Libre opinion - Machiavélique et pédagogue Drainville
Bernard Drainville est le député du comté de Marie-Victorin, situé dans Longueuil, où j'habite. C'est donc mon député. Ma femme, Marcelle Viger, et moi finançons le Parti québécois depuis sa fondation en 1968; nous faisons partie du club des 400 $, nom donné à partir du minimum de don de 400 $ par année au Parti québécois. Cela nous vaut des invitations à participer à des activités dans Marie-Victorin, qui nous ont donné l'occasion de rencontrer Michel Nadeau, anciennement de la Caisse de dépôt et placement, Jean-François Lisée et, c'est sur ce dernier invité que je veux insister, Daniel Breton.
Daniel Breton est une personnalité marquante. On pourrait l'entendre parler pendant des heures quand il fait l'historique du développement de nos richesses naturelles de Maurice Duplessis à Jean Charest en passant par René Lévesque. Il est convaincu, pertinent et compétent, avec son projet de Maître chez nous 21e siècle. C'est une personnalité forte. Et un acquis majeur pour le Parti québécois.
Daniel Breton a le sens du timing. Son arrivée au Parti québécois de Pauline Marois survient à un moment crucial puisqu'il coïncide avec la réponse de Pauline Marois à Gilles Duceppe: je suis là pour rester, y compris pour la prochaine élection. Et sa réponse est appuyée par l'arrivée de Daniel Breton au Parti québécois.
Cette annonce se fait dans le contexte où Bernard Drainville, dans une entrevue au Devoir et dans diverses entrevues télévisées, demande de faire l'unité des indépendantistes dont la dispersion pourrait être la cause d'une défaite historique du Parti québécois aux prochaines élections. Parlons concrètement. Bernard Drainville a dit: dans Marie-Victorin, dans une lutte à trois comme elle s'annonce — Parti libéral, Parti québécois et parti caquiste —, si Québec solidaire obtient entre 5 et 10 % du vote, si ces 5 à10 % allaient au Parti québécois, cela pourrait faire la différence entre une défaite et une victoire.
Mon commentaire: en posant le problème concrètement, Drainville se fait pédagogue, comme Gaston Miron se faisait didacticien. Il fait comprendre que la division des indépendantistes en deux, QS et PQ, pourrait causer la défaite du PQ et la victoire de la CAQ, car, dans Marie-Victorin, le Parti libéral n'est pas menaçant. En expliquant à quoi va mener la division du vote souverainiste, il se fait pédagogue. Rappelons une position qui est toujours valable: dans chaque comté, que les électeurs souverainistes essaient de déterminer qui a le plus de chances de gagner le comté entre PQ et QS et qu'ils votent tous pour ce parti.
Après avoir flotté entre Cassandre et Brutus en posant publiquement et spectaculairement des conditions très difficiles au leadership de Pauline Marois, le retour des démissionnaires et une alliance entre indépendantistes et en particulier avec Québec solidaire, après avoir laissé planer un doute sur son adhésion à la chef, le voilà, coup de théâtre, qui déclare son appui total à sa chef et qui la déclare capable de refaire l'unité et des alliances. J'ai failli écrire «un peu arbitrairement». On peut supposer que la garde rapprochée (comme on dit) de Pauline Marois lui a demandé de se brancher.
Après le pédagogue Drainville, qui instruit les électeurs sur les conséquences désastreuses de la division du vote souverainiste, voilà qu'apparaît le machiavélique Drainville. Il a d'abord fait planer la possibilité de la disparition du PQ, ce qui laissait supposer qu'il fallait changer de chef. Ce faisant, les pro-Duceppe se sont mis à s'activer. Rencontre de Gilles Duceppe avec Louise Beaudoin. Déclaration officielle de disponibilité de Gilles Duceppe, qui se dit prêt à remplacer Pauline Marois. Déclarations brutales de Marc Laviolette et de Pierre Dubuc: Marois doit partir; Duceppe doit la remplacer. Duceppe dit: c'est à Pauline Marois de décider et aux militants du Parti québécois.
Tout cela a été déclenché par Bernard Drainville qui, tout à coup, donne son entier appui à Pauline Marois qu'il déclare capable de faire des miracles (donc il la préfère à Duceppe) et invite Duceppe à embarquer dans le Parti québécois, mais pas comme chef.
Marois donne à Duceppe la réponse à sa question: je reste et les militants m'appuient. Et Gilles, tu es le bienvenu parmi nous, mais pas comme chef. Meilleure chance la prochaine fois, mon Gilles. De la part de Drainville, c'est machiavélique.
***
Robert Barberis-Gervais - Longueuil
Daniel Breton est une personnalité marquante. On pourrait l'entendre parler pendant des heures quand il fait l'historique du développement de nos richesses naturelles de Maurice Duplessis à Jean Charest en passant par René Lévesque. Il est convaincu, pertinent et compétent, avec son projet de Maître chez nous 21e siècle. C'est une personnalité forte. Et un acquis majeur pour le Parti québécois.
Daniel Breton a le sens du timing. Son arrivée au Parti québécois de Pauline Marois survient à un moment crucial puisqu'il coïncide avec la réponse de Pauline Marois à Gilles Duceppe: je suis là pour rester, y compris pour la prochaine élection. Et sa réponse est appuyée par l'arrivée de Daniel Breton au Parti québécois.
Cette annonce se fait dans le contexte où Bernard Drainville, dans une entrevue au Devoir et dans diverses entrevues télévisées, demande de faire l'unité des indépendantistes dont la dispersion pourrait être la cause d'une défaite historique du Parti québécois aux prochaines élections. Parlons concrètement. Bernard Drainville a dit: dans Marie-Victorin, dans une lutte à trois comme elle s'annonce — Parti libéral, Parti québécois et parti caquiste —, si Québec solidaire obtient entre 5 et 10 % du vote, si ces 5 à10 % allaient au Parti québécois, cela pourrait faire la différence entre une défaite et une victoire.
Mon commentaire: en posant le problème concrètement, Drainville se fait pédagogue, comme Gaston Miron se faisait didacticien. Il fait comprendre que la division des indépendantistes en deux, QS et PQ, pourrait causer la défaite du PQ et la victoire de la CAQ, car, dans Marie-Victorin, le Parti libéral n'est pas menaçant. En expliquant à quoi va mener la division du vote souverainiste, il se fait pédagogue. Rappelons une position qui est toujours valable: dans chaque comté, que les électeurs souverainistes essaient de déterminer qui a le plus de chances de gagner le comté entre PQ et QS et qu'ils votent tous pour ce parti.
Après avoir flotté entre Cassandre et Brutus en posant publiquement et spectaculairement des conditions très difficiles au leadership de Pauline Marois, le retour des démissionnaires et une alliance entre indépendantistes et en particulier avec Québec solidaire, après avoir laissé planer un doute sur son adhésion à la chef, le voilà, coup de théâtre, qui déclare son appui total à sa chef et qui la déclare capable de refaire l'unité et des alliances. J'ai failli écrire «un peu arbitrairement». On peut supposer que la garde rapprochée (comme on dit) de Pauline Marois lui a demandé de se brancher.
Après le pédagogue Drainville, qui instruit les électeurs sur les conséquences désastreuses de la division du vote souverainiste, voilà qu'apparaît le machiavélique Drainville. Il a d'abord fait planer la possibilité de la disparition du PQ, ce qui laissait supposer qu'il fallait changer de chef. Ce faisant, les pro-Duceppe se sont mis à s'activer. Rencontre de Gilles Duceppe avec Louise Beaudoin. Déclaration officielle de disponibilité de Gilles Duceppe, qui se dit prêt à remplacer Pauline Marois. Déclarations brutales de Marc Laviolette et de Pierre Dubuc: Marois doit partir; Duceppe doit la remplacer. Duceppe dit: c'est à Pauline Marois de décider et aux militants du Parti québécois.
Tout cela a été déclenché par Bernard Drainville qui, tout à coup, donne son entier appui à Pauline Marois qu'il déclare capable de faire des miracles (donc il la préfère à Duceppe) et invite Duceppe à embarquer dans le Parti québécois, mais pas comme chef.
Marois donne à Duceppe la réponse à sa question: je reste et les militants m'appuient. Et Gilles, tu es le bienvenu parmi nous, mais pas comme chef. Meilleure chance la prochaine fois, mon Gilles. De la part de Drainville, c'est machiavélique.
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Robert Barberis-Gervais - Longueuil
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