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    Lettres - La CAQ et l'immigration

    2 décembre 2011 |Michel Paillé - Démographe - Québec, le 30 novembre 2011 | Québec
    Le plan d'action de la Coalition Avenir Québec (CAQ) propose de limiter le nombre de nouveaux immigrants «à 45 000 pour deux ans afin de redéployer les politiques d'intégration» («Agir pour l'avenir», 14 novembre 2011). Outre une application plus ferme de la loi 101 et d'un renforcement du rôle de l'Office québécois de la langue française, la CAQ précise que les «ressources consacrées à l'intégration des immigrants à la majorité francophone doivent être substantiellement bonifiées».

    On ne saurait s'opposer à ces propositions de la CAQ. L'enseignement du français aux immigrants adultes est l'une des graves lacunes de notre politique linguistique. Quant aux ressources financières, le Québec a déjà procédé à l'envers: alors que l'immigration augmentait de plus de 15 % entre 2002 et 2005, le budget diminuait de 8 %.

    Mais l'intégration des immigrants n'est pas qu'une affaire de langue et de gros sous. Il en va aussi de dimensions évoluant plus lentement et plus difficilement: le social, le culturel, l'identitaire, etc. À ces égards, il y a des limites qu'une société de huit millions d'habitants ne saurait franchir. Pour ma part, j'estime qu'un objectif de 50 000 immigrants par année — pour un taux supérieur à 0,6 % — ne saurait être soutenu longtemps, surtout après 40 ans de sous-fécondité qui perdure. Même un taux de 0,5 %, soit 40 000 immigrants par année, devrait être exceptionnel. Je fais le pari qu'au cours de la présente décennie, une fois la realpolitik revenue en grâce, l'immigration sera substantiellement réduite.

    J'ai montré que pour justifier une forte immigration, le Québec a déjà usé d'«arguments démographiques gonflés» (Le Devoir, 17 août 1994). Dubreuil et Marois ont renchéri en déboulonnant le cliché voulant qu'une immigration plus importante soit nécessaire pour contrer d'éventuelles pénuries de main-d'oeuvre (Le remède imaginaire, Boréal, 2011). Tous les partis politiques devraient s'en inspirer.

    Michel Paillé - Démographe - Québec, le 30 novembre 2011












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