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    Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Une victoire morale pour Pauline Marois

    28 janvier 2012 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
    Les turbulences provoquées par la possibilité d’un retour de Gilles Duceppe en politique n’ont pas nui à Pauline Marois.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les turbulences provoquées par la possibilité d’un retour de Gilles Duceppe en politique n’ont pas nui à Pauline Marois.
    Pour consulter les données complètes
    Dans le contexte, c'est une forme de victoire morale pour Pauline Marois: à défaut de mieux, le Parti québécois sort en effet indemne de la énième crise qui l'a déchiré dans les derniers jours, révèle un sondage Léger Marketing. Celui-ci montre également un resserrement général des intentions de vote au Québec.

    Les turbulences provoquées par la possibilité d'un retour de Gilles Duceppe en politique n'ont donc pas nui à Pauline Marois, si l'on se fie au dernier coup de sonde de Léger. Il y a deux semaines — soit juste avant qu'éclate la dernière crise autour du leadership de la chef du PQ —, la maison de sondage créditait le PQ de 25 % d'appuis, deux points derrière les libéraux et huit derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

    Or, le PQ conserve aujourd'hui ce soutien, alors que la CAQ perd un autre point (32 % d'appuis, contre 33 % à la mi-janvier et 37 % à la mi-décembre) et que le PLQ se situe à 26 %. Mais pour l'analyste Jean-Marc Léger, la statistique la plus importante du sondage réalisé pour Le Devoir et The Gazette se trouve dans les intentions de vote des francophones: la CAQ y recueille 36 % d'appuis (en baisse de six points en un mois, et de deux depuis la mi-janvier), le PQ 30 % et les libéraux 18 % (chacun deux points de plus depuis la mi-décembre).

    «Il y a près de 80 circonscriptions où le vote francophone est majoritaire, note le président de Léger Marketing. Avec un écart de six points entre la CAQ et le PQ, soit la marge d'erreur, ça devient très difficile de prédire quoi que ce soit, sinon que ce serait très serré. Et c'est ce vote qui va faire toute la différence lors des élections», dit-il.

    Le resserrement des appuis dans les intentions de vote fait aussi en sorte que «tous les espoirs sont permis pour les trois partis», soutient M. Léger. «Ils sont dans la même zone. On s'enligne pour des luttes circonscription par circonscription, où chacun pourrait obtenir la victoire finale. S'il y avait des élections aujourd'hui, ce serait très certainement un gouvernement minoritaire qui serait élu.»

    Un sondage Crop-La Presse publié plus tôt cette semaine montrait une tendance similaire: la CAQ y recevait 31 % d'appuis, contre 29 % pour les libéraux et 21 % pour le PQ.

    Selon M. Léger, le simple fait que le PQ ne perde pas d'appuis (par rapport au baromètre de Léger Marketing) malgré les incessants déchirements qui secouent le parti est positif pour Pauline Marois. «Ça démontre que la chef commence à marquer des points personnellement», dit-il en s'appuyant sur les résultats de la question qui concerne le «meilleur premier ministre»: François Legault domine toujours (25 %), devant Jean Charest (19 %) et Mme Marois (15 %).

    Par rapport à la mi-décembre, M. Charest et Mme Marois augmentent de quatre points chacun leur soutien. Tout le monde est toutefois en baisse depuis deux semaines: quatre points de moins pour M. Legault, et un chacun pour le premier ministre et la chef de l'opposition officielle.

    «Jean Charest profite globalement de son Plan Nord, analyse M. Léger. C'est un élément-clé et les gens apprécient qu'il fasse ce travail. Quant à Mme Marois, elle s'en tire bien parce qu'elle a enfin gagné quelque chose avec le retrait de Gilles Duceppe et l'ajout de deux candidats assez connus. Depuis quelques mois, il n'y avait que des retraits pour elle.»

    Souveraineté


    Cela dit, la tempête qui secoue le mouvement souverainiste depuis le printemps — défaite historique du Bloc québécois aux élections fédérales, remise en question profonde au Parti québécois — ne semble pas avoir eu d'impact négatif sur le niveau d'appui à la souveraineté, indique le sondage.

    Après répartition des indécis, 43 % des répondants auraient ainsi voté pour la souveraineté si un référendum avait eu lieu cette semaine. Le mouvement retrouve là ses appuis du mois d'avril 2011. Il s'agit d'une remontée de sept points depuis le creux enregistré en août. Les électeurs de la CAQ sont bien divisés sur la question, avec 41 % pour le Oui et 47 % pour le Non.

    En même temps, lorsqu'on leur demande ce qu'ils choisiraient entre la souveraineté du Québec, le statu quo, ou encore un Québec aux pouvoirs renforcés au sein du Canada, c'est cette dernière option qui est la préférée de 39 % des répondants. La souveraineté arrive deuxième à 30 %, alors que 21 % des gens ont choisi le statu quo.

    Le sondage a été réalisé en ligne du 23 au 25 janvier auprès de 1001 personnes. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d'erreur de 3,1 points, dans 19 cas sur 20.
     
     
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