Fournier met fin aux conférences de presse bilingues
Un péquiste refusera de répondre aux questions en anglais
Québec — Jean-Marc Fournier cessera de faire des conférences de presse bilingues à l'Assemblée nationale, a appris Le Devoir hier. Depuis son retour en politique en 2010 — selon ce que sa chef de cabinet Hélène Ménard a confirmé hier —, le ministre de la Justice avait pris l'habitude de lancer ses conférences ainsi: «Je vais faire une courte déclaration en français et en anglais; après ça, je vais prendre vos questions.»
Mardi dernier, un reporter d'expérience lui a fait remarquer que l'usage au Parlement de Québec depuis des décennies était d'attendre l'étape des questions des journalistes anglophones avant de passer à la langue de Shakespeare. «La langue officielle, c'est le français», avait ajouté le journaliste. Contrarié, M. Fournier a expliqué qu'il procédait ainsi «par respect pour [les] collègues anglophones». Cette journée-là, aucun d'entre eux n'assistait à la conférence de presse. Au cabinet du premier ministre, le porte-parole Hugo D'Amours a noté hier qu'aucune nouvelle règle n'imposait le bilinguisme aux ministres. Aucune règle ne l'empêchait non plus, a insisté l'attaché de presse de M. Fournier, David Couturier. La Tribune de la presse l'a confirmé. Des journalistes anglophones ont toutefois indiqué au ministre qu'il était superflu de prononcer une déclaration d'ouverture en anglais: «Dorénavant, M. Fournier va parler anglais seulement quand il y aura des questions en anglais. Il n'y avait pas de mauvaise foi de notre part. [...] On ne voulait surtout pas commettre un impair.»
Le critique péquiste en matière de langue, Yves-François Blanchet, estime qu'il y a «une limite à étendre la courtoisie jusqu'à ce que les ministres d'un État dont la seule langue officielle est le français s'expriment systématiquement en anglais aussi». Cette pratique du ministre Fournier concorde selon lui avec nombre de gestes de bilinguisation du Québec notamment face à l'immigration et dans le service aux entreprises. Disant vouloir être cohérent, le député de Drummond a précisé que lui-même, en conférence de presse, ne répondrait plus aux questions en anglais: «Ça ne deviendra pas une règle pour le parti, mais moi, je ne vais parler anglais que dans le cadre d'entrevues individuelles.»
Le PQ entend prochainement multiplier les gestes pour «forcer le gouvernement à se mouiller sur la langue de travail». Aujourd'hui, M. Blanchet déposera un projet de loi qui soumettra les filiales des sociétés d'État à la loi 101. Son collègue François Rebello, critique en matière d'Institutions financières, soulignera pour sa part que l'État québécois est un client important pour la Banque Nationale (5 millions de dollars par année). Le premier ministre devrait selon lui signifier à la BN que l'État cessera de faire des affaires avec elle tant que son vice-président unilingue anglophone John Cieslak n'aura pas démontré sa capacité de s'exprimer en français.
Mardi dernier, un reporter d'expérience lui a fait remarquer que l'usage au Parlement de Québec depuis des décennies était d'attendre l'étape des questions des journalistes anglophones avant de passer à la langue de Shakespeare. «La langue officielle, c'est le français», avait ajouté le journaliste. Contrarié, M. Fournier a expliqué qu'il procédait ainsi «par respect pour [les] collègues anglophones». Cette journée-là, aucun d'entre eux n'assistait à la conférence de presse. Au cabinet du premier ministre, le porte-parole Hugo D'Amours a noté hier qu'aucune nouvelle règle n'imposait le bilinguisme aux ministres. Aucune règle ne l'empêchait non plus, a insisté l'attaché de presse de M. Fournier, David Couturier. La Tribune de la presse l'a confirmé. Des journalistes anglophones ont toutefois indiqué au ministre qu'il était superflu de prononcer une déclaration d'ouverture en anglais: «Dorénavant, M. Fournier va parler anglais seulement quand il y aura des questions en anglais. Il n'y avait pas de mauvaise foi de notre part. [...] On ne voulait surtout pas commettre un impair.»
Le critique péquiste en matière de langue, Yves-François Blanchet, estime qu'il y a «une limite à étendre la courtoisie jusqu'à ce que les ministres d'un État dont la seule langue officielle est le français s'expriment systématiquement en anglais aussi». Cette pratique du ministre Fournier concorde selon lui avec nombre de gestes de bilinguisation du Québec notamment face à l'immigration et dans le service aux entreprises. Disant vouloir être cohérent, le député de Drummond a précisé que lui-même, en conférence de presse, ne répondrait plus aux questions en anglais: «Ça ne deviendra pas une règle pour le parti, mais moi, je ne vais parler anglais que dans le cadre d'entrevues individuelles.»
Le PQ entend prochainement multiplier les gestes pour «forcer le gouvernement à se mouiller sur la langue de travail». Aujourd'hui, M. Blanchet déposera un projet de loi qui soumettra les filiales des sociétés d'État à la loi 101. Son collègue François Rebello, critique en matière d'Institutions financières, soulignera pour sa part que l'État québécois est un client important pour la Banque Nationale (5 millions de dollars par année). Le premier ministre devrait selon lui signifier à la BN que l'État cessera de faire des affaires avec elle tant que son vice-président unilingue anglophone John Cieslak n'aura pas démontré sa capacité de s'exprimer en français.
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