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Libre opinion - Machiavélique et pédagogue Drainville

Robert Barberis-Gervais - Longueuil  24 janvier 2012  Québec
Bernard Drainville est le député du comté de Marie-Victorin, situé dans Longueuil, où j'habite. C'est donc mon député. Ma femme, Marcelle Viger, et moi finançons le Parti québécois depuis sa fondation en 1968; nous faisons partie du club des 400 $, nom donné à partir du minimum de don de 400 $ par année au Parti québécois. Cela nous vaut des invitations à participer à des activités dans Marie-Victorin, qui nous ont donné l'occasion de rencontrer Michel Nadeau, anciennement de la Caisse de dépôt et placement, Jean-François Lisée et, c'est sur ce dernier invité que je veux insister, Daniel Breton.

Daniel Breton est une personnalité marquante. On pourrait l'entendre parler pendant des heures quand il fait l'historique du développement de nos richesses naturelles de Maurice Duplessis à Jean Charest en passant par René Lévesque. Il est convaincu, pertinent et compétent, avec son projet de Maître chez nous 21e siècle. C'est une personnalité forte. Et un acquis majeur pour le Parti québécois.

Daniel Breton a le sens du timing. Son arrivée au Parti québécois de Pauline Marois survient à un moment crucial puisqu'il coïncide avec la réponse de Pauline Marois à Gilles Duceppe: je suis là pour rester, y compris pour la prochaine élection. Et sa réponse est appuyée par l'arrivée de Daniel Breton au Parti québécois.

Cette annonce se fait dans le contexte où Bernard Drainville, dans une entrevue au Devoir et dans diverses entrevues télévisées, demande de faire l'unité des indépendantistes dont la dispersion pourrait être la cause d'une défaite historique du Parti québécois aux prochaines élections. Parlons concrètement. Bernard Drainville a dit: dans Marie-Victorin, dans une lutte à trois comme elle s'annonce — Parti libéral, Parti québécois et parti caquiste —, si Québec solidaire obtient entre 5 et 10 % du vote, si ces 5 à10 % allaient au Parti québécois, cela pourrait faire la différence entre une défaite et une victoire.

Mon commentaire: en posant le problème concrètement, Drainville se fait pédagogue, comme Gaston Miron se faisait didacticien. Il fait comprendre que la division des indépendantistes en deux, QS et PQ, pourrait causer la défaite du PQ et la victoire de la CAQ, car, dans Marie-Victorin, le Parti libéral n'est pas menaçant. En expliquant à quoi va mener la division du vote souverainiste, il se fait pédagogue. Rappelons une position qui est toujours valable: dans chaque comté, que les électeurs souverainistes essaient de déterminer qui a le plus de chances de gagner le comté entre PQ et QS et qu'ils votent tous pour ce parti.

Après avoir flotté entre Cassandre et Brutus en posant publiquement et spectaculairement des conditions très difficiles au leadership de Pauline Marois, le retour des démissionnaires et une alliance entre indépendantistes et en particulier avec Québec solidaire, après avoir laissé planer un doute sur son adhésion à la chef, le voilà, coup de théâtre, qui déclare son appui total à sa chef et qui la déclare capable de refaire l'unité et des alliances. J'ai failli écrire «un peu arbitrairement». On peut supposer que la garde rapprochée (comme on dit) de Pauline Marois lui a demandé de se brancher.

Après le pédagogue Drainville, qui instruit les électeurs sur les conséquences désastreuses de la division du vote souverainiste, voilà qu'apparaît le machiavélique Drainville. Il a d'abord fait planer la possibilité de la disparition du PQ, ce qui laissait supposer qu'il fallait changer de chef. Ce faisant, les pro-Duceppe se sont mis à s'activer. Rencontre de Gilles Duceppe avec Louise Beaudoin. Déclaration officielle de disponibilité de Gilles Duceppe, qui se dit prêt à remplacer Pauline Marois. Déclarations brutales de Marc Laviolette et de Pierre Dubuc: Marois doit partir; Duceppe doit la remplacer. Duceppe dit: c'est à Pauline Marois de décider et aux militants du Parti québécois.

Tout cela a été déclenché par Bernard Drainville qui, tout à coup, donne son entier appui à Pauline Marois qu'il déclare capable de faire des miracles (donc il la préfère à Duceppe) et invite Duceppe à embarquer dans le Parti québécois, mais pas comme chef.

Marois donne à Duceppe la réponse à sa question: je reste et les militants m'appuient. Et Gilles, tu es le bienvenu parmi nous, mais pas comme chef. Meilleure chance la prochaine fois, mon Gilles. De la part de Drainville, c'est machiavélique.

