Les vire-capots - Que les transfuges paient leurs élections
Nous venons d'assister, avec le passage du député François Rebello du Parti québécois (PQ) à la Coalition avenir Québec (CAQ), à la répétition d'un geste antidémocratique.
Certaines personnes, comme le chroniqueur Vincent Marissal de La Presse, ont formulé l'opinion voulant qu'il s'agissait là d'un geste relevant de la «liberté d'expression» des députés, même s'ils ont été élus sous la bannière d'un parti différent de celui qu'ils représenteront à la suite de leur passage à un autre parti.
D'autres ont émis l'avis que, une fois élu, un député se doit de représenter TOUS les électeurs de sa circonscription électorale et non pas seulement ceux qui ont voté pour lui. De ce fait, il serait secondaire qu'il abandonne le parti sous la bannière duquel il a été élu et qu'il passe à un autre parti, pourvu qu'il continue de bien défendre les intérêts de l'ensemble des électeurs de sa circonscription.
Enfin, d'autres ont prétendu, en faisant référence aux députés qui ont quitté le caucus du Parti québécois avant François Rebello, que ceux-ci pouvaient continuer de siéger comme députés indépendants sans devoir se présenter devant leurs électeurs pour obtenir un tel mandat.
Défendre une plateforme
Aucun de ces arguments ne me paraît acceptable du point de vue démocratique, tant que la représentation des citoyens par un député sera celle qui nous régit. Les citoyens votent pour un candidat qui représente un parti ou qui, comme c'était le cas du député André Arthur de la région de Québec au Parlement fédéral, se présente clairement comme indépendant de tout parti officiel.
Que certains prétendent qu'ils votent «pour l'homme» plutôt que pour le parti ne change rien à l'affaire. Si un candidat s'est présenté comme indépendant, il devra alors rester indépendant une fois élu, et s'il se présente sous la bannière d'un parti, il devra défendre la plateforme électorale et les politiques de son parti.
Élu pour le parti
Pour sa part, sous prétexte de «transparence», François Rebello en rajoute. Lors de sa conférence de presse, il a affirmé vouloir faire non seulement connaître sa nouvelle allégeance à ses électeurs aussi longtemps que possible avant la prochaine élection, mais aussi pouvoir travailler activement à l'élaboration de la plateforme électorale de la CAQ.
Peu importe de quel parti François Rebello vient, une telle décision est inacceptable. Il n'a pas été élu uniquement parce qu'il est François Rebello. Il a été élu parce qu'il est porteur de valeurs et d'objectifs véhiculés par un parti politique. Il en est de même pour tous les autres démissionnaires du PQ, de l'ADQ et même du député Tony Tomassi, qui a été exclu du caucus libéral.
Si un député ne se reconnaît plus dans son parti ou si son parti ne le juge plus digne de le représenter, qu'il déclenche des élections sans délai, et à ses frais, pour avoir de nouveau le verdict de ses électeurs. Ou alors qu'il démissionne purement et simplement pour passer à autre chose.
***
Daniel Faucher - Eastman
Certaines personnes, comme le chroniqueur Vincent Marissal de La Presse, ont formulé l'opinion voulant qu'il s'agissait là d'un geste relevant de la «liberté d'expression» des députés, même s'ils ont été élus sous la bannière d'un parti différent de celui qu'ils représenteront à la suite de leur passage à un autre parti.
D'autres ont émis l'avis que, une fois élu, un député se doit de représenter TOUS les électeurs de sa circonscription électorale et non pas seulement ceux qui ont voté pour lui. De ce fait, il serait secondaire qu'il abandonne le parti sous la bannière duquel il a été élu et qu'il passe à un autre parti, pourvu qu'il continue de bien défendre les intérêts de l'ensemble des électeurs de sa circonscription.
Enfin, d'autres ont prétendu, en faisant référence aux députés qui ont quitté le caucus du Parti québécois avant François Rebello, que ceux-ci pouvaient continuer de siéger comme députés indépendants sans devoir se présenter devant leurs électeurs pour obtenir un tel mandat.
Défendre une plateforme
Aucun de ces arguments ne me paraît acceptable du point de vue démocratique, tant que la représentation des citoyens par un député sera celle qui nous régit. Les citoyens votent pour un candidat qui représente un parti ou qui, comme c'était le cas du député André Arthur de la région de Québec au Parlement fédéral, se présente clairement comme indépendant de tout parti officiel.
Que certains prétendent qu'ils votent «pour l'homme» plutôt que pour le parti ne change rien à l'affaire. Si un candidat s'est présenté comme indépendant, il devra alors rester indépendant une fois élu, et s'il se présente sous la bannière d'un parti, il devra défendre la plateforme électorale et les politiques de son parti.
Élu pour le parti
Pour sa part, sous prétexte de «transparence», François Rebello en rajoute. Lors de sa conférence de presse, il a affirmé vouloir faire non seulement connaître sa nouvelle allégeance à ses électeurs aussi longtemps que possible avant la prochaine élection, mais aussi pouvoir travailler activement à l'élaboration de la plateforme électorale de la CAQ.
Peu importe de quel parti François Rebello vient, une telle décision est inacceptable. Il n'a pas été élu uniquement parce qu'il est François Rebello. Il a été élu parce qu'il est porteur de valeurs et d'objectifs véhiculés par un parti politique. Il en est de même pour tous les autres démissionnaires du PQ, de l'ADQ et même du député Tony Tomassi, qui a été exclu du caucus libéral.
Si un député ne se reconnaît plus dans son parti ou si son parti ne le juge plus digne de le représenter, qu'il déclenche des élections sans délai, et à ses frais, pour avoir de nouveau le verdict de ses électeurs. Ou alors qu'il démissionne purement et simplement pour passer à autre chose.
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Daniel Faucher - Eastman
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