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Projet de loi fédéral C-10: Québec refuse de payer la facture

La Presse canadienne   26 janvier 2012 16h32  Québec
Le Québec n’a pas à financer les initiatives prises par les membres du gouvernement conservateur, plaide Jean-Marc Fournier.
Photo : François Pesant - Le Devoir
Le Québec n’a pas à financer les initiatives prises par les membres du gouvernement conservateur, plaide Jean-Marc Fournier.
Québec — Québec n’entend pas acquitter la facture, si Ottawa s’entête à aller de l’avant avec le projet de loi C-10 qui aura pour effet de multiplier le nombre d’institutions carcérales et de durcir le ton avec les criminels, jeunes et vieux.

Le gouvernement du Québec examine d’ailleurs actuellement tous les moyens légaux à sa disposition pour contourner l’application de cette loi sur son territoire, si comme prévu elle voit le jour.

C’est ce qu’a soutenu aujourd'hui le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, en entretien à La Presse canadienne, depuis Charlottetown, où se tenait une conférence de trois jours des ministres de la Justice et de la Sécurité publique de tout le pays.

Dans ce dossier, Québec et Ottawa se livrent à un véritable dialogue de sourds depuis des mois.

Minuit moins une

Pour Québec, il est minuit moins une, car le projet de loi C-10 a déjà franchi toutes les étapes de son adoption en décembre, sauf celle de l’approbation par le Sénat, où les conservateurs sont majoritaires. Il ne fait donc pas de doute qu’il obtiendra le feu vert.
La loi vise à modifier le Code criminel, de manière à durcir le ton envers les criminels et les jeunes contrevenants, augmenter la durée des sentences et resserrer les conditions de libération conditionnelle.

Elle entraînera notamment des peines de prison plus sévères pour les trafiquants de drogue et pour les auteurs d’agressions sexuelles contre des enfants.

M. Fournier, qui s’est rendu deux fois à Ottawa pour faire valoir ses objections aux députés des Communes, estime qu’appliquer au Québec le projet de loi équivaudrait à une facture de 500 à 600 millions, sans compter une facture annuelle supplémentaire de 75 à 100 millions.

«On n’est pas les banquiers de leurs engagements électoraux»

Or, le Québec n’a pas à financer les initiatives prises par les membres du gouvernement conservateur, plaide M. Fournier. «On n’est pas les banquiers de leurs engagements électoraux», a-t-il tranché, au terme de la conférence.

Sur le fond, le Québec s’oppose aux dispositions du projet de loi contraires aux principes de prévention du crime et de réhabilitation des adolescents, qui devraient prévaloir selon lui.

«On va essayer, dans la mesure où la loi le permet, d’endiguer» l’effet des articles de C-10 qui heurtent la sensibilité de Québec, dit le ministre, qui examinera les orientations qu’il pourrait donner aux procureurs en ce sens.

«On a des moyens pour essayer de limiter» les dégâts au Québec, selon lui. Il n’a cependant pas voulu préciser lesquels.

À Charlottetown, le ministre fédéral de la  Justice, Rob Nicholson, s’est montré intraitable envers les provinces, n’affichant aucune ouverture pour de possibles amendements de dernière minute au projet de loi controversé, tant au Québec qu’ailleurs au pays.

L’Ontario a entonné le même refrain que le Québec, disant refuser d’acquitter une facture estimée à 1 milliard due à l’application de C-10 sur son territoire, notamment dans les cours de justice.

«Je n’ai pas de chèque de 1 milliard pour l’Ontario», a commenté le ministre Nicholson, en conférence de presse, aujourd'hui.
 
 
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  • Gilles Théberge - Abonné
    26 janvier 2012 17 h 35
    Soyez congruent monsieur Fournier
    On est pas lea banquiers de leurs engagements électoraux. Ah oui? Pas sûr du tout. au premier degré vous avez raison. Le Québec n'est pas responsable de leurs engagements électoraux évidemment.

    Mais c'est eux qui font la loi dans le systême fédéral auquel vous adhérez, et vous n'avez qu'à appliquer la loi monsieur Fournier. C'est ça votre job de ministre mineur provincial monsieur Fournier

    C'est ça le système fédéral monsieur Fournier...

    Alors, qu'est-ce qu'on attend pour sortir de cette patente à gosse ? Pour faire nos propres lois, selon nos besoins, en accord avec notre culture et notre mentalité.

    Qu'est-ce qu'on attends ?
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  • Yann Tissier - Inscrit
    26 janvier 2012 19 h 27
    D'accord avec vous M. Théberge
    Plus de prisons, plus d'armement, moins de bilinguisme, plus de pétrole et de gaz de schiste, plus de portraits de la Reine [du Canada], plus de mépris pour l'environnement... On voit que les valeurs de Harper correspondent beaucoup aux nôtres.

    Harper est encore là pour 4 ans. Imaginez toutes les lois abjectes qu'il va encore passer. Et si il est réélu dans 4 ans? Ceci n'est pas impossible: les américains ont bien réélu Bush. Encore une décade à endurer ce fou?

    Quand est-ce que les Québécois vont se rendre compte que la place du Québec n'est pas dans la fédération canadienne? Quand ???
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  • jocelync - Inscrit
    26 janvier 2012 19 h 32
    Il semble que la pauvreté peut facilement mener à la prostitution de ses convictions.
    Monsieur Fournier, le gouvernement que vous servez de toute votre énergie a toujours bien apprécié pouvoir compter sur le système carcéral et de ses dévoués fonctionnaires comme outil de gestion sociale pour arriver à ses fins.
    Vous êtes maintenant pris avec un politicien (Harper) qui veut poursuivre sa gestion sociale avec la même petite philosophie qui vous anime mais il se trouve malheureusement pour vous qu’il est moins serré financièrement que ne l’est votre gouvernement.
    Ce qui vous arrive, vous l’avez bien cherché. Il ne vous reste qu’à assumer ces méthodes de gestion sociale qui vous réjouissaient il y a encore peu de temps et qui feraient encore parfaitement votre affaire n’eût été de l'état de vos finances publiques.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    26 janvier 2012 19 h 57
    Et vous allez faire quoi?
    Ne pas appliquer la loi? L'indépendance?
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  • RobertB - Inscrit
    26 janvier 2012 20 h 54
    et la CONstitusion
    Je ne me rappelle pas que le Qc ait signé une quelconque constitution. Alors pourquoi toute cette polémique? Qu'ils aillent se faire foutre et voilà. Il faut peut-être rappeler à Harper et aux autres canadiens que nous n'y sommes pas, dan cette constitution, à moins qu'on ait oublié de m'le dire?
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    26 janvier 2012 22 h 26
    Eh oui, nous y sommes
    Que nous l'ayons signée ou non, la constitution, nous en faisons partie. Depuis qu'on a été conquis par l'Angleterre et cédé par la France, nous en faisons partie.
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  • SNost - Abonné
    27 janvier 2012 12 h 29
    Incohérences fédéralistes
    Et voilà, on veut contourner les règles de la fédération à laquelle on adhère, par ailleurs, comme une religion. Même le PLQ nous livre la preuve vivante que nous ne sommes pas à notre place dans ce contre-exemple de confédération qu'est le Canada.

    Ces temps-ci, je me dirais peut-être la même chose si j'étais Ontarien....
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