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Langue française - Le glissement

Bernard Descôteaux   16 novembre 2011  Québec
Est-on en train de perdre la bataille du français au Québec? La question vient spontanément à l'esprit en voyant la manchette du quotidien La Presse qui, hier matin, nous apprenait que la principale institution financière des Québécois, la Caisse de dépôt et placement, cède à l'unilinguisme sous prétexte de compétence. L'air est connu à Ottawa. D'entendre cette chanson de la part d'institutions québécoises, soumises à l'autorité de la Charte de la langue française, est choquant.

Le premier ministre Jean Charest a eu devant cette nouvelle la réaction que l'on attendait. Oui, une telle situation est INACCEPTABLE! Tous en conviendront avec lui. De même, tous seront d'accord avec le message adressé à la direction de la Caisse de dépôt et placement par l'Assemblée nationale voulant que la connaissance du français soit un critère d'embauche pour tous les postes et à tous les niveaux.

Cette réaction des instances politiques, aussi ferme soit-elle, ne saurait pour autant clore le débat. Cet incident est révélateur d'un problème qui est celui d'un glissement de la valeur accordée à la langue française au sein même des institutions publiques québécoises en dépit des principes de la Charte de la langue française.

La Caisse de dépôt n'est pas n'importe quelle institution. Elle est le symbole même du pouvoir économique des Québécois. Elle est le lieu où s'exerce l'excellence des Québécois en matière financière. Comme dans toutes les institutions financières privées, la connaissance de l'anglais y est indispensable puisque cette langue est la langue internationale du milieu des affaires. Malgré cela, la langue de travail en interne y est toujours demeurée le français. C'est d'ailleurs l'engagement qu'avait pris l'anglophone Michael Sabia en étant nommé à sa direction.... jusqu'à ce qu'il autorise l'embauche de deux vice-présidents anglophones au sein de la filiale immobilière Ivanhoé Cambrige, dont l'unilinguisme contraint un certain nombre d'employés à devoir communiquer et travailler en anglais.

Le message qu'envoie cette décision est désolant. Que comprendra le reste du Canada qui entend les Québécois pousser les hauts cris parce que le gouvernement conservateur ignore l'exigence du bilinguisme pour le poste de vérificateur général et les voit par ailleurs accepter ce qu'ils dénoncent au sein même de leurs institutions? Idem pour le bilinguisme des juges à la Cour suprême. Belles contradictions que voilà.

***

Le message envoyé aux Québécois est encore plus pernicieux. De façon à peine subliminale, le comportement de la Caisse induit une abdication devant l'omnipuissance de l'anglais. Cela justifie des comportements de plus en plus répandus où la langue anglaise est valorisée aux dépens du français. On le voit dans le domaine musical, où la prédominance de l'anglais entraîne de plus en plus de nos auteurs-compositeurs à créer des oeuvres en anglais que l'on retrouve jouées non seulement à la radio, mais aussi dans les téléséries de la télévision québécoise. On le voit aussi dans les commerces, où la mode est aux noms et aux marques de commerce en anglais. Ici, le problème ne vient pas tant des grandes chaînes internationales dont plusieurs se plient aux exigences de la loi d'ajouter un complément en français à leurs noms, que de tous ces nouveaux commerces, petits et moyens, qui se donnent des noms anglais.

Un exemple de l'attitude de bien des Québécois francophones, que nous reprenons de la collègue Sophie Durocher du Journal de Montréal. Un exemple tout ce qu'il y a d'anodin, mais qui dit beaucoup de nous-mêmes. La Société des arts technologiques qui fait des choses extraordinaires dans son domaine de création a lancé un nouveau volet d'activités culinaires baptisé le «Foodlab». Pourquoi cette petite dérive que tant de gens font au quotidien sans s'en rendre compte?

L'Office de la langue française vient de lancer une campagne de sensibilisation des commerces au respect des obligations de la loi 101. Bonne initiative, mais combien tardive. Il y a là une illustration de l'attitude du gouvernement Charest, toujours en retard d'une réaction dans le dossier de la langue. Il laisse glisser les choses. Mais comment le lui reprocher quand nous, francophones québécois, non seulement le tolérons, mais participons à ce glissement par nos propres comportements.
 
