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Fournier met fin aux conférences de presse bilingues

Un péquiste refusera de répondre aux questions en anglais

Antoine Robitaille   6 décembre 2011  Québec
Québec — Jean-Marc Fournier cessera de faire des conférences de presse bilingues à l'Assemblée nationale, a appris Le Devoir hier. Depuis son retour en politique en 2010 — selon ce que sa chef de cabinet Hélène Ménard a confirmé hier —, le ministre de la Justice avait pris l'habitude de lancer ses conférences ainsi: «Je vais faire une courte déclaration en français et en anglais; après ça, je vais prendre vos questions.»

Mardi dernier, un reporter d'expérience lui a fait remarquer que l'usage au Parlement de Québec depuis des décennies était d'attendre l'étape des questions des journalistes anglophones avant de passer à la langue de Shakespeare. «La langue officielle, c'est le français», avait ajouté le journaliste. Contrarié, M. Fournier a expliqué qu'il procédait ainsi «par respect pour [les] collègues anglophones». Cette journée-là, aucun d'entre eux n'assistait à la conférence de presse. Au cabinet du premier ministre, le porte-parole Hugo D'Amours a noté hier qu'aucune nouvelle règle n'imposait le bilinguisme aux ministres. Aucune règle ne l'empêchait non plus, a insisté l'attaché de presse de M. Fournier, David Couturier. La Tribune de la presse l'a confirmé. Des journalistes anglophones ont toutefois indiqué au ministre qu'il était superflu de prononcer une déclaration d'ouverture en anglais: «Dorénavant, M. Fournier va parler anglais seulement quand il y aura des questions en anglais. Il n'y avait pas de mauvaise foi de notre part. [...] On ne voulait surtout pas commettre un impair.»

Le critique péquiste en matière de langue, Yves-François Blanchet, estime qu'il y a «une limite à étendre la courtoisie jusqu'à ce que les ministres d'un État dont la seule langue officielle est le français s'expriment systématiquement en anglais aussi». Cette pratique du ministre Fournier concorde selon lui avec nombre de gestes de bilinguisation du Québec notamment face à l'immigration et dans le service aux entreprises. Disant vouloir être cohérent, le député de Drummond a précisé que lui-même, en conférence de presse, ne répondrait plus aux questions en anglais: «Ça ne deviendra pas une règle pour le parti, mais moi, je ne vais parler anglais que dans le cadre d'entrevues individuelles.»

Le PQ entend prochainement multiplier les gestes pour «forcer le gouvernement à se mouiller sur la langue de travail». Aujourd'hui, M. Blanchet déposera un projet de loi qui soumettra les filiales des sociétés d'État à la loi 101. Son collègue François Rebello, critique en matière d'Institutions financières, soulignera pour sa part que l'État québécois est un client important pour la Banque Nationale (5 millions de dollars par année). Le premier ministre devrait selon lui signifier à la BN que l'État cessera de faire des affaires avec elle tant que son vice-président unilingue anglophone John Cieslak n'aura pas démontré sa capacité de s'exprimer en français.
 
 
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  • Robert Vital - Inscrit
    6 décembre 2011 08 h 47
    La chasse continue
    Cette chasse aux anglos commence à me faire peur. Au début, c'etait les commerces. Fair game,la loi 101 existe. Puis les unilingues, puis les bilingues avec un accent (merci M Dutrizac) et maintenant notre ministre de la Justice qui plie sous la demande d'un journaliste qui se fait porte-parole des extremistes. L'epuration ethnique continue. J'ai de plus en plus honte d'etre Quebecois.
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  • Roland Berger - Abonné
    6 décembre 2011 10 h 16
    Quand donc ?
    Le PQ me paraîtra sérieux que lorsque,en conférence de presse, son ou sa chef ne répondra à des questions posées en anglais que par l'intermédiaire d'interprètes. Ainsi, Madame Marois n'aura plus à se creuser les méninges pour paraître bilingue. Bien sûr que Jean Charest ne fera jamais ce choix. Il est si fier de montrer qu'il est « bilingual ».
    Roland Berger
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    6 décembre 2011 11 h 10
    C'est Jean Charest qui ne sera pas content-content...

