa rentabilité sur la sous-évaluation du travail des femmes. Ceci s'applique aussi à l'État»-

    A moins que celui-ci nous démontre que l’équité salariale n’a pas été faite correctement selon les règles son argument est irrecevable et fallacieux. Il n’y a aucun empêchement a ce qu’une entreprise rétablisse l’équité salarial entre ses groupes d’employés à majorité sexuellement différente (…) et en même temps réduise son coût salarial global.

    On peut très bien faire reculer les conditions salariales tout en pratiquant des ajustements d’équités. Et dans le cas analysé c’est une augmentation qui a eu lieu !



    Au minimum la mauvais foi a tout l’air d’être du coté du commissaire
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  • Francois Dorion - Abonné
    31 janvier 2012 13 h 34
    Les salaires
    Les salaires doivent être fonction de la part du PIB qu'occupe l'activité à laquelle se livre l'organisme.
    Les syndicats n'ont jamias eu le droit de négocier le taux d'imposition.
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  • Lise Moga - Inscrite
    1 février 2012 09 h 36
    @ClimateCrisis
    "... une autre preuve du "tout-croche" de ce parti."

    Établir un cadre de négociation avec une limite d'augmentation salariale, est quand même plus DÉCENT que de promulguer un décret pour couper de 20% le salaire de ses employés, assorti d'une campagne de dénigrement, et, une grosse semaine plus tard, de se voter une augmentation de salaire, en pleine récession. (1982) Dommage que les syndicats souffraient de partisanerie ankylosante à ce moment, les employés auraient au moins pu avoir des excuses.
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  • Leveque - Inscrit
    1 février 2012 13 h 00
    bonne nouvelle
    Plusieurs emplyées de l'état ont été victime de cette mauvaise foi et attendent que justtice leur soit faite en matière d'équité et de relatvité salariale. Voici un bon argument pour faire avancer leurs causes que les commissions de toutes sortes ont en main présentement.
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  •  
  • SNost - Abonné
    1 février 2012 13 h 28
    @ L. Moga
    Il va bien falloir en revenir un jour là, ça date de 30 ans.
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  •  
  • Lise Moga - Inscrite
    2 février 2012 08 h 26
    @SNost
    Si je compte bien, 1837, cela fait 175 ans et l'indignation est toujours si vive qu'elle seule explique bien des condamnations contemporaines.
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