 
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  • Bernard Gervais - Abonné
    16 novembre 2011 01 h 40
    Une embauche aberrante !
    L'embauche par Michael Sabia de 2 vice-présidents anglophones unilingues à la Caisse de Dépôt est tout simplement inacceptable.

    Et les employés de cette institution, qui se sont plaints à l'OLF à leur sujet, ont eu entièrement raison d'agir comme ils l'ont fait.

    Quant à la mode actuelle de donner des noms anglais à des nouveaux produits ou commerces, ce phénomène - et c'est fort regrettable - existe dans de nombreux pays à travers le monde. Ça fait peut-être plus branché mais, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, cela n'est pas une garantie de succès. D'abord, c'est le rapport qualité-prix qui importe.

    Près de chez moi, par exemple, les propriétaires d'un salon de coiffure ont décidé de changer le nom de leur commerce pour un autre qui est américain. Ils pensaient ainsi attirer un plus grand nombre de clients. Cependant, cela n'a absolument rien donné !
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  • Jean-Marc Pineau - Inscrit
    16 novembre 2011 01 h 45
    Rien de surprenant.
    Je suis indigné mais pas surpris. Fallait-il s'attendre à autre chose de Michel Sabia ?
    Faut-il se surprendre de l'indignation hypocrite du premier ministre du Québec ? Depuis qu'il est au pouvoir, Jean Charest n'a absolument rien fait pour la défense du français et c'est Jean Charest qui a nommé Michel Sabia à la tête de la Caisse de dépôt et de placement. Or la situation dont on parle aujourd'hui était tout à fait prévisible ; nous sommes plusieurs à l'avoir prévue au moment de la nomination à la Caisse de dépôt et de placement, de cet ami de Jean Charest.
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  • Loraine King - Inscrite
    16 novembre 2011 05 h 51
    A noter
    A noter que Messieurs Smith et McInnis occupent des postes de direction chez Ivanhoé Cambridge depuis l'achat de Cambridge par la Caisse, soit en 2001, alors que le PQ était au pouvoir et que M. Scraire dirigeait la Caisse. Le glissement n'est rien de neuf.


    Bio de M. McInnis, du site de la Caisse:
    http://www.lacaisse.com/fr/lacaisse/Pages/kim-mcin

    Bio (en anglais seulement) trouvée sur le web de M. Smith:
    http://www.spoke.com/info/p796h9G/DavidSmith
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    16 novembre 2011 06 h 44
    Bientôt, l'anglophile France sera anglophone
    Le cri du cœur du maire Labeaume, en France, sidéré de la croissance rapide de l'utilisation des mots d'anglais dans ce pays qui devrait être le foyer de la langue française.

    M. Labeaume désire soulever le problème du français en France à l'occasion du premier Forum de la langue française qui se tiendra à Québec l'an prochain.
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  • Raymond Vaillancourt - Abonné
    16 novembre 2011 07 h 05
    Se mépriser soi-même
    Bravo pour votre éditorial. En effet, nous ne pouvons reprocher aux autres de nous mépriser si nous nous méprisons nous-mêmes.
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  • Pierre Schneider - Abonné
    16 novembre 2011 07 h 20
    Une affaire d'État
    Le respect de la langue française au Québec est peut-être l'affaire de tous, mais c'est avant tout une affaire d'État. Et quand cet État, amputé de toutes parts de sa volonté inaliénable d'imposer la langue de la nation québécoise, il abdique sa responsabilité première de défense et d'illustration du français. On se dirige rapidement vers l'assimilation tant désirée par Durham et ses successeurs.
    Quand on constate à quel point la Loi 101 du regretté Dr Camille Laurin a été édentée et dégriffée, on en conclut inévitablement à la chronique d'une mort annoncée.
    Nous en sommes rendus là.

