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Parti québécois - De conspirations et de sauveurs

Pierre Beaudet et François Cyr - Respectivement professeur à l'Université d'Ottawa et chargé de cours à l'UQAM  21 janvier 2012  Québec
Dans le fond, Pauline Marois a peut-être une chance de s’en sortir.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Dans le fond, Pauline Marois a peut-être une chance de s’en sortir.
Les grandes manœuvres pour éliminer Pauline Parois s'inscrivent bien dans une détestable tradition au Québec et au Canada qui maintient le domaine politique dans les mains de petites cliques, de sauveurs suprêmes et d'une vision totalement étriquée et dépassée de nos sociétés. Peut-on être surpris du cynisme ambiant?

Nous vivons dans un système politique hérité de l'Angleterre coloniale et élitiste vieux de 200 ans. Dans ce système, le «cheuf» incarne la capacité pour un très petit nombre de personnes de décider pour la grande majorité, tout en consultant des élites bien placées, opaques, non imputables. Les élections, le parlementarisme, les congrès des partis sont plus ou moins une opération théâtrale où on fait semblant de débattre, de mandater, de décider, alors qu'en réalité le véritable jeu se fait ailleurs. Mais en attendant, comme disent nos amis états-uniens, «the show must go on»...

Quand le chef ne fait plus l'affaire, on le débarque, gentiment ou autrement. Très souvent, le chef s'est mis lui-même dans le pétrin. Il (on parle au masculin car, à part quelques exceptions, le chef est toujours un homme) a fait quelques fausses manoeuvres qui sont souvent des erreurs tactiques plutôt que des questions de fond. Celles-ci sont rarement mises sur la table parce que, par définition, les élites opaques partagent à peu près la même vision des choses: le monde actuel, le monde du 1 %, doit continuer à rouler. L'autre avantage de changer de chef est de créer une sorte de dramaturgie. Le vieux chef est éliminé, le nouveau chef arrive, c'est une catharsis. Autour de la transition, il y a les «assassins» du chef, ses «défenseurs», et la «populace» qu'on invite comme spectateurs, quitte à lui demander son opinion par sondage.

Fin de cycle

Or ce système est maintenant ingérable, en partie parce que les élites en question ne sont plus aptes à gérer le grand chaos qu'elles ont elles-mêmes créé sur les plans économique, social, environnemental, en partie parce que la population, d'une manière relativement impalpable, n'y croit plus. C'est le secret du succès des indignés, qui étaient bien sûr une petite minorité, mais qui ont exprimé ce que la majorité pense: nous sommes 99 %, vous êtes 1 %; et surtout, on en a marre...

Depuis plusieurs années, ce parti qui a incarné l'espoir de changement au Québec navigue de dérives en dérives. Il faudrait (une autre fois) regarder les racines historiques de cette instabilité, mais pour le moment, que se passe-t-il? De toute évidence, on arrive au moment cataclysmique. Les manoeuvres sont en cours pour immoler le chef, pour une rare fois la chef. Les raisons invoquées, tout le monde les connaît: elle n'est plus apte à diriger. Par chance, un homme providentiel, comme d'autres sauveurs avant lui, est en coulisse. Il se peut effectivement que cela fonctionne. Après tout, c'est comme cela que ça marche dans notre système. Avec le spin médiatique et les capacités du nouveau chef, le PQ pourra remonter la pente. Jusqu'au prochain crash, au prochain putsch et au prochain drame.

Nous ne sommes pas des fans de Pauline Marois et, dans le fond, nous ne sommes pas non plus des ennemis de Gilles Duceppe. Le problème n'est pas vraiment là. D'abord, l'époque des chefs s'achève. Ensuite, l'époque du parti-sauveur-de-la-nation s'achève aussi. L'idée qu'on puisse gouverner comme c'est le cas dans nos démocraties occidentales avec une base populaire très rétrécie (même pas 30 % dans le cas de Harper et de Charest) est insensée. Et l'est encore plus l'idée qu'on va continuer avec une petite élite, en reniant ses mandats, en disant une chose puis en en faisant une autre. À moins que, comme Harper ou Berlusconi, on ne radicalise cette démocratie élitiste en criminalisant, en réprimant, en punissant tout le monde.

