«L'ADQ fusionne avec un sondage»
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Maître de l’autodérision, Jean Charest a accueilli, hier, Le Devoir à ses bureaux de Montréal, où trône son personnage tel qu’il figure à l’émission Laflaque. Le premier ministre n’a toutefois pas manqué de critiquer sans ménagement son adversaire François Legault.
Jean Charest juge que la Coalition avenir Québec de François Legault est un phénomène éphémère qui sombrera dans la confusion à la suite de son alliance avec les adéquistes.
«Dans le fond, l'ADQ fusionne avec un sondage. Le problème, c'est que les sondages, c'est éphémère. Un sondage, ce n'est pas un programme politique. Un sondage, ce n'est pas une vision de l'avenir», a affirmé Jean Charest au cours d'une entrevue qu'il a accordée, hier, au Devoir. À son bureau de Montréal, le premier ministre a donné des entrevues de fin d'année à quelques médias.
«Ce qui s'annonce va être assez intéressant parce que ça va être la confusion à la CAQ. L'ADQ est en voie de renier tout ce qu'elle a défendu, tout ce qu'elle représente. Ce n'est pas rien», a fait valoir le chef libéral.
En 2007, Jean Charest avait réussi à «définir» l'ADQ qui formait l'opposition officielle, associant son chef, Mario Dumont, à une «girouette» et à un irresponsable qui préférait solliciter des fonds auprès de la communauté juive de Montréal plutôt que négocier avec le gouvernement un compromis sur le budget. Aujourd'hui, le premier ministre décrit François Legault comme quelqu'un qui, de son propre aveu, cherche la chicane et qui est «dans le démantèlement»: celui d'une partie d'Hydro-Québec — la CAQ propose d'abolir 4000 postes à la société d'État — et celui des commissions scolaires. «Je ne vois pas là-dedans une vision très constructive de l'avenir du Québec. Moi, je crois beaucoup aux Québécois. Ce qu'on a réussi au Québec, c'est quand même exceptionnel. Dans la période de crise, on s'en tire très bien», a-t-il réitéré.
Jean Charest est évidemment loin de penser que François Legault puisse avoir de meilleures relations que lui avec Stephen Harper, comme le chef de la CAQ l'a affirmé. «Toute sa vie a été le contraire de ça. Et là, il va, lui, du jour au lendemain, être celui qui s'entend?» a lancé le premier ministre. «Il est souverainiste, il va rester souverainiste et, dans ses relations avec Ottawa, évidemment, ç'a un impact.» Jean Charest s'est félicité des ententes majeures que son gouvernement a signées avec le gouvernement Harper en 2011 portant sur le gisement Old Harry et sur l'harmonisation de la taxe de vente du Québec (TVQ) avec la taxe fédérale sur les produits et services (TPS).
En 2012, les provinces devront négocier une nouvelle entente sur les transferts fédéraux pour la santé, a-t-il signalé. Il se méfie quelque peu du fédéral qui s'est engagé à maintenir des hausses des transferts en santé sans mentionner, toutefois, les autres transferts sociaux. «J'ai vu ce film plusieurs fois», a-t-il souligné. «Le fédéral, dans une bonne mesure, c'est un holding. Les gouvernements qui font fonctionner le pays, c'est les gouvernements provinciaux: la santé, l'éducation, les transports.»
2012, «année économique»
Jean Charest répète que 2012 sera une «année économique» et que «l'économie va être notre enjeu à nous». Mais, en cette période préélectorale, miser uniquement sur son bilan — c'est ce que les libéraux avaient fait pour la campagne électorale de 2007 et ils ont dû se contenter d'un gouvernement minoritaire — n'est pas suffisant, a reconnu le chef libéral. «Quand on fait une campagne électorale, on parle d'avenir. On parle de projets», a-t-il poursuivi. «On a un projet qui s'appelle le Plan Nord, nous, qui est mobilisateur, qui fait rêver, qui donne au Québec une place nouvelle, qui attire les regards sur nous.»
