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Les omnipraticiens jugent irréaliste l’objectif de Bolduc

La Presse canadienne   5 décembre 2011 17h12  Québec
Louis Godin
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Louis Godin
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) juge irréaliste l’objectif d’un médecin de famille pour chaque Québécois d’ici 2016, tel qu’énoncé par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, dans une entrevue à La Presse canadienne.

La Fédération fait valoir qu’il faudrait un ajout net de plus de 1100 médecins en cinq ans, soit 220 par année, pour arriver à cet objectif.

«Ça va être très, très difficile, indique son président, le docteur Louis Godin. Je n’ai pas vu la méthode de calcul du ministre pour se rendre en 2016 et qu’on comble tous les postes. Mais à sa face même, ça m’apparaît difficile.»

Le docteur Godin, se demande d’ailleurs comment le ministre Bolduc peut contester le fait qu’il manque toujours plus de 1000 omnipraticiens au Québec puisque les données de son propre ministère le confirment.

Le docteur Godin note qu’au rythme actuel, il faudrait près de 10 ans pour atteindre l’objectif fixé par le ministre et non cinq. En 2011, l’ajout net d’omnipraticiens n’a été que de 135, soit bien en deçà des 220 requis pour en arriver au nombre voulu. De plus, 51 postes d’omnipraticiens n’ont pas trouvé preneur cette année, ce qui signifie que les ajouts n’arrivent même pas à combler des besoins encore plus modestes que ceux visés par le ministre.

«Si je prends les cinq dernières années, sur 1818 postes prévus, j’ai eu seulement 1525 postes qui ont été comblés, soit 84 %, souligne le docteur Godin. Donc, même si j’augmente le nombre, je ne comble même pas les postes qui me sont déjà attribués.»

Bien que le nombre de postes doive théoriquement correspondre au nombre de finissants, un manque à gagner est presque inévitable puisqu’il y a toujours un certain nombre d’étudiants qui décident soit de se spécialiser, soit d’aller travailler ailleurs qu’au Québec.

Le docteur Godin se dit par ailleurs surpris d’entendre le ministre Bolduc affirmer que 75 % des Québécois ont un médecin de famille et qu’il est faux de prétendre que 2 millions n’en ont pas. Le président de la Fédération rappelle au ministre qu’avec 8 millions d’habitants, une couverture à 75 % signifie que 25 % n’ont pas de médecin, ce qui équivaut bel et bien à 2 millions de citoyens.

Étudiants


La Fédération conteste également l’affirmation du ministre de la Santé selon laquelle la moitié des étudiants en médecine choisissent la médecine familiale, alors que c’est le ministère lui-même qui fixe les proportions et que celles-ci sont présentement à 45 % des postes en médecine familiale et 55 % en spécialité.

Le docteur Godin qualifie de très ambitieux et de grosse commande l’objectif d’un médecin de famille par Québécois d’ici cinq ans, bien qu’il dise comprendre le souhait du ministre.

«C’est un objectif que nous autres on vise aussi. On aimerait bien ça se retrouver avec chaque Québécois qui a son médecin de famille.»

Selon lui, pour espérer s’en approcher, il faudrait que plusieurs conditions favorables tombent en place en même temps. «Il faut absolument qu’on contrôle l’expansion du travail des médecins de famille en établissement. On travaille tout le temps à l’hôpital, qui occupe plus que 40 % de leur temps, rappelle-t-il. Si on peut travailler moins à l’hôpital, qu’on a tous nos étudiants, que l’organisation du travail est parfaite sur le terrain, on peut peut-être se rendre là, mais c’est un programme qui est pour le moins ambitieux.»

Il ajoute qu’il faudrait aussi que les besoins de soins n’augmentent pas, ce qui semble peu réaliste dans un contexte de vieillissement de la population.

Quant aux ajouts d’effectifs par l’immigration ou le maintien en emploi des médecins qui s’approchent de la retraite, il note que, d’une part, les médecins immigrants ont rarement la formation requise pour travailler à la fois à l’hôpital — ce qui représente une obligation — et en cabinet privé, ce qui limite leur nombre. Du côté des médecins plus âgés, il explique que les retraites à 55 ou 60 ans sont extrêmement rares et que la plupart des omnipraticiens sont toujours au travail jusqu’à 70 ans et même bien au-delà.
 
 
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  • ClarkeCity - Inscrit
    5 décembre 2011 18 h 14
    Juste une promesse électorale
    Aujourd'hui, c'est jour d'élection partielle dans Bonaventure...

    Attendez le 1 avril, John James Charest annoncera peut-être que le Plan Nord rapportera au Québécois. LOL
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  • Carole Dionne - Inscrite
    5 décembre 2011 19 h 35
    "bin voyons donc"
    Depuis quand ne devons nous pas croire le clan Charest. cré québécois. Aie, M Charest dit toujours la vérité. C,est pou cela qu'on l'aime et qu'on va l'élire à nouveau. C'est vrai, il nous l'avait promis en 2003, mais 2003 ou 2013, pas grand différence pour un bon petit québécois naïf ( pour ne pas dire niaiseux).

    Les québécois croient n'importe qui ou n'importe quoi. un peuple de naïf. Et Jean Charest le sait très bien. donc il continu et moi je suis d'accord avec lui.
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