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Libre opinion - Et si la CAQ était un COQ?

Simone Landry - Professeure honoraire à l'UQAM  19 janvier 2012  Québec
Plutôt scandaleux, non, le mépris à l'égard de l'ensemble de ses membres manifesté par la plus haute instance de l'ADQ, qui n'hésite pas à brader ses principes pour ce plat de lentilles qu'est l'éventuelle réélection de ses députés à l'Assemblée nationale, sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ)? Avec, à la clé, réconciliation des Deltell et autres Caire, qui vont se retrouver ensemble sous un nouveau-chef-ancien-ennemi.

Plutôt douteux, aussi, le jeu de chaise musicale de quelques péquistes renégats — eh oui, renégats — lesquels, attirés par le miroir aux alouettes que font chatoyer les sondages, jettent aux orties leurs convictions, dans l'espoir, eux aussi, de sauver leur poste de député et de peut-être se retrouver au pouvoir, si jamais cette CAQ arrivait à déloger le premier ministre le plus conspué depuis des lustres...

Le dernier en date, l'inénarrable François Rebello, a soulevé tout un nuage de poussière dans la basse-cour parlementaire, surtout dans son recoin péquiste, outré par l'effronterie du grand gamin, qui, après avoir juré fidélité il y a un mois, tel un magicien, vient de retourner sa cape d'un beau bleu ciel pour en exhiber le côté bigarré, au grand dam de ses commettants de La Prairie. Et ce, tout en jouant les toreros de salon: «Voyez, ma cape bleue est toujours là, je choisis juste d'en montrer le côté bariolé pour une dizaine d'années...»

Multicolore, la cape des nouveaux caquistes? On en caquette un peu partout, on s'interroge... Le virage à 180 degrés de François Rebello, le rappel de son ancien serment de fidélité à son mentor, l'autre François, celui qui a aussi quitté le Parti québécois dont il n'avait pu devenir le chef, agit comme révélateur des motivations de la plupart des députés qui ont abandonné leur parti au cours des derniers mois, ou se montrent disposés à le fusionner avec le parti chamarré qui se prétend coalition...

Mais où trouve-t-on un tel assemblage de couleurs? Ne pense-t-on pas ici à la flamboyante queue des plus jolis coqs de combat? Bien sûr, les couleurs de la coalition sont plutôt pâlottes, plutôt mièvres même. Le passage dans les rangs de cette coalition, qui prend de plus en plus l'allure d'un conglomérat, se trouve ainsi facilité par l'insipidité de ses couleurs et de ses idées, par leur flou que l'on ne peut certes qualifier d'artistique...

Et c'est ce flou, ce ni-à-gauche-ni-à-droite, ce ni-fédéraliste-ni-souverainiste, qui permet à tout un chacun en mal de réélection assurée, assortie bien sûr d'un salaire tout aussi garanti et de la possibilité d'accéder à quelque poste de ministre, de se glisser dans les rangs coquistes — non, non, ce n'est pas une coquille! Car ce nouveau parti attire, comme un aimant, en raison des sondages qui le font gagnant d'une sans doute prochaine élection, les députés opportunistes qui quittent la barque en perdition, adéquiste ou péquiste, de leur propre parti.

Voilà donc aux yeux de bien des gens, que l'on accuse d'ailleurs de cynisme, le commun dénominateur qui caractérise les nouveaux députés de la formation de François Legault: l'opportunisme. Nous sommes bien loin d'une Coalition pour l'avenir du Québec, d'une CAQ, nous sommes plutôt en présence d'un Conglomérat d'opportunistes du Québec, d'un COQ, dont la queue miroitante ne manquera pas de pâlir, au fur et à mesure que de nouveaux transfuges — on est toujours en attente de ceux du Parti libéral — viendront s'installer dans ses nids de poule et que le bon peuple se rendra compte que le changement dont il est si friand ne loge pas à cette enseigne.

***

Simone Landry - Professeure honoraire à l'UQAM
 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    19 janvier 2012 03 h 13
    La plus juste analyse...
    Qu'il m'ait été de lire dans les pages du Devoir, tous journalistes et analystes politiques confondus. Une pure merveille!
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  • Georges Paquet - Abonné
    19 janvier 2012 05 h 53
    Bravo
    Bien lancé, Mme Landry...
    Il ne faudrait quand même pas que les Caquistes prennent les Québécois pour des tarés qui ne verraient rien de leurs mabitions et de leurs petis calculs. J'espère qu'aucun de ces députés transfuges n'osera se pleindre du cynisme des citoyens.
    Cette course vers les avantages du Pouvoir devrait être dénoncée et la défection d'un député allant à l'encontre du mandat qu'il a sollicité, devrait être interdite à moins que le député en reste à une déclaration d'indépendance vis-à-vis toute option politique.
    Peut-on imaginer qu'un gouvernement élu démocratiquement pour appliquer une politique de gauche, doive, un jour, céder sa place à un gouvernement de droite, parce qu'un certain nombre de députés de gauche auraient décidé de passer à droite, sans autres formalités.
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  • Gérard Raymond - Abonné
    19 janvier 2012 06 h 02
    Une Tour de Babel
    Merci madame Landry, j'aime bien votre exposé. Avant de le lire, j'avais moi-même associé l'entreprise du COQ en chef, François Legault, à une Tour de Babel, soit la tour que les descendants de Noé prétendaient élever pour atteindre le ciel, ouvrage qui s'effondra en raison de la diversité des langues de ses ouvriers, incapables de se comprendre. Peut-on dire qu'ils étaient des babeleux ?

    Gérard Raymond
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  • André Chevalier - Abonné
    19 janvier 2012 06 h 15
    Ce serait de la coquetterie
    En se nourrissant à tous les râteliers ( fédéraliste vs indépendantistes, plus d'état vs moins d'état, droite vs gauche) les caquistes (coquistes) auront beaucoup de difficultés à présenter un programme cohérent.

    Au cours des discussions pour transformer les « on verra» en propositions concrètes dans leur programme, les coquistes vont régulièrement passer du coq à l'âne.
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  • Airdutemps - Inscrite
    19 janvier 2012 08 h 11
    Le ridicule et le mépris
    Bien dit Mme Landry !

    Le ridicule ne nous tuera jamais.

    Le chef du COQ et ses nouveaux amis ont le plus grand mépris pour les électeurs.
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  • FERNAND - Inscrit
    19 janvier 2012 08 h 15
    Le branle-bas.
    Le grand timonier corrompu qui récolte toujours une insatisfaction de 80% parmi le bon peuple est sûrement content de voir ce qui se passe présentement. Étrangement tout ce branle-bas ne fait pas rehausser sa popularité personnelle malgré tout notre argent utilisé comme dépenses électorales pour la réalisation du film " Le grand Nard".
    Étant lui-même un transfuge passant allègrement du parti conservateur au PLQ (Pillons le Québécois) et catapulté par les bonzes francos et anglos de Toronto et d'Ottawa, connait bien cette sauce OGM qui consiste à brasser la politique avec le crime organisé.
    Cependant, cette "danse à CAQuette" qui fait traverser des élus(ES) d'un bord de l'Assemblée Nationale à l'autre n'est que la preuve d'un manque d'intérêt du bien commun envers le peuple du Québec.
    Ce branle-bas, commence à toucher le PLQ (Pillons le Québec) car pas plus tard qu'hier, un ancien conseiller libéral, fédéraliste celui-là, sautait dans le "On verra" de la CAQ Legault/Sirois.
    Ne riez pas trop fort JJCharest et comparses, parfois de passer des grands principes fédéralistes (?) à un néant politique, il n'y a qu'un pas.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    19 janvier 2012 09 h 18
    Belle envolée oratoire
    Mais quelles sont vos propositions pour faire du Québec une société plus libre, plus égalitaire, plus fraternelle, qui ne passerait pas par la création de richesse?
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  • Michel Simard - Abonné
    19 janvier 2012 09 h 59
    Dépendantistes et coquistes
    La bien-nommée Coalition des opportunistes du Québec ressemble à s'y méprendre au Quebec Liberal Party, repaire traditionnel des opportunistes du Québec. Le grand consiller rouge foncé de Robert Bourassa ne s'y trompa point. Voyant les flots s'engouffrer bientôt sur l'ancien Queen Mary libéral-conservateur réduit à l'état de radeau par le capitaine Charest, empêtré dans ses commissions personnelles et l'éventuel comité Charbonneau, les rats s'échappent vers un gros bateau rapiécé, sans trop de principes, histoire de conquérir un électorat volage, sensible aux chants des sirènes et tenté par les chimères.

    Et certains apôtres de la reddition de la nation québécoise s'exilent vers les cantons de l'Ouest, soustrayant leur contribution à la nation, sachant très bien que le capitaine du vaisseau libéral-conservateur cherche à enfouir le trésor dans une quelconque île du Nord et les ministres du pillage des ressources nationales se vendant au plus offrant. Et ils viennent sermoner les habitants de la Vallée, en bons curés de la diaspora, craignant que le butin ne tombe entre les mains des nouveaux corsaires de poulaillers. Mais n'ayez crainte, le bon peuple sera plumé ou tondu, de par sa torpitude.
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  • Michel Simard - Abonné
    19 janvier 2012 10 h 25
    @ Jacques Saint-Cyr
    Quand le propos est vrai, on ne trouve rien à dire que d'essayer de passer à un autre sujet.

    Nous sommes tous d'accord pour créer de la richesse. Le problème est que cette richesse doit profiter à tous et non être siphonnée par une caste improductive et parasitaire de l'État. Le QLP a intitué un système de redistribution des ressources de l'État vers des groupes ciblés, et non vers les besoins de la population. La COQ se compose d'opporunitstes de la même mouvance.

    Une société plus libre, plus égalitaire et plus fraternelle, objectif que vous prétendez partager, exige bien plus que la création de richesse. La COQ ne propose d'ailleurs rien de concret pour créer de la richesse et la distribuer de faôn équitable, pour que chacun y trouve son compte. Les opportunistes sont souvent des gens sans talents et sans capaité de production réelle qui doivent grapiller pour arriver à quoi que ce soit. Le QLP et la COQ sont siamois, pas étonnant que les dépendantistes s'y reconnaissent.
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    19 janvier 2012 19 h 27
    Un parti clé en main
    Que dire de plus ?
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  • SNost - Abonné
    20 janvier 2012 10 h 55
    @Jacques St-Cyr
    Moi je suis d'accord avec vous. C'est bien beau écrire au Devoir pour discréditer les tentatives de modifications (à la pièce, il est vrai) de certains aspects de notre gouvernance, mais encore faut-il être en mesure de proposer mieux. Sans quoi le propos n'est que le reflet de l'insipidité supposément décriée.

    Réussir à se faire une place efficacement dans l'échiquier québécois, où les dés sont pipés à l'avance, n'est pas chose facile. Il faut un peu de stratégie et de pragmatisme (ce que vous appelez, Mme Landry, opportunisme).

    Mme Landry, il aurait été plus constructif de lire les documents de la CAQ et de les commenter, plutôt que de verser dans l'appréciation esthétique. Vous auriez perdu moins de temps à écrire, et moi à vous lire.
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  • ChristianH - Inscrit
    22 janvier 2012 16 h 38
    Un avis honoraire...

    La compétence des enseignants de métier est la pédagogie, instruire les momes. Pas d'insuffler un nouveau courrant ou des changement à la façon de faire de la politique au Québec

    Ce a quoi nous convie Simone Landry, c'est l'immobilisme. Le statu quo. Pourrir sans bouger, quoi.

    Si seulement il y avait un moyen d'exclure les enseignants de la sphère politique, les choix seraient beaucoup plus limpides pour les électeurs.

    Tel que reléguer les péquistes du PQ et leur plan d'affirmation nationale canadienne, ainsi que leurs hausse des impôts et taxes, à la poubelle. Les remplacer par les pragmatistes de la CAQ.

    Insistez pour qu'il y ait une élection le plus tôt possible, Mme Landry.
    CH
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