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    Lettres - Le chemin de fer vers le Nord n'est pas une utopie

    19 décembre 2011 |Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska, le 14 décembre 2011 | Québec
    L'article de votre journaliste Alexandre Shields concernant l'étude de Genivar, sur la construction d'un chemin de fer de 600 kilomètres entre Schefferville et Kuujjak, laisse l'impression, comme l'étude d'ailleurs, que ce projet est peu réaliste.

    Genivar étant une firme d'ingénierie très engagée dans la construction de routes et très près de l'énorme lobby du transport routier et du ciment, il n'est pas étonnant qu'elle n'ait pas souligné les avantages économiques et écologiques d'un transport ferroviaire. Il est malheureux également qu'elle ne tienne pas compte du fait que le projet du tronçon ferroviaire en question fait partie, dans le projet initial étudié par la commission parlementaire qui a proposé l'étude, d'un projet beaucoup plus vaste, le TransQuébecExpress, un projet de chemin de fer multifonctionnel de 10 000 kilomètres, conçu par des citoyens, dans le but de désenclaver tout le nord du Québec avec ses ressources, ses attraits multiples et ses communautés blanches et autochtones, et de relier l'ensemble des régions périphériques du Québec.

    L'analyse de ce projet souffre du même mal que le Plan Nord. Elle est à courte vue, et quand tout tourne autour de projets d'exploitation minière dans le régime actuel, on ne peut que redouter avec raison le bar ouvert aux entreprises, et des infrastructures fournies avec ça. Mais si le Plan Nord était conçu comme l'ouverture d'un nouvel espace culturel, social, commercial, économique et humain, on comprendrait l'importance de construire, dans cet immense territoire enclavé, une grande voie de communication terrestre multifonctionnelle et écologique.

    Les voies de communication sont depuis toujours le point de départ de toute occupation territoriale, comme ce fut le cas flagrant pour la Confédération canadienne. Le déclin de la Gaspésie n'est rien d'autre que le résultat du tracé de l'Intercolonial vers Halifax par la Matapédia, au détriment du port de Gaspé. Et les régions périphériques continueront sans doute de péricliter tant qu'on ne l'aura pas compris. Tout cela manque dramatiquement de vision.

    ***

    Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska, le 14 décembre 2011












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