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Politique et démocratie - Quand le remède pourrait tuer le patient

Joseph Yvon Thériault - Professeur au Département de sociologie de l'UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie  10 décembre 2011  Québec
Louise Beaudoin et Pierre Curzi: «Faire de la politique autrement.»<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Louise Beaudoin et Pierre Curzi: «Faire de la politique autrement.»
«Faire de la politique autrement.» C'était le souhait de Louise Beaudoin au moment d'expliquer sa démission du caucus du Parti québécois. C'est aussi l'objectif que se sont donné les députés Bernard Drainville et Sylvain Pagé dans des propositions présentées aux instances de leur parti. Toutes ces propositions vont étonnamment dans le même sens: revaloriser la parole citoyenne, réformer les institutions démocratiques, limiter le pouvoir des élus.

Comme si «faire de la politique autrement» exigeait de modifier le contenant plutôt que le contenu. On pourrait peut-être expliquer cet engouement par la crise du souverainisme. Dans les dernières années, plus le projet souverainiste s'est étiolé, plus les souverainistes ont délaissé la substance pour la forme: la nation civique, les questions éthiques et maintenant la réforme démocratique.

S'il y a là une part d'explication, elle est cependant insuffisante. En effet, l'intérêt pour la transformation des institutions de la démocratie représentative dépasse largement la mouvance souverainiste. Un tel intérêt est à l'ordre du jour de tous les mouvements altermondialistes des trente dernières années; la jeunesse est séduite et la gauche radicale la porte.

La démocratie contre la politique

Pour bien comprendre cette nouvelle passion, distinguons d'abord politique et démocratie. La politique est l'activité par laquelle les hommes et les femmes, à travers la diversité des intérêts, des opinions et des passions qui les opposent, s'organisent pour ordonnancer la société. La démocratie veut que ce travail de la société sur elle-même soit l'oeuvre d'un «gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple». Autrement dit, la politique est le travail d'organisation du pouvoir, la démocratie, l'idée que ce pouvoir appartient au peuple.

Les démocraties modernes veulent lier politique et démocratie, mais cela ne va pas de soi. Jusqu'aux grandes révolutions modernes, il était convenu que la démocratie empêchait l'activité de gouvernement. La trop grande multiplicité des intérêts, l'ignorance des masses qui fonctionneraient à la passion davantage qu'à la raison, tout cela rendait la démocratie incompatible avec la politique.

Pour que politique et démocratie se rencontrent, il a fallu rompre avec l'idée d'une démocratie exercée directement. Impolitique, cette dernière se révèle impuissante. Pour la rendre opérante, il a fallu inventer la représentation, créer un ensemble de médiations et d'institutions (représentants, partis politiques, Parlements, etc.) par lesquelles la volonté populaire se transforme en gouvernement. Ces médiations sont le moment politique de la démocratie. Rappelons-en quelques-unes, que l'on remet aujourd'hui en question, pour rappeler leur caractère politique.

Des médiations nécessaires

- Les partis politiques. Ils opèrent comme des réducteurs et des agrégateurs de pluralité. Ils rendent lisible le choix des électeurs. Que serait une élection si nous n'avions pas devant nous des options qui présupposent le choix des électeurs? Elle se réduirait à la popularité, l'authenticité, la probité du candidat. Les grandes distinctions gauche/droite, souverainisme/fédéralisme, ou d'autres encore, sont des balises par lesquelles les choix politiques sont rendus lisibles.

- La représentation. L'élu représente les intérêts de ses électeurs immédiats, les intérêts de son parti politique, les intérêts «politiques» de la nation. Aucune de ces fonctions n'est figée dans le temps. Pour qu'il y ait politique, il faut que le représentant ait la liberté de s'ajuster à la conjoncture politique, de modifier ses opinions, d'interpréter en notre nom l'intérêt politique du moment. La politique exige donc que nous acceptions, pour un temps, de déléguer notre autonomie.

- La stabilité politique. Pour que l'art de gouverner fasse bon ménage avec la volatilité des opinions, la démocratie politique moderne a introduit des balises donnant temporairement le pouvoir à une majorité. Les régimes parlementaires de type britannique sont certainement ceux qui vont le plus loin dans cette prime aux vainqueurs.

