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La réplique › mode de scrutin - La proposition du PQ nie le pluralisme politique

Paul Cliche - Montréal  15 décembre 2011  Québec

À retenir

    Le déclencheur › Pour changer la politique
    Le 7 décembre dernier, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a présenté une douzaine de propositions qui seront débattues lors du prochain conseil national de la fin janvier sur le thème «Changeons la politique». L'une d'entre elles se lit comme suit: «L'étude d'un système électoral uninominal à deux tours.» Le cahier d'animation qui sera utilisé par les militants en janvier précise: «Serait-il pertinent d'adopter un scrutin à deux tours pour l'élection des députés: un premier tour ouvert à tous les candidats et un deuxième tour, dans le cas où aucun candidat n'aurait obtenu 50 % plus un des voix exprimées, réservé aux deux candidats qui ont obtenu le plus de votes?»
Le prochain conseil national du Parti québécois, qui aura lieu à la fin de janvier 2012, sera consacré à l'étude d'une douzaine de propositions visant à changer la manière de faire de la politique.

Une d'entre elles étonne et laisse perplexe. C'est celle qui propose d'étudier la possibilité de mettre en place un mode de scrutin majoritaire à deux tours pour remplacer l'actuel système électoral majoritaire à un tour. Elle marque une rupture complète avec la position traditionnelle du PQ qui, depuis sa fondation en 1969 jusqu'à son congrès d'avril 2011, a préconisé l'instauration d'un mode de scrutin de type proportionnel. Le programme péquiste est maintenant muet à ce chapitre capital en matière de démocratie représentative.

Dès 1978, lors de la publication de son livre vert sur la réforme du mode de scrutin, le ministre Robert Burns avait en effet mis de côté le scrutin majoritaire à deux tours parce qu'il cause des distorsions dans la représentation aussi grandes que le système majoritaire à un tour hérité de l'Angleterre en 1792.

Un outil pour mesurer la proportionnalité

Il existe un outil pour mesurer le niveau de distorsions causées par un mode de scrutin. Il s'agit de «l'indice de disproportionnalité» qui permet de comparer l'effet des différents modes de scrutin à ce point de vue. C'est ainsi qu'un seul chiffre peut indiquer le degré global d'écart existant entre la proportion de votes recueillis par l'ensemble des partis en lice lors d'une élection et la proportion de sièges parlementaires qu'ils se sont alors vu attribuer par le mode de scrutin en vigueur.

Cet indice, mis au point par le politicologue américain Michael Gallagher, s'obtient en faisant la somme des écarts d'un résultat strictement proportionnel enregistrés par chacun des partis en lice lors d'une élection donnée. Le fait que ces écarts soient positifs ou négatifs n'importe pas puisque dans ce calcul, c'est leur valeur absolue qui est prise en considération.

Cet indice est révélateur puisqu'il permet de constater que le scrutin majoritaire uninominal à un tour se classe au 6e rang sur 7 sous l'aspect de la proportionnalité parmi les principales familles de modes de scrutin. Mais le dernier au classement est le scrutin majoritaire uninominal à deux tours, tel qu'appliqué en France, qu'envisage actuellement le PQ dans ses propositions pour faire de la politique autrement.

Différents systèmes

Au premier rang se trouve le scrutin de listes de type scandinave, où tous les députés sont élus à la proportionnelle. C'est un système semblable que le premier ministre René Lévesque avait proposé en 1984 en l'assortissant d'un caractère régional pour donner suite à la recommandation d'une commission d'étude mise sur pied par l'Assemblée nationale qui avait consulté la population. Malheureusement, cette proposition a été torpillée par le caucus des députés péquistes dont la plupart se sont ralliés au slogan «La souveraineté avant la démocratie».

Au deuxième rang se classe le système mixte (majoritaire-proportionnel) de type allemand avec correction complète des écarts. Au troisième rang se trouve le système mixte de type écossais à correction incomplète des écarts, mais à finalité proportionnelle. C'est un mode de scrutin de ce type que le gouvernement Charest a proposé dans un avant-projet de loi déposé en 2004, mais qu'il a enterré par la suite.

