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Redevances minières au Québec - Pour un partage équitable de la richesse

Le régime actuel de redevances laisse une trop grande part des profits aux minières, lésant ainsi les propriétaires de la ressource, les citoyens du Québec

Yvan Allaire - Professeur émérite de stratégie à l'UQAM  30 janvier 2012  Québec
Les investisseurs dans l’exploitation d’une mine seraient-ils satisfaits d’un rendement attendu oscillant entre 20 et 30 %? Sans aucun doute. <br />
Photo : Source: IOC
Les investisseurs dans l’exploitation d’une mine seraient-ils satisfaits d’un rendement attendu oscillant entre 20 et 30 %? Sans aucun doute.
De par le monde, les pays riches en ressources naturelles cherchent de nouvelles façons de bonifier la contribution de cette richesse aux finances publiques et au développement économique de leur société. Toutefois, partout, ou presque, les gouvernements restent prisonniers du modèle traditionnel en ce domaine, conçu à une époque de faible valeur relative du minerai.

Naguère, la valeur économique de l'exploitation minière pour la société provenait surtout des emplois créés en région et des retombées fiscales qui en découlaient. Au Québec et dans les autres provinces canadiennes, le modèle traditionnel, toujours en place, comporte de généreuses incitations fiscales à l'exploration et à l'exploitation. Les redevances y prennent la forme d'une taxe minière sur les bénéfices.

Ce modèle était adéquat à l'époque, mais il est inadapté au présent contexte des marchés mondiaux du minerai. Par exemple, de 1980 à 2004, le prix de l'or oscillait autour de 400 $ l'once; le prix s'établit maintenant à quelque 1600 $ l'once. Pendant la même période, le minerai de fer ne valait que quelque 12 $ la tonne; fin 2011, la même quantité rapportait environ 136 $.

Exigences imposées aux minières

Alarmé par le rapport critique du Vérificateur général du Québec en 2009, le gouvernement décida en 2010 d'augmenter graduellement le taux de la taxe minière sur les bénéfices de 12 à 16 %; le calcul de la rentabilité doit être établi pour chaque mine, et non pas selon un résultat consolidé; les règles gouvernant les amortissements des immobilisations sont modifiées de façon à les rendre un peu moins «généreuses»; le gouvernement veut également relever les exigences concernant l'impact environnemental de l'activité minière et établir de nouvelles règles financières visant la restauration des sites en fin d'exploitation.

Ces changements ont fait passer le Québec au 2e ou 3e rang sur 11 juridictions canadiennes (Alberta exclue), selon les exigences financières imposées aux minières.

L'effort est louable et fait augmenter sensiblement la contribution des mines à la fiscalité québécoise, comme le constate aussi M. Jacques Parizeau, mais ces modifications s'inscrivent tout de même dans la logique d'un modèle d'affaires conçu à une époque de faible valeur des minerais.

Le contexte actuel du marché des minerais justifie pleinement de traiter leur exploitation selon les principes et les règles qui prévalent dans le secteur pétrolier. Ainsi, pour le pétrole albertain, selon le prix international du baril de pétrole et la quantité produite par un exploitant, les redevances varient entre 0 et 40 % des revenus. Au prix actuel du pétrole, la redevance se situe tout près du maximum.

Un nouveau modèle d'affaires ?


Peut-on, sans provoquer d'hystérie politique, débattre de ce que serait un partage équitable des profits entre les investisseurs et les propriétaires de la ressource que sont les citoyens du Québec? Quelles seraient les différentes façons de tirer le meilleur parti de cette flambée des prix du minerai?

Toute nouvelle approche en ce domaine devrait s'inspirer d'une logique d'affaires incontournable et simple à comprendre. L'investisseur privé, l'entreprise, doit s'attendre à un rendement approprié sur ses investissements, compte tenu des risques. Or, les risques dans le domaine minier sont bien réels. Toutefois, il faut noter que la phase d'exploration est la plus aléatoire; la phase d'exploitation, sur la base d'un gisement géologiquement démontré, fait porter deux risques bien précis au promoteur.