On peut souhaiter diminuer cette prime en dissociant l'exécutif et le législatif. Ou encore en modifiant le système électoral pour augmenter le pluralisme et forcer des coalitions. Ce qui peut être souhaitable. Mais soyons conscients que de telles modifications conduisent à un affaiblissement de la capacité d'agir des gouvernements. Par exemple, le Parti québécois, élu avec 41 % des votes en 1976, n'aurait jamais pu réaliser son référendum s'il avait été opposé à un chef de gouvernement de type présidentiel, fort probablement fédéraliste, et contraint de gouverner en coalition avec l'Union nationale.

Les coalitions élargissent les assises du pouvoir tout en rendant moins lisibles les affrontements politiques. Quand elles maintiennent les grandes divisions politiques, cela se fait souvent en transférant la «prime» aux petits partis radicaux, comme en Israël. Elles ont aussi l'effet paradoxal de donner aux élites des partis le pouvoir ultime de définir le programme de gouvernement.

L'impolitique

L'engouement actuel pour la forme au détriment du contenu privilégie donc la démocratie au détriment du politique. En effet, l'essentiel des propositions pour un renouveau de la démocratie part d'une volonté de donner le pouvoir aux citoyens et d'en enlever aux institutions représentatives.

Il y a une culture de méfiance envers la politique. Ainsi en est-il des référendums d'initiatives populaires, où même la question de la souveraineté devrait être soutirée de la responsabilité des élus et transférée à un pouvoir citoyen. Si les partis constitués en Parlement ne sont plus les instigateurs de tels processus, qui en seront les principaux acteurs? Le rappel des députés, les comités de surveillance des débats parlementaires, l'élection du premier ministre séparément de la chambre des députés, la multiplication des agences de contrôle, des commissions d'enquête, etc., visent tous à enlever du pouvoir aux élus. Ce sont des propositions antipolitiques.

Ce qui vient de se passer en Grèce et en Italie, où ce sont des technocrates élevés dans le giron de Goldman Sachs qui ont pris en charge les affaires de l'État, est révélateur à cet égard. Le nouveau premier ministre italien, Mario Monti, déclarait même que «l'absence de représentants des partis facilitera plutôt l'action gouvernementale». Comme si la politique était un obstacle à l'exercice de la démocratie.

On ne voit nulle proposition pour amener les partis politiques à être de véritables lieux de débats qui se répercuteraient dans le forum citoyen qu'est l'Assemblée nationale. On assiste plutôt à une attaque en règle contre la partisanerie. Sylvain Pagé, le député qui n'applaudit pas, propose d'asseoir les députés en ordre alphabétique pour rendre invisible leur adhésion partisane. Et avec le vote libre des députés — ce qui a toujours été permis, mais de grâce n'en faisons pas une règle —, l'illisibilité du politique s'accentuerait.

Le populisme

Cette peur du politique était historiquement associée à la droite. Aujourd'hui, cette méfiance s'est campée à gauche. C'est au nom de la capacité du citoyen à se gouverner lui-même que les institutions de la démocratie représentative sont perçues comme usurpatrices du pouvoir citoyen. La démocratie s'impose contre la politique, au risque de rendre inopérante l'idée du gouvernement des hommes. Un nouveau populisme naît.

Il y a lieu de reprendre ce vieil adage populaire: «Le remède pourrait tuer le patient.» En effet, «faire de la politique autrement» pourrait bien signifier tuer la politique comme opérateur du pouvoir. C'est ce qui est arrivé à Louise Beaudoin et Pierre Curzi qui, en voulant «faire de la politique autrement», se sont plutôt éjectés d'une prise réelle sur la politique.

***

Ce texte est une version abrégée d'une présentation faite au Collectif pour le renouvellement de la social-démocratie.

