mercredi 22 février 2012 Dernière mise à jour 21h10
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

C-10: Québec n'entend pas payer

Le ministre Fournier confirme qu'il examine les moyens légaux d'éviter l'application de la future loi

La Presse canadienne   27 janvier 2012  Québec
Québec — Québec n'entend pas acquitter la facture si Ottawa s'entête à aller de l'avant avec le projet de loi C-10, qui aura pour effet de multiplier le nombre d'établissements carcéraux et de durcir le ton avec les criminels, jeunes et vieux.

Le gouvernement du Québec examine d'ailleurs actuellement tous les moyens légaux à sa disposition pour contourner l'application de cette loi sur son territoire, si comme prévu elle voit le jour.

C'est ce qu'a soutenu hier le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, dans un entretien à La Presse canadienne depuis Charlottetown, où se tenait une conférence de trois jours des ministres de la Justice et de la Sécurité publique de tout le pays.

Dialogue de sourds

Dans ce dossier, Québec et Ottawa se livrent à un véritable dialogue de sourds depuis des mois.

Pour Québec, il est minuit moins une, car le projet de loi C-10 a déjà franchi toutes les étapes de son adoption en décembre, sauf celle de l'approbation par le Sénat, où les conservateurs sont majoritaires. Il ne fait donc pas de doute qu'il obtiendra le feu vert.

La loi vise à modifier le Code criminel de manière à durcir le ton envers les criminels et les jeunes contrevenants, à augmenter la durée des sentences et à resserrer les conditions de libération conditionnelle.

Elle entraînera notamment des peines de prison plus sévères pour les trafiquants de drogue et pour les auteurs d'agressions sexuelles contre des enfants.

M. Fournier, qui s'est rendu deux fois à Ottawa pour faire valoir ses objections aux députés des Communes, estime qu'appliquer au Québec le projet de loi équivaudrait à une facture de 500 à 600 millions de dollars, sans compter une facture annuelle supplémentaire de 75 à 100 millions.

Or le Québec n'a pas à financer les initiatives prises par les membres du gouvernement conservateur, plaide M. Fournier. «On n'est pas les banquiers de leurs engagements électoraux», a-t-il tranché au terme de la conférence.

Principes de prévention

Sur le fond, le Québec s'oppose aux dispositions du projet de loi contraires aux principes de prévention du crime et de réhabilitation des adolescents, qui devraient prévaloir selon lui.

«On va essayer, dans la mesure où la loi le permet, d'endiguer» l'effet des articles de C-10 qui heurtent la sensibilité de Québec, dit le ministre, qui examinera les orientations qu'il pourrait donner aux procureurs en ce sens.

«On a des moyens pour essayer de limiter» les dégâts au Québec, selon lui. Il n'a cependant pas voulu préciser lesquels.

Ottawa reste intraitable


À Charlottetown, le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, s'est montré intraitable envers les provinces, n'affichant aucune ouverture pour de possibles amendements de dernière minute au projet de loi controversé, tant au Québec qu'ailleurs au pays.

L'Ontario a entonné le même refrain que le Québec, disant refuser d'acquitter une facture estimée à 1 milliard due à l'application de C-10 sur son territoire, notamment dans les cours de justice. «Je n'ai pas de chèque de 1 milliard pour l'Ontario», a commenté hier le ministre Nicholson, en conférence de presse.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • rene lefebvre
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 06h39
    Québec doit parler d'une seule voix à l'Assemblée Nationale.
    Tous les élus de l'Assemblée Nationale à Québec doivent envoyer un message clair au gouvernement Harper à l'effet que les dommages collatéraux de la loi C-10 sont inacceptables pour les Québécois. Certains articles tels celui sur la pornographie infantile ou le contrôle des délinquants dangereux sont peut-être justifiés pour mieux protéger les Québécois, c'est à voir.