Quelles sont les solutions?

Dans le fond, Pauline Marois a peut-être une chance de s'en sortir. Peut-être pas seulement en opposant aux conspirations d'autres conspirations avec des gardes rapprochées et d'autres élites opaques. Cette culture politique est critiquée (voir les interventions de Lise Payette et de Jean-François Lisée). Alors, que faire? Marois et le PQ doivent dire les choses clairement. Le PQ a incarné envers et contre tous les espoirs de changement, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Ce qui ne veut pas dire qu'il doit mourir. Mais pour survivre, il faut sortir de la boîte. Il y a au Québec en ce moment une crise assez généralisée, qui dans un certain sens dépasse notre société (une crise systémique de grande envergure et de grande durée). Cette crise, cependant, nous pouvons la confronter. Remettre de l'ordre dans l'administration publique veut dire confronter les élites opaques qui agissent en coulisse pour protéger le 1 %, qui pillent nos ressources, qui considèrent les gens comme de vulgaires marchandises à vendre ou à acheter. En passant, ce n'est pas Karl Marx qui dit cela, mais Klaus Schwab, le vénérable fondateur du Forum économique mondial, le think tank des élites, justement.

Remettre la société en marche, c'est aussi se mettre ensemble. Des énergies, des créativités, des espoirs, il y en a plein dans notre société d'indignés. On les voit s'exprimer à travers des initiatives énormes et dispersées qui prennent souvent la forme d'un gros «non» aux efforts désespérés des élites pour consolider leur emprise. On les voit s'exprimer par des projets comme celui de Québec solidaire, qui évite de tomber dans le jeu du grand chef et du votez-pour-moi-et-vous-serez-sauvés. Il y a donc peut-être une fenêtre d'opportunité dans la crise actuelle du PQ si, au lieu de multiplier les conspirations, on cherche dans une autre voie, si on arrête de se prendre pour des «sauveurs suprêmes» qui savent tout.

***

Pierre Beaudet et François Cyr - Respectivement professeur à l'Université d'Ottawa et chargé de cours à l'UQAM
 
 
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  • Yves Claudé - Inscrit
    21 janvier 2012 01 h 51
    Et Québec Solidaire ?
    Habitué à apprécier les analyses de Messieurs Baudet et Cyr (de QS), je suis très étonné du contenu qu’ils livrent au Devoir dans un texte où ils s’emploient maladroitement à dénoncer une prétendue « conspiration ».

    En tant que membre du PQ, et selon ce que je peux observer, ce n’est aucunement Madame Marois en tant que personne qui est la cible de remises en question, mais bien certaines orientations et stratégies désastreuses du parti, ainsi que la manière dont le pouvoir s’exerce dans cette formation politique, et ce y compris en ce qui concerne les relations entre les députés et la base. Il se trouve que la direction actuelle du PQ a érigé un mur entre elle et d’autre part les membres et les sympathisants du parti. Ce que traduit bien ce lapsus qui a échappé à la fois aux auteurs et au réviseurs du texte, puisqu’il est question de Madame « Pauline Parois » !

    Le PQ est un instrument politique qui appartient au peuple québécois. Or il se trouve que les orientations et stratégies imposées par la direction actuelle conduisent à un désastre non seulement politique, mais aussi économique, social et culturel, avec le scénario d’une très probable victoire du PLQ ou de la CAQ face à des forces d’opposition divisées à l’extrême. C’est cela qui est remis en question !

    Par ailleurs, on peut constater que le culte des chefs que Messieurs Baudet et Cyr décrient à juste titre fait aussi partie des multiples problèmes de QS, qui empêchent nombre de citoyens progressistes d’adhérer à ce parti !