***

Joseph Yvon Thériault - Professeur au Département de sociologie de l'UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie
 
 
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  • Carl Grenier
    Inscrit
    samedi 10 décembre 2011 05h44
    De l'eau au moulin qui n'en a pas besoin...
    Sur la possibilité de séparer le pouvoir exécutif du législatif, en donnant à ce dernier l'essentiel du pouvoir "démocratique", les États-Unis incarnent cette idée depuis deux siècles et demi. Le résultat; une situation de blocage politique quasi-permanent, et la disparition progressive de la démocratie au profit de la ploutocratie des lobbys de tout poil.
    Difficile d'imaginer un projet plus essentiellement politique que l'accession à la souveraineté, la raison d'être du PQ. Difficile aussi d'imaginer une voie moins facile d'y arriver que par la voie la voie la plus démocratique, celle du référendum: toute la pédagogie du monde n'y suffirait probablement pas. Aucun peuple n'y est parvenu librement par cette voie, et il est tout à fait étonnant de voir des souverainistes de conviction s'entêter à vouloir encore plus de démocratie, comme si c'était un manque de démocratie qui leur barrait la route. Il faut arrêter de creuser quand on veut se sortir d'un trou!

  • François Ricard
    Abonné
    samedi 10 décembre 2011 07h12
    le parlementarisme à la britannique est bancal
    Une gouvernance véritablement démocratique fait une nette différence entre les trois pouvoirs : législatif, exécutif et juridique. Le système britannique est totalement bancal et fait du premier ministre un vrai monarque .Il dirige les législateurs (ses propres députés, à cause de la ligne de parti, ne sont là que pour endosser ses mesures); il supervise l’exécution du tout en nommant ou en dégommant les ministres. De plus, il a une certaine influence, sinon une influence certaine, sur la nomination des juges. C’est en fait un véritable dictateur pour la durée de son mandat.

  • Darwin666
    Inscrit
    samedi 10 décembre 2011 07h57
    Bon exemple?
    «Ce qui vient de se passer en Grèce et en Italie, où ce sont des technocrates élevés dans le giron de Goldman Sachs qui ont pris en charge les affaires de l'État, est révélateur à cet égard.»

    Je trouve cet exemple étrange. Il va en fait à l'encontre de ce qui précède. En effet, l'auteur analyse, fort bien d'ailleurs, le rapport entre la démocratie et le politique, soulignant que beaucoup des propositions discutés depuis un certain temps (comme les référendums d'initiatives populaires), semblent vouloir donner plus de poids à la démocratie aux détriments du politique.

    Or, l'exemple de «Ce qui vient de se passer en Grèce et en Italie» va directement à l'encontre de cette présentation. Oui, il y a moins de politique, mais encore moins de démocratie, puisque c'est le politique qui a donnée le pouvoir à des non élus, sans demander au peuple son avis!

    Là, c'est moins de politique ET moins de démocratie!

  • Charles F. Labrecque
    Abonné
    samedi 10 décembre 2011 09h06
    Très intéressant
    Messieurs les prof. je vous félicite pour votre très intéressante analyse sur la démocratie vs la politique. Afin de mieux faire comprendre ce sujet si important qu'est la politique et ses avantage je vous demande de bien vouloir accepter de récidiver afin de contrer les effets néfaste que peuvent répandre les quelques politiciens frustrés, qui nous annoncent le grand bonheur en faisant croire que faire la politique autrement serait le remède de tout les mots de la démocratie.

  • Jean Lapointe
    Abonné
    samedi 10 décembre 2011 09h24
    Faire la politique autrement = tuer la politique.

    C'est bien ce que je me suis dit quand j'ai entendu un certain nombre de députés du Parti québécois dire vouloir faire de la politique autrement.

    C'est sûr qu' il est souhaitable de trouver des moyens de faire en sorte que la société devienne plus démocratique mais je trouvais que ce n' était pas le moment de le faire parce qu'il y avait plus urgent à faire.

    On ne discute pas de la façon de changer les meubles dans la maison quand la maison est en feu.

    Je ne pensais pas que ça allait «tuer» la politique mais je craignais que ça affaiblisse le parti et c'est ce qui est produit.

    Et finalement « Louise Beaudoin et Pierre Curzi , en voulant «faire de la politique autrement», se sont plutôt éjectés d'une prise réelle sur la politique.»

    Donc, je trouve que le professeur Thériault a totalement raison de nous prévenir que nous ne devons pas confondre la politique avec la démocratie si nous voulons parvenir aux buts que nous visons.

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 10 décembre 2011 10h19
    Darwin666
    Où voyez-vous que "c'est le politique qui a donné le pouvoir à des non élus"?
    Le texte en tout cas dit que "ce sont des technocrates élevés dans le giron de Goldman Sachs qui ont pris en charge les affaires de l'État".