Le risque politique: l'éventualité d'un retournement politique, la nationalisation de l'opération, l'opposition efficace de la population au projet; ainsi, Newmont Mines vient de se retirer d'un projet de mine d'or au Pérou dans lequel la société avait investi des dizaines de millions en raison de l'opposition farouche des paysans de la région touchée par cette mine. En septembre 2011, le Venezuela a nationalisé toutes les mines d'or sur son territoire. Le Québec et le Canada jouissent de régimes politiques stables et d'un contexte juridique prévisible, ce qui réduit considérablement les risques de ce type. D'ailleurs, dans leurs propos destinés aux investisseurs, les minières font grand cas d'un contexte canadien et québécois très favorable à l'industrie minière.

La volatilité des prix: la chute des prix du minerai pourrait transformer rapidement un projet rentable en projet déficitaire. Cela est vrai, mais la demande pour ces minerais s'inscrit dans une tendance lourde du système économique mondial, à savoir le développement économique rapide de la Chine et autres pays en pleine effervescence; de plus, le secteur des minerais jouit de marchés futurs sur lesquels la production à venir peut être vendue au prix actuel (ou à peu près). Évidemment, l'entreprise qui se protège ainsi s'expose à des pertes si jamais le prix du minerai continue d'augmenter, mais cette protection est disponible pour qui craint un affaissement prochain des prix.

Quel rendement pour les investisseurs ?

Dans un contexte économique où une obligation du gouvernement du Canada, placement pratiquement sans risque, rapporte environ 2,5 % l'an pendant dix ans, quel serait un niveau de rendement attrayant pour l'exploitation d'une mine au Québec? Il est utile de comparer les taux de rendement interne (TRI) attendus et réalisés dans d'autres secteurs industriels comportant de hauts niveaux de risques:

développement de nouveaux produits d'ordonnance dans le secteur pharmaceutique: taux de rendement interne de 8,4 %;

nouveaux programmes d'avions:
12 à 20 % de rendement attendu;

capital de risque, tous secteurs confondus (1989-2008): 17 %; dans le secteur particulièrement risqué des biotechnologies: rendement réalisé (1986-2008): 20,7 % et rendement attendu 21,5 %.

Les investisseurs dans l'exploitation d'une mine seraient-ils satisfaits d'un rendement attendu oscillant entre 20 et 30 %? Sans aucun doute. Pourquoi alors maintenir un système de redevances, comme le système actuel, qui mène à des rendements de 50 à 80 % ou plus pour l'exploitation des ressources minérales du Québec?

Il ne fait pas de doute qu'un rendement de 20 à 30 % récompense pleinement l'investisseur pour les risques de variation à la baisse des prix du minerai ainsi que pour les autres aléas inhérents à ce secteur d'activités.

Les propriétaires aussi !

Pourquoi ne pas établir un système de redevances qui soit sensible au rendement attendu par les investisseurs et qui fasse bénéficier les propriétaires des ressources, les citoyens du Québec, de tous les profits au-delà de ce rendement attendu? Ce nouveau système de redevances pourrait prendre plusieurs formes, par exemple:

des redevances prélevées sur les revenus, et non sur les bénéfices comptables, calibrées pour donner un rendement plafond de, disons, 25 % aux investisseurs dans le secteur minier québécois;

une combinaison de redevances sur les revenus et de taxe minière sur les profits, comme il est courant de le faire dans le secteur pétrolier; par exemple 10 % de redevances sur les revenus et 50 % de taxe minière sur les profits, suivi des taxes statutaires sur les profits. [...]

Quelles conséquences pour la fiscalité québécoise ?

Il est difficile d'estimer le montant additionnel des rentrées de fonds éventuelles si le gouvernement du Québec adoptait un nouveau modèle de redevances et de taxation pour toutes les mines du Québec présentes et à venir, mais si le prix des minerais se maintient au niveau actuel, le chiffre de 50 à 100 milliards de revenus additionnels pour l'État du Québec sur une période de 12 à 15 ans est réaliste. De toute évidence, les sommes sont énormes, d'une ampleur telle que le débat public sur cette question ne peut, ni ne doit, être évité.