    Yves Claudé – Membre du PQ (Rosemont)
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  • France Marcotte - Abonnée
    21 janvier 2012 04 h 49
    Donner la compréhension à contrat...ou lancer un SOS
    Bien difficile on dirait d'être à la fois dans l'asile de fous et de le comprendre.
    Nos intellectuels n'admettront évidemment jamais qu'ils sont dépassés par quoi que ce soit mais n'est-ce pas le cas?

    Y a-t-il des gens capables actuellement au Québec d'expliquer finement pour nous, pauvres pécheurs, ce qu'on est en train de vivre? Des esprits assez pénétrants et intuitifs ou détachés pour le faire par-delà les éternels clichés ressassés et proposer une vision rafraîchissante de notre situation réelle ainsi que des issus concrètes et stimulantes vers lesquelles s'engager?

    Peut-être que non, peut-être qu'en effet personne n'est habilité à le faire, pas assez de recul, ce sont des choses qui arrivent.
    Je nous fait penser à un ado plein de potentiel mais tout mêlé dans sa tête, pauvre chéri.

    Alors je propose qu'on donne la compréhension du Québec actuel à contrat ou qu'on lance un appel à tous. Rien de tel parfois qu'un regard extérieur pour se remettre les idées en place.
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    21 janvier 2012 08 h 53
    Les problèmes péquistes
    D'abord, Madame Marois est prête à pactiser avec le diable pour gagner des appuis. À part la Souveraineté, il n'y a absolument rien qui puisse lréunir le Parti Solidaire au PQ , à moins qu'un des deux Partis soit prêt à se prostituer. Quand à m.Duceppe, après les accusations de détournement de fonds qui sont portées contre lui, on peut dire que son chien est mort. Le PQ devrait changer de nom et s'appeler le Concordia, même si on sait qu'il n'y aura jamais de concorde parmi ses partisans.
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  • Lise Thibault - Inscrite
    21 janvier 2012 11 h 17
    «Dire les choses clairement, réincarner le changement, chercher dans une autre voie…»
    Et si, justement, il y avait présentement une amorce en ce sens au sein du Parti Québécois ? Se réapproprier les aspirations profondes qui ont mené les tout premiers militants à se rassembler et fonder ce parti pour une meilleure justice sociale, avec la Souveraineté comme principal et essentiel outil, mais ceci dans une version 21eme siècle, une version Maître chez-nous qui passe d’abord par nos ressources naturelles et notre économie.

    Daniel Breton soulignait hier que le Parti Québécois a changé (depuis 2006) et qu’il est maintenant devenu celui qui incarne le mieux ses aspirations et celles du groupe qu’il dirige (MCN21). Il faut le croire. Épris de justice sociale, bien connu pour son franc parler, M. Breton a aussi la réputation de s’exprimer en toute connaissance de cause. Aux forces vives du parti de progresser en ce sens.

    La force, la sérénité.. et la chance

    À Mme Marois, je souhaite la sérénité, la force et la ténacité nécessaires – et dans les circonstances qu’on connaît, la chance – pour continuer d’avancer dans cette voie de la transparence et du changement pour une politique désormais essentiellement axée sur la justice sociale, sur le bien de toute la communauté.

    À tous ceux qui se reconnaîtront, je souhaite qu’il réalisent l’importance de mettre leur EGO en quarantaine, préliminaire essentiel afin d’agir vraiment pour le bien du Québec et des Québécois.

    Enfin, à toutes les forces progressistes du Québec, je souhaite de trouver le «POINT D’EAU», cet endroit où l’animosité, la notion d’ennemi ou d’adversaire n’existe plus, le temps de s’abreuver…
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  • François Ricard - Abonné
    21 janvier 2012 12 h 05
    Un régime monarchique de plus en plus oligarchique
    Depuis l'instauration du parlementarisme à la britannique, nous sommes sensé vivre dans une monarchie constitutionnelle où une petite place est faite à la démocratie. Cette place est l'élection de députés. Pour le reste, nous vivons sous une dictature de fait.
    Une gouvernance véritablement démocratique fait une nette différence entre les trois pouvoirs : législatif, exécutif et juridique. Le système britannique est totalement bancal et fait du premier ministre un vrai monarque .Il dirige les législateurs (ses propres députés, à cause de la ligne de parti, ne sont là que pour endosser ses mesures); il supervise l’exécution du tout en nommant ou en dégommant les ministres. De plus, il a une certaine influence, sinon une influence certaine, sur la nomination des juges. C’est en fait un véritable dictateur pour la durée de son mandat.