    On ne dit pas que c'est le politique qui a créé cette situation. On dirait plutôt qu'il y a eu usurpation des pouvoirs politiques.

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 10 décembre 2011 10h24
    Retrouver son rôle
    Plus qu'intéressant est ce passage qui semble être le noeud de la crise que nous vivons:
    "On ne voit nulle proposition pour amener les partis politiques à être de véritables lieux de débats qui se répercuteraient dans le forum citoyen qu'est l'Assemblée nationale. On assiste plutôt à une attaque en règle contre la partisanerie."

    Vivement que les partis jouent pleinement leur rôle de représentants des citoyens.

  • Marc Ouimet
    Abonné
    samedi 10 décembre 2011 10h47
    déçevant de conservatisme
    j'apprécie d'ordinaire la pensée de m. thériault, mais vraiment cette intervention m'apparaît désolante de conservatisme. m. thériault se borne à défendre les institutions et logiques actuelles, alors que celles-ci apparaissent clairement corrompues et dysfonctionnelles pour une part de plus en plus grande de la population. vous ne saisissez simplement pas l'ampleur de la mutation sociale et culturelle qui germe.

    la démocratie représentative n'est pas la seule envisageable. une démocratie participative, qui impliquerait les citoyens ordinaires dans les décisions et l'administration des affaires collectives, règlerait pour beaucoup la crise de confiance et permettrait d'adresser des problèmes globaux créés et maintenus par le système actuel (partis, lobbys, etc.), qu'on pense à l'économie ou l'environnement. vous n'arrivez simplement à sortir de la boîte pour penser un autre monde, m. thériault.

    l'italie et la grèce ne montrent que l'exemple d'une gestion du politique d'où la démocratie, soit le rapport au peuple et à sa souveraineté, est complètement coupé au profit de gestionnaires. votre lien entre démocratie et anti-politique est pour le moins boiteux.

    pour en revenir aux appels actuels, ils ne sont que la représentations plutôt "atténuées" - et parfois soupçonnables de carriérisme - de demandes sociales beaucoup plus profondes. les curzi,beaudoin et autres restent des politiciens à l'intérieur du système représentatif actuel. sauront-ils tirer les pleines conclusions de leurs appels? il est permit d'en douter pour certains. d'autres groupes portent cependant déjà haut et fort les demandes de réinvention du politique et de la conception démocratique actuelle. et il n'y a rien d'anti-politique ou de populiste là-dedans, tout au contraire.

    j'invite les intéressés à jeter un oeil à l'initiative de la Coalition des sans partis: http://www.sansparti.org

    et au journal Ensemble: http://www.journalensemble.coop

  • Platon
    Abonné
    samedi 10 décembre 2011 10h49
    Sincères remerciements
    Merci M. Thériault, si chaque texte que je lis m'apportait autant que le vôtre, je serais en croissance continue et dans un état de bien-être quasi-permanent. Je souhaite ardemment que votre texte serve de modèle à de nombreux auteurs de tout acabit. Il vise à faire comprendre, il n'est pas que confrontationnel. Mon esprit s'est vivifié et mobilisé en vous lisant en ce beau samedi matin. Merci encore.

    Jacques de Guise, avocat à la retraite

  • plan sud
    Inscrit
    samedi 10 décembre 2011 12h20
    Les idées et le concret.
    Comme on le constate, dans les élucubrations de notre auteur, il est possible, dans les débats d'idées, de faire fit de la réalité. Un mot en amenant un autre, on parvient à toutes sortes de contorsions, que le discours permet, mais il en va tout autrement dans le concret.

    Si on admet au départ que le politique est noble, la politique elle, et surtout le politicien n'ont rien lors des dernières années pour nous en convaincre.
    La démocratie, si elle est un moyen d'exprimer un désir de société, de gouvernance, fini par n’être qu'un moyen pour obtenir la prime au vainqueur. Le pouvoir, duquel est exclu le citoyen.
    On a qu'à penser à toutes ces promesses jamais réalisées, la remise en place de la Reine, l'achat D'équipements militaires...le Plan Nord...