L'instauration d'une version améliorée de ce système est maintenant préconisée par Québec solidaire et par le Mouvement pour une démocratie nouvelle, qui l'ont doteé d'un caractère régional adapté au contexte québécois. Cette dernière a reçu l'appui de plus de 80 % des quelque 2000 participants à une commission parlementaire tenue en 2006 puis a été validée dans une étude du Directeur général des élections du Québec en 2007.

Au quatrième rang se trouve le vote unique transférable (VUT) à l'irlandaise. Au cinquième rang se classent les pays dotés d'un système mixte à finalité majoritaire comme la Russie et le Japon. Puis arrive le scrutin majoritaire à un tour en vigueur au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada et, en queue de liste, le système majoritaire à deux tours proposé par le PQ.

Négation du pluralisme politique


Comme l'a fait remarquer le chroniqueur du Devoir Jean-Claude Leclerc, la proposition sur la table vise l'élection d'un gouvernement majoritaire du Parti québécois au risque d'éliminer de l'Assemblée nationale les souverainistes de Québec solidaire et d'Option nationale. C'est là une négation flagrante du pluralisme politique et l'illustration de la façon dont le PQ entend procéder pour faire la souveraineté si jamais il prenait le pouvoir. Il est surprenant que le député Bernard Drainville parraine cette proposition qui entre en contradiction avec le document qu'il a publié cet été. Drôle de façon en effet de changer la politique!

Il faut tout de même reconnaître qu'un scrutin à deux tours aurait le mérite d'assurer que tous les députés seraient élus à la majorité absolue. Mais la mécanique de ce système, qui repose sur le ralliement des électeurs autour des deux principaux partis au deuxième tour, crée des distorsions encore plus grandes qu'un système à un tour.

Heureusement que la plupart des autres propositions qui seront à l'ordre du jour du prochain conseil national du PQ, notamment celles pour favoriser une gouvernance plus transparente et celle sur la décentralisation régionale, sont plus heureuses et fournissent matière à une réflexion sérieuse.

***

Paul Cliche - Montréal
 
 
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  • GLabelle - Abonné
    15 décembre 2011 01 h 26
    une autre solution
    Option nationale compte étudier la possibilité d'intégrer des éléments de proportionnalité dans le système de scrutin, ce qui garderait les avantages présents, tout en intégrant une représentativité certaine et minimale.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    15 décembre 2011 07 h 13
    Mauavis outil pou le problème
    Monsieur Cliche a raison, le système à deux tours n'est pas proportionnel, même si la distribution des votes au premier tour est la même que dans un système proportionnel. Il existe deux grandes philosophie en matière électorale. L'une vise l'élection à un poste. l'autre à la constitution d'une assemblée représentative.

    Dans le premier cas, on essaye d'élire le gagnant de Cordorcet. C'est à dire, le candidat qui aurait battu tous les autres en combat singulier. Il est impossible de garantir sont élection aucun mode de scrutin n'étanat parfait. De plus,le gagnant de Condorcet n'existe pas toujours. Le meilleur système serait le scrutin de Condorcet combiné avec la règle de Kemmeny-Young. Cependant, elle est compliquée et en pratique la règle de Borda serait plus simple. Dans les deux cas, il faut ordonner les candidats par ordre de préférence. Finalement, il y a la version beau, bon pas cher, le vote par assentiment. Dans ce cas, l'électeur peut voter pour plus d'un candidat. Un peu moins performant que les deux autres, il est très simple à mettre en application.

    Cependant, il serait mal venu d'utiliser ces méthodes pour constituer une assemblée. En effet, ces approche favorise les partis centristes. C'est bien pour un poste de président, mais moins bien pour une assemblée qui est censée représenter la diversité des opinions. Dans ce cas, les système proportionnel sont adaptés. La difficulté ici est dans la représentation territoriale. La solution adoptée un peu partout est la proportionnelle régionale, mais elle est impossible à mettre en place au Québec car on a pas asses de députés. Il existe des solution alternatives comme le scrutin majoritaire équitable ou la biproportionnelle. Il reste cependant à étudier dans le cas du Québec. Il ne me reste plus qu'à faire la demande de subvention.
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  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit
    15 décembre 2011 07 h 16
    Cela se fait en France
    Et on appelle cela faire de la politique autrement. Pas fort les penseurs péquistes!
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  • Jean Lapointe - Abonné
    15 décembre 2011 08 h 22
    Pourquoi un mode de scrutin proportionnel?

