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Huit millions

Denise Bombardier   17 décembre 2011  Québec
Vous vous souvenez du temps où nous étions six millions? Il fallait se parler, comme nous invitait à le faire une publicité de marque de bière. C'était une époque où nous avions l'impression de tous nous connaître dès que nous sortions de Montréal. C'était en 1976, l'année de tous les espoirs. Le premier ministre René Lévesque était adulé par une majorité de Québécois et commandait le respect de tous les autres. On croyait au changement, à un dépassement collectif, à la solidarité. On croyait au bonheur, au début d'un temps nouveau que chantait Renée Claude. La moitié des gens n'ont pas trente ans, écrivait Stéphane Venne, l'auteur de cette chanson reprise en chœur par tous ceux qui avaient le 15 novembre porté le Parti québécois au pouvoir.

Je me souviens du Noël qui a suivi ce 15 novembre euphorique transformé en un printemps d'espérance. Ce Noël-là, les discussions dans les familles réunies autour de la dinde traditionnelle étaient si intenses, si passionnelles qu'on en oubliait le goût du volatile. On était six millions à se parler en tentant de se convaincre. Nous nous savions tous en sursis de référendum. Nous voulions tous gagner, oui ou non confondus. Je me souviens de la déclaration solennelle de feu mon beau-père devant ses petits-enfants réunis. «René Lévesque est un bon homme. Ce n'est pas le mien et ça n'est pas mon parti, mais au référendum, jamais je ne voterai contre mes petits-fils.» Cet engagement valait bien toutes les bénédictions paternelles auxquelles il s'était toujours soustrait bien qu'il fût de cette génération où le patriarche exerçait cette prérogative annuelle devant la famille agenouillée.

À Noël 1976, on était six millions à se parler dans le blanc des yeux, sans jeter un regard sur le téléphone intelligent, sans twitter ni envoyer des textos pendant les discussions enflammées. On traversait des rues où les gens s'étaient donné le mot pour mettre des sapins multicolores devant leurs portes, où tous les édifices publics se disputaient l'honneur d'avoir le sapin le plus haut, le plus gros, le plus scintillant, avec ou sans crèche. À Noël 1976, les vieux se sentaient rajeunis et les jeunes, fous, bougalous et un peu stone, faisaient encore semblant de respecter leurs aînés qu'ils s'appliquaient à convaincre du bien-fondé de l'indépendance.

À Noël 2011, on est huit millions et le moral collectif est en berne. Et cela semble plus difficile de se parler malgré toute la quincaillerie technologique. Noël pose problème quand on est huit millions de Québécois au passé tricoté de moins en moins serré. On est huit millions, les vieux sont plus nombreux que jamais, la natalité moindre et les horizons multiculturels. Finis les rigodons, les chansons d'Édith Butler, les «fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous» de Ferland. Noël se chante souvent en anglais, les accommodements raisonnables sont à l'ordre du jour et au coeur des discussions dans les réunions de famille et ce qu'il en reste. À Noël 2011, les statistiques publiées cette semaine le démontrent, l'espérance de vie atteint des sommets alors que l'espérance tout court déserte de plus en plus de personnes, jeunes ou vieilles.

À Noël 2011, nous sommes huit millions de Québécois, et parmi les croyants fervents, de plus en plus ne sont pas chrétiens. Une minorité grandissante ne peut pas chanter Ô Canada, terre de nos aïeux, mais ils pourraient reprendre en choeur «terre de nos descendants». La langue française n'est plus la langue maternelle d'un nombre croissant de nos compatriotes. Comment interprètent-ils notre fierté d'être Québécois? À nous regarder vivre et parler, y croient-ils? Nos nostalgies respectives ne peuvent pas être partagées, et en ce sens, Noël, que cela dérange ou pas, demeure une fête problématique. D'ailleurs, elle l'est déjà pour tous les «de souche» qui ont arraché avec rage ou indifférence ces racines religieuses qui ont défini notre identité, c'est-à-dire notre vision du monde et de nous-mêmes dans nos rapports aux autres ou à une quelconque transcendance.