    En ce système, il est obligatoire de fonctionner avec des partis politiques. A cause d'un scrutin uninominal à majorité simple et par le financement des partis, les oligarques ont tôt fait de mettre la main sur le gouvernement. Et ceci est vrai pour à peu près tous les pays occidentaux qui se targuent d'être démocratiques.

    Au Québec, comme dans plusieurs autres pays, les véritables démocrates veulent instaurer des changements qui les amèneront vers une plus grande démocratie. Pour ce faire, ils sont conscients qu'une indépendance complète du ROC leur permettrait de progresser beaucoup plus vite dans cette voie. Mais ils demeurent conscients qu'ils ont deux jougs à secouer pour être véritablement libres:
    la monarchie canadienne et les oligarques qui cherchent à le dominer complètement.
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    21 janvier 2012 14 h 44
    C'est du théatre...
    Bien d'accord ! Et c'est le 1% qui tire les ficelles. Au Québec, on est chanceux, il y en a des gros.
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    21 janvier 2012 16 h 51
    Réaction partagée à l'article
    Dernier exemple: nomination de M.Bertrand à la CAQ.
    On comprend bien que le système politique repose sur le parti dont le chef est un roi élu lorsque premier ministre et que le cabinet étroit ou plus large du premier ministre avant même le conseil de ministre détermine les deux tiers des décisions politiques et qu'un homme de l'ombre comme M.Bertrand se détermine à jouer le même rôle occulte exercé dans le cabinet Bourassa. M.Bertrand, homme de cabinet, homme de l'ombre, non élu dont la fonction est tributaire de l'élection de son poulain qu'il encadre. Celui qui est le conseiller du pm, l'appui tête du chef de l'État ce qui n'est pas sans rappeler que c'est ce type de cabinet directoire et de ses conseillers qui rappelle que l'absence de démocratie directe se paie d'un prix certain.
    Cet article arrive donc à point pour rappeler ce qu'on à fait de la démocratie de délégation.Le raisonnement du 99% on en prend on en laisse. La classe moyenne se pense bourgeoise majoritairement et ne s'associe pas au 99% laissé pour compte. Cela fait trop son affaire de se penser supérieure aux assistés sociaux voire aux gens dans la rue. La condition humaine est bien plus tragique et pitoyable que ça.

    La solution pour le PQ pour s'exprimer dans la politique réellement existante. Un duo Marois-Duceppe est à encourager, la chicane dans les difficultés péquistes n'arrangera rien. Québec Solidaire semble se comporter en succursale du NPD depuis le 2 mai, n'a pas manifesté l'ombre d'un intérêt pour le PQ dans le cadre d'une alliance. QS se positionne à gauche dans une optique de pureté qui en devient très facile et gênante parce que 10% de voix c'est jouer dans la marge.
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  • Réal Rodrigue - Abonné
    21 janvier 2012 17 h 01
    La voie démocratique
    Tout de nos jours se marchandise, pas seulement le travail comme l'a vu clairement Marx, mais la nature toute entière et les populations. Voilà ce à quoi nous sommes aujourd'hui confrontés. Le cynisme, l'abstention, le mépris pour la classe politique, voilà des symptômes qui découlent du manque de démocratie. Le PQ a incarné l'espoir d'un changement démocratique, beaucoup de militants ont oeuvré au sein de ce parti parce qu'ils approuvaient les objectifs sociaux-démocrates et les prenaient au sérieux. Mais de compromis en compromis, ou sans trop s'en rendre compte, il s'est aliéné la base qui l'avait porté au pouvoir.

