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CAQ et François Legault - Éloge du gestionnaire

François Bérubé - Gestionnaire  25 novembre 2011  Québec
François Legault<br />
François Legault
On peut bien critiquer les positions du nouveau parti de François Legault, c'est de bonne guerre en politique je suppose. Cependant, dire que le projet de société qu'il porte est «comptable» ne tient pas la route, car cet argument démontre que les adversaires politiques de la CAQ ne savent pas compter ou pire encore, ne s'intéressent pas aux chiffres.

Moi aussi j'aimerais bien remplacer Jean Charest par un «grand leader charismatique rassembleur», mais puisque nous n'en avons pas un sous la main, il faut gérer la nation en attendant LE grand soir, en attendant LE Messie, en attendant LE grand projet de société, que personne, soit dit en passant, ne peut décrire.

Mais quel projet de société peut-on s'offrir en 2011? Quel projet de société la France peut-elle s'offrir? L'Espagne? L'Irlande? La Chine? En vertu de quel principe faut-il avoir un projet de société rassembleur qui fait rêver? Est-ce que cela ne serait pas un luxe? Les pays scandinaves en ont un. René Lévesque et le PQ avaient indéniablement un projet de société à offrir aux Québécois, mais ils l'ont rejeté, deux fois plutôt qu'une.

Gérer le désastre

Au Québec, le temps est venu de gérer le désastre laissé par les libéraux, par le PQ et par un système politique archaïque qui n'est pas conçu pour l'efficacité à long terme. Un mandat de quatre ans pour nos grands leaders, vous trouvez ça normal? Imaginez quand on n'a pas de leaders, mais seulement des politiciens!

Pour gérer le désastre, nous aurons besoin de gestionnaires chevronnés, courageux, qui sont prêts à prendre des risques (calculés) et qui auront une vision à long terme pour l'intérêt supérieur du Québec. Le Plan Nord n'est pas un projet de société. Il n'est, dans sa forme actuelle, que la continuité d'un plan d'exploitation des richesses naturelles conçu par un parti politique et confié à une agence de relations publiques pour le rendre socialement acceptable, à défaut d'être durable.

Indépendant d'esprit

Il ne faut pas confondre vision et projet de société. Un bon gestionnaire a forcément de la vision, c'est même ce qui le définit. Je ne crois pas que le gestionnaire chevronné soit l'apanage de la droite. Un gestionnaire honnête et compétent doit nécessairement s'élever au-dessus des clichés, des tendances. Si on ne peut faire confiance à un gestionnaire de droite, pourquoi pourrait-on le faire pour un gestionnaire de gauche? Est-ce si difficile à envisager que le collectif ne s'oppose pas nécessairement aux droits individuels?

Nous n'avons pas à choisir entre les deux, nous devons protéger les deux. C'est pour cette raison que nous avons besoin de gestionnaires qui ne sont pas enfermés idéologiquement à gauche ou à droite. Il faut gérer une nation, un État, un pays, il faut être pragmatique, visionnaire et indépendant d'esprit, c'est ce dont nous avons besoin au plus vite si on veut avoir les moyens de se payer un autre projet de société.

***

François Bérubé - Gestionnaire
 
 
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  • France Marcotte - Abonnée
    25 novembre 2011 07 h 49
    Désastre, sauveur?
    Nous ne sommes pas dans un désastre, nous sommes à la croisée des chemins, c'est bien plus grave.
    Vous attendez "un grand leader charismatique"? Alors vous faites partie du problème.
    Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de messie "sous la main" que la situation est différente.
    Et désastre, quel désastre? Soit on noircit la situation économique à dessein, soit on nous dit que la situation économique n'est pas mauvaise grâce aux libéraux.
    Le gestionnaire est pragmatique? ni à gauche ni à droite? mais comme par hasard toujours avec l'intention de ratatiner l'État.
    Le gestionnaire manie les chiffres et le balai mais ce sont plutôt des choix idéologiques qu'il y a à faire.
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  • Paul Gagnon - Inscrit
    25 novembre 2011 07 h 55
    Gestionnaire n'est pas représentant ou délégué
    François Legault comme gestionnaire i.e. comme fonctionnaire (au moins haut fonctionnaire, évidemment), je veux bien l’essayer. Peut-être ferait-il un bon sous-ministre de l’éducation, et avec sa vison de gestionnaire, accomplira-t-il le miracle qu’il n’a pu accomplir en tant que politicien ministre.
    Les hôpitaux manqueraient de bons gestionnaires à ce qu'on dit.
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  • Franfeluche - Abonné
    25 novembre 2011 08 h 45
    Projet de société
    Quand on n'a pas de projet de société soutenu par une vision de ce qu'elle pourrait être, l'individu de cette société ne se préoccupe que de lui-même en oubliant toutefois qu'à plus ou moins long terme, il va y goûter.

    Il m'apparaît illusoire de penser qu'on doive dissocier dans le temps le projet de société et les moyens de se le payer comme vous dites.
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  • Hyperbolique - Inscrit
    25 novembre 2011 09 h 16
    On nous prend pour des imbéciles ici
    Il est malheureux de voir encore des gens construire des mensonges idéologiques en affirmant que la CAQ est ni de gauche et de droite. C'est vraiment n'importe quoi que de croire que des gestionnaires qui se diraient "honnêtes et compétents" sont de nature à ne pas s'inscrire dans une position idéologique particulière. Advenant une alliance avec l'ADQ, il est certain que ce parti sera résolument à droite et aura comme seule ambition de détruire le tissu social de l'État providence au nom de la rentabilité économique du pays. En ce sens, cette tentative de discréditer les positions idéologiques de droite et de gauche est typique des idéologues de droite de se débarrasser de cette étiquette "néolibérale" afin de confondre les électeurs. La stratégie est simple : substituer le mot "droite" par le mot "changement". Voilà l'ingrédient essentiel pour tromper délibérément les électeurs sur la vraie nature programme politique de la CAQ.
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  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    25 novembre 2011 09 h 56
    Élogue du travail
    M. Legault a fait partie de ces «gestionnaires» du gouvernement pendant de nombreuses années. Il a fait partie de ces gouvernements qui se sont amusés à couper dans les services publics, santé, éducation, transport, etc. Le gouvernement Charest s'est vu forcé de réinvestir dans les services publics qui se trouvaient dans un tel état de décrépitude que cela n'avait même plus de sens pour quelqu'un qui voulait appliquer la «réingénérie» de l'état.

    M. Legault propose maintenant de recommencer la gestion négative qu'il pratiquait alors. Le seul point positif qu'il propose est de revaloriser la profession enseignante. Toutefois, je n'y crois pas. Il veut évaluer les enseignants non pas pour revaloriser leur profession, mais simplement pour mieux les contrôler. De plus, M. Legault aurait complètement changé son fusil d'épaule. Dans les années 2002, il traitait les enseignants de «pousseux de crayons et liseux de revues» payés à ne rien faire. Pourquoi veut-il maintenant payer des salaires plus généreux aux enseignants? Parce qu'un de ses fils étudie à l'université pour devenir enseignant?

    Il faudrait cesser de faire l'éloge exclusif des gestionnaires. Ce ne sont pas eux qui créent la richesse dans une société. Ce ne sont pas eux qui font le travail. Je ne dis pas qu'il ne faut pas de gestionnaires, mais il ne faut pas croire que ce sont eux qui vont nous faire vivre. On dirait qu'on oublie une vérité vieille comme le monde. Ceux qui font prospérer une société, ceux qui l'enrichissent et la font se réaliser, ce sont ceux qui travaillent. Ce ne sont pas les gestionnaires qui ont défriché les terres pas plus que construit les cathédrales et les civilisations.

    Bernard Dupuis, Berthierville.
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  • jdelisle - Abonné
    25 novembre 2011 10 h 20
    Bravo!
    Bravo, M Bérubé d'avoir dit "les vraies choses"! Je souscris entièrement à votre diagnostic, contrairement aux auteurs des commentaires précédents. Le PQ est en déroute et se mord la queue, le PLQ est pris à son jeu de conflits d'intérêt, confondant intérêt public et intérêt du parti. Il a poussé le bouchon un peu trop loin. Les citoyens savent décoder tout ça.
    Il faut effectuer un virage à 180 degrés dans la gestion des affaires de l'État québécois qui n'est tout de même pas une République de bananes... mais risque de le devenir si ça continue. C'est ce que comprend la société québécoise. OUI, un État ça se gère. Il faut plus de gestion et moins de politicailleries et de politiciens à courte vue uniquement préoccupés par leur réélection et l'image de leur parti.
    François Legault n'est sans doute pas parfait (quel élu l'est actuellement?), mais je pense qu'il faut que la société québécoise en quête d'un changement profond lui donne sa chance. Personnellement, je suis prêt à lui donner cette chance. Et je ne serai pas le seul.
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  • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit
    25 novembre 2011 10 h 22
    Pourquoi le gestionnaire ne suffit pas
    Le gestionnaire n'a pas de vision au sens large d'un projet global à long terme, il a une vision étriquée du développement d'une organisation ou d'un programme. Ce qui caractérise le gestionnaire d'État est une approche technocratique, où le représentant de la population laisse sa place à l'expert, prétextant d'un «désastre» que les contraintes consensuelles de la démocratie délibératives ne peuvent efficacement vaincre. Comme en Italie, en Grèce.

    Bien sûr qu'il faut des gestionnaires dans l'administration publique. Mais la vie n'est pas gérée! Si on la dit gérée, c'est qu'on a déjà fait le choix, ou quelqu'un l'a fait à notre place, d'une vision du monde, d'un système de valeurs. Ensuite, on gère pour concrétiser cet idéal.

    La ferveur démocratique ne peut surgir que de propositions de société. Nul besoin de Messie, bien au contraire, puisque le Messie, comme le technocrate, agit à notre place. Des propositions de société, il en existe de nombreuses, plus ou moins réalistes, plus ou moins articulées.

    La CAQ ne correspond qu'à une proposition parmi d'autres, qui n'affiche pas ses couleurs en feignant d'être au-dessus des idéologies. Tout ce qu'on peut espérer, advenant sa victoire, est que son paternalisme nourrisse les braises. Au moindre appel d'air, les flammes seront avides, comme il y a 50 ans.

    Alexis Lamy-Théberge
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  • jdelisle - Abonné
    25 novembre 2011 11 h 17
    Gérer la vie ou ses finances?
    Évidemment, ce n'est pas la vie qu'il faut gérer, mais ses finances personnelles si on est un individu responsable. Une fois les finances bien gérer, cela nous donne la liberté de nous engager dans d'autres activités moins "terre à terre", comme les arts, la culture, l'éducation et autres activités propres à l'être humain. Qu'on m'explique pourquoi un gestionnaire serait par définition "insensible" au sort des moins nantis de la société. Un État ne se gère pas comme les finances d'un individu, cela va de soi, mais une saine gestion des finances de l'État n'est nullement incompatible avec des préoccupations sociales ou autres. Il y a là un jugement de valeur porté a priori sur les gestionnaires sensés être, comme les banquiers, dénués de tout sentiment. Autrement dit, on peut être tout à la fois de droite et de gauche, tout est une question de dosage, de bon sens et d'humanité.
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  • Lacroix Yannick - Inscrit
    25 novembre 2011 15 h 42
    Quel rapport?
    Monsieur Bérubé,

    je ne sais pas quoi penser de vos propos, peut-être en sommes-nous effectivement réduits à un simulacre de vie politique et le moment est-il à mettre au pouvoir des gestionnaires afin de sauver les meubles, mais quoi qu'il en soit de cette lourde problématique, quel est donc le rapport avec François Legault? Vous assumez a priori qu'il est un bon gestionnaire avec de la vision, mais pourquoi au juste? Ça m'échappe. Quand et où a-t-il fait la preuve qu'il méritait pareil préjugé favorable?
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  • GLabelle - Abonné
    25 novembre 2011 19 h 33
    sondocratie
    ce parti, la CAQ, existe par et pour les sondages.

    Il les crée et s'en nourrit.

    Ce dont on a besoin, au Québec, ce n'est pas de "gestionnaires" --- nous n'aurons eu que ça, depuis 96, hormis peut-être une facette plus ardente de Landry --- mais bien de visionnaires.

    Quand les médias commenceront à s'intéresser à l'épiphénomène d'Option nationale, alors nous pourrons réellement parler de changement.

    Les médias caquètent depuis des mois à propos des prétendus 5000 têtes grises qu'auraient rencontré Legault dans les derniers 7-8 mois. Depuis la fin de l'été, c'est le nombre de personnes que Jean-Martin Aussant aura rencontré... seulement dans les universités!
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