Avec le nouveau modèle de redevances proposé, le Québec perdrait-il son attrait pour les sociétés minières? Le développement minier se déplacerait-il du Québec vers des juridictions canadiennes plus hospitalières, provoquant des pertes d'emploi et de revenus pour l'État du Québec? La question est pertinente, la crainte légitime. [...] Le fait que certaines provinces soient plus «généreuses» envers les investisseurs ne devrait pas intimider le Québec, car son leadership pourrait être contagieux, incitant les autres à revoir leur régime.

Une société d'État maître d'oeuvre ?

Faut-il rappeler que le minerai n'est pas une ressource mobile? Son extraction fait appel à des technologies connues et stables. Aussi le Québec devrait-il se doter d'une société d'État capable de rassembler les ressources techniques et financières pour l'exploitation de ressources minières, habile à négocier les termes et conditions du développement minier avec des promoteurs et investisseurs privés pour en extraire tous les bénéfices pour le Québec. [...]

Le régime actuel de redevances laisse une trop grande part des profits aux minières, lésant ainsi les propriétaires de la ressource, les citoyens du Québec. Le taux de rendement pour l'exploration minière dépasse largement et outrageusement ce qui est nécessaire et juste pour compenser les risques associés à de tels investissements. Cela est indiscutable et inéquitable!

Si le gouvernement ne veut pas innover en adoptant un modèle de redevances comme l'un ou l'autre de ceux proposés ici, soit, mais il doit répondre aux questions de fond: trouve-t-il équitable et raisonnable que les minières réalisent des taux de rendement interne de 50 à 80 % ou plus? Sinon, comment le gouvernement compte-t-il faire en sorte que les citoyens du Québec, propriétaires des ressources, reçoivent une meilleure part des profits?

***

Yvan Allaire - Professeur émérite de stratégie à l'UQAM
 
 
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  • Nelson - Inscrit
    30 janvier 2012 02 h 44
    Il faut élire des politiciens que ne soient pas copains avec le grand capital international.

    Le pouvoir nous l'avons, pour élire des politiciens que gouvernent pour nous, et non pour se remplir leurs poches.

    Si simple que ça.

    Arrêter de dormir au gaz et penser un peu plus dans nos propres intérêts.

    Les boliviens, les chinois, les venezuelins, les cubains savent négocier avec le grand capital international.........Landry parle de 50% de redevances................Parizeau veut que se fase publique les ententes sécrètes entre Hydro-Charest, et Petrolia.

    Bon , aux politiciens honnêtes de parler et se mobiliser et nous mobiliser.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    30 janvier 2012 08 h 44
    Risques escamotés
    Il me semble que les risques associés à l'investissement, (pas mal plus incertains que ceux d'un amphithéâtre!) , environnementaux (taxe de carbone à l'horizon), technologiques, aux coûts de l'énergie (incluant le transport du concentré ou du minerai) auraient pu être traités.
    Les prix à long terme: la Chine va se tourner vers la consommation interne, de même que l'Inde, plus tôt que tard: quels seront les effets sur les prix des matières premières?
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  • Notsag - Abonné
    30 janvier 2012 09 h 46
    On veut en savoir plus...
    Excellent article M. Allaire. J'aimerais avoir votre opinion sur deux autres aspects à propos de l'exploitation des ressources naturelles.

    1- Vous notez, avec raison, que les minières jouent les pays les uns contre les autres afin de mettre la main sur les ressources au plus faible coût possible. On remarque également que dans le contexte actuel (Prix international élevé), les minières cherchent à augmenter la production le plus possible. Cela produira deux résultats: 1- Éventuellement, à cause de la surproduction, le prix va s'effondrer. 2- La ressource va s'épuiser plus rapidement

    Donc, ma question est: À l'exemple de l'OPEP, serait-il possible de mettre en place un cartel du cuivre, un cartel de l'or, un cartel de l'uranium, etc... composé des pays producteurs? On pourrait ainsi contrôler les prix et la production afin d'éviter les booms et les crashes qui s'ensuivent.

    Est-ce envisageable?