Nous sommes huit millions, et pour des raisons diverses, plus ou moins avouées, plusieurs sont portés à penser que cette évolution culturelle, irréversible à l'évidence, ne peut être source de préoccupations légitimes. Ce temps de l'année, au contraire, oblige à réfléchir. À nous interroger sur notre propre fidélité à nos convictions, sur notre solidarité aux autres, ceux que l'on aime inconditionnellement mais aussi à nos amis, nos connaissances et plus largement nos compatriotes québécois, ces huit millions de gens qui partagent un même territoire sans partager les mêmes mythes, les mêmes symboles, les mêmes héros.

Nous sommes huit millions à Noël 2011, et qu'une grande partie des Québécois soient plongés dans une nostalgie qu'ils tentent de revivre dans ces fêtes de retrouvailles familiales et amicales ne devrait pas porter ombrage à quiconque. Et tous les très vieux devraient, à Noël, radoter devant les enfants croulant sous les cadeaux de leur temps où, à minuit, à l'heure où Jésus naissait, il tombait de la neige ouatée et où ils se réjouissaient de l'orange qu'ils recevaient en cadeau.

Joyeux Noël et bonne année à tous!
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    17 décembre 2011 05 h 40
    C'était le bon vieux temps...quel pensée ringuarde...
    Les nostalgiques et les pauvres en mémoire répètent ce dicton à chaque génération. La vérité, c'est que les jeunes, les très jeunes, 10, 12,15 ans sentent et savent que le bon temps est devant eux, pas derrière. Toutes les inventions, les plus importantes, sont encore à venir. Leurs parents, comme tous les jeunes parents sont attelés à la tâche et n'ont pas le temps de songer au bon vieux temps. Leur temps, il est court, fuyant et précieux. Ne les dérangeons pas avec cette nostalgie des 60 ans et plus. L'avenir n'a jamais été derrière...
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    17 décembre 2011 06 h 29
    Farewell
    On ne saurait mieux exprimer l'adieu d'une génération qui passera bientôt.