Le Plan Nord, c'est une façon pour le Québec de prendre part à l'économie des pays asiatiques, de la Chine, notamment, qui a d'énormes besoins en ressources naturelles. «Ça s'inscrit dans une mutation de notre économie qui fait en sorte que l'économie de la terre se déplace davantage vers l'Asie», a expliqué le premier ministre. «Le Plan Nord, ce que ça dit, c'est que nous, on réfléchit sur la place que nous avons, nous. Nous sommes capables de tenir compte de ces changements-là et de se donner un projet qui nous inscrit dans cette économie-là.»
«C'est un projet qui vient transformer la société québécoise», a-t-il avancé. Aux détracteurs qui soutiennent que le Plan Nord ne fait que consacrer la vente des ressources naturelles du Québec à des multinationales étrangères, Jean Charest réplique que tout grand projet suscite de l'opposition. «Les péquistes étaient contre la Baie James», a-t-il rappelé.
2012, c'est également l'année du dénouement des négociations sur l'Accord économique et commercial global Canada-Europe (AECG), une idée lancée par Jean Charest. Le premier ministre ne partage pas les appréhensions des parlementaires qui n'ont pas été rassurés par le témoignage livré par le négociateur du Québec, Pierre Marc Johnson. Pour Jean Charest, le Québec a tout avantage à ouvrir ses marchés publics aux Européens, y compris les appels d'offres d'Hydro-Québec, en échange de la réciprocité. «On est 8 millions; en Europe, ils sont 500 millions. Déjà, l'équation nous est favorable, comme ç'a été le cas avec le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique parce qu'on était le partenaire avec la plus petite population.»
Mais entre le Québec et l'Europe, il y a beaucoup plus que le commerce; il y a des valeurs communes, à ses yeux. «Le Québec est la société la plus europhile des sociétés en Amérique du Nord», a fait remarquer le premier ministre. «Le projet européen, c'est celui qui met en lumière ce que nous sommes, dans notre âme, notre culture, qui nous donne une vision beaucoup plus large du monde.» Jean Charest s'est donné en exemple. Il s'est dit «accro» des journaux: la fin de semaine, il dévore le Financial Times, le Wall Street Journal, le New York Times, Le Monde, Le Figaro en plus du Devoir et du Globe and Mail. «Dans quelle autre place dans le monde, une personne peut s'asseoir le samedi et s'offrir ce panorama?» s'est exclamé Jean Charest.
«Dans le fond, l'ADQ fusionne avec un sondage. Le problème, c'est que les sondages, c'est éphémère. Un sondage, ce n'est pas un programme politique. Un sondage, ce n'est pas une vision de l'avenir», a affirmé Jean Charest au cours d'une entrevue qu'il a accordée, hier, au Devoir. À son bureau de Montréal, le premier ministre a donné des entrevues de fin d'année à quelques médias.
«Ce qui s'annonce va être assez intéressant parce que ça va être la confusion à la CAQ. L'ADQ est en voie de renier tout ce qu'elle a défendu, tout ce qu'elle représente. Ce n'est pas rien», a fait valoir le chef libéral.
En 2007, Jean Charest avait réussi à «définir» l'ADQ qui formait l'opposition officielle, associant son chef, Mario Dumont, à une «girouette» et à un irresponsable qui préférait solliciter des fonds auprès de la communauté juive de Montréal plutôt que négocier avec le gouvernement un compromis sur le budget. Aujourd'hui, le premier ministre décrit François Legault comme quelqu'un qui, de son propre aveu, cherche la chicane et qui est «dans le démantèlement»: celui d'une partie d'Hydro-Québec — la CAQ propose d'abolir 4000 postes à la société d'État — et celui des commissions scolaires. «Je ne vois pas là-dedans une vision très constructive de l'avenir du Québec. Moi, je crois beaucoup aux Québécois. Ce qu'on a réussi au Québec, c'est quand même exceptionnel. Dans la période de crise, on s'en tire très bien», a-t-il réitéré.