    Pas étonnant que j'en sois à publier cet automne "La trahison comme mode de mort", poésie subversive...
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  • michel lebel - Inscrit
    16 novembre 2011 07 h 24
    Glissement véritable?
    Je pense qu'on exagère u sujet de ce glissement. Quand le nationalisme péquiste bat de l'aile, on tape sur le tambour de la langue. C'est un classique de la politique québécoise!
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  • Claude Desjardins Claude Desjardins - Abonné
    16 novembre 2011 08 h 25
    michel lebel
    A vous lire on croirait que le nationalisme péquiste bat de l'aile depuis 40 ans.

    Ça aussi c'est un classique de la politique québécoise.

    http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/
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  • Loraine King - Inscrite
    16 novembre 2011 08 h 51
    Sabia
    Comment se fait-il que l'on accuse Sabia d'avoir embauché deux personnes qui sont à l'emploi d'Ivanhoé Cambridge/Caisse de dépôt depuis 2001?

    Si on veut critiquer ceux qui ont embauché ces personnes, ne doit-on pas critiquer Monsieur Scraire et le gouvernement péquiste de l'époque ?

    Pourquoi les nationalistes québécois sont ils indignés seulement quand ils entendent le nom de Michael Sabia? Quand ça venait du PQ et de M. Scraire, personne ne s'était indigné !
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  • jean-claude Vincent - Abonné
    16 novembre 2011 08 h 52
    L'assimilation tranquille.
    On m'accusera peut-être de paranoia mais la situation navrante à la Caisse de dépôt me semble une partie d'un plan d'assimilation organisé par ce qu'il convient d'appeler l'état Desmarais.

    On le constate depuis l’accession au pouvoir de notre frisé national en 2003 et sa politique d’assimilation tranquille, le mouton québécois se reproduit rapidement.

    Avec le travail de sape entrepris depuis vingt-cinq ans par la Cour Suprème du Canada, qui n’a même plus aujourd’hui à cacher son visage d’instrument de domination du pouvoir “canadian” avec ses juges unilingues anglos et les écoles passerelles libérales ,les fédéralistes ont réussis à édenter la loi 101.

    On est en train de perdre Montréal où l’unilinguisme anglophone de l’affichage et de la langue parlée dans les commerces a franchi la ligne de la rue St-Laurent et se répand tranquillement vers l’est, en éliminant le visage français de la ville.

    Pendant ce temps l’OLF et l’ineffable ministre St-Pierre ont pour principale politique et ligne de défense de culpabiliser la clientèle qui selon eux doit se battre pour se faire servir en français.

    Cependant il est facile de constater qu’il y a un gêne dans le mouton québécois qui le pousse à parler anglais aussitôt qu’il entend une parole prononcée dans cette langue , que ce soit au travail ou dans l’espace public.

    Au fil du temps une importante partie du troupeau a vu un avantage économique concurrentiel et l’assurance de meilleurs conditions de vie en parlant la langue du conquérant.

    Quand une grande partie de la population a tout simplement abdiquée et renoncée à sa culture c’est difficile de continuer le combat pour la reconnaissance et l’épanouissement de notre langue, mais il ne faut surtout pas lâcher et espérer qu’avec un gouvernement qui se tiendra debout nous ferons reculer le travail d’assimilation entrepris à Montréal qui s’étend lentement au Québec tout entier.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    16 novembre 2011 08 h 56
    Il faut appeler la police (1)
    Pendant ce temps-là, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) rend hommage à quatre citoyens considérés comme exemplaires que l'on appelle pompeusement Les Grands Montréalais.(dixit LE DEVOIR de ce matin

    Il serait intéressant de connaître les conditions à remplir pour être considérés comme GRANDS (sic).

    Pourquoi Montréalais et pas Québécois? Ne serait -ce pas parce que certaines des personnes susceptibles d'être choisies par la CCMM ne se considèrent pas comme étant des Québécois?

    Ne s'exclueraient-ils pas eux-mêmes du Québec?

    En plus, parmi le cuvée de Grands Montréalais de 2011, il y a le fondateur d'Aldo, soit monsieur Aldo Bensadoun.

    Or je connais quelqu'un qui a travaillé chez Aldo dans le «West Island» pendant quelques mois. Cette personne, qui gagne à peine plus que le salaire minimum, devait pouvoir parler l'anglais alors que tout ou presque, m'a dit-il dit, se déroule en anglais au sein de l'entreprise, cerains de ses patrons étant des unilingues anglais.