    Pierre Desrosiers
    Val David
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  • VITRILLOLA - Inscrite
    17 décembre 2011 06 h 49
    Quand la nostalgie tient notre clavier en otage ! 1
    Grrr... madame Bombardier quand vous sombrez dans la nostalgie religieuse je ne suis plus capable, et pourtant j'adore vous lire, grand Dieu ! Mon moral n'est point en berne, il bât plutôt pavillon "avenir", ma quincaillerie technologique comme vous dites baigne dans l'eau bénite m'étant à la fois sacrée et bénéfique tant pour ma vie professionnelle que privée. J'ai de précieux amis virtuels et réels avec qui je partage nombre de choses liées à ma vie. Mes émotions et mes sentiments sont toujours réels derrière ça, et idem pour mes amis. Je peux prétendre que j'ai deux amies en Australie, deux en Russie, 4 en France, 1 en Nouvelle-Calédonie, 2 en Afrique, 1 en mongolie, 1 en Uruguay, etc... Non seulement je communique sans aucune difficulté avec elles sur les 5 continents, mais j'apprends et savoure ma planète chaque jour au bout de mes doigts et de mon nez. Dès l'âge de 23 ans, aviez-vous cette opportunité d'être aussi international que moi ? Avec mes amis d'ici ou du monde entier nous croyons au changement, à un dépassement collectif, à la solidarité. Nous croyons au bonheur, et à un début d'un temps nouveau. Il y aura toujours un temps nouveau et des chanteuses pour le vocaliser. Moi, je me souviens d'un printemps arabe euphorique transformé en un printemps d'espérance. Les discussions dans ma famille réunies autour de la dinde traditionnelle sont toujours si intenses, si passionnelles qu'on en oublie le temps mais jamais le goût des volatiles de nos mères qui les ont préparés pour la postérité de nos palais. Mon père est décédé, mais mon oncle bénie chaque année le repas du nouvel an autour de la table familiale.
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  • VITRILLOLA - Inscrite
    17 décembre 2011 06 h 49
    Quand la nostalgie tient notre clavier en otage ! 2
    C'est ainsi que la période des fêtes se déroule pour moi et mes amis, même en 2012. Aujourd'hui, nous sommes 8 millions à se parler dans le blanc des yeux, tant de visu que sur un écran d'un téléphone intelligent ou sur notre ordi ou encore les trois pour régler une situation enflammées. En 1976 c'était aussi de visu ou le téléphone à roulette ou une lettre à la poste. Twitter, Facebook et j'en passe sont des véhicules communicationnels extraordinaires où ce n'est pas vrai que notre parlé écrit est complètement ombragé, voire sans substance à cause du poids technologique. Qu'est-ce que Kafka, Goethe, Molière, Sartre, Camus, Shakespear, Platon, Socrate, accompliraient avec les créations technologiques de Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Jack Dorsey ? Michel Tremblay est un écrivain qui peut prétendre avoir connu à la fois la plume, la machine à écrire et le clavier d'un Mac ! Une vie d'écrivain bénie que n'a pas eu cette chance tous les autres nommés ici. McLuhan à dit que le message, c'est le médium, que ce n'est pas le contenu qui affecte la société, mais le canal de transmission lui-même. Sa vision prends tout son sens aujourd'hui, et plus que jamais. Le message se développera et prendra aussi tout son sens, et rapprochera encore davantage notre monde. L'espoir plus réel qu'avant. Les émotions et les sentiments suivront, deviendront un trait d'union plus significatif et substantiel, bref c'est la conscience collective qui deviendra ce qu'elle n'a jamais encore été, même dans nos rêves les plus fous.
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  • VITRILLOLA - Inscrite
    17 décembre 2011 06 h 50
    Quand la nostalgie tient notre clavier en otage ! 3
    Les textos ont autant de sens que le morse au début du siècle dernier. Ce n'est pas l'espace désigné pour écrire comme Proust, vous comprenez ? Le décryptage devient alors la règle, proche de celui des hiéroglyphes égyptiens, mais l'essence à communiquer ne change pas, demeure tout aussi directe. Nous vivons dans une société d'images, plus celle des lettres. L'une ou l'autre n'empêche pas de communiquer le communicable, la technologie que ce soit la plume "Mont Blanc" ou un MacBookPro n'a qu'un but... Dire ! J'ai reçu à ma demande, les cantiques de Noël préférés de mes amies autour du monde. J'ai convaincu ma famille que cette année nos fêtes seront chantés dans toutes les langues, pour reprendre à ma façon l'idée des crèches du