***

Robert Barberis-Gervais - Longueuil
 
 
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  • François Ricard - Abonné
    24 janvier 2012 05 h 55
    Il a peut-être ouvert une boîte de Pandore...
    Depuis des lunes, Mme Marois et sa gouvernance souverainiste sont de plus en plus rejetées par une partie importante de la base militante.
    Ce questionnement, et maintenant ses suites, est venu renforcer ce sentiment de rejet. À tel point, que de plus en plus de membres exigent une nouvelle orientation bien axée sur l'indépendance et un nouveau leader qui veut bien aller dans cette direction. Autrement, il y a bonne chance que ces militants décrochent ou cherchent à militer ailleurs.
    Il semble bien que Mme Marois et le PQ sont à un point décisif. Le PQ est un parti divisé. Cette division, en bonne partie, est due à Mme Marois et son équipe rapprochée qui n'ont pas été à l'écoute des membres ordinaires et ont voulu diriger le PQ comme une entreprise commerciale plutôt qu'un parti démocratique.
    Le génie est maintenant sorti de la bouteille. Il sera sûrement difficile de l'y retourner.
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    24 janvier 2012 09 h 00
    Moulinette
    Comme on peut constater, les pédagogues ont la vie dure ces temps, votre analyse du comportement sévère mais assez juste de monsieur Bernard me permet d'annoncer que: Un autre souverainiste vient de passer à la moulinette. Et le plus curieux dans tout cela, ce n'est pas les fédéralistes qui activent cette moulinette mais bien les grands rêveurs souverainistes qui s'active à tout détruire. Nous avons pu le voir en fin de semaine, le bon Gilles qui pourtant n'a utilisé que des sous provenant du R of C. avec toutes les autorisations possiblement permises par les règlements de la chambre des communes à Ottawa. Je sais que plusieurs essaient de nous faire croire que c'est la faute à Jean, je veux bien croire mais je ne le croyait pas aussi puissant. Est-ce que je me suis trompé?
    Alors, je pose maintenant la question qui sera le prochain?
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    24 janvier 2012 10 h 04
    Reprendre son service c'est ce que Monsieur Drainville a de mieux à faire.
    Qualifier Monsieur Drainvile de machiavélique c'est lui donner une certaine importance alors qu'il n'en a aucune. Monsieur Stéphane Bédard a une toute autre idée de lui; poliment il l'a décrit comme un jeune député qui veut bien faire en défonçant des portes ouvertes. Déjà nous sommes à l'autre extrême.

    Je ne pense pas que Monsieur Drainville puisse avoir les capacités intellectuelles d'un machiavélique. Non, il ne faut pas avoir peur des mots, c'est un opportuniste. Le seul lien qu'on pourrait faire avec le machiavélisme c'est que la fin justifie les moyens, son opportunisme justifiait son action; et de renchérir Monsieur Bédard au sujet de Bernard Drainville: "De confondre son avenir personnel avec l’avenir du Parti québécois, ce n’est pas la meilleure chose à faire. [...] ".

    Est-il au autre transfuge en devenir?
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  • Robert Henri - Inscrit
    24 janvier 2012 10 h 05
    Elle doit partir.
    Nombreux sont les souverainistes-séparatistes- indépendantistes-nationalistes, dont je suis, qui ne voteront plus pour le PQ tant et aussi longtemps que la Marois en sera cheffe. Le PQ de centre de mois en moins de centre-gauche a souvent des positions irréconciliables à celles de QS plus à gauche, progressiste. Pour l'indépendance du Québec, pour notre nation, la Marois doit tranquillement rentrer chez elle.
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  • André Bissonnette - Abonné
    24 janvier 2012 12 h 15
    Robert Henri
    Votre appelletion "la Marois" est très péjorative et nous montre le degré de votre grandeur d'âme. Un peu de respect, même pour ses adversaires, n'a jamais nui à personne. Alors...
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  • Yves Claudé - Inscrit
    24 janvier 2012 16 h 37
    À Monsieur Robert Barberis-Gervais,
    Partageant avec vous l’idéal politique de l’indépendance du Québec, je ne vous suis cependant pas dans votre analyse de la conjoncture politique actuelle, ni sur votre appréciation du style de direction politique que Madame Marois impose au Parti québécois.

    Je suis persuadé qu’un esprit libre et indépendant comme le vôtre ne supporterait pas très longtemps la soumission intellectuelle que Madame Marois tente d’imposer à ses députés.

    Dans ce contexte de déni de l’intelligence et de la liberté de parole, je ne peux d’ailleurs que m’inquiéter quant au moral de ces député-e-s du PQ, qui, œillères et muselière bien sanglées, s’en vont à la défaite comme les moutons d’un certain Panurge. Leur pathétique soumission ne vaut guère mieux que le cynisme d’un certain transfuge prétendant aller défendre l’indépendance du Québec à la CAQ.

    Cordialement

    Yves Claudé (membre du PQ – Rosemont)
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