    Et on honore le fondateur de la maison, qui y joue encore un rôle très actif, paraît-il. Et son mépris du français, qu'est-ce qu'on en fait?

    EN fait, ce que je me demande c'est si la CCMM se préoccupe vraiment de voir à ce que la loi 101 soit respectée dans les différentes entreprises qui en font partie.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    16 novembre 2011 08 h 58
    Il faut appeler la police (2)
    Ce qu'il se passe chez Aldo (qu'il faudrait vérifier je le concède) m' amème à en douter.

    Si donc nous voulons que la langue de travail soit le français au Québec, y compris à Montréal, nous devons y voir mais nous devons aussi exiger que le gouvernement voie à ce que la loi soit appliquée.

    Si nous avons une police de la langue c'est parce que c'est nécessaire. Nous n'avons pas à en avoir honte malgré ce qu'en disent les anglophones. Ils ne se gênent pas eux pour tenter de nous imposer leur langue. Nous ne devons pas nous gêner nous non plus pour leur imposer la nôtre.

    Et la police de la langue doit faire son travail si nous ne voulons pas que le Québec, et surtout Montréal, redevienne anglophone comme elle l'était avant la promulgation de la Charte de la langue française en 1977.

    Je m'en souviens très bien moi de cette époque. Je me souviens très bien , entre autres, des menus exclusivement en anglais des restaurants Murray's et des commis unilingues chez Eaton etc etc.

    Je me souviens aussi d'avoir eu des patrons qui ne parlaient pas un mot de français et à qui je pensais devoir parler en anglais alors que je ne faisais que baragouiner cette langue.

    C'était ça être colonisé.

    Plus jamais ça !
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  • Michel078 - Inscrit
    16 novembre 2011 09 h 04
    L'anglais doit cesser d'être officiel à Montréal
    La dérive qui a lieu à la Caisse de dépôt n'a malheureusement rien d'étonnant. En effet, contrairement à d'autres villes francophones du monde comme Paris ou Genève, l'anglais est de fait une langue officielle à Montréal et il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il soit utilisé dans le milieu professionnel. Si on veut vraiment défendre le français à Montréal (et dans tout le Québec), il faut que celui-ci devienne vraiment la seule langue officielle et que l'anglais cesse de lui faire concurrence. Plusieurs mesures simples devraient d'ores et déjà être mises en œuvre :

    1) Arrêt de l'envoi de documents officiels en anglais aux immigrants, ce qui les détourne clairement du français.

    2) Francisation des organismes fédéraux établis au Québec et des entreprises de moins de cinquante salariés. Actuellement, ces entreprises ne sont pas soumises à la Charte, ce qui a pour conséquence que le droit de travailler en français n'y existe pas. Ce qui est d'ailleurs aberrant. Pourquoi ce droit existerait-il pour les entreprises de plus de cinquante salariés et pas les autres ? Et pourquoi cinquante salariés et pas vingt ou cent ? Mystère. À noter qu'en France, le droit de travailler en France s'applique à toutes les entreprises, quel que soit le nombre de salariés.

    3) Fin de la clause Canada. Si des Canadiens d'autres provinces viennent s'installer au Québec, ils doivent savoir que l'enseignement se fait en français et que leurs enfants devront donc aller dans des écoles francophones. C'est exactement ce qui se passe dans d'autres pays officiellement plurilingues comme la Belgique ou la Suisse.

    Si on appliquait déjà ces trois mesures (surtout la deuxième), il est évident que le français se porterait bien mieux.
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  • coltir - Inscrit
    16 novembre 2011 09 h 11
    Pas fiers
    Je n'ai jamais vu un peuple avoir si peu de fierté que les Québécois. Il n'y a que chez nous qu'on voit la majorité faire tout ce qu'elle peut pour s'assimiler à la minorité. C'est à pleurer!