monde à l'oratoire St-Joseph. Le Québec sera de moins en moins tricoté serré, et puis après ? Cette semaine j'ai vu un Père Noël noir, et les enfants sur ses genoux lui demandaient pourquoi il était noir et pas les autres. Il leur répondait avec bonhomie qu'il avait tombé dans la cheminé du centre d'achat. Le monde change et je crois aux changements, à l'avenir. Je regarde devant moi, et pas derrière, savoir d'où je viens me suffit et m'aide à me définir. Sinon, pourquoi ne pas écrire la nostalgie des cavernes et des traditions Homo rudolfensis ? Pour moi la religion représenté par une hiérarchie de soutanes c'est de l'hommerie, rien avoir avec Dieu. Pour moi, prier en pleine nature avec le chant des oiseaux et le silence des arbres me donne une plus grande proximité à Dieu qu'une cathédrale, ne serait-ce même la Notre-Dame à Paris. Dieu pour moi n'a rien avoir avec les affaires des hommes, c'est propre à chacun. Mon propre opium de la divinité me définie amplement, pas celle qu'on m'impose, même si je la respect.
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  • Gilles Gagnon - Abonné
    17 décembre 2011 07 h 46
    Exit la fierté
    En lisant votre chronique de ce matin, je me suis mis dans la peau d'un Québecquois venu d'ailleurs. Un émigré. Un non "de souche" pour tout dire. Et je me suis demandé quel regard j'aurais sur mes compatriotes francophones, encore une fois dits de souche. Quest-ce que je penserais d'eux. Est-ce que j'aurais du respect pour eux. Les quelques instants où je me suis transformé en "venu d'ailleurs" m'a franchement découragé. En effet, en voyant leur manière de massacrer leur langue, de la laisser mourir à petit feu dans la région de Montréal, en voyant ce qui se passe à l'Assemblé Nationale, en prenant connaissance de la corruption et de la colusion, en le voyant fouler aux pieds leurs traditions et leurs valeurs préservées de haute lutte par leurs ancêtres, franchement je n'aurais pas une bien haute opinion sur eux. Mais ce qui nourrirait le plus mon mépris envers eux, serait leur manque total de fierté pour tout ce qu'ils ont été et surtout, et surtout la passivité avec laquelle ils subissent l'humiliation constante du gouvernement fédéral dans l'indifférence la plus totale, malgré le bon travail des journalistes qui nous décrivent jour aprées jour la turpitude de ce gouvernement dont les mots me manquent pour m'exprimer sur sa conduite. Nous sommes rendus à un point où s'indigner est vu comme du radotage de vieux grincheux. Je n'ai qu'à discuter un peu de ces choses avec mes jeunes adultes de petits enfants pour constater que je suis "out" depuis longtemps. Triste à pleurer.
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  • Michele - Inscrite
    17 décembre 2011 08 h 52
    Les vieux sont en Floride
    Ilmanque quelques détails au tableau que vous brosser. Un bon nombre de vieux sont partis en Floride ou ailleurs au chaud. L'exode d'hiver prend une telle vigueur qu'on peut se demander si à Noël nous serons vraiment 8 millions.
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 décembre 2011 09 h 14
    Il est arrivé ce qui est arrivé
    Dans les familles québécoises, même en 1976, tout n'était pas toujours aussi idyllique que dans celle de madame Bombardier.
    Il y avait toujours un mal-aimé, un laissé pour compte, un mouton noir qui n'avait plus sa place, qui troublait l'unité du troupeau, de la tribu.
    On faisait simplement comme s'il n'existait plus, parti en voyage ou en exil, drogué ou alcoolique ou athée ou communiste ou divorcé ou artiste ou étranger...
    C'est peut-être celui-là maintenant qui rappelle sa présence, l'harmonie était factice, elle excluait les trouble-fête, les pas pareils.
    Elle était aveugle aussi à la propension à la prudence, à la trahison, à la lâcheté ou simplement à la divergence d'opinion, sinon le "oui" l'aurait emporté. Elle ne tenait pas compte de "tous" les aspects de notre réalité.
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  • Michel Leclaire - Abonné
    17 décembre 2011 09 h 28
    Simplicité
    La simplicité semble ne plus avoir droit de cité! Tu veux vivre au Québec? C'est possible, mais tu dois vivre comme nous. "À Rome on vit comme les Romains"
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    17 décembre 2011 09 h 47
    À travers son chapeau
    Avant de jouer à la journaliste, madame Bombardier, vous devriez vérifier vos sources. Les impressions ne suffisent pas.