    2- Cette industrie est fortement cyclique. La perspective d'une récession mondiale assez sévère est bien présente. Si elle se produit, alors l'industrie minière va s'effondrer. Dans cette situation serait-il approprié de créer un organisme comme la Commission Canadienne du Blé, ou celui de la mise en marché du sirop d'érable. L'état garanti un certain prix, et achète la production. Ensuite, on la vend sur le marché libre au prix international, ou on stocke le métal, en attendant le prochain boom. Évidemment, l'inverse est également vrai: quand le prix international est élevé, le prix offert aux producteurs sera moindre (on écoule alors la production accumulé)

    Initialement, cela sera dispendieux. Toutefois, sans un tel programme, les travailleurs perdent leur emplois, et il faut investir des sommes énormes pour relancer l'économie.

    Est-ce que cette idée est totalement farfelu, ou elle mériterait une étude particulière?
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  • Jean_Yves - Abonné
    30 janvier 2012 09 h 49
    Bonne approche, mais avec une grosse contradiction.
    Vous nous dites qu’il faut --«un partage équitable des profits entre les investisseurs et les propriétaires de la ressource que sont les citoyens du Québec?»--

    Mais avant vous dites qu’il faut --«nouvelles façons de bonifier la contribution de cette richesse aux finances publiques»--

    Hors les citoyens propriétaires et les finances publiques sont deux entités bien distinctes.

    Les finances publiques sont loin de mériter le qualificatif d’être un lieu de partage équitable du patrimoine global du pays. Et ce n’est pas demain que la chose va changée.

    Il faut donc que ces revenus soient en grande partie redistribués directement aux citoyens avec exactement la même part à chacun de ces citoyens, La même part pour le poupon que pour le vieillard ou le richissime. Un revenu pleinement universel qui donne un sens au principe d’égalité de tout citoyen du Québec. L’État lui se sert avec la pleine soumission de ce revenu à la fiscalité.

    Toute autre avenue va obligatoirement débouchée sur une spoliation des revenus du patrimoine par des petits groupes selon le niveau de capacité de lobbysme. Ce qui serait qu’une continuité de la présente situation, mais avec des acteurs différents.

    Il ne faut donc pas seulement décrier la présente situation pour mettre en place un «profiteur» au lieu d’un autre. Il faut une distribution ou chacun trouve une place pleinement égalitaire. Comme un lieu ou chaque citoyen a la même valeur.
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    30 janvier 2012 15 h 02
    Et si la compagnie fait des pertes, paye-t-elle des redevances?
    Ce prof de l'université du Québec à Moscou sait-il que 6 des 8 producteurs aurifères québécois font des pertes d'opération après 9 mois d'opérations?

    Sait-il qu'il y a 2 semaines, une mine d'or a fermé en Abitibi à cause de trop importantes pertes (la mine Géant Dormant)?

    Voici les résultats cumulés après 9 mois.

    Mines Richmont Inc. 19 812 000 $
    Corporation minière Osisko (19 805 000 $)
    Westdome Gold Mines Ltd (256 000 $)
    White Tiger Gold Ltd. (7 091 000 $)
    Alexis Minerals Corporation (8 575 017 $)
    Mines Agnico Eagle Ltée (13 107 000 $)
    Mines Aurizon Ltée 21 411 000 $
    Compagnie minière North American Palladium (7 757 000 $)

    Lesquelles de ces entreprises vont fermer si on hausse les redevances?
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    30 janvier 2012 16 h 13
    Manque total de rigueur scientifique
    Affirmer dans ce texte qu'un meilleur système de redevances rapporterait entre 50 à 100 milliards de revenus SUPPLÉMENTAIRES relève de la pure fabulation.

    Il n'y a que 15 mines métalliques au Québec (Or, fer, nickel, cuivre zinc...) et 9 non métalliques (chrysotile, silice, sel...)

    Réf: http://www.mrn.gouv.qc.ca/publications/mines/mines

    Tel que je l'ai mentiionné dans mon commentaire précédent, 6 des 8 entreprises qui exploitent de l'or au Québec perdent de l'argent après 9 mois en 2011. leurs pertes cumulées s'élèvent à (15 368 017 $). La mine Géant Dormant a fermé il y a 2 semaines (radiation de 50 millions) et la mine Goldex éprouve de sérieux problèmes (radiation de 180 millions de dollars en pertes).