    Le parti libéral a besoin du vote anglophone. Sans la vote des communautés anglo et allophones le Parti libéral n'existerait plus puisque le vote seul des Québécois francophones ne pourraient lui assurer qu'un infime pourcentage de votes.

    Gageons que de fortes pressions de la part du pm, le ministre "yes man" Fournier, va revenir à ses anciennes habitudes.
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  • Malartic - Inscrit
    6 décembre 2011 12 h 07
    Pourquoi les lois écrites dans les 2 langues?
    J'aimerais rappeller à M. Y.F Blanchet qu'un jugement a déclaré invalide un ensemble de lois ecrite et publié en francais seulement parce qu'elles devaient être écrite bilingue tout comme un justiciable peut demander un procès en anglais aussi bien qu'en français. Il peut parler en français seulement parce que l'article du BNA Act donne ce choix à la personne qui a la parole, en chambre, au parlement du Québec et cu Canada. Nul n'est obligé d'être bilingue, à moins de vouloir être celui qui prend les procès-verbals, ou écrit les lois. En cour de justice, même le juge n'a pas à comprendre la langue du justiciable, il peut utiliser un interprète.
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  • Eric Casteuble - Abonné
    6 décembre 2011 18 h 16
    La chasse aux anglais? Vraiment?
    Monsieur Vital, vous voulez savoir ce que c’est la purification linguistique? Quand on était jeunes en Louisiane, vers les années cinquante et soixante, le gouvernement louisianais avait choisi d’apporter le progrès aux bayous en investissant des millions de dollars dans les différentes villages partout en Acadiane. Mais ce qu’on ne savait pas c’était le fait que ce ‘progrès’ voulait dire l’interdiction total de parler français. Si un enfant parlé français à l’école, le prof le battait en lui disant de ne pas parler la langue de cygnes. Les anglophones insultaient les Cadiens comme si ils étaient d’une race inférieure. Quand un francophone cherché du travail, il se faisait refusé à cause de son accent.

    Maintenant nous sommes en 2011 et le nombre de francophones en Louisiane est en chute libre. Le nombre de personnes qui peuvent s’exprimer en français d’une façon courante et passé sous la barre des 150,000. Cela dit, en trente ans plus personne ne parlera français en Louisiane, là où on parle la langue de Molière depuis 1701.

    Au Québec on ne frappe pas les anglophones à l’école quand ils s’expriment en anglais. D’ailleurs ils ont toujours des écoles à eux, quelque chose qui a était décrété illégale en Louisiane, Manitoba, Ontario, Alberta… dans le passé. Un anglophone sera toujours servi en anglais, parlera anglais dans la rue librement, et pourra poser des questions en anglais à M. Fournier, et recevra sa réponse en… Anglais! Alors, quand on parle des débats linguistiques, il vaut mieux pas passer dans le ridicule en accusant les Québécois d’«épuration ethnique» quand cela nous a été fait dans le passé pour de vrai sans hésitation. Le jour que le gouvernement Québécois légalisera l’oppression ouvert des anglophones, je vous accorderez votre sentiment, mais là ce n’est tout simplement pas le cas
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  • Malartic - Inscrit
    7 décembre 2011 16 h 02
    L'imposition d'une langue,... en Louisiane @ Eric Casteuble
    Eric Casteuble peu bien déploré d'avoir été forcé d'apprendre l'anglais au U.S.A. mais il devrait aussi savoir que nos ancêtres Breton, Normand, Basque, etc... ont appris le français dans des conditions similaires. Tout comme la Nouvelle-France, la Lousisiane à été "vendu" pour payer des dettes de guerres. Dans leur cas, les guerres Napoléonniques. Pour ce qui est de l'interdiction de parler la langue maternelle, je crois que c"est plutôt, l'obligation de s'en tenir au programme prévu par l'état dans les écoles publiques. Le problème venant de se payer une école privée ou séparée, comme il en a existé en Ontario, et probablement dans les autres provinces.
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