    Il y a des gens qui tiennent à tout prix à ce que soit mis en place le plus tôt possible un mode de scrutin proportionnel?

    Pourquoi y tiennent-ils à ce point?

    C'est sans doute parce qu'ils trouvent qu'il serait plus juste que les principaux courants de pensée soient représentés au sein de notre Assemblée nationale.

    Mais n' y a-t-il pas une injustice encore plus grande qui existe? N'est-il pas encore plus injuste que nous les Québécois ne puissions pas nous gouverner nous-mêmes dans tous les domaines parce que nous avons été intégrés de force dans la fédération canadienne, ce sur quoi nous ne nous sommes jamais prononcés.

    Notre priorité à tous ne devrait-elle pas être de travailler à nous sortir de là et à conquérir notre peline souveraineté?

    Une fois le Québec indépendant, il sera toujours possible de chercher des moyens de le rendre plus démocratique.

    Chaque chose en son temps.

    C'est que je crains que si nous rendions le Québec plus démocratique dès maintenant, il devienne encore plus difficile de sortir de la fédération canadienne.

    Si René Lévesque tenait tant à instaurer un système proportionnel, c'est peut-être parce qu'il a cru un certain temps que la souveraineté du Québec se ferait assez facilement et assez rapidement.

    S'il était là de nos jours, je ne suis pas sûr s'il tiendrait encore autant à cette réforme. Il y verrait peut-être aussi un grave danger, soit celui d'alourdir la tâche.

    C'est qu'il est sûrement plus difficile de rallier une majorité de députés autour d' une décision à prendre lorsque trop de points de vue sont pris en considération.
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  • Stephane Lessard - Abonné
    15 décembre 2011 08 h 50
    De la pure partisannerie
    Encore une fois les péquistes font la preuve que leurs intérêts électoralistes passent avant la démocratie. Leur proposition ne vise qu'à éviter leur disparition et à créer un écran de fumée pour faire oublier qu'ils doivent leur statut d'Opposition officielle à un mode de scrutin dépassé. Ont-ils oublié qu'ils ont déjà obtenu 30% des votes en ne faisant élire qu'une poignée de députés?
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  • Nimporte quoi - Inscrit
    15 décembre 2011 09 h 20
    Donner du pouvoir politique au peuple, le député-lobbyiste ne suffit plus!
    Il me semble que le PQ regarde 12 solutions! Ok, la proposition « uninominal à deux tours » ne tient peut être pas la route. Merci pour l'intervention, très intéressante. Mais qu'est-ce que vous auriez dit ce matin si le PQ n'avait pas inclus cette stupide solution qui dirige la France?

    Le PQ remonte ses manches et travaille au moins! (il y a aussi le parti des sans parti en passant...)

    Quant à vous messieurs, qu'avez vous a proposé de nouveau? On est pas loin des billes et de l’amphore athénienne! Et atrocement en manque de Périclès!

    Rien de nouveau!

    Or la participation citoyenne, le Web, le « per to per » etc? C'est sûr qu'avec des « open source » la perte de notre expertise informatique rend la chose plutôt risquée entre les mains de Google! Mais tout de même, ces outils qui révolutionnent la communication devraient aussi faire de même avec notre mode de scrutin et surtout la représentation citoyenne qui va bien au delà des 100 jours d'élections!

    Citoyen, c'est le mot clé. Mais voilà que le lien étroit et direct entre la population et le gouvernement ne cesse d'augmenter tout comme le cynisme et le désintéressement général. Pour une question de représentation? Ou parce que peu importe le système, les acteurs y improvisent un spectacle de copinage?

    La population ne participe pas! Il faut l'intégrer à l'appareil politique. Pas avec des promesses d'acteur! Avec du pouvoir! Donnez du pouvoir aux citoyens et il participeront!

    On s'est fait un système pour se protéger de nous même. C'est très brillant, reste à protéger la politique d'elle même!

    On a donc du travail en batince à faire. Des centaines de micro-pouvoir au service d'un gouvernement « virtuel » (tant qu'à faire).

    Enfin, toutes ces solutions s'avèrent vaine si elles n'intègrent pas le web et son aspect asynchro. Ce web qui libèrent enfin notre civilisation de son carcan linéaire qui la dirige et l'oriente depuis Gutenberg!