    Réf: États financiers dans Sedar.

    De plus, l'amiante est pratiquement en faillite .

    Alors le 50 à 100 milliards, on va le chercher où? Les 4 mines de fer???? La mine de sel des Iles de la Madeleine? Le mica de Suzorite?

    Revoyez vos calculs monsieur Allaire.
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  • Notsag - Abonné
    30 janvier 2012 16 h 23
    Précisions...
    @J-P Thomassin:
    Que représente les chiffres que tu mentionnes: profit brut, profit net, redevances, etc...?

    Est-ce que tu aurais également la production d'or pour la même période?

    Merci.
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    30 janvier 2012 17 h 01
    Précisions (réponse)
    @Notsag

    Il s'agit des chiffres des profits nets (pertes nettes) après impôts, amortissements, redevances... tirés des états financiers déposés dans Sedar.

    Voici à titre d'exemple le lien vers les états financiers de Mines Aurizon:
    http://www.sedar.com/DisplayCompanyDocuments.do?la
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  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné
    30 janvier 2012 17 h 24
    Un texte ignorant de l'écologie et du développenment durable
    Si le professeur « émérite » Allaire a l’immense « mérite » (que je salue ici avec une note virtuelle de A ) de questionner l’INÉQUITABLE et ARCHAÏQUE répartition des richesses et redevances provenant de « nos » ressources minières, il a également l’énorme « démérite » (qui m’amène à corriger à la baisse sa note finale globale pour un C- ) d’ignorer sa dimension ÉCOLOGIQUE en termes de DÉVELOPPEMENT DURABLE.

    Les minerais (tout comme le pétrole, le charbon et le gaz naturel) sont des ressources naturelles NON RENOUVELABLES, et cela signifie que ces ressources sont quantitativement limitées sur une planète finie, et qu’elles sont donc, par définition même, « ÉPUISABLES ».

    Or, cette dernière caractéristique d’ÉPUISABILITÉ, qui est antonyme de DURABILITÉ (condition d’un véritable développement durable), génère en pratique, tel qu’attesté par de nombreuses études géologiques, une « RARETÉ » relative et croissante qui entraîne à son tour deux conséquences :

    1) au plan économique, une tendance lourde à moyen et long terme de hausse continue de ses prix sur les marchés internationaux des matières premières et

    2) au plan écologique, une obligation éthique (sinon morale) envers les générations futures de « PRÉSERVER » au maximum possible la disponibilité future de ces ressources via leur recyclage systématique, maximal et juridiquement obligatoire.

    Donc, en termes de développement durable, cela signifie que ladite préservation de nos ressources minières pour le bénéfice des générations futures requiert la création d’un FONDS QUÉBÉCOIS DE RECYCLAGE DES MINERAIS à être financé par une portion (à déterminer ultérieurement) des REDEVANCES en provenance des minières.


    Écolocordialement,

    DANIEL CLAPIN-PÉPIN
    Écologiste humaniste altermondialiste coopérativiste postcapitaliste
    Professeur de gestion, éthique et comptabilité environnementales
    au Département des scienc
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    30 janvier 2012 17 h 36
    Suite du message
    @Notsag

    Le message précédent est mal affiché. Voici le lien complet:

    http://www.sedar.com/DisplayCompanyDocuments.do?la
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  • Jean-Yves Papineau - Abonné
    30 janvier 2012 17 h 52
    Redevances et minerai de fer vers la Chine
    Voici ma conclusion d'une étude sur les projets chinois dans le Plan Nord.

