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Le chemin de l'honneur

Bernard Émond   16 novembre 2011  Québec

À retenir

    Né à Montréal en 1951
    Cinéaste, écrivain et surtout lecteur, Bernard Émond a réalisé une vingtaine de films et de vidéos, documentaires et longs métrages de fiction, dont une trilogie sur les vertus théologales. Son roman 20h17, rue Darling a été porté à l’écran et ses textes d’opinion ont été réunis cette année sous forme d’un recueil. (photo Pierre Dury)
    Dernier livre paru: Il y a trop d’images (Lux, 2011)

Ainsi donc les électeurs, qui ont congédié le Bloc québécois et envoyé 59 députés du NPD aux Communes en mai, seraient maintenant prêts à élire un gouvernement dirigé par François Legault, mais à condition que Gilles Duceppe ne dirige pas le PQ, auquel cas ils voteraient pour ce dernier. Et pendant ce temps, Amir Khadir, personnalité politique la plus populaire en décembre dernier (selon un sondage Léger Marketing), glisse au septième rang et cède sa place au patron de la Coalition pour l'avenir du Québec. Depuis quelque temps, on a peine à comprendre l'électorat québécois, qui zigzague entre la gauche et la droite, la souveraineté et le fédéralisme.

On avait coutume de dire que les Québécois, à cause d'une sorte de sagesse normande, répugnaient à mettre tous leurs oeufs dans le même panier et aimaient envoyer des souverainistes à Ottawa et des fédéralistes à Québec (ou l'inverse, c'est selon), mais il me semble que les mouvements désordonnés de ces derniers mois n'ont rien à voir avec quelque stratégie que ce soit. On aura beau accuser la canne de Jack Layton, le charme avunculaire de François Legault ou le château de Pauline Marois, on sent bien que cette volatilité de l'électorat est l'indice d'un changement plus profond du rapport au politique.

Depuis quelques années, nous sommes entrés dans la démocratie de marché, c'est-à-dire dans un monde où l'électeur est un client à séduire plutôt qu'un citoyen à convaincre. Le débat politique a fait place aux stratégies de communication et rares sont les femmes et les hommes politiques qui résistent à ce qu'ils perçoivent comme une évolution inévitable. Plus moyen de se faire élire sans aller faire le pitre à Tout le monde en parle? Faisons le pitre. Impossible de conquérir la région de Québec sans donner son appui à un projet d'amphithéâtre dont le moins qu'on puisse dire est que sa mise en oeuvre pose problème sur le plan éthique? Appuyons, que dis-je, proposons! Les sondages indiquent que les Québécois ne veulent plus de chicanes constitutionnelles? Adoptons vite un moratoire. Je frémis à l'idée qu'un parti s'avise bientôt du fait que, selon une enquête de 2010, 69 % des Québécois appuieraient la peine de mort.

Dans un monde où tout est affaire de goût, où toutes les opinions se valent et où cliquer sur «j'aime» ou «je n'aime pas» semble être le summum de l'activité citoyenne, on voit mal comment la politique pourrait échapper au mouvement général. Nous avons pourtant la nostalgie d'un autre ordre, où les meilleurs d'entre les hommes politiques respectaient la dignité de leur fonction et s'adressaient à nous en tant que citoyens responsables, habilités à comprendre et à discuter. Ils étaient alors quelques-uns à croire aux idées, à mettre les principes au-dessus des stratégies, et à avoir confiance dans la force de leurs convictions et l'intelligence de leurs concitoyens. Il y avait, dans la génération de ceux qui ont fait la Révolution tranquille, des hommes et des femmes de cette trempe-là, et au premier chef René Lévesque. Si monsieur Lévesque s'était plié à ce que les gens voulaient dans les années 1960 et 1970 dans l'espoir de les séduire, le Québec ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. Mais il avait un idéal et il a entrepris de convaincre un peuple, dans le plus grand respect de la démocratie. Cela s'appelle faire de la politique.

Il ne sortira rien de l'utilitarisme actuel, sinon encore plus de cynisme et de désaffection pour le bien commun. Si la politique n'est plus maintenant que l'art de faire ce qu'il faut pour se faire élire et se maintenir au pouvoir, on n'a pas à s'étonner de voir les électeurs bouder les débats et se détourner des urnes. Le journalisme politique a d'ailleurs accompagné ce délitement général et ne consiste plus, sauf en de rares cas, qu'en une sorte de décompte sportif des coups donnés et reçus par les adversaires. Pauline descend, François monte, mais attention, le match peut changer d'allure si Gilles saute sur la patinoire. Qui rappelle encore la nécessité des principes et des valeurs? Qui se scandalise encore vraiment de l'état des moeurs politiques? Le cynisme et la raillerie ont envahi l'industrie du commentaire et tout se passe comme si la majorité des journalistes se contentaient de contempler de haut le marasme.

Or nous savons au fond de nous qu'il n'y a pas de politique sans principes et que qui met à mal ses principes pour arriver perd l'honneur. «L'honneur, écrivait Bernanos, n'est pas une valeur entre d'autres, pas même une valeur importante, mais la valeur fondamentale.» L'honneur, c'est la dignité morale qui permet à l'homme de dépasser ses intérêts mesquins pour servir quelque chose de plus grand que lui: le bien commun, la justice, le destin d'un peuple et d'une culture. Mais s'il y a un honneur de l'homme politique, il y a aussi un honneur du citoyen qui consiste à accomplir les devoirs qui sont l'autre face de nos droits politiques: payer l'impôt, participer à la vie de la cité, défendre la légitimité de l'État.

Tous, citoyens, hommes politiques, journalistes, nous avons la tâche urgente de retrouver le chemin de l'honneur. Ce qu'on ne défend pas, on risque de le perdre.
 
 
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  • jeanduc - Abonné
    16 novembre 2011 04 h 58
    La défaite!
    Les Canadiens ont élu un gouvernement Conservateur sur la base de valeurs claires. Les Québécois se divisent à propos de tout, ils ont perdu leurs repères, leur religion et sont même en voie de perdre leur langue. Ils ne savent plus quelles valeurs défendre sans être taxé de xénophobe voir de racistes; alors, ils accommodent!

    Après trois élection d'un dirigeant qui lutte contre l'indépendance de son peuple, eh bien, ils l'on perdu la guerre les Québécois. Ils plient l'échine, ils se coalisent à propos de n'importe quoi et, d'ici quelques générations, ils se dissoudront dans la masse.
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  • Kimakt - Abonné
    16 novembre 2011 06 h 40
    Voilà le lieu à "occuper"!
    Monsieur Emond, comme il est doux à l'oreille et comme il fait bon à l'intelligence, dans la cacophonie bien pensante et jovialiste du mouvement actuel desdits indignés, si peu remis en question par ailleurs par le "va-vite" médiatique global qui nous tient lieu de correctitude politique - saluons ici la posture différente du Devoir! -, d'entendre vos propos, appelant à une véritable indignation citoyenne, forcément politique en son essence même.
    Une indignation née d'une vision (de principes), d'un jugement (de priorités) et d'un engagement (de pratiques, d'honneur comme vous dites). Une indignation surtout qui n'aura pas peur de se projeter dans le temps combien astreignant des débats et des fatigues du seul terrain à "occuper" et qui pourrait (oui! un conditionnel... on n'a rien pour rien!) faire la différence un jour: celui du politique.
    On est loin ici des happenings grisants de feu de paille anarchiste! Astreignant plutôt. A l'article "astreignant", le Petit Robert cite Péguy: "Une morale souple est infiniment plus sévère et plus astreignante qu'une morale raide". N'est pas toujours souple -ou raide- qui semble l'être!
    Michel G
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    16 novembre 2011 06 h 56
    Tout simplement ...
    Merci !

    Merci M. Émond pour ce beau texte d'espoir venant d'un québécois de votre génération ! Cela fait du bien de vous lire !

    Merci de redonner enfin la primauté à l'honneur et à la dignité morale pour le bien de tous les citoyens !

    En espérant que vous soyez entendu par tous, citoyens, hommes politiques et journalistes ... ou du moins par plusieurs qui cesseront de faire primer l'image et l'argent (ceci inclus leur emploi ou des contrats et les bons contacts avec des personnes influentes aux comportements douteux) et sauront à leur tour faire accroître ce nombre vers une majorité québécoise qui se mettra à la tâche pour retrouver enfin le chemin de l'honneur.

    Comme vous dites ... la tâche est urgente.
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  • François Dugal - Abonné
    16 novembre 2011 07 h 52
    Le texte de l'année
    Le superficiel gagnera-t-il contre le fondamental? La complaisance remplacera-t-elle l'honneur?
    Monsieur Émond a écrit le texte de l'année; merci au Devoir de l'avoir publié.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    16 novembre 2011 09 h 09
    Il ne suffit pas de déplorer

    Il ne suffit pas de déplorer une situation que l'on condamne, il faut aussi essayer de la comprendre et de l'expliquer.

    Ce n'est sans doute pas complètement inutile de faire appel à notre sens de l'honneur pour que ça change.

    Mais je trouve que ce n'est pas suffisant.

    Il faut se demander ce qu'il s'est passé au Québec, et dans le monde, au cours disons des cinquante dernières années pour qu'on en soit venu à ça.

    Ce n'est qu'en faisant cela qu'on pourra trouver les meilleures actions à mener.

    Je le répète: d'aprèsmoi, la bonne volonté ne suffirait pas.
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  • Nimporte quoi - Inscrit
    16 novembre 2011 11 h 16
    Le peuple veut de l'argent et pour toujours le mensonge en sera porteur!
    Tant qu'un bouffon leur fera miroiter de l'argent, le peuple sera derrière lui. Même s'il n'y croit pas vraiment.

    C'est pour cet état de fait inéluctable que nos politiciens semblent être des opportunistes paternalistes, abuseurs et profiteurs... C'est gros comme une montagne... On aime et vote pour la démocratie pourvu qu'un ti-coune ne vienne pas nous promettre la cité d'or et le pactole des initiés.

    Il fallait une crise au Québec « notre petit printemps », le statu quo a trop brûlé par les deux bouts. Le Bloc était un moindre mal, mais on tournait en rond. Le peuple à bien fait, il faut faire un ménage de temps en temps. Maintenant, il faut CONSTATER, se réorienter et se CONCERTER pour faire face à cet éternel imposteur qu'est l'argent!

    Qui se nomme en 2011, Charest, Legault, Les Lucides, l'industrie fossile, de l'énergie, la mondialisation et la libéralisation des profits et des ressources naturelles au détriment des populations locales. Le Plan Nord à tout prix. Sur le dos de notre forêt, de notre hydroélectricité. En laissant tomber notre culture, l'agriculture et l'éducation...

    Beaucoup d'argent pour quoi au fait? Pour payer davantage à Bell une bande passante gratuite en Europe? Pour faire deux commissions d'enquêtes parce que le fédéral ne partage pas ses données? Pour faire des autoroutes à une voie en 2011 alors que le train ne passe même plus pour faire place au convoi de marchandise? Pour payer Radio-Canada qui n'est plus disponible sans le câble? Pour dédommager les investisseurs de la caisse de dépôts trop gourmands? Pour aider les banques et pour faire plaisir aux agences de cotation?

    Dans un monde parfait ou les bilan comptable sont véridique, je ne dis pas. Mais depuis 2008, le néolibéralisme à démontré sa corruption. Qu'il nous mentait et cachait des colonnes entières de chiffres pour séduire les investisseurs. Mentir fait partie de notre héritage politique.
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  • GLabelle - Abonné
    16 novembre 2011 11 h 45
    ON peut faire la différence!
    C'est exactement pourquoi j'appuie la démarche de Jean-Martin Aussant. Il faut l'entendre parler pour comprendre qu'il ne prend pas les électeurs pour des outres, comme le font Marois, qui propose un plan qui est de ne rien dire aux gens d epeur de faire de la "stratégie ouverte", ou Legault qui se propose de ne faire rien d'autre que ce que la population demande. Dans un cas comme dans l'autre, c'ets de la politique à la petite semaine.
    Allez voir les nombreux vidéos Youtube d'Option nationale, ils en valent la peine, sérieusement.
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  • Henri Marineau - Inscrit
    16 novembre 2011 14 h 52
    La force des convictions
    Je vous félicite, M. Émond, pour la fraîcheur de votre texte qui nous ramène sur les principes fondamentaux du politique, à savoir la force des convictions des politiciens qui s'adressent à des citoyens à convaincre!

    Le jour où cette relation politicien-citoyen se rétablira, on pourra commencer à parler du "faire de la politique autrement"!...
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  • Roland Berger - Abonné
    16 novembre 2011 15 h 06
    Couteaux dans le dos
    Lors de la Révolution tranquille, le peuple québécois a repris son âme de l'Église qui lui avait volée. Il n'a pas eu le temps de la reconnaître, de la fortifier. Les fédérastes ont fait interférence, Chrétien en tête, lui donnant en 1995 la jambette qui allait l'écoeurer, peut-être à tout jamais, de la politique. Depuis, il vote comme il achète des billets de la loterie. Au hasard.
    Roland Berger
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    16 novembre 2011 16 h 35
    Suicide culturel et national
    Constat amer, politique amère. Sentiment d'une profonde désolation au Québec, désolation contemporaine de la formation d'un parti qui se veut une version -améliorée- de l'ADQ d'un M.Dumont qui pratique maintenant le populisme médiatique. La désolation politique nourrit aussi l'accablement national et individuel.

    Le propos oui précisément tombe juste puisque le parti du CAQ emprunte à la publicité, à une présentation marketing de son programme bande annonce de ses 20 points en 20 lignes chacune depuis ses premiers pas depuis un an.

    Le Québec son problème c'est qu'il vit à la fois dans le clinquant Cadillac du modèle de consommation américain et mondialiste maintenant tout en étant la suite d'une conquête militaire et d'un statut de subordination politique et social.

    Résultat plausible: le Québec pratiquera t'il le suicide culturel tranquille?
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  • Denis Béland - Abonné
    16 novembre 2011 17 h 14
    Bravo!
    Trois fois bravo pour votre billet. Votre définition de l'honneur me va droit au coeur. Je vais faire connaître votre billet à plus de gens possible.
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  • Geneviève Laplante - Abonnée
    16 novembre 2011 17 h 23
    Ces mots du passé
    Il y a fort longtemps que j'avais lu un texte aussi réconfortant, aussi riche, aussi inspirant. Je croyais vraiment que plus personne ne savait ce que veulent dire ces mots : honneur, valeur, légitimité, idéal. Davantage même, je pensais avoir passé ma vie à prêcher dans le désert en prônant la fierté de notre langue, la responsabilité sociale, le devoir des nantis envers les pauvres, entre autres choses.

    Merci pour ce beau texte qui me réjouit le coeur très profondément.
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  • Christian Ouellet - Inscrit
    16 novembre 2011 17 h 59
    très beau texte
    Et j'espère que cela feras réfléchir beaucoup de mondes
    Surtout les journalistes
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  •  
  • Claude Gélinas - Abonné
    16 novembre 2011 18 h 21
    Le NPD, un accident de parcours !
    La lecture que je fais du vote des Québécois pour le NPD repose essentiellement
    non pas sur le rejet du Bloc québécois mais sur la crainte de l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire. Étant donné le résultat, il a fort à parier que si le Bloc québécois adapte son discours à la nouvelle réalité québécoise, que ce Parti retrouvera sa place dans l'échiquier politique.
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  • Christian Ouellet - Inscrit
    16 novembre 2011 19 h 31
    et deviné quoi ?
    Legault va faire le pitre à (tout le monde en parle)
    Je ne suis pas surpris.

    Qu’il aille dans une émission d’affaire publique pour expliquer son programme avec le thème (on verra)
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  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    16 novembre 2011 20 h 25
    Excellent texte !
    Bonne synthèse !
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  • Louka Paradis - Inscrit
    16 novembre 2011 20 h 32
    Quel texte profond et nourrissant !
    Merci à son auteur et merci au Devoir de nous en faire bénéficier. Une pensée mûrie par les lectures, la réflexion, l'observation intelligente de la société dans laquelle il vit et l'amour de son peuple : voilà tout ce que je décèle dans cet article qui fait du bien à l'äme, au coeur et à l'esprit. Merci pour l'espoir qu'il éveille !
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  • Gilles Arpin - Inscrit
    16 novembre 2011 20 h 46
    Et à quand les noces...
    Citation : « Si monsieur Lévesque s'était plié à ce que les gens voulaient dans les années 1960 et 1970 dans l'espoir de les séduire, le Québec ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. »

    M. Levesque a célébré les fiançailles de son parti avec la population québécoise en 1976, avec promesse de mariage et un beau cadeau de noces: la "self-governance" (ou tout autre nom qui peut vous plaire). Il n’a pas tenu parole.

    Ses successeurs ont continué à agir comme des "fiancés" de l'électorat, mais étaient évidemment trop indécis à propos du cadeau de noces. Après 35 ans, la fiancée a finalement compris qu’il n’y aurait jamais de noces. Elle a recommencé à « cruiser » et trouve M. Legault plutôt de son goût car son « cadeau de noces » est plus crédible que ce qui lui avait été offert précédemment, tous partis politiques confondus.

    SVP ne prenez pas l’électorat québécois pour des caves…
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  • Georges Paquet - Abonné
    17 novembre 2011 04 h 28
    C'est la faute des autres...
    Selon Roland Berger, si les Québécois sont rendus là où ils sont, c'est la faute des autres. Surtout des fédérslistes.
    Pourant, les souverainistes (en apparence, séparatistes) en on fait croire des choses, et de toutes les couleurs.
    En procédant de reculons, on voit un François Legault qui disait, lorsqu'il état à l'intérieurdu PQ, que la seule façon pour que le Québec devienne gouvernable, c'est qu'il soit indépendant. Il n'y croit plus maintenant.
    Pauline Marois, lors de la défaite du PQ à l'élection de 2003, se complaisait en disant, nous ne sommes peut-être pas assez nombreux pour former le prochain gouvernement, mais nous sommes assez nombreux pour donner de la marde aux Libéraux. Aujourd'hui, elle voudrait être élue pour gouverner autrement.
    Et Bernard Landry qui a déjà dit que le Québec possède plus de pouvoirs au sein de la fédération canadienne que le France n'en possède dans l'Union européenne, et qui voudrait bien ne l'avoir jamais dit.
    Et René Lévesque, que certains, et ils étaient nombreux, croyaient indépendantiste, ne l'a jamais été, de l'avis de tous les analystes sérieux.
    Et vous voudriez que les citoyens ne deviennent pas un peu cyniques...!
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  • Matulu Tremblay - Abonné
    17 novembre 2011 05 h 26
    Le texte de l'année,
    .... en citant Monsieur Dugal.

    Ce texte devrait servir d'outil pédagogique dans nos cégeps et universités pendant, minimalement, une période. Obligatoirement!

    Monsieur Émond, cinéaste, penseur, leader.

    Quand votre prochaine apparition sur le plateau de Bazzo?

    Cela aussi fut un moment de l'année.

    Vous me semblez avoir un bon début de réponse à la question de Marie-France: " Mais de quoi, bon dieu, le Québec a vraiment besoin?"

    - "De quelques Bernard Émond..."
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  •  
  • Simon Drouin - Abonné
    17 novembre 2011 16 h 00
    Merci monsieur Émond
    Je tiens à vous remercier quant à vos propos concernant la démocratie de marché. Effectivement, nous sommes devenues des clientes et des clients pour les partis politiques. Même des journalistes se réfèrent abusivement à ce terme pour décrire l'électorat!

    En cette ère de néolibéralisme où le moins onéreux fait office du seul et unique critère éthique, la fonction de citoyenneté est réduite à celle de «payeur de taxes». En d'autres mots, le projet politique se limite à des considérations purement mercantiles s'inscrivant en faux à une culture humaniste.

    D'ailleurs à ce sujet, il me peine de constater que lorsque nous échangeons sur la dimension intergénérationnelle, la transmission se limite fort tristement à celle d'une absence de dettes publiques ou privées! Il n'est que trop rarement mentionné, une transmission culturelle et de principes qui favorisent une sorte de transcendance immanente. De plus, en ne se bornant qu'à la dimension financière pour décrire une justice entre les générations, les enjeux écologiques et sociétaux sont relégués aux oubliettes!

    Merci à nouveau pour ce magnifique texte
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  •  
  • Mario Plourde - Inscrit
    18 novembre 2011 00 h 27
    J'aime
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  •  
  • benoitethier - Inscrit
    18 novembre 2011 14 h 36
    Plus souvent !
    Gil Courtemanche parti, ne reste que vous M. Émond pour éclairer ceux qui ont perdu le contact avec le sens véritable de la vie et les y guider !
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  • SuzieQ - Inscrit
    19 novembre 2011 05 h 10
    Oui! Magnifique texte! Oui! Plus souvent!! ;-)
    Eh! oui, il y a URGENCE!

    Monsieur Émond, j'adore vous lire. Et ce texte que vous nous offrez fait beaucoup de bien! Il élève le niveau des débats et discussions, que l'on voit trop souvent, ici ou ailleurs, dans les commentaires et réactions. Il élève l'esprit comme lorsqu'on va voir une exposition d'art ou qu'on déguste les oeuvres d'artistes qu'on aime. Nourissant, inspirant.

    ************************************
    L'HONNEUR, c'est la DIGNITÉ MORALE qui permet à l'homme de DÉPASSER SES INTÉRÊTS MESQUINS POUR SERVIR QUELQUE CHOSE de PLUS GRAND QUE LUI: le bien commun, la justice, LE DESTIN D'UN PEUPLE, D'UNE CULTURE.
    ********************************

    @ Chantal Mino
    J'abonde tout à fait dans votre sens!

    @ Gille Arpin, vous dites:
    « M. Lévesque a célébré les fiançailles de son parti avec la population québécoise en 1976, avec promesse de mariage et un beau cadeau de noces: la "self-governance" (ou tout autre nom qui peut vous plaire). Il n’a pas tenu parole. » ????

    Un pays n'est pas un cadeau de noces!

    Un pays ne se fait pas par un seul homme...
    René Lévesque fut un grand démocrate. Je trouve que vous oubliez la définition de démocratie... (...) du peuple, par le peuple, pour le peuple (au sens noble du terme...).
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