    Le 99% a besoin d'un parti qui le représente. Les indignés en ont marre en effet. Ce qui doit revivre au PQ, c'est l'idéal de la sociale-démocratie qui l'animait à ses débuts. Il doit reprendre le travail de terrain, retrouver ses racines, reprendre contact avec le peuple et cheminer avec lui. C'est beaucoup demander...

    L'espoir résiderait donc dans la démocratie. Or, c'est là tout un paradoxe, il n'est pas possible en réalité que le peuple gouverne, ce sont des délégués dûment élus qui sont chargés de le représenter. La voie démocratique est pleine d'embûches, elle suppose dévouement, générosité, le désir d'évoluer ensemble... Beaucoup vont en politique pour les mauvaises raisons, et deviennent des instruments de la duplicité et du mensonge. Mme Marois agit par conviction, elle est intègre et compétente, personne n'en doute.

    Ou le PQ va retrouver la voie démocratique, ou il va disparaître peu importe la figure du chef.
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  • François Ricard - Abonné
    21 janvier 2012 18 h 20
    @ real rodrigue
    "L'espoir résiderait donc dans la démocratie."

    Il y a deux ans, l'exécutif du PQ a commencé à jouer un rôle de plus en plus grand dans les instances du parti.
    Ce mouvement de la direction vers la base s'est accentué durant la dernière année. A tel point que bien des membres pensent qu'ils ne sont là que pour financer et cautionner la direction.
    Déjà, il y a deux ans, des membres rejetaient la gouvernance souverainiste de Mme Marois. Ce rejet s'est amplifié avec le temps. Et pourtant la direction du PQ n'en a jamais reconnu l'existence. Bien des membres, qui ont connu la discipline d'autres partis, surtout celle du PlQ,ont l'impression que le PQ est devenu aussi un parti où la véritable démocratie n'a pas sa place. Et c'est Mme Marois qui préside au fonctionnement du parti. Elle en est donc responsable.
    Alors ceux qui attachent une grande valeur aux principes démocratiques rejettent cette façon de faire et, par le fait même, la chef qui l' a entérinée. C''est pourquoi nous avons ce match de souque à la corde entre Mme Marois, l'exécutf et les membres qui privilégient la démocratie.
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    21 janvier 2012 21 h 22
    Une petite embrouille
    J'abonde dans votre sens messieurs, mais je crois que vous confondez fonction et leadership. Quoi que l'on puisse y faire, il faudra toujours une minorité de gens responsables, tels les médecins, les ingénieurs, les avocats ou tout autre professionnel, et ne vous en déplaise des politiciens, qui devront se porter garants, autoriser et signer les lois et les contrats. Qu'ils le fassent dans la corruption, le népotisme, l'incompétence et la suffisance n'y change rien.

    Ils occupent une fonction, attribuée en toute clairvoyance ou malveillance, on ne sait. La plaie politique qui nous afflige maintenant, c'est que les hommes qui constituent cette plaie n'offrent à la fonction et donc à la population qu'une bien rachitique vision de l'avenir du Québec.

    Nous avons besoin messieurs d'un homme ou une femme animés d'un idéal, d'un projet nouveau pour lequel ils sauront montrer une vision et la faire partager. Des leaders charismatiques oui, mais sans autre mobile que leur projet d'avenir.

    Moi, ça me fait penser à quelqu'un à qui on a déjà dit non.
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  • Réal Rodrigue - Abonné
    21 janvier 2012 22 h 10
    @ François Ricard
    Votre commentaire montre à quel point il est difficile de pratiquer la démocratie dans un parti qui s'affiche par ailleurs social-démocrate. À vous lire, je sens bien la tension qui existe « entre Mme Marois, l'exécutif et les membres qui privilégient la démocratie ». À n'en pas douter, ce sont ceux qui privilégient la démocratie qui doivent s'imposer et, par le fait même, obliger le parti à devenir cohérent avec lui-même. S'ils devaient perdre cette bataille, on aurait alors raison de qualifier le PQ de vieux parti. Il se trouve sur cette pente glissante depuis trop longtemps sans doute, car il a du mal à comprendre pourquoi les citoyens le désertent pour d'autres partis souverainistes comme QS ou ON, ou même la CAQ. Très intéressant et juste votre commentaire. Merci.
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  • Georges Paquet - Abonné
    22 janvier 2012 06 h 02
    Tout à fait nul comme travail universitaire.
    Je n'ai pas souvent lu un travail présenté par deux universitaires, aussi vide de contenu et de sens. Un gros zéro.

    Voyez plutôt:
    Nos deux compères sutiennent que le PQ est un parti du changement, alors qu'il ne nous change pas des éternelles chicanes entre souverainistes et surtout, dire celà alors que n'importe quel observateur, sans être universitaire, sait très bien que les seuls changements d'importance au Québec ont été pilotés par le parti libéral de Jean Lesage.

    Ensuite on nous présente Gilles Duceppe comme un homme providentiel. Est-ce le même qui a mené son propre parti à la cataqstrophe politique et mnorale.

    Nos deux universitaires répètent avec contentement ce qui serait à la mode dans le milieu: Pour trouver une solution, l faut sortir de la boîte. Sauf qu'il n'en sortent pas.

    En conclusion ils nous disent qu'il faut chercher une autre voie, Mais ils n'en proposent aucune.
    On trouve bien quelque part un désir de remettre de l'ordre dans l'administration publique. Mais, serait-cela, sortir de la boîte?

    Il faut bien en conclure que nos amis n'en sont pas sortis. Ils sont isolés dans un vide total.
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  • Sand 700 - Inscrite
    22 janvier 2012 10 h 37
    UNE VISION D'AVENIR EST UNE VISION QUI RASSEMBLE !!
    Et c'est ce que le PQ doit faire, rassembler les forces sociales-démocrates des 99% de la population. Faire ainsi contrepoids au 1% occulte et opaque qui profite bien de la désinformation, des législations ( fiscales et autres).

    De plus en plus de gens prennent conscience que la forme de gouvernement actuelle, le mode d'élection de spectacles et les «conseillers d'image», ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne plus pour défendre les intérêts de la majorité de la population.

    Faire de la politique autrement, gouverner autrement, c'est être à l'écoute et au service des 99% et non des lobbyistes de tout acabit.

    On l'a vu au Québec, dans le dossier des gaz de schistes, les gens, la population peut se rassembler, défendre ses intérêts, ne pas se laisser exploiter et «endormir» par les lobbyistes, même ancien premier ministre!!

    On l'a vu dans le dossier des collusions et de la corruption dans la construction, les gens, le 99% en a marre de payer des impôts qui servent à enrichir une clique, occulte, opaque, faisant hausser les coûts des travaux dans leur seul intérêt...!!

    La population, le 99% devient plus consciente, plus vigilante et réclame de la transparence, de l'intégrité dans les façons de gouverner et, ce sont des politiciens qui privilégient l'écoute et la transparence dont nous avons besoin!!

    Nous avons des outils informatiques, des blogues, des tribunes pour nous exprimer, utilisons-les pour réclamer à nos élus, de tous les paliers, qu'ils nous rendent des comptes et ce, régulièrement, pas juste aux quatre ans.

    Rassemblons la voix des 99% et l'oligarchie occulte devra écouter la population et cesser de s'enrichir sur le dos de la majorité des travailleuses et des travailleurs.
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  • P. T.Simard - Inscrit
    22 janvier 2012 14 h 00
    Dessine-moi une boîte
    Bonjour,

    Rafraîchissant. Une petite pensée en dehors de la "boîte"...

    L'État profitera d'une Assemblée Nationale forte, Coalition de tous les députés parlant au nom de leur circonscription, plutôt que de leur parti. Ces élus nouveaux réformeront le mode de scrutin, et construiront une sorte de constitution, structure décisionnelle législative, qui permettra au peuple d'élire, à l'aide d'un système à plusieurs tours, un président, nouvel exécutif de la Nation.

    Un fois mise en place, cette nouvelle constitution demandera à l'Assemblée Nationale sa dissolution pour que les députés élus y siégeant se rendent à la Nouvelle Assemblée, tous assis en fonction de leur provenance, plutôt qu'en fonction de leur parti. Cette Assemblée élira par la suite les ministres qui siégeront à la Présidence des Conseils, dont les noms et les définitions seront fixes, tout comme la date des élections, 5 ans pour tout le monde.

    On continue dans l'utopie ? La politique économique du nouvel État, qui aura réformé les structures télescopiques que sont les paliers scolaires, municipaux, MRC, régionaux, provinciaux,... de manière optimale, ainsi que les politiques d'exploitations du territoire, ce qui inclue les ressources humaines, s'attaquera à l'analyse de la collaboration de l'État vers la Fédération et réajustera ses politiques, notamment en fonction des choix économiques de cette dernière.

    Parce que les politiques plébiscitées que l'État révisera ne seront pas économiques et internes, mais constitutionnelles et externes. La Nouvelle Assemblée proposera un blocage à la Fédération, dans tous les comptés "from coast to coast", dont les idées fondamentales du programme se résumeront à l'écriture d'une constitution indépendante du système monarchique, et à la fondation d'une République libre. Représentant une fraction suffisamment importante de la Fédération, et n'en déplaise à Kate, 5 provinces et 3 territoires se ser
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  • François Ricard - Abonné
    22 janvier 2012 14 h 45
    Un Conseil des citoyens
    Pourquoi ne pas nous donner un Conseil des citoyens qui, comme un sénat, superviserait le travail de l'Assemblée Nationale.
    Ses membres, représentatifs des régions, pourraient être tirés au sort comme on fait pour la composition d'un jury. La durée de leur mandat serait possiblement de deux ans. Ils ne pourraient s'incruster dans leur fonction et ils seraient, à toutes fins pratiques, impossibles à soudoyer.
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  • P. T.Simard - Inscrit
    22 janvier 2012 17 h 26
    ...se seront séparés de la Fédération ce jour-là.
    Cordialement,
    P.T.Simard
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    22 janvier 2012 17 h 40
    Les partis sont nécessaires
    Mon intention n'est pas de disserter sur le sujet, mais il me semble un peu primaire que l'on abolisse les partis politiques ou que l'on fasse comme s'ils étaient inutiles. Non seulement faut-il conserver ces institutions, mais également faut-il comprendre que c'est le débat que l'on veut abolir, quand on fomente ainsi des utopies qui vont certainement le demeurer sans cette admission essentielle.

    Comprenez-vous les amis philosophes de la politique ? Je ne suis pas d'accord avec vous, alors qu'est-ce que je fais ? Je concocte mon utopie avec ma gang et au nom de la démocratie, je vous mets au défi de me prouver que la majorité vous approuve. Continuez de militer dans vos salons, comme le disait Georges Brassens, vous mourrez pour vos idées, mais de mort lente.
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  • P. T.Simard - Inscrit
    22 janvier 2012 18 h 54
    Nuance obligée
    @ M. Gagnon

    Mon intention était n'est pas d'abolir les partis. Ces institutions regroupent les idées. Pour ma part, je conçois que ces idées sont à caractère économique. Et ce sont par ces choix économique que se véhicule les projets de société (à droite ou à gauche).

    Mais qu'est-ce qui arrive si à chaque élection, ce sont toujours les mêmes qui en profitent ? Parce que le système ne permet pas la proportionnel ? Parce que les gens votent bêtement ? Parce qu'avec un peu de recul, nous en avions besoin ? Nous en sommes à un autre niveau; modifier ou pas le système ? Séparer ou pas le législatif de l'exécutif ? Rester au moyen-âge ou passer au XXI ième siècle ?

    Elle était là l'idée, à mon avis, d'une coalition "PQ" il y a 40 ans. À droite et à gauche, on s'allie, on modifie, après on reprend chacun notre coin du "ring". C'est là qu'il faut chanter Brassens ! Nous mourrons pour nos idées d'accord, mais de mort lente, i.e. sans faire la guerre ! Et c'est sur ce point, je crois, que tout le monde se plante.

    La majeure partie des débats que l'on nous propose à la pièce dans les journaux, ce ne sont que des histoires de têtes, de mouvements, de sondages,... nébuleux débats qui ne mènent à rien, sinon fomenter de réelles utopies. Jamais, au grand jamais, nous sert-on la "vraierité", comme le disait si bien Sol. Comment le programme de la CAQ, du PQ, du PI, de l'ON ou de QS fera mieux ou pire que les Libéraux ? Qu'est ce qui est meilleure, une république ou une province ? C'est quoi l'idée en arrière ?

    Nous attendrons que le journal nous propose un réel enjeu, j'imagine, avant que nous sachions si nous sommes vraiment d'accord ou non, M. Gagnon.

    Cordialement,
    P.T.Simard
    P.S. Je ne suis pas sûr de comprendre votre deuxième strophe lorsque vous parlez de défi. Pouvez-vous m'aider ?
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    22 janvier 2012 21 h 37
    @P.T.Simard
    Pardonnez le manque de clarté. Je voulais souligner que la réalité nous ramène brutalement un jour ou l'autre, à des confrontations, d'idées de préférence, et au besoin de les trancher par des gestes concrets. Il faut cesser de parler et, je vous le dis en toute connaissance de cause, la lutte pour les idées dans la vie concrète de tous les jours, ça existe et ce n'est pas une sinécure.

    Beaucoup d'énergie à déployer, pour un droit de parole enterré parmi des milliers d'autres, pour faire élire celui dont on pense qu'il va défendre nos idées, mais il défend sa peau d'abord. Peut-on vraiment lui en vouloir ? Ne fait-on pas allègrement et sans scrupule les choses que l'on refuse aux politiciens ?

    Mais on est pris là-dedans monsieur Simard. On doit convaincre une majorité de gens pour réaliser ses projets et c'est souvent ingrat, ne l'oubliez pas. Le peuple doit être souverain et cela ne le protège pas contre les dérives, autoritaires ou non.
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  • Alexandre Dionne - Abonné
    24 janvier 2012 16 h 16
    Tous les principes à la source des grands projets de société polarisent en deux....
    ....Mais il y a surtout, comme le relatait récemment dans l'édition compilée de ses textes Patrice Gueniffey, en écho à Marcel Gauchet, que la démocratie a rencontré son plus terrible adversaire, elle-même : le désengagement contagieux envers la croyance de la pérennité du volontarisme politique fait voir que l'engagement initial était un état conditionné, conditionnel au temps et précaire à la violence des oppositions devant les blocages de ces grands projets de société.

    La souveraineté du Québec des souverainistes et du peuple de sympathisants à cette identification n'échappent pas à ce processus : ils doivent faire face aux combats de désillusions, de patience, de défection pour cause de capitulation au sentiment de l'impuissance, du découragement, sans parler de tout le poids que faisait chaque jour peser tous les acteurs au Québec du système de pouvoir impérial-statuquoiste du Canada fédéral : médias, citoyens opposants au souverainisme, politiciens et lieux de pouvoir favorables au Canada d'abord, cette HOSTILITÉ A PRIORI couplée à l'indifférence et/ou le défaitisme des autres, tout cela sans parler des possibilités de l'esprit humain à innover dans tous les sens, explique largement l'extrême difficulté dans laquelle se trouve le PQ.

    Dans ces conditions, contrairement aux auteurs, il m'apparaît incongru de s'étonner que....

    " L'idée qu'on puisse gouverner comme c'est le cas dans nos démocraties occidentales avec une base populaire très rétrécie (même pas 30 % dans le cas de Harper et de Charest) est insensée. "

    À suivre.
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