    <Une longue expérience de la Chine me ferait suggérer que les très riches Sociétés d'État chinoises, qui importent 60% de la production mondiale du minerai de fer, compredront que, comme on le fait chez elles,
    le Québec veuille :
    - que le siège social de l’exploitant soit au Québec ;
    - que le Québec tire une juste redevance, qui à mon avis doit être basée sur la valeur mondiale affichée du minerai brut à 30%, ou concentré à 62%, (fair market value), à l’embarquement et non, comme proposé, sur les profits incertains et faciles à maquiller par les sociétés exploitantes.
    - que le Québec soit possiblement partenaire dans l’actionnariat de chaque projet en contrepartie de ses contributions à certaines infrastructures indispensables pour la rentabilité du projet dont elle devient un des actionnaires;
    - que les consultants, les concepteurs, les maîtres d’œuvre, les sous-traitants, comme les cadres et les travailleurs, soient québécois.
    - que les équipements et fournitures, lorsque concurrentiels, soient aussi québécois et à tout le moins canadiens.>
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    30 janvier 2012 18 h 04
    Dernier essai!!!
    @Notsag

    Il y a un problème avec le lien!! Oublions-le.

    pour répondre à ta deuxième question, je n'ai pas fait le calcul de la production en onces car certaines de ces compagnies ont des mines à l,extérieur du Québec. Selon l'Institut de la statistique du Québec, la valeur brute de la production aurifère pour 2011 est estimée à 1,6 milliards.

    Ref: http://www.stat.gouv.qc.ca//donstat/econm_finnc/se

    En ce qui concerne la valeur totale de la production minière, elle devrait atteindre 8,2 milliards. si on inclu les matériaux de construction.

    C'est 5 fois moins que l'agriculture et la forêt et ça dépasse un peu la production porcine. Devrait-on exiger des redevances sur ceux qui utilisent le sol?

    Finalement, pour ceux qui souhaitent la nationalisation, il est intéressant de noter que les mineurs qui gagnent entre 75 et 125,000 dollars actuelle,ment gagneront entre 30 et 40 mille dollars, selon les échellles de la fonction publique!!!

    ref:
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  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné
    30 janvier 2012 18 h 07
    En complément à mon texte précédent "troncaturé"
    C'est avec un "A " (le ayant été malencontreusement effacé à la reproduction, ne retenant que le "A") que devrait se lire ma première phrase suivante => "Si le professeur « émérite » Allaire a l’immense « mérite » (que je salue ici avec une note virtuelle de A..."

    Et ma signature non tronquée aurait dû se lire comme suit :

    DANIEL CLAPIN-PÉPIN
    Écologiste humaniste altermondialiste coopérativiste postcapitaliste
    Professeur de gestion, éthique et comptabilité environnementales
    au Département des sciences comptables
    de l'École des sciences de la gestion
    de l'Université du Québec à Montréal
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    30 janvier 2012 19 h 54
    Ressource non renouvelable??
    @Daniel Clapin-Pépin

    Comme l'a démontré Einstein dans sa théorie de la relativité générale, le temps est une composante essentielle de l'espace-temps et l'univers est encore en expansion. Le temps est donc relatif.

    Il se forme actuellement dans les fractures océaniques (rifts) des gisements de sulfures massifs tout à fait identique à ceux qui sont exploités en Abitibi et qui se sont formés il y a 2,7 milliars d'années.

    Dans les chaînes de montagnes orogéniques, il se forme actuellement des gisement porphyriques exactement semblables à celui qu'Osisko exploite à Malartic et qui a lui aussi quelques milliards d'années d'âge.

    Il se forme actuellement dans les fonds océaniques peu profonds des nodules métalliques contenant des métaux utiles et qui seront bientôt exploités économiquement (et environnementalement!).

    On peut donc affirmer sans aucune gêne ni retenue que les ressources minérales sont renouvelables. Évidemment, il faut utiliser une échelle de temps relative et non unique et absolue.