    On comprend donc que cette illusion démocratique qu'on nous vend ne représente en fait qu'un somnifère aux consciences, et une obligation de participer en $ à la réalisation d'une société qui ne nous ressemble pas beaucoup.
    Quand dans un temps on s'inquiète de dépolitisation, et que dans un autre temps on constate les problèmes liés à la gouvernance que sont la corruption et la collusion, on espère la réduction des pouvoirs d'un gouvernement.

    Dans toute cette manipulation, qui nous est servi par M. Thétiault la chose qui me fait le plus rire est la suivante: titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie. Et pour moi ça en dit beaucoup plus sur la raison de cette lettre, que sur la pertinence de son contenu.
    La seule idée de la facilité d'obtenir sa citoyenneté en temps référendaire me fait sourire quand j’entends par la suite, ces mêmes instance se répandre en discours mielleux, qui semble remplis de réserve mais qui dans les faits, ne deviennent que courbettes face à ces forces qui nous menacent.

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 10 décembre 2011 12h45
    plan sud
    En désignant comme responsable le politicien comme vous le faites, vous donnez raison à M.Thériault.
    Ce ne sont pas les structures mais les personnes qui sont en cause...

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    samedi 10 décembre 2011 13h48
    Les esprits stériles!
    Toujours les mêmes discours, toujours les mêmes solutions dysfonctionnelles. Bienvenue dans le monde merveilleux des discussions politiques. Quand je verrai une proposition de mode de scrutin qui ne sera pas archaïque ou impraticable, quand je verrai une proposition de démocratie participative qui s'appliquera dans les faits à un groupe de plus de 200 personnes, quand on sera capable de me proposer un système politiques qui est n'est pas dans le cadre de la dualité gauche-droite, je prendrai en compte votre proposition.

    Pour le moment, tout ce que je vois sortir des institutions démocratiques, c'est du copier-coller d'idées préconçues ailleurs. Tant qu'elles seront stériles, rien d'intéressant ou d'utile n'en sortira.

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 10 décembre 2011 14h27
    M.Dutil, êtes-vous déprimé?
    Vous ne voyez vraiment pas, à partir des éléments que l'analyse que M.Thériault apporte (puisque c'est principalement d'elle dont il est question ici) comment, à l'intérieur des structures politiques actuelles, la démocratie peut être bonifiée?

  • plan sud
    Inscrit
    samedi 10 décembre 2011 15h03
    La compréhension
    France Marcotte
    Abonnée
    samedi 10 décembre 2011 12h45
    plan sud
    En désignant comme responsable le politicien comme vous le faites, vous donnez raison à M.Thériault.

    Je crois que vous n'avez pas compris le sens de mon propos. Je n e parle pas des politiciens en général. Je parle de ceux qui sont là. Je parle de ceux qui comme M.Thériault font dériver les propos, pour asseoir davantage le statut quo au nom d'une illusion qu'il ne respecte même pas.
    Je parle du politicien au pouvoir...celui qui n'a que des intérêts, et qui n'est redevable en rien. Je parle de ceux qui font écran au réel.

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 10 décembre 2011 16h03
    plan sud
    Justement, il est plus facile de changer de politicien que de structure.

  • cpoulin
    Inscrit
    samedi 10 décembre 2011 16h44
    Voilà un texte magitral

    Voilà un exposé magistral. En effet toutes ces propositions sont en effet inspirées par une stratégie de fuite en avant. Ces spéculations sur les principes abstraits de la démocratie directe, comme par exemple les référendums d'initiative populaire, sont parfaitement utopiques. En somme on constate qu'il y dans ces propositions un effort pour trouver le moyen de relever l'esprit démocratique dans une société en dérive et qui de ce temps-ci est portée par une vague de mépris envers nos institutions politiques et les élus. Il y là un grand danger que le professeur Thériault met bien en évidence. Les démocraties sont des réalités fragiles comme le montre bien l’histoire du siècle passé. Il faudrait nous donner la peine de regarder de ce côté, de retenir les leçons tirées de cette expérience tragique et constater que nos institutions politiques, malgré leurs faiblesses, ont été le fruit de difficiles conquêtes. Dans ce débat, j'observe que certains interlocuteurs font la démonstration d'une profonde ignorance. En ce qui concerne le vote des jeunes, de grâce, commençons d'abord par leur enseigner beaucoup plus sérieusement l'histoire, en particulier celle du monde occidental. Ce serait un premier pas pour les introduire à la connaissance des principes fondateurs de la démocratie et des nos institutions qui la protège. Le sens des responsabilités devrait suivre. Claude Poulin Québec