    «Le premier ministre René Lévesque était adulé par une majorité de Québécois»
    Si c'était le cas, pourquoi seulement 41% des gens avaient-ils voté pour son parti ce fameux 15 novembre?

    «La langue française n'est plus la langue maternelle d'un nombre croissant de nos compatriotes.»
    Selon Statistique Canada, en 1971, 80,0% des Québécois avaient le français comme langue maternelle (en baisse depuis 1951); en 2006, c'était 79,6% (en baisse d'un sommet de 82,9 en 1986). Si vous pouvez sentir la différence, vous êtes bonne!

    En fait, je crois que ce qui vous chicote, c'est que les immigrants apprennent le français. Autrefois, la plupart d'entre eux apprenaient l'anglais et on ne les voyait pas autour de nos tables familiales à Noël. D'ailleurs, ils étaient tous Européens, donc invisibles. Est-ce donc plutôt d'une francophonie blanche et canadienne-française que vous vous ennuyez?
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  • Jacques Laurin - Abonné
    17 décembre 2011 10 h 08
    L'encerclement
    Pour avoir une idée du chemin qui vous est tracé, pour l'avenir, vous, les jeunes, donnez-vous la peine d'aller regarder cette série sur Canal Savoir : http://www.canal.qc.ca/emission.php?id=10176

    Vous m'en donnerez des nouvelles...
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  • Geoffroi - Abonné
    17 décembre 2011 11 h 12
    Quelques modifications pour votre dernier paragraphe
    « Nous sommes huit millions à Noël 2011, et que comme Québécoise avec ma pléthore de cadeaux de cette année, je suis toujours transportée de joie lorsque revienent ces fêtes de retrouvailles familiales et amicales. Et moi en mon âge ne devrait pas, à Noël, radoter devant les enfants s'amusant avec leurs cadeaux de leur temps où, à minuit, à l'heure où Jésus naissait, il tombait et tombera toujours de la neige ouatée et où ils se réjouissaient et réjouiront de leurs petits et gros cadeaux.»

    Joyeux Noël et bonne année Madame
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  • lagagnon - Abonné
    17 décembre 2011 11 h 54
    L'universel et les racines
    Ce n'est qu'en puisant à ses racines qu'on peut accéder à l'universel. De tout temps, de toute époque y compris la nôtre. Certains "modernistes", peu enracinés dans le terreau culturel du territoire, tressaillent comme des feuilles au moindre vent de mondialisation, pressés par les sirènes technologiques et l'illusoire jeunesse de la consommation. L'âge les ralentira suffisamment pour les obliger à s'ancrer dans un foyer. Quelque part. Pourquoi pas le foyer de la patrie, comme dans tous les pays normaux du monde ?
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    17 décembre 2011 12 h 00
    Les baby boomers, R.I.P.
    Je suis né en 1941 et ne fais donc pas partie de cette cohorte d'enfants gâtés, nostalgiques d'une période faste, qui n'a pourtant rien à voir avec leur mérite mais plutôt avec le "dividende démographique" (les trente glorieuses). Je m'en réjouis. Le Québec des nouvelles générations est formidable, ses jeunes décomplexés et autonomes (desenglués d'idéologies discréditées). Vive la jeunesse et les idées neuves.
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  • parlerpour - Abonné
    17 décembre 2011 12 h 59
    parlerpour
    la nostalgie est un avatar du provincialisme perdant que nous avons majoritairement CHOISI deux fois... désormais, c'est chacun pour soi...
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  • Doris Ouellet - Inscrit
    17 décembre 2011 14 h 33
    Nous sommes un peuple qui se réinvente
    IL y a un fond de Vérité certain dans votre article.
    Parfois je ressens ça. En plus, nous le peuple, on se sent bien petit face aux magouilles des politiciens, de la mafia des syndicats, des maires et autres....
    Il y a plus cependant !
    Nous sommes un peuple qui se réinvente, qui s'approfondit pour aller chercher en nous les ressources les plus extraordinaires.
    On n'arrête pas de recréer, de renforcer nos jeunes racines. Nous sommes très jeunes, comparé au français et cela même est significatif de notre capacité à réinventer la Vie, Simplement la Vie !
    Je viens de voir un aperçu de Fred Pellerin et de l'OSM et c'est ça le peuple québécois.
    De 6 à 8 millions, oui bien sûr mais, attendez, on réinvente le Père Noël ! Tout comme VITRILLOLA dans son texte, c'est pour le mieux ! Pas le choix si on n'évolue pas, c'est la régression et ça personne n'en veut, autant voir la lumière devant soi et il y en a "full" comme diraient les jeunes. Eux n'ont pas dit leurs derniers mots, car étrangement il se "brasse" en eux des choses magnifiques, c'est un jeune processus.
    Et puis il faut pas oublier Mme Bombardier que la neige qui tombe conserve tout son merveilleux si on y applique la faculté d'émerveillement.
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  • Gérard Guay - Inscrit
    17 décembre 2011 15 h 32
    @George et à "parler pour"
    Vous avez bien fait le tour Madame Bombardier.
    A George, je dirais que le devant n'est bien assuré qu'en autant que
    l'arrière a été bien édifié...
    Et à "parler pour" (ou cacher pour), je dirais qu'au moins au dernier
    "CHOIX", il y a eu VOL de démocratie. Etiez-vous là ?

    Enfin, je laisse la parole à Gilles Vigneault qui a tout
    résumé avec sa phrase lapidaire, dont lui seul a le secret :
    "UN PAYS, ÇA SE MÉRITE" ! A l'évidence, nous préférons la récréation
    et les bouffons. Et on va se faire bouffer...
    Joyeuses Fêtes !
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  • Jean Lapointe - Abonné
    17 décembre 2011 16 h 40
    Que s'est-il passé?
    Oui c'est vrai qu'« on croyait au changement, à un dépassement collectif, à la solidarité.»

    Je m'en souviens très bien. Nous étions nombreux à être dans un état euphorique.

    On voulait tout savoir sur le nouveau gouvernement et, à l'époque, je me souviens que je lisais avec avidité tout ce que LA PRESSE nous apprenait. Mais il y a longtemps que je ne lis plus ce journal.

    Mais la question qu'on devrait tous se poser c'est la suivante: que s'est-il passé pour que nous perdions confiance en l'avenir.

    Ma réponse à moi c'est que que le mouvement a été étouffé à partir du moment où les 3 colombes se sont retrouvés au gouvernement à Ottawa.

    Ce sont les Trudeau, Marchand et Pelletier qui ont commencé à nous écraser.

    Et ça n'a pas cessé depuis.

    Nous n'avons pas à nous reprocher d'avoir perdu confiance. Cela a été voulu par d'autres que nous.

    Mais je ne désespère pas pour autant. On n'a pas le choix de toute façon.

    Aussi bien mourir autrement.
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  • Denis Paquette - Abonné
    18 décembre 2011 05 h 19
    Voila
    Oui, notre identité doit être revue
    Oui, le monde a changé.
    Oui, nous sommes presque devenus le monde à nous tout seul.
    Oui, plus nous sommes nombreux plus c’est complexe.
    Oui, il y a eu de grands bouleversements
    Oui, il y a des gens qui abusent de nous
    Oui, nous ne pouvons laisser les faiseux faire ce que bon leur semble
    Oui, c’est à ce prix que le Québec demeurera intéressant
    Oui, le Québec est un très beau pays
    Oui, nous ne pouvons abandonner le Québec à tous les aventuriers qui sillonnent le monde
    Oui,nous devons etre vigilent avec tous ces entrepreneurs qui ne pensent qu'a eux
    Oui,les multinationales ne viennent pas nécessairement ici pour nos beaux yeux
    Oui, il y a des gens qui n'en ont jamais assez
    Oui, il y a des gens qui s'en foutrent de nous appauvrir en autant qu'ils s'enrichissent,
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  • Danielle D - Inscrite
    18 décembre 2011 19 h 36
    «QUITTER L'ÉGLISE POUR SAUVER SA FOI»
    Mme. Bombardier.
    J'ai quitté l'église pour sauver ma foi.(distance de protection)
    À l'époque ou l'incapacité des religieux à s'adapter à la l'évolution de notre société toute particulière d'ici a dérivé voir perverti les messages et les actes.

    Bien que les fidèles ne fréquentent plus les lieux matériels ils sont loin d'avoir abandonner l’essentiel de la foi mais se sont tout simplement mis a appliquer «humblement»au quotidien,tous ce qu'ils se sont fait tant répété en chaire de pratiquer?