    Nous pourrions prendre exemple sur les Écossais, les Basques et les Catalans, entre autres.
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  • michel lebel - Inscrit
    16 novembre 2011 09 h 20
    @ Claude Desjardins
    Je voulais simplement dire que lorsque le PQ va mal, les nationalistes sortent la casserole linguistique, histoire de revigorer la troupe. Le phénomène est récurrent. Quant au nationalisme péquiste, il a eu des hauts et des bas depuis 40 ans. C'est le propre de toute idéologie. Nihil novi sub sole(rien de neuf sous le soleil).
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  • Michel078 - Inscrit
    16 novembre 2011 09 h 20
    Le français en France
    À Gilles Bousquet : concernant le français en France, je signale quand même que les anglicismes y sont bien moins nombreux que dans d'autres langues, comme l'italien ou le néerlandais. De plus, la chasse aux anglicismes est officielle en France : les médias ainsi que les établissements publics doivent employer les termes français officiels dans leurs communications et non des anglicismes. De même, la loi Toubon française est bien plus protectrice que la loi 101. Regardons ce qu'il en est dans le détail :

    1) La langue au travail

    Contrairement au Québec, le droit de travailler en français s'applique à tous les organismes en France, quelque soit leur statut ou le nombre de leurs salariés. Et des entreprises ont été lourdement sanctionnées pour usage illégal de l'anglais. Par exemple la société américaine GEMS en mars 2006, condamnée à 570.000 euros d'amende (980.000 dollars canadiens) pour avoir pour avoir transmis des documents en anglais sans traduction à ses salariés français :
    http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index

    De même pour les sociétés Nextiraone et Europ Assistance, elles aussi condamnées pour avoir voulu imposer à leurs salariés des logiciels en anglais sans traduction :
    http://www.francophonie-avenir.com/Index DDP Europ Assitance condamnée à traduire un logiciel en français.htm
    http://www.daily-bourse.fr/news.php?news=AFP080516

    2) Le français langue officielle

    Là-aussi, la loi Toubon est bien plus protectrice que la loi 101. En effet, en France, le français est véritablement la seule langue officielle. Tous les documents y sont rédigés en français et un document écrit dans une autre langue n'y a aucune valeur légale. Au Québec, ce n'est pas le cas. Le français n'y est pas véritablement la langue officielle vu que le gouvernement Charest distribue des documents officiels en anglais à qui les veut, entre autres à de nombreux immigrants, les détournant ainsi du fran
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  • Jean Martinez - Inscrit
    16 novembre 2011 09 h 30
    Poudre aux yeux encore
    Il n'est pas du tout surprenant qu'en catimini l'actuel patron de la Caisse, le Torontois Michael Sabia, ait engagé des unilingues anglophones, comme s'il n'y avait pas quelqu'un parlant français capable d'occuper ces postes! Bonjour la vision coloniale! Ce phénomène s'inscrit dans la stratégie globale de canadianisation du Québec en vue de l'empêcher de cheminer vers son indépendance. Tout cela, bien sûr, avec la complicité du gouvernement Charest qui, à l'occasion, joue hypocritement la carte de l'indignation nationaliste pour remonter dans les sondages.

    Mais la vérité, c'est que ce processus d'anglicisation du milieu des affaires montréalais est très profond. Tellement qu'il sera difficile d'inverser la tendance sans créer pour quelque temps une certaine turbulence économique. Faites enquête dans certains domaines, comme le pharmaceutique, et vous verrez que l'unilinguisme anglais est imposé à plusieurs Québécois chez eux, au Québec.

    Les Québécois l'ignorent, tout comme les médias. Pendant ce temps, le seul parti qui a promis de défendre leurs intérêts supérieurs, le Parti québécois, est à la traîne dans les sondages. Comme ils l'ont fait avec le NPD, les Québécois vont encore se faire berner en votant pour un faux parti nationaliste, la CAQ de Legault, qui n'est qu'au fond qu'une créature venue nuire au PQ. C'est terrifiant pour notre avenir. Les Québécois doivent se réveiller et reprendre possession de leur territoire. Ça, ça mérite un campement au Centre-Ville...
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  • Normand Carrier - Abonné
    16 novembre 2011 09 h 33
    Ce qu'on leurs reproche , madame King.....
    Ce n'est pas d'être incompétents et d'avoir été transférés avec l'achat de Cambridge , c'est de ne pas avoir appris le francais depuis deux pour monsieur McInnis et plus de 12 ans pour monsieur Smith qui vivent tous deux a Montréal ... Aussi comment expliquer que monsieur Smith est responsable de la gestion des ressources humaines de tout le secteur de l'immobilier .... Cette aberrration est un véritable manque de respect envers les Québécois ..... Ne croyez-vous pas madame King ?
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  • Pierre-E. Paradis - Inscrit
    16 novembre 2011 10 h 00
    For English press 9
    L'aplat-ventrisme du gouvernement se manifeste dans ce bilinguisme intégral des services publics. Dans le secteur de la santé, je peux comprendre puisque la sécurité des personnes est en jeu. Mais dans tous les autres cas, l'incitatif à parler français disparaît dès la première visite aux bureaux de la SAAQ.