Jean Charest est évidemment loin de penser que François Legault puisse avoir de meilleures relations que lui avec Stephen Harper, comme le chef de la CAQ l'a affirmé. «Toute sa vie a été le contraire de ça. Et là, il va, lui, du jour au lendemain, être celui qui s'entend?» a lancé le premier ministre. «Il est souverainiste, il va rester souverainiste et, dans ses relations avec Ottawa, évidemment, ç'a un impact.» Jean Charest s'est félicité des ententes majeures que son gouvernement a signées avec le gouvernement Harper en 2011 portant sur le gisement Old Harry et sur l'harmonisation de la taxe de vente du Québec (TVQ) avec la taxe fédérale sur les produits et services (TPS).
En 2012, les provinces devront négocier une nouvelle entente sur les transferts fédéraux pour la santé, a-t-il signalé. Il se méfie quelque peu du fédéral qui s'est engagé à maintenir des hausses des transferts en santé sans mentionner, toutefois, les autres transferts sociaux. «J'ai vu ce film plusieurs fois», a-t-il souligné. «Le fédéral, dans une bonne mesure, c'est un holding. Les gouvernements qui font fonctionner le pays, c'est les gouvernements provinciaux: la santé, l'éducation, les transports.»
2012, «année économique»
Jean Charest répète que 2012 sera une «année économique» et que «l'économie va être notre enjeu à nous». Mais, en cette période préélectorale, miser uniquement sur son bilan — c'est ce que les libéraux avaient fait pour la campagne électorale de 2007 et ils ont dû se contenter d'un gouvernement minoritaire — n'est pas suffisant, a reconnu le chef libéral. «Quand on fait une campagne électorale, on parle d'avenir. On parle de projets», a-t-il poursuivi. «On a un projet qui s'appelle le Plan Nord, nous, qui est mobilisateur, qui fait rêver, qui donne au Québec une place nouvelle, qui attire les regards sur nous.»
Le Plan Nord, c'est une façon pour le Québec de prendre part à l'économie des pays asiatiques, de la Chine, notamment, qui a d'énormes besoins en ressources naturelles. «Ça s'inscrit dans une mutation de notre économie qui fait en sorte que l'économie de la terre se déplace davantage vers l'Asie», a expliqué le premier ministre. «Le Plan Nord, ce que ça dit, c'est que nous, on réfléchit sur la place que nous avons, nous. Nous sommes capables de tenir compte de ces changements-là et de se donner un projet qui nous inscrit dans cette économie-là.»
«C'est un projet qui vient transformer la société québécoise», a-t-il avancé. Aux détracteurs qui soutiennent que le Plan Nord ne fait que consacrer la vente des ressources naturelles du Québec à des multinationales étrangères, Jean Charest réplique que tout grand projet suscite de l'opposition. «Les péquistes étaient contre la Baie James», a-t-il rappelé.
2012, c'est également l'année du dénouement des négociations sur l'Accord économique et commercial global Canada-Europe (AECG), une idée lancée par Jean Charest. Le premier ministre ne partage pas les appréhensions des parlementaires qui n'ont pas été rassurés par le témoignage livré par le négociateur du Québec, Pierre Marc Johnson. Pour Jean Charest, le Québec a tout avantage à ouvrir ses marchés publics aux Européens, y compris les appels d'offres d'Hydro-Québec, en échange de la réciprocité. «On est 8 millions; en Europe, ils sont 500 millions. Déjà, l'équation nous est favorable, comme ç'a été le cas avec le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique parce qu'on était le partenaire avec la plus petite population.»
Mais entre le Québec et l'Europe, il y a beaucoup plus que le commerce; il y a des valeurs communes, à ses yeux. «Le Québec est la société la plus europhile des sociétés en Amérique du Nord», a fait remarquer le premier ministre. «Le projet européen, c'est celui qui met en lumière ce que nous sommes, dans notre âme, notre culture, qui nous donne une vision beaucoup plus large du monde.» Jean Charest s'est donné en exemple. Il s'est dit «accro» des journaux: la fin de semaine, il dévore le Financial Times, le Wall Street Journal, le New York Times, Le Monde, Le Figaro en plus du Devoir et du Globe and Mail. «Dans quelle autre place dans le monde, une personne peut s'asseoir le samedi et s'offrir ce panorama?» s'est exclamé Jean Charest.
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