    Merci
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  • Nimporte quoi - Inscrit
    15 décembre 2011 09 h 31
    @Jean Lapointe
    Effectivement, on ne fait pas un pays sans en bousculer un autre. Faut être réaliste, malgré tout, la civilisation moderne n'est pas loin des empires classiques!

    Et souvenons-nous que ce n'est pas un petit vote candide qui nous a soumis à ce système politique. C'est la victoire du plus fort, aussi démocratique que la guerre peut l'être!
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  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    15 décembre 2011 09 h 50
    discerner mode de scrutin et mode de représentation
    Il faut discerner mode de scrutin, façon dont on mesure l'appui des différents postulants, à mode de représentation, qui réfère plus au rôle du député et de la conception de qui il ou elle représente (est-ce que le député représente un parti politique comme dans la proportionnelle ou représente-t-il tous les gens d'une zone géographique).

    Au niveau du mode de représentation, je suis pour la représentation directe (comme en Suisse), que les citoyens votent les lois, plutot qu'une représentation partiale, qu'un député représentant un parti politique vote en fonction de ses propres intérêts.

    J'appuie le mode de scrutin, comme dans manière de voter, à deux tours si le premier tour est plurinominal (un citoyen peut appuyer autant de candidats qu'il le souhaite ; je crois que c'est ce que Yvan Dutil nomme "par assentiment" dans son commentaire).

    Cette façon de mesurer l'appui de tel ou tel candidat mesurerait son approbation personnelle (non comparée) par les commettants : par exemple, le candidat A est appuyé par 85% des votants, le candidat B est appuyé par 60% des votants, le candidat C est appuyé par 75% des votants : les candidats A et C se rencontreraient au 2e tour et la on voterait pour un ou l'autre. De plus, si quelqu'un décide de n'appuyer aucun candidat, ce vote sera aussi entendu et comptabilisé.

    Ce mode de scrutin convient parfaitement à une conception de député "animateur de la vie politique locale et garant du processus participatif" et moins à un député "représentant d'un parti politique en assemblée".

    Guillaume Blouin-Beaudoin
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  • Mercedez Roberge Mouvement démocratie Nouvelle - Abonné
    15 décembre 2011 11 h 13
    Le PQ fait preuve de mollesse en se contentant de l’ajout d’un deuxième tour au mode de scrutin majoritaire actuel
    Un mode majoritaire à 2 tours ne permettraient pas le respect proportionnel des votes, ni le respect du pluralisme politique présent dans la société.
    Pour se justifier, le document du PQ soutient que le cadre fédéral actuel empêcherait le Québec de modifier son mode de scrutin, ce qui est faux, plusieurs personnalités souverainistes en conviennent.
    En plus du Québec, 4 provinces ont mené divers processus de consultation, parlementaires et référendaires, sans jamais être bloqués par le cadre fédéral. De plus, la réforme du mode de scrutin a aussi été examinée par plusieurs comités et commissions royales, sans jamais invoquer le risque d’un problème constitutionnel. En 2004, la Commission du Droit du Canada a même proposé un modèle mixte compensatoire pour le Canada.
    Le PQ fait un pari très risqué, car les majorités dont il rêve sont des leurres. Comment le PQ pense-t-il faire la gagner un référendum sur la souveraineté s’il n’a été élu que par 35%-40% de l’électorat? Un gouvernement de coalition lui rendrait énormément plus service qu’une fausse majorité, tant avant, pendant et après une campagne référendaire sur la souveraineté.
    Le mode de scrutin actuel doit être remplacé, que le Québec demeure ou non dans le Canada, et il doit l’être par un système à finalité proportionnelle, ce que le mode de scrutin mixte compensatoire permet de faire, tout en maintenant une partie de la représentation sur la base des circonscriptions. Ce mode de scrutin mixte est celui qui a été le plus étudié au Québec et qui a le plus de chance d’être mis en place. Comment le PQ expliquera-t-il qu’il n’écoutera pas les milliers de personnes et d’organisations qui sont intervenus, lors de consultations et d’actions, de la Commission initiée par René Lévesque jusqu’à la campagne Solution démocratique du MDN, qui illustre la force du consensus par l’ampleur du soutien qu’elle recueille déjà www.democrat
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    15 décembre 2011 11 h 20
    Le deuxième tour n'est pas nécessaire.
    @Guillaume "J'appuie le mode de scrutin, comme dans manière de voter, à deux tours si le premier tour est plurinominal (un citoyen peut appuyer autant de candidats qu'il le souhaite ; je crois que c'est ce que Yvan Dutil nomme "par assentiment" dans son commentaire)." ... les candidats A et C se rencontreraient au 2e tour et la on voterait pour un ou l'autre.

    Dans le cas du vote par assentiment, il n'est pas nécessaire de faire un deuxième tour qui ne changerait quasiment rien aux résultats. Le gagnant étant généralement le gagnant de Condorcet.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    15 décembre 2011 11 h 24
    L'indépenance et la proportionnelle ne s'affronte pas bien au contraire
    @Jean Lapointe.

    Le PQ s'oppose à la proportionnelle car elle ne lui permettrait pas de prendre le contrôle du gouvernement avec 40% des voix. Je m'excuse c'est de ma faute si les péquistes ont pris cette position. Le problème c'est qu'en agissant de la sorte, ils se sont peinturé dans le coin. Le vote souverainiste étant fragmenté, ils risquent maintenant de ne plus prendre le pouvoir du tout. Dans ces circonstances, un système proportionnel combiné avec une coalition électorale leur permettrait d'obtenir leur gouvernement majoritaire.

    Bref, le PQ paye pour son arrogance.
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  • Jacques Patenaude - Abonné
    15 décembre 2011 11 h 38
    Une option à ne pas rejetter du revers de la main (1)
    On présente presqu'invariablement le mode de scrutin proportionnel comme étant la voie royale de la démocratie parce qu'il représente mieux la diversité de l'opinion des électeurs. Dans notre société il est bien évident que les groupes sociaux et leurs intérêts sont de plus en plus segmentés. Si on ne tiens compte que de ce facteur dans le fonctionnement d'une démocratie on peut facilement convenir que ce mode de fonctionnment est idéal. Mais à mon sens c'est trahir la démocratie de ne tenir compte de ce facteur. En effet la démocratie a pour but ultime de faire converger des opinoins diversifiés pour dégager des choix majoritaires au sein d'une collectivité qui veut s'auto-gouverner. Son but n'est pas de représenter l'opinion et les intérêts d'une multitude de groupes aux intérêts qu'il n'est pas utile de faire converger. Offrir un espace public aux points de vue les plus divers est un avantage important en démocratie. Mais lorsque il s'agit de concilier ces points de vue pour dégager des majorités et offrir un choix clair aux électeurs, la proportionnelle a souvent échouée lamantablement. La multiplication de micro-parti y représentant des intérêts très pointus peuvent amener un gouvernement à devoir brader des choix fondamentaux pour l'avenir de la collectivité contre des privilèges pour des groupes très particulier. Le plus bel exemple de cela est Israel où on a instauré la proportionnelle pure.
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  • Jacques Patenaude - Abonné
    15 décembre 2011 11 h 40
    Une option à ne pas rejetter du revers de la main (2)
    «l'indice de disproportionnalité» qui nous est présenté ne prend en compte que l'aspect représentation des points de vue divergent. Mais il ne nous dit rien sur la capacité de concilier les intérêts et surtout sur la capacité des citoyens de se prononcer sur cette conciliation. C'est sans doute la plus grande faiblesse des systèmes proportionnels. Car une fois que le vote a été comptabilisé les choix, les compromis politique et la vision globale qu'entend prendre le gouvernement échappe aux électeurs. Alors que le but véritable de la démocratie est là. Dans ce sens si on a tenu compte exclusivement de l'expression de la diversité des points de vue on trahit une véritable démocratie. Si le système uninomal à un tour se classe très mal du point de vue de la représentation dau parlement, il se classe plutôt bien sur la question de la conciliation des intérêts et sur la possibilité pour les électeurs de se prononcer sur un programme clair de gouvernement. En effet si ce mode scrutin réduit beaucoup trop la capacité de représentation d'intérêt divergents au parlement, il oblige les partis à définir des programmes complet présentant aux électeurs une vision claire de ce qu'ils entendent faire. Ce qui n'est pas négligable en démocratie. Si on regarde maintenant le scrutin nominal à deux tours il présente à mon sens une conciliation intéressante entre la possibilité de voir des points de vue multiples s'exprimer lors d'un premier tour tout en assurant que les citoyens pourront se prononcer sur la coalition qui se dessinera au deuxième tour. Je crois qu'il ne faut pas rejeter du revers de la main cette option. Au PQ de s'expliquer mais l'idée est intéressante.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    15 décembre 2011 12 h 33
    La réalité existe monsieur Patenaude.
    Il n'y a pas de différence fondamentale entre la conciliation qu'il doit y avoir entre les intérêts politiques divergeant dans les système proportionnel et celles qui ont cours dans un scrutin uninominal. Le frais problème est que le système uninominal ne fonctionne bien que s'il y a deux partis. Dès que le nombre de partis augmente, les résultats sont de plus en plus aléatoires et de plus en plus loin de l'idéal de concertation qui est la base de la démocratie.
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  • René Pigeon - Abonné
    16 décembre 2011 11 h 44
    La proportionnalité du mode de scrutin est son degré de partisannerie.
    L'indice de dis-proportionnalité» suppose que la proportionnalité de la représentation des partis est le bon critère pour juger de la qualité les modes de scrutin. Cet indice de dis-proportionnalité est en fait un indice de non-partisannerie ; inversement, l’indice de proportionnalité est un indice de partisannerie du mode de scrutin.
    L’intérêt des modes à votes multiples comme l’uninominal à 2 tours et le vote unique transférable – 4e rang de l’indice de non-partisannerie – est qu’ils donnent plus de pouvoir aux électeurs pour choisir les candidats qu’ils veulent et rejeter ceux qu’ils jugent indésirables ou dangereux, ce qui est plus important que de choisir un ou des partis. Choisir un parti et son programme comporte de dangereuses illusions : les partis ne peuvent pas s’engager fermement envers un programme qu’ils devront modifier ; car une fois élu, le parti au pouvoir doit s’ajuster aux circonstances que l’électorat n’a pas voulu voir bien en face. Choisir les candidats donne priorité au choix des personnes plutôt qu’au choix du programme et de la machine d’un parti qui choisit à la place des électeurs les personnes qui exerceront le pouvoir.
    Le « vote unique transférable » signifie que l’électeur dépose un seul bulletin de vote mais que son « vote unique » exprime sa préférence pour plusieurs candidats. En exprimant un vote transférable dans un ordre décroissant, allant du candidat préféré jusqu’aux candidats indésirables, l’électeur évite que son premier choix fasse élire les indésirables, ce qui devient catastrophique comme on le vit avec le PC fédéral.
    Le VUT est pratiqué en Irlande. Il a été retenu par 55 % des Britano-Colombiens ; il aurait été adopté si le gouvernement Campbell n’eut pas exigé que le vote excède 60 %. Une révolution démocratique nous a échappée dans la mesure où l’expérience de la C-B aurait pu être suivie et imitée par des autres provi
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    16 décembre 2011 12 h 23
    Le problème du vote tranférable
    Les systèmes de vote transférables comme le système de vote à n-tour souffre d'un défaut de non-monotonicité. L'ordre final des candidat ne représente pas nécessairement leur niveau d'appui. Si on veut nécessairement mettre en ordre les candidats, la méthode de Borda est meilleure, mais elle favorise les partis centristes. De plus, les variantes proportionnelle du scrutin transférable demande un scrutin régional, ce qui est inacceptable dans les régions du Canada.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    16 décembre 2011 12 h 25
    Choisir les candidats
    Incidemment, le vote majoritaire équitable permet, dans une certaines mesure, d'éliminer les candidats indésirables.
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  • Hullois - Abonné
    18 décembre 2011 01 h 59
    « La souveraineté d'abord, la démocratie ensuite »
    Avec des discours et une logique pareil, faut pas être surpris que les immigrants votent majoritairement pour les libéraux!

    Si on veut s'assurer qu'on ne se fait pas voler notre pays dès qu'on le crée, il faut s'assurer d'avoir des bases démocratiques solides avant même de se séparer. Sinon on risque fort bien de prendre nos droits du Canada et de les données aux multinationales chinoises et américaines.
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