    Cette situation est beaucoup plus inquiétante que ne peut l'être l'affichage commercial.
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  • michel lebel - Inscrit
    16 novembre 2011 10 h 38
    La règle de la facilité
    En règle générale, les gens n'apprennent une deuxième langue que par nécessité. C'est la motivation principale pour la plupart: il n'y a pas de choix! Autrement, c'est la règle de la facilité, de la paresse qui s'applique: une seule langue sufffit. Cela semble être le cas pour ces deux cadres supérieurs de la Caisse de dépôt et de placement. Pour toutes sortes de raisons, allant du respect de l'autre et de sa langue, de bonnes relations de travail à un enrichissement personnel, ces cadres auraiet dû très bien connaître le français écrit et parlé. Mais ce n'était pas le cas, car cette connaissance n'était pas obligatoire! La Caisse de dépôt est fautive. À elle de réparer les pots.
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  • Loraine King - Inscrite
    16 novembre 2011 10 h 54
    @Normand Carrier
    Je leur reproche la même chose, ils devraient parler français après toutes ces années à Montréal. Mais je n'ai aucun reproche à faire à Michael Sabia pour l'embauche de ces deux messieurs puisqu'elle date de l'époque d'un gouvernement péquiste, et sous la direction de M. Scraire, non de M. Sabia. Mais pour une raison que j'ignore on blâme M. Sabia de leur embauche plutôt que de blâmer le PQ et M. Scraire.

    Ce que je soupçonne c'est que ça va très mal dans le navire. L'avenir n'est pas dans les centres d'achats ! Le commerce de détail, pour les vêtements , les livres, la musique, l'électronique, se fera de plus en plus en ligne. L'avenir des centre d'achats, c'est les 'dead mall'.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Dead_mall

    Ces employés ont travaillé avec des dirigeants anglophones une décennie sans rien dire et tout à coup, oups, on se plaint. C'est évident qu'il y a eu plusieurs mises à pied chez IvanhoéCambridge et que ceux qui restent craignent pour leur avenir - je ne peux les blâmer. La nomination de ces deux personnes me fait surtout penser qu'on veut sauver les meubles.

    Sabia a hérité de cette situation et il doit agir. Si on veut blâmer quelqu'un pour leur embauche, qu'on blâme les dirigeants de la CDPQ et le gouvernement de l'époque.
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  • Jean Richard - Abonné
    16 novembre 2011 11 h 13
    L'anglophilie de certains commerçants
    Vient d'ouvrir rue Saint-Hubert, à quelques pas de Jean-Talon, un salon de coiffure visiblement fréquenté par des Latinos. On se demande pourquoi l'avoir baptisé Magic Shop.

    Un peu plus au sud-est, un autre commerce orienté vers une clientèle hispanophone s'appelle Latin Best-Sellers. Or, malgré ce nom emprunté à une autre langue, c'est bien dans les ouvrages de langue de Cervantes que cette petite librairie se spécialise.

    À peine plus loin, rue Bélanger cette fois, un commerce plus sympathique se décline en trois sections : une boucherie, un super-marché et un restaurant, coiffées du nom commercial Sabor Latino. Ça donne sur l'affiche Restaurant Sabor Latino, Super-Marché Sabor Latino et Boucherie Sabor Latino.

    Dans ce dernier cas, contrairement aux deux premiers, j'achