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Libre opinion - Une coalition fragile

Antonin-Xavier Fournier - Professeur de science politique au cégep de Sherbrooke  26 janvier 2012  Québec
Avec l'impopularité toujours constante du gouvernement libéral de Jean Charest et les luttes fratricides à l'intérieur des rangs péquistes, tout semble favoriser le nouveau parti politique créé par François Legault. Sans définir clairement son programme de gouvernement, la Coalition avenir Québec (CAQ) est donc devenue, en l'espace de quelques semaines, un acteur politique «incontournable» sur la scène provinciale, laissant présager la fin d'un cycle politique et le réalignement des principales forces à l'intérieur du système partisan.

Misant sur la lassitude et la fatigue politique des Québécois à l'endroit des deux partis traditionnels, François Legault se présente comme le seul politicien en mesure de réformer la société. Pourtant, malgré la popularité relative de la CAQ, rien n'indique un engouement généralisé pour l'homme et son mouvement. En fait, si la CAQ est aujourd'hui un acteur «incontournable», c'est peut-être davantage en raison de la faiblesse de ses adversaires que des idées réformatrices qu'elle propose. Cette situation permet peut-être de dominer les sondages d'opinion, mais elle révèle aussi une fragilité qui devrait inquiéter l'équipe de François Legault.

Avec les élections fédérales du 2 mai dernier, on a assisté à une métamorphose à la fois rare et surprenante de la scène politique fédérale. En effet, le Parti libéral du Canada, longtemps considéré comme un parti de «pouvoir», a été relégué au rang de tiers parti, alors que le Bloc québécois, qui a dominé la vie politique fédérale pendant plus de vingt ans, s'est complètement effondré. Séduits par ce qu'il est maintenant convenu de nommer la «vague orange», les Québécois ont opté pour le changement et ont rejeté le statu quo.

Au centre de ce phénomène, il y a bien sûr la personnalité de Jack Layton qui, à l'évidence, a réussi à charmer les citoyens. Mais il y a plus. Le NPD avait aussi un programme politique de centre gauche, favorable à la classe moyenne et qui proposait, somme toute, des réformes cosmétiques sans grand impact pour la population. À cela, on pourrait aussi ajouter que le NPD avait, aux yeux de l'électorat, peu de chances de remporter l'élection, accentuant cette idée qu'un vote pour le NPD était d'abord et avant tout un vote contestataire.

Or, François Legault ne ressemble en rien à Jack Layton et surtout, son programme politique de centre droit semble être beaucoup plus réformateur que celui du NPD, au risque de voir une partie de ses appuis décliner à mesure que le citoyen prendra connaissance des changements proposés. En outre, tout laisse croire que la CAQ, contrairement au NPD, ne proposera pas simplement un programme «d'opposition», mais plutôt un véritable programme de gouvernement qui a des chances réelles d'être mis en application rapidement. Cette différence fondamentale pourrait, là aussi, faire fuir certains électeurs. Bref, un vote pour la CAQ impliquera forcément plus de répercussions pour l'électorat, ce qui laisse présager des débats plus difficiles pour l'équipe de François Legault.

Certes, la CAQ, qui a réussi habilement à incarner le changement depuis quelques mois, jouit actuellement d'un effet de nouveauté qui n'est pas sans séduire la population. Toutefois, l'engouement suscité par la CAQ pourrait rapidement s'estomper devant les imprévus d'une campagne électorale. En effet, François Legault est actuellement le seul maître de sa ligne d'action politique. C'est lui qui décide de faire les annonces, de dévoiler son équipe ou encore de lancer les idées de son programme.

Comment s'en sortira-t-il devant la meute de journalistes qui déstabilise si facilement les personnalités politiques? Quelle sera sa réaction devant le redoutable bagarreur qu'est Jean Charest ou encore devant la ténacité de Pauline Marois? Une chose est certaine, François Legault sera le chef de parti qui a le moins d'expérience. Autre source d'inquiétude, François Legault projette, à tort ou à raison, l'image d'un homme unidimensionnel intéressé seulement par les réformes économiques. Il faudra voir si le chef de la CAQ réussira à séduire sur d'autres questions pourtant essentielles au développement d'une société.

Ce qui devrait encore plus inquiéter la CAQ, c'est que malgré tous les coups durs, le gouvernement de Jean Charest reste en vie. Il en va de même pour le PQ qui, malgré les crises existentielles, demeure dans la course. D'ailleurs, il est utile de rappeler que la CAQ ne cesse de décliner dans les intentions de vote depuis l'automne, passant de plus de 40 % à 31 %, une tendance plutôt inquiétante, même si l'électorat reste profondément volatil.

Devant des adversaires au plancher, comment se fait-il que la CAQ ne soit pas largement en tête des sondages d'opinion? Voilà une question qui devrait réjouir les autres formations politiques, mais qui devrait inquiéter ceux pour qui, il y a quelques semaines à peine, on prévoyait plus de 100 députés!

***

Antonin-Xavier Fournier - Professeur de science politique au cégep de Sherbrooke
 
 
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  • Yves Claudé - Inscrit
    26 janvier 2012 06 h 29
    Défaite annoncée de la gauche et … chaos prévisible avec la droite …

    L'auteur nous rappelle que de nombreux Québécois ont été séduits par les mises en scènes populistes de Jack Layton et qu’ils ont alors « opté pour le changement ». Il faut bien constater que ce « changement » promis est parfaitement inexistant, et qu’un NPD impuissant devant un gouvernement majoritaire a même l’impudence de prendre systématiquement parti pour le Canada anglais contre les intérêts du Québec !

    L’auteur observe une baisse de la séduction de la CAQ dans l’arène “provinciale”. Les illusions du “changement” commencent elles-mêmes à se dégrader ! Cependant, dans effet d’éparpillement extrême de l'opposition, et avec le présent système électoral, la CAQ a, malgré cette baisse dans les sondages, de sérieuses chances de s’emparer du pouvoir politique et du contrôle de l’État québécois.

    Dans ce contexte d’une possible victoire électorale de la CAQ, le bricolage simpliste et populiste qui lui sert de “programme politique” pourrait être mis en oeuvre dans une grande précipitation comme dans une totale improvisation, avec de fâcheuses conséquences économiques, sociales et culturelles.

    Alors que c’est la télé-réalité qui est devenue une puissance machine de fabrication des opinions, il me semble illusoire de penser, comme l’auteur du texte, que les citoyens séduits par la propagande et les mises en scènes de la CAQ, s’en détacheront après avoir fait un examen critique de son “programme politique”.

    Grace à la division des forces d’opposition à la droite, nous sommes assurés d’un admirable chaos, celui de la corruption avec le PLQ, ou celui de l’improvisation et de la désorganisation des institutions avec la CAQ. Devant ces réjouissantes perspectives, j’ai déjà demandé à la République de Patagonie de bien vouloir m’offrir la citoyenneté de ce pays.

    Yves Claudé
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    26 janvier 2012 07 h 46
    Large choix d'options politiques constitutionnelles
    En 2012 ou 2013, nous pourrons choisir :

    Le fédéralisme du PLQ

    La gouvernance souverainiste du PQ

    Le « On verra » neutre de la CAQ

    La souveraineté-séparatiste de l’ON

    Le « À gauche, toutes ! » de Québec solidaire

    Le « Vert demain » très minoritaire et vert
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  • François Ricard - Abonné
    26 janvier 2012 10 h 42
    Deux options
    ---Demeurer locataire à la merci du propriétaire

    ---Devenir propriétaire et être vraiment maître chez nous.
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  • Louka Paradis - Inscrit
    26 janvier 2012 12 h 06
    Le parti du ni-ni
    Un parti qui veut ménager la chèvre et le chou, qui dit blanc et noir en même temps, ce qui multiplie les zones grises. Le parti de Legault-Sirois n'étant ni souverainiste, ni fédéraliste, ni de gauche ni de droite tombe dans le vide et n'aura aucune force de négociation. La chefferie bicéphale devrait changer le nom du parti et l'appeler la CRAQUE...
    Je n'ai aucune confiance en ce parti d'un seul homme à deux têtes (dont l'une reste cachée...plus souvent qu'à son tour), un parti qui fait écrire son programme électoral par un avocat provenant du grand bureau Heenan Blakie, le même bureau qui a employé l'avocate tristement célèbre de la Commission Bastarache, Me Suzanne Côté) et qui compte les avocats du Plan Nord : on est loin, très très loin d'un parti qui s'appuie sur la démocratie et la contribution des militants. Un parti qui a déjà des allures de régime dictatorial et d'omerta... POUAH ! Je ne voterai jamais pour ça !
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  • SNost - Abonné
    26 janvier 2012 17 h 31
    Populisme ou idées?
    En effet, la CAQ est encore sans programme complet et ce qui est prévu n'a pas de portée opérationnelle. On doute encore de la faisabilité des actions déjà prévues.

    Le seul avantage de la CAQ sera qu'il s'offre en alternative (superficielle et vieillote, soit) à des partis grabataires, Si la CAQ ne dépasse pas le populisme d'ici un an, il faudra un nouveau parti de centre-droit au Québec, avec des personnes moins connues mais, certes, mais moins corrompues en apparence.
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  • Monique Joyal-Painchaud - Inscrite
    26 janvier 2012 22 h 24
    Propriétaires et locataires: le bail
    Je suis propriétaire et je réalise que le fameux bail que je fais signer au locataire n'a pas la même durée que le 12 mois ou l'année qui est mentionnée dans le contrat.

    Je réalise que ce bail est pour moi de 40 ou 50 ans, alors que le locataire peut se retirer au bout de l'année. Moi, la propriétaire, je n'ai pas le droit, de moi-même, de mettre fin au bail du locataire. Je peux me rendre compte que le locataire me coûte des milliers de dollars, la Régie, elle, n'en n'a pas la preuve. Je dois voir mon loyer, mon immeuble être diminués par des méfaits, je ne peux mettre fin au bail. La durée du bail, pour moi, est sans fin. C'est la Régie qui remplace mon cerveau, mon raisonnement.

    La Régie, seule, peut décider si le bail prend fin, à l'encontre de mon jugement.

    Si je décède, mes héritiers devront tenir le locataire dans son logement.

    Je suis sujette à la décision de la Régie et je devrai payer les milliers de dollars pour remettre en état les lieux. Je devrai payer les milliers de dollars pour les services d'un avocat.

    Le locataire peut se parjurer sans souci. Je devrai en faire la preuve.

    Je pense que les lois devraient être modifiées pour que le propriétaire puisse prendre les décisions nécessaires au bon fonctionnement de son immeuble et la protection de ses biens.

    Si un propriétaire fait une reprise de logement, il est assujetti à la loi sur la reprise du logement, il n'est pas libre de gérer son bien. Il faudra payer des milliers de dollars pour se défendre. Il faudra payer des milliers de dollars au locataire si la Cour trouve qu'on a abusé. Tout cela est hypotohétique, mais vrai.

    Quand le propriétaire signe un bail, ce n'est pas un bail d'un an, mais de 40 ou 50 ans même, alors que le locataire signe un bail d'un an.

    De plus, si le locataire est insolvable, les dégâts de milliers de dollars ne seront jamais remboursés.

    Si la Cour condamne le locataire à payer, ce n'est pas exécutoire. Il faut faire d'aut
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  • l poisson - Inscrit
    26 janvier 2012 23 h 18
    Coalition ou coagulation ?
    On ne sait pas ce que l'on veut.
    Mais on sait ce que l'on ne veut pas.
    C'est urgent, mais on n'est pas pressé

    Avant on votait pour, maintenant on vote contre. OK

    Mais contre quoi:
    -un mauvais candidat,
    -un mauvais chef ou
    -un mauvais parti.

    Pour relancer l'industrie du textile, les partis politiques devraient avoir la permission d'habiller leurs électeurs avec:
    -une ceinture (de chasteté pour éviter une infidélité le jour du vote)
    -des bretelles (pour éviter un relâchement soudain) et
    -un parachute (pour mieux tomber des nues après l'acte électoral).

    Voterons-nous d'abord contre:
    le changement dans la continuité
    ou plutôt contre;
    la continuité dans le changement ?
    Vice versa ou... versa dans le vice.

    Le pince-nez sera-t-il de rigueur avant déposer son bulletin dans l'urne ?

    Mystère et boule de gomme multiplié par la marge d'erreur
    engendrée par les différentes couleurs de cravates de leaders qui ne mettent pas leurs culottes.

    Mme Marois ne porte pas de cravate mais elle met ses culottes.
    Ce qui est préférable pour faire un ou deux pas en avant.

    ''Corruption =
    30% trop cher de taxes de toutes sortes tout partout pour
    30% de moins de services publics ou civiques en moins tout partout.''
    ( titre du futur rapport de la Commission Charbonneau publié six mois après la prochaine élection... pour qu'on puisse l'oublier avant la suivante)

    GO HABS GO
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