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Ressources - Soyons plus exigeants!

Jean-Robert Sansfaçon   22 novembre 2011  Québec
L'entrevue avec l'ancien premier ministre Jacques Parizeau parue dans notre édition d'hier n'a pas de quoi rassurer la majorité des Québécois inquiets de voir leurs ressources naturelles dilapidées. Le problème, c'est que l'électeur québécois ne sait plus à qui faire confiance pour défendre ses intérêts.

Les ressources que recèle l'immense territoire du Québec n'appartiennent ni aux exploitants miniers ni aux politiciens, qui ont la responsabilité d'en tirer le meilleur prix tout en les protégeant le mieux possible pour les générations futures. Ce qui s'appelle du développement durable.

Or, contrairement à ce que prétend le gouvernement Charest, ce n'est toujours pas ce qui se passe à l'heure actuelle. En effet, malgré les récents changements apportés à la Loi des mines, le free mining colonial est toujours la règle qui prévaut chez nous. Quant aux 365 millions de dollars de redevances annuelles — avant déductions pour les dépenses d'infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires et hydroélectriques —, voilà qui est nettement insuffisant pour compenser la perte à long terme subie par la collectivité.

Jacques Parizeau a raison: cela n'a aucun sens d'imputer tous les coûts de ces infrastructures aux contribuables sans rien attendre en échange des sociétés minières. Pourquoi ne pas exiger une participation au capital en échange de ces investissements publics, demande-t-il?

Puis, 16 % de redevances sur les profits, c'est nettement insuffisant. Qu'est-ce qui nous retient d'imposer des redevances supplémentaires lorsque les prix font grimper les rendements?

Pas étonnant qu'autant d'entreprises soient intéressées par le Québec puisque tout ce qu'elles ont à faire est de creuser le sol pour en extraire du minerai qu'elles exportent sans transformation. Même le Pakistan vient tout juste de refuser un permis d'exploitation pour un important gisement d'or et de cuivre à une coentreprise dont la canadienne Barrick Gold est partenaire. Tout indique que la Chine obtiendra ce permis pour des raisons politiques, mais aussi parce qu'elle a promis de transformer le minerai sur place.

Quels scrupules avons-nous à demander la même chose et, en cas de refus, à imposer des redevances plus élevées?

La concurrence? Pourtant, de l'or, des terres rares, du cuivre, du zinc... on n'en trouve pas partout. Sans compter que, dans un monde aussi instable, le Québec dispose d'atouts solides. Demandez à Barrick Gold combien l'échec pakistanais va lui coûter: 220 millions de dollars seulement pour la dernière étude exigée par l'État... avant de dire non. C'est presque autant que la totalité des redevances versées par l'industrie minière du Québec en dix ans!

À titre de fiduciaire, le rôle prioritaire d'un État n'est pas de devenir lui-même producteur, mais de tirer une rente maximum de la ressource tout en exigeant un maximum de retombées économiques pour sa population. Ce qui n'a jamais été le cas au Québec.

Devant tant d'à-plat-ventrisme de la part de nos élus, y compris la nouvelle coqueluche François Legault qui ne propose rien d'autre qu'une participation risquée au capital, les Québécois sont en droit de se demander si des intérêts idéologiques ou financiers, personnels ou partisans, ne sont pas à l'origine de notre condition de porteurs d'eau et de scieurs de bois dans l'exploitation de nos propres ressources. Et si les lobbyistes ne sont pas, finalement, des défenseurs bien plus efficaces des intérêts de leurs clients que les politiciens le sont des nôtres.
 
 
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  • Roger Lapointe Roger Lapointe - Abonné
    22 novembre 2011 05 h 46
    Le mal sera fait.
    Quand Charest se fera sortir du Parlement aux prochaines élections, le mal sera déjà fait.Les contrats/accords que Charest négocie à la baisse avec tous ces investisseurs étrangers ou nationaux sont étalés pour la plupart sur de longues périodes de temps, /- 25 ans selon certains observateurs. Voila pourquoi il est urgent que l'opinion publique se fasse de plus en plus persistante pour arrêter cette folie.Les associations patronales qui dans la plupart des cas se rangent docilement sur les positions de Charest devraient se remettre à leurs calculatrices.Charest nous sérénade avec sa conception du développement durable mais rien ne ressemble à cela quand on voit et lit ce qui se passe ou se passera sur le terrain. L'Australie et la Norvège ont des exigences qui n'ont aucunes comparaisons avec les miettes que Charest acceptent en retour d'une exploitation à rabais de nos ressources non renouvelables.Il se tient aujourd'hui à Québec un symposium sur ce vaste sujet, M Parizeau et autres défenseurs de nos biens seront là pour faire face à tous ces imposteurs gouvernementaux ou Chambres de commerce dont la devise est : échéance 30 jours.
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  • Marc Chenier de Laval - Inscrit
    22 novembre 2011 07 h 22
    Monsieur Parizeau pousse et nous aide!
    Il faut prendre des positions d'équité dans certaines enrtreprises minières gagnante (ne faisons pas l'erreur de Parizeau dans l'amiante, hein?).
    Il faut investir les produits dans le fond des générations et le fond vert.
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  • Serge V. - Inscrit
    22 novembre 2011 08 h 25
    Le Pakistan, quel exemple!
    Le Pakistan, royaume des talibans où des dirigeants(es) sont tués sur la place publique, aucune entreprise ne voudrait contrarier ces dangereux personnages, très différent de notre pays civilisé. De plus la Chine et le Pakistant se grattent le dos mutuellement, aucune surprise qu'ils obtiennent leurs faveurs. Savez-vous, je préfère le Canada où il y a place à la discussion dans le respect mutuel des partis.
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  • Jocelyn Boily - Inscrit
    22 novembre 2011 09 h 25
    Le sauveur du plan nord
    Québec, le 22 novembre 2011