    Cependant, l'Assemblée Nationale pourrait passer cette loi en revue article par article, et montrer à la population du Québec les effets pernicieux que certains articles de cette loi auront sur les québécois, tel cet article permettant d'emprisonner des mineurs. Étudiée et votée à Ottawa cette loi est méconnue et mal comprise au Québec et les citoyens du Québec auraient grandement avantage à mieux la connaître afin de rejeter tout article qui viendrait à l'encontre du modèle québécois et garder ou améliorer tout autre article qu'ils souhaitent conserver.

    L'Assemblée Nationale du Québec a voté unanime à certains moments de son histoire et le ministre Fournier ne doit pas être le seul à parler au nom des Québécois contre C-10 ou l'abolition du registre des armes à feu. Mme Marois, M. Kadir et les nouveaux Caquistes auraient ainsi la chance de montrer comment ils savent retrousser leurs manches et contrer Ottawa dans sa volonté d'injecter ses idées de droites contre la volonté des Québécois qui n'ont pas voté pour ce gouvernement conservateur au dernières élections.

    Joseph Louis

  • Discret
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 08h58
    Je suis assurément de moins en moins de ce pays-là
    Plus ça va, plus Harpeur nous fait la démonstration que les valeurs morales et sociales de son Canada s'éloignent de celles du Québec à une vitesse grand V. Tôt ou tard il faudra bien en sortir, de cette con-fédération sans queue ni tête.

    Quant aux gesticulations de matamore du gouvernement de Charest, quelqu'un y croit?

  • Carole Dionne
    Inscrite
    vendredi 27 janvier 2012 09h34
    Veux veux pas, Québec va payer
    S'il le Québec ne paie pas, le fédéral va retenir le montant équivalent sur les transfert. Quand à opposer l'idée de prison face à àla santé, on peut en faire autan avec n'importe quel autre partie des dépenses gouvernementales. cela parait bien dans les médias. Point

  • Francois
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 10h03
    Condamner nos jeunes c'est inhumain
    Les châtiments ne vont pas atténuer les criminels s'est prouvé. Au contraire ça les renforce et devienne encore moins responsable. C'est inhumain de condamner un jeune qui n'a pas reçu une éducation adéquate. Égaliser la drogue viendrait atténuer les coûts juridiques et pourrait financer des traitements pour ces jeunes contrevenants. Mais nous sommes aussi frileux que Harper.

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 10h15
    Des cas lisses, Harper.
    Utiliser la clause dérogatoire dite clause nonobstant si elle peut en ce cas comme elle l'est avec la loi 101 et rendre la loi fédérale qui nous est nuisible soit automatiquement déclarée illégale et inapplicable sur notre territoire. Ce serait ça la gouvernance souverainiste. Sinon, il ne nous reste que la séparation du Canada.

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 27 janvier 2012 10h55
    Et si le fédéral payait...
    L'argent est-il le seul problème que voit M. Fournier? Est-il dans le fond d'accord avec la philosophie du droit qui fonde ces changements législatifs? J'aimerais savoir...

  • jobin
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 12h27
    Ha,Ha,Ha
    Ce que Harper veut il l'obtiens.
    Gilles Teasdale

  • Poirier Sylvie
    Inscrite
    vendredi 27 janvier 2012 21h49
    Harper qui s'éloigne du Québec
    C'est merveilleux que Harper s'éloigne du Québec. C'est lui finalement qui va faire du Québec une province indépendante et souveraine. Nous devons lui dire merci.
    Tant qu'à Charest et Fournier, ils ne comprennent pas encore ce que leur prédécesseur Robert Bourassa a dit à la fin de son mendat. Ils ne comprennent pas ON et Amir Khadir et tout ce que les citoyens du Québec ont dit depuis 40 ans concernant le ROCK, le Canada Anglais. Vont-ils se réveiller un jour. Pas besoin de la tête à Papineau pour comprendre. Ils sont vraiment déconectés ou ils ne disent pas tout.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
3 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012