    Arrivé a cette conclusion peu être s'applique t'elle à plusieurs?

    Les signes y sont à toute les fois qu'il est nommé"fond ou relent de christianisme"

    Peu être que sans le savoir dans l'agir collectif et par notre culture particulière,nous avons porter la pratique de NOTRE RELIGION à un autre niveau plus évolué et adapté à préserver et transmettre ses valeurs a nos descendants et continué de faire croitre les qualité intrinsèque qu'elle voulait qu'on applique...

    Nous n'avons qu'a mettre en parallèle l'affrontement des 2 religions structurellement incompatible dans leur application pour constater que loin d'avoir perdu la foi nous l'avons de 1 : protéger en nous éloignant des dérives et de 2 : nous la pratiquons«IN VIVO» et la protégeant d'incrustations agressive incompatibles.

    Mon fils de 21 ans ne va pas à l’église mais il agit en bon chrétien sans le savoir.Non parfaite,c'est dans le quotidien que je lui ai transmis.À mon avis plusieurs se pense athée par culpabilisation de ne pas aller a l'église=ne pas être pratiquant (depuis fin 1960)Un dénigrement repris par certains nouveaux arrivants endoctriné.

    L'enseignement reste essentiels aux débutants et repentants.
    Est il envisageable qu'ayant compris l'essence des messages,que nous ayons fait évoluer d'un niveau résiliant et supérieur de pratique par le gros bon-sens?

    QUAND C'EST COMPRIS ON AGIS.
    Pouvons-nous nous reconnaitre cette MATURITÉ DANS LA SPIRITUALITÉ?
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  • Danielle D - Inscrite
    19 décembre 2011 02 h 15
    IL EST IMPOSSIBLE QUE QUI OU QUOI QUE CE SOIT PERDE «L'ESSENCES» DE CE QU'IL «EST» MÊME EN LE DÉRACINANT AVEC RAGE
    Le sens profond des valeurs qui sont transmise de générations en générations ne le sont pas seulement par la lecture et l'écriture mais aussi par imprégnation familiale et dans toutes subtilité du vécu.

    Nos ascendance religieuses,véhicule de spiritualité,sont indélébile dans la genèse d'un peuple et trace l'orientation du sentier,de son construit vers son avenir et ce de l’inconscient collectif a la transmission identitaire.

    Rien ne peu modifier une «SOURCE» de «L'ESSENCE» de ce qui «EST INTRINSÈQUE»

    Danielle Drolet,Kébec.
    Fille et descendante de Patriote.
    12°.G.depuis1654.Métissée serré.
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    20 décembre 2011 09 h 40
    Valeurs, identité, nation....
    tous des mots que nous entendons souvent...
    mais quelqu'un a-t-il défini ce que sont nos valeurs?
    Je pense qu'au niveau des valeurs nous les partageons avec le monde entier: partage, solidarité, recherche du bonheur, famille unie, carrière réussie....
    je ne crois pas qu'il y ait des valeurs strictement québécoises. Il faudrait se croire le "nombril du monde" pour penser ainsi...
    Quant à l'identité...pas de problème.
    Quant à la nation pas de problème.
    je suis une femme canadienne. That's it.
    Je ne cherche plus. D'ailleurs c'est tellement évident.

    Ceux qui cherchent encore... sont décrochés de la réalité...
    Il n'y a pas que les homosexuels qui cherchent leur identité....certains
    "nationaleux" en font une question primordiale qui les obsède
    continuellement....
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  • ElaineJ - Abonnée
    1 janvier 2012 09 h 02
    8 millions de merci pour ce texte qui nous reflète et fait réfléchir
    Et, de facon générale, je souligne votre plume et votre verbe qui ont su maintes fois me plaire en 2011. Mention spéciale pour vos déclarations publiques dans la scandaleuse affaire DSK qui aideront j'espère au réveil féministe de nos consoeurs françaises.

    Joyeux Noël et bonne année!

    Elaine Jeannotte
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