    Le sauveur du plan nord

    Voilà que l’ex président des nordiques de Québec Me Marcel Aubut s’engage dans le plan nord de Jean Charest en y ventant ses mérites et retombées potentiellement énormes pour le Québec. D’après moi il agit en conflit d’intérêt en acceptant la présidence du conseil d'administration de la compagnie minière Century Iron Mines, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de minerai de fer et propriétaire du plus grand nombre de concessions de minerai de fer du Plan Nord,

    À l’instar de l'ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard qui avait pris la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) défendant le délicat dossier des gaz de schiste Marcel Aubut essaiera de défendre l’exploitation et l’exportation des ressources naturelles du nord du Québec.

    Le premier ministre du Québec Jean Charest s’est empressé d’aller présenter sur toute la planète son plan nord improvisé qui n’apporte aucune valeur ajoutée sur les efforts fait au cours des 40 dernières années dans le développement du nord du Québec. L’annonce prématurée et sans planification de ce plan remettra le feu aux poudres avec les autochtones qui s’accommodaient très bien des ententes actuelles.

    D’ailleurs le chef du Conseil Innu de Pessamit, Raphaël Picard, part officiellement en croisade contre le Plan Nord.

    Jocelyn Boily
    Québec (Qc)
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  • Bernard Terreault - Abonné
    22 novembre 2011 09 h 33
    Taxes oui, participation non
    Taxons largement l'extraction de minéraux de notre sol, mais ne risquons les fonds de l'État dans l'industrie minière car cette industrie est capricieuse et pas toujours profitable.
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  • France Marcotte - Abonnée
    22 novembre 2011 12 h 25
    Mais comment être plus exigeants?
    Le texte se termine et on sait qu'on serait fous ou idiots de ne pas être plus exigeants mais on ne sait pas quels recours s'offrent à nous pour l'être.
    Les jeux ne sont-ils pas déjà faits?
    Si non, où sont nos pouvoirs?

    Résultante certaine: on "feel cheap".

    Parfois je me demande; se peut-il qu'on puisse se garder le beau rôle de défenseur apparent de l'intérêt public tout en ayant les deux mains dans la boîte à beurre?
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  • GLabelle - Abonné
    22 novembre 2011 12 h 33
    Nationalisons nos ressources
    Option nationale propose la nationalisation des ressources, pour faire de l'état le maitre d'oeuvre de l'exploitation de celles-ci par le biais d'entreprise privées.

    Voilà la voie de l'avenir!
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  • jeanduc - Abonné
    22 novembre 2011 22 h 39
    Un homme et sa mission!
    Au lendemain du référendum de 1995, Jean Charest s'est sacrifié afin de mener une lutte à finir au séparatisme. Si les Québécois devenaient aussi riches que les Albertains ou les Norvégiens, n'auraient-ils pas davantage un goût d'indépendance alors qu'ils devraient payer de la péréquation aux Canadiens du ROC?
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  •  
  • mafo79 - Inscrit
    23 novembre 2011 00 h 21
    Mauvaise rentabilite compte tenu du système de péréquation
    M. Sansfacon discute les redevances insufficantes, ce qui est un vrai problème en ce qui concerne le Plan Nord. Encore pire, comme le Québec est une province "have not" en ce qui concerne le système de péréquation, chaque dollar de croissance économique généré par le Plan Nord ou par n'importe quelle autre source sera puni par une réduction des versements provenants du système de péréquation. Ainsi le développement des resources naturelles au nord de la province n'est pas rentable pour le gouvernement du Québec. Alors, il vaut mieux continuer à dépendre des transferts de péréquation générés par les resources petrolières en Alberta.

    La seule manière de rendre le Plan Nord rentable pour le Québec serait de donner tous les contrats d'exploitation aux entreprises publiques comme Hydro Québec. Ainsi, les profits, ainsi que les emplois crées, resteraient au Québec et compenseraient pour les pertes de tranferts de péréquation.
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