    REF: "Une brève histoire du temps" de Stephen Hawkins
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  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné
    30 janvier 2012 20 h 37
    Dernière tentative de correction de mon ci-devant texte
    Un peu plus tôt, ci-dessus à 18h07, j'ai tenté, sans succès, d'indiquer que je référais à une note de A "plus", le ci-devant signe "plus" n'ayant pas été copié-collé correctement, je ne sais trop à cause de quel cybercaprice.
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  • Notsag - Abonné
    30 janvier 2012 21 h 08
    Merci.
    @J-P- Thomassin:
    Merci pour l'information.
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  • Lise Thibault - Inscrite
    30 janvier 2012 23 h 06
    En relation avec l'être humain
    @ M. Thomassin

    Je crois que M. Clapin-Pépin faisait dans son texte référence à une échelle de temps relative... à l'humanité
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  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné
    31 janvier 2012 06 h 55
    Tu n’as pas tort, Jean-Pierre, mais...
    @ JEAN-PIERRE THOMASSIN
    Tu n’as pas tort à l’échelle du temps géologique ou cosmique de contester l’existence perpétuelle des ressources dites « non renouvelables ».

    Mais le concept écologique de « ressource non renouvelable », pour être managérialement utile et opérationnel, doit être interprété à l’échelle du temps humain et intergénérationnel.

    Voici la définition qu’en donne www.wikipédia => « Une ressource naturelle est qualifiée de non renouvelable ou épuisable lorsque sa vitesse de destruction dépasse, largement ou non, sa vitesse de création. Ainsi un sol se forme en quelques siècles à plusieurs millénaires suivant les conditions chimiques, physiques et biologiques et est actuellement détruit dans certaines régions en quelques dizaines d'années, voire quelques années. On peut aussi rapprocher l'actuelle destruction accélérée des espèces d'une utilisation de ressources non renouvelables.

    On parle au contraire de ressource renouvelable lorsque leur production est possible sur un temps court (production animale, végétale, etc.) et ne consomme pas elle même une ressource non renouvelable, ou lorsque la ressource n'est pas détruite par l'usage (énergie marémotrice, énergie éolienne, énergie solaire).

    Les projections actuelles montrent que le pétrole, qui a mis plusieurs dizaines de millions d'années à se former, sera épuisé au cours du XXIe siècle. Cependant, le pétrole n'est pas la seule ressource non renouvelable. D'autres ressources risquent d'arriver à épuisement avant le pétrole, au rythme actuel de consommation : le terbium, le hafnium, l'argent, l'antimoine, le palladium, l'or, le zinc, l'indium, l'étain, le plomb, le lithium, le tantale, le cuivre, l'uranium, le nickel, etc. »

    Écolocordialement,

    DANIEL CLAPIN-PÉPIN
    Professeur
    UQAM
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    31 janvier 2012 07 h 23
    L'humanité, c'est vieux.
    @ Lise Thibault

    Si vous faites référence à l'homme moderne avec son char, sa maison, son iPhone et sa carte de crédit, effectivement, cette humanité-là est très récente.

    Si vous faites partie des créationnistes, alors là, on parle plutôt de 7-8,000 ans.

    Mais si vous êtes un évolutionniste comme moi, alors là, permettez-moi de vous apprendre que l'homme actuel est le résultat de près de 3 milliards d'années d'évolution de la vie sur terre et que sa version dite "moderne" (avec son char, sa maison, son iPhone et sa carte de crédit) disparaîtra pas mal plus rapidement que tous les métaux et minéraux renouvelables qu'on trouve sur la terre.

    Certains auraient intérêt à s'inquiéter non pas de la survie (renouvelabilité) des métaux et minéraux, mais plutôt de celle de l'homme dit "moderne"!!

    JP Thomassin, prospecteur émérite, chercheur et libre-penseur.
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    31 janvier 2012 07 h 47
    Attention aux projections Daniel!
    Quand j'étais jeune (dans un autre siècle), un certain CLUB DE ROME, composé d'universitaires et grands penseurs, prévoyait presque la fin du monde en ce qui concerne l'exploitation des ressources naturelles et la production alimentaire.

    On devait manquer de tout avant la fin du siècle dernier (et ce, sans même les chinois ni les indiens). je me rappelle des graphiques "inquiétants"dans leur étude !!!

    Et, conformément à la théorie de l'évolution, l'humain s'est adapté et on ne manque de rien. On a même tellement de gaz naturel que le prix s'effondre actuellement! Et le pétrole des sables bitumineux est capable fournir l'humanité pour quelques autres siècles en attendant que nous développions une autre forme d'énergie (comme nous l'avons toujours fait dans le passé).

    Alors, cessons de nous inquiéter à propos des ressources supposément non-renouvelables et profitons du réchauffement climatique comme les Vickings et les Inuits ont profité du dernier réchauffement pour développer leur civilisation entre 800 et 1100 de notre ère.

    PS: Dans mon temps, mes profs auraient pas reconnu une référence comme Wikipédia. Probablement que c'est ce que monsieur Allaire a utilisé LOL

    JP Thomassin, Prospecteur, chercheur et libre-penseur
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  • - Abonné
    1 février 2012 11 h 31
    Ne pas pleurer sur le sort des mines d'or.....
    Il est très étonnant que M. Jean-Pierre Thomassin, qui a passé six ans à défendre les compagnies minières comme d.-g. de l'Association de l'exploration minière du Québec, invoque le fait que six des huit producteurs aurifères montrent des pertes. Il est normal qu'une compagnie comme Typhon Exploration qu'il connaît bien, soit déficitaire dans sa phase de mise en valeur du gisement. Les bulletins des courtiers TD et RBC montrent que 43 des 58 producteurs aurifères cotées en bourse font de l’argent et beaucoup d’argent au cours actuel. Les autres (pertes de un ou de deux cents par action) sont en phase de mise en valeur. Les autres sont dans le rouge pour un pépin technique comme Goldex... Donc, s.-v.p. d’autres arguments pour ne pas permettre aux citoyens du Québec de tirer un juste par des recettes minières du Québec. Michel Nadeau
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    1 février 2012 19 h 17
    6 des 8 producteurs québécois font des pertes après 9 mois en 2011
    Je vous défie de me prouver le contraire monsieur Nadeau.

    Le Québec n'ira pas chercher ses redevances dans les compagnies dans vos bulletins de courtiers qui exploitent au Chili, en Afrique du Sud ou en Ontario. Mais bien ici.

    Et ici, 6 des 8 perdent de l'argent. Vous avez la liste ci-haut. Et il ne s'agit pas de mines en développement. Seulement Richmond et Aurizon ont des résultats positifs après 9 mois. Et depuis la publication de ces résultats, la mine Géant Dormant a fermé à cause de non-rentabilité.

    Et puisque vous fréquentez le milieu des courtiers, expliquez donc aux québécois comment on va extirper davantage de $$$ d'une compagnie qui n'en fait pas?

    On dirait que c'est très simple, à vous entendre. On saisit les actifs, on leur demande de faire des mises à pieds? Expliquez.

    Quant à vos allusions sur mes employeurs antérieurs, je les trouve déplacées et sans aucun rapport avec la présente.
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  • JEAN-PIERRE THOMASSIN - Inscrit
    2 février 2012 07 h 54
    Avez vous des batteries dans votre calculatrice M. Nadeau?
    Commencez par lire l'article en référence et surtout le paragraphe sur les redevances. Voilà un autre bel exemple de la pensée magique qu'on trouve dans le "modèle québécois"!

    En 2010, les revenus bruts miniers ont été de 6,8 milliards, selon l'Institut de la statistique (IST). Selon l'article, les bénéfices ont été de 1,9 milliards et les redevances payées de 800 millions. En 2011, l'IST prévoit des recettes de 8,2 milliards. Les prix des métaux ayant été stables en 2011 et même si les coûts ont augmenté, gardons la même marge et disons qu'on peut s'attendre à des bénéfices 2,4 milliards et des redevances de 1 milliards (merci aux mines de fer et nickel!!).

    En vertu de la pensés magique, un gouvernement péquiste irait chercher 3 à 4 milliards SUPPLÉMENTAIRES en redevances (qu'on perdrait actuellement selon ses savants calculs).

    Simple comme Bonjour. Comment les compagnies vont payer? Un chèque sans fonds évidemment car tout le monde peut payer 4 ou 5 milliards avec des revenus nets de 2 milliards. Pensée magique voyons donc! En aucun média ne lui a demandé si elle a des batteries dans sa calculatrice!!

    http://www.cyberpresse.ca/environnement/economie/2
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