  • François Ricard
    Abonné
    samedi 10 décembre 2011 18h57
    @ Carl Grenier
    Le système américain fait une nette distinction des pouvoirs. Malheureusement ils ont perdu le contrôle de leur système à cause des caisses électorales. Eisenhower en 1958 avait averti ses compatriotes que le complexe militaro-industriel était à faire main basse sur leur gouvernement. Tous ses successeurs ont préféré ignorer son avertissement. Aujourd’hui, quand on y regarde de près, les Etats-Unis d’Amérique ne sont plus une démocratie mais une ploutocratie. Tout ce qu’il leur reste est le simulacre électoral qui est dominé par l’argent.
    Leur système de trois pouvoirs bien distincts, système le plus démocratique possible, pendant les deux premiers siècles leur a permis de devenir la première puissance du monde. C'est quand même tout un exploit.
    Les fameuses caisses électorales sont le fléau de toutes les démocraties, surtout quand elles ne sont pas contrôlées.
    Ici au Canada, les contributions sont limitées à 3 000@ à Ottawa et à 1 000$ à Québec.
    Combien, de la classe moyenne, surtout avec une famille, peuvent se permettre de donner 3 000$ ou même 1 000$ à un parti politique? Surtout avant la Noel comme on vient de le faire pour M. Legault et la CAQ? Fort peu. Ce sont les riches qui donnent. Et non pas dans un but philanthropique. Et en plus ces riches reçoivent des crédits d’impôt qui, automatiquement, amènent la classe moyenne à défrayer une partie de ces dons sans qu’elle ne le sache.
    Si l’on veut tendre vers une certaine égalité pour tous, il faut accepter un financement public des partis et, sinon une interdiction de tout don, du moins une limitation qui empêche les riches de s’accaparer du tout. Le Parti Québécois propose 100$ comme plafond. C'est déjà mieux que 1 000$.

  • François Ricard
    Abonné
    samedi 10 décembre 2011 19h04
    Le vote des jeunes de 16 ans
    Avec tous les moyens de communication maintenant à notre disposition, il est temps, comme bien d'autres pays l'ont fait, d'impliquer nos jeunes à l'action politique.
    Alors qu'ils sont déjà enclins à une démobilisation vis-à-vis la chose publique, il faut leur donner l'occasion de se responsabiliser en cette matière. A moins, bien sûr, d'interdire la démocratie aux moins de 18 ans.
    Pareille mesure enverrait un signal fort et constructif à nos jeunes car il y a de fortes chances qu'elle soit perçue comme une marque de confiance et une invitation à la participation. Pareille mesure démontrerait bien la volonté politique d'associer plus largement la jeunesse à la conduite des affaires de l'État et de son propre avenir.
    Cette proposition pragmatique permettrait de placer au coeur du système scolaire la question citoyenne.
    À croire bien des gens, il faudrait croire que de permettre le vote à 16 ans est une idée farfelue, folle et insensée.
    Il y a plusieurs états qui ont déjà accorder ce droit . Faut-il en conclure que leurs habitants sont fous et insensés?
    À la tête de cette liste, la Suisse qui fut la première à avoir donner ce droit à leurs citoyens de 16 ans. Puis l'Autriche. Le Brésil. Cuba. Une province d'Allemagne.
    Quand un pays en est rendu à ne pas faire confiance en sa jeunesse, c'est qu'il a royalement raté son coup à la bien former.

  • Nelson
    Inscrit
    samedi 10 décembre 2011 19h26
    Le néo-libéralisme à tout dévoré, la politique, la démocratie, le 7 milliards d'humains et l'environnement.

    La crise économique mondial si douloureuse pour des millions de gens, le mouvement mondiale des indignés, les altermondialistes, l'emprise totale des requins de la finance international sur les démocraties, les dettes et déficits que mettent toutes les démocraties à genoux, de plus en plus des financiers présidents et premiers ministres et conseilleurs de présidents et premiers ministres des pays démocratique, TOUT ÇA A UNE CAUSE COMMUN, le néo-libéralisme sauvage dérégulé qu'agisse comme prédateur sans limites parce que justement, déréglementé.

    Il s'agit en faite du ''Nouvel Ordre Mondial'' que nous à annoncé Bush père, à la suite de la chute du Rideau de Fer et du Communisme, qu'à laissé le monde entier à la merci des financiers sans merci, le néo-libéralisme sauvage dérégulé.

    Évidement, LA SOUVERAINETÉ est aussi mangée par le néo-libéralisme dérégulé, et si la tendance se mantient, les financiers et hommes d'affaires de Légaux prendront le gouvernement de Québec, pour mettre les argents publiques et les ressources naturels à leur porté.

    La politique est disparu et avec elle, la démocratie.

    Un texte de Lise Payette sur l'emprise des Agences de Crédit (au service de la finance international) sur les démocraties est un bon exemple des idées exprimés plus hauts.

    Et aussi une phrase du texte de M. Thérialut :

    ''Ce qui vient de se passer en Grèce et en Italie, où ce sont des technocrates élevés dans le giron de Goldman Sachs qui ont pris en charge les affaires de l'État, est révélateur à cet égard. Le nouveau premier ministre italien, Mario Monti, déclarait même que «l'absence de représentants des partis facilitera plutôt l'action gouvernementale». Comme si la politique était un obstacle à l'exercice de la démocratie.''

    Des conflits armés permanents et récurrents ''bons pour les affaires'', la Crise Mondial du 2008, les ''décote'' pour USA, et bientôt, pour toute l'Europe, montrent clair

  • celljack
    Inscrit
    dimanche 11 décembre 2011 01h52
    L'éléphant dans la pièce
    Ce texte ressemble à un bucheron qui abat des arbres imaginaires dans le désert.

    La racine profonde de la crise que ce monde vit n'est pas politique, ni démocratique, ni financière, ni économique: elle est morale!

    La question n'est pas démocratie/politique ni gauche/droite, la question est vérité/mensonge.

    Il ne peut y avoir de vraie démocratie sans information directe et libre. Il ne peut y avoir de politique saine dans la confidentialité.

    Et l'oligarchie (ou ploutocratie; corporative, syndicale, politique et fonctionnaire) qui fait tout en son pouvoir pour esquiver ce sujet dans les journaux et à la télé. Un petit groupe de parasites qui s'accrochent au pouvoir simplement grâce à leur contrôle de l'information. Tout est fait pour faire dévier l'enjeu de la transparence et la morale sur un autre sujet, généralement le perpétuel débat politique gauche-droite, question d'essouffler l'idée.

    Et tous nos élus qui sont là, tout parti politique confondu, à ignorer cet immense éléphant dans la pièce. À proposer une réforme du scrutin et une démocratie participative, face à une population qui vote en fonction de ce que dicte télé-oligarchie.

    Heureusement, une minorité grandissante de la population est définitivement au fait de cette réalité. Bientôt, la majorité du Peuple réclamera prioritairement plus de transparence dans l'ordonnancement de la société.

  • Ginette Bertrand
    Inscrite
    dimanche 11 décembre 2011 05h27
    plan sud
    Moi non plus je n'ai pas compris votre propos.

    " Je ne parle pas des politiciens en général. Je parle de ceux qui sont là. Je parle de ceux qui comme M.Thériault font dériver les propos, pour asseoir davantage le statut quo au nom d'une illusion qu'il ne respecte même pas. "

    J'aimerais bien savoir quelle est cette illusion qu'il (M. Thériault) ne respecte même pas.

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    dimanche 11 décembre 2011 08h22
    Les esprits stériles: oui!
    Madame Marcotte, je ne suis pas déprimé, juste un peu frustré. Les problème que monsieur Thériault énumère, je les connais très bien car je me bats contre eux depuis des années. Je me bats contre les référendum d'initiative populaire, par que je sais très bien après avoir étudier longuement la question qu'ils favorisent le conservatisme social et les élites économiques, sans compter qu'il peuvent rendre un gouvernement totalement ingouvernable. La démocratie participative est une très bonne idée dans la mesure où le nombre de participant ne dépasse pas 200 personnes. Il s'agit d'une limite physiologique imposée par notre cerveau dans la gestion des interaction sociale. Et, non internet ne change pas cette limite. À sa liste, il a oublié de mentionner la prétendue discrimination des femmes en politiques. Une discrimination qui n'existe pas, mais que l'on ne cesse de remettre sur le tapis.

    La classe politique est gangrenée par des exhalés qui n'ont pas l'habitude de réaliser des projets complexes qui doivent fonctionner. Ils n'ont tout simplement pas les outils intellectuels pour faire le travail. Il carbure à la pensée magique et se foute éperdument de l’existence d'une réalité sur laquelle personne n'a de contrôle.

    Je déjà été invité à donner une conférence à l'école d'été des jeunes souverainistes. J'ai eu droit à 15 minutes de présentation pour expliquer les défis de l'autonomie énergétique du Québec. Les jeunes ont par la suite débattu du sujet pendant 15 minutes afin de faire une proposition. Vous auriez les voir trembler comme des feuilles quand je l'ai ai expliquer que l’interconnexion nécessaire pour augmenter les exportations vers les États-Unis couterais une couple de milliards de dollar et prendrait des années à mettre en place en raison des poursuites. Leur idéologie étant attaqué, c'était eux qui étaient attaqués. C'est comme cela dans tous les partis politiques, comme dans la soci

  • Denis Miron
    Inscrit
    dimanche 11 décembre 2011 10h24
    Un statu quo menacé
    Le texte de M.Thériault semble conclure qu’il n’y a pas lieu de faire de la politique autrement sans courir le risque que le remède puisse tuer le patient. Alors j’ai plutôt l’impression qu’il souhaite que le patient n’aie jamais accès au remède, étant donné qu’ il ne se rend pas compte que ceci en tue déjà beaucoup en même temps que cela transforme plusieurs patients en impatients. Qu’adviendra-t-il de la démocratie lorsque nous serons majoritairement passés de patients à impatients. Voudra-t-il la rendre illégal pour protéger une certaine philosophie politique que l’on peut qualifier de conservatisme?
    Ce que l’actualité médiatique nous met sous les yeux relève plutôt de l’abus de pouvoir(politique), que de l’abus de démocratie.
    L’histoire nous dit aussi que les révolutions surviennent par nécessité de survie et non pas par caprice.
    En exprimant la crainte que le remède puisse tuer le patient , le plaidoyer de M.Thériault en faveur du statu quo , serait-il en voie de nous révéler que la peur serait sur le point de changer de camps?

  • plan sud
    Inscrit
    dimanche 11 décembre 2011 10h49
    Qu'est elle est cette illusion
    Parlant de M.Thériault

    La démocratie s'impose contre la politique, au risque de rendre inopérante l'idée du gouvernement des hommes. Un nouveau populisme naît. (M.Thériault)


    Il a été élu membre de la Société royale du Canada en 2004.

    Lauréat Trudeau 2007 (La Fondation Pierre Elliott Trudeau est un organisme de bienfaisance canadien)_
    Roy L. Heenan (président)
    Edward Johnson
    Robert Murdoch
    Bruce McNiven (nommé d'office)
    Pierre-Gerlier Forest (nommé d'office)

    Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es...

  • plan sud
    Inscrit
    dimanche 11 décembre 2011 11h32
    Démocratie et Troubles identitaires
    Ce titre nous amène à des écrits de M.Thériault(1996) où sa pensée s'apparente en grande partie avec celle de Lord Durham(notre ami) qui voit dans la recherche identitaire un obstacle à la réalisation d'institutions représentatives ( donc politique, pouvoir).

    25 ans plu-tard M.Thériault en remet encore. Dans cette opposition acharnée à la quête identitaire qui empêche finalement la bonne marche prônée par Lord Durham, des planifications d'Ottawa.
    On comprend encore plus facilement le rapport avec M.Trudeau, et tous ces tenants de la peur nationaliste. Pour eux nation=peuple=émotion(vs logique)=subjectivité=ingouvernable. Il y est même fait des comparaison d'avec les groupes de défense des droits des femmes.

    La plus grande illusion vient du fait qu'en semblant défendre la démocratie contre elle même, ils se considèrent en fait, comme l'Élite
    devant diriger la populace. Ces êtres émotifs qui ne comprennent rien de la grandeur politique, des institutions représentatives...tous ces concepts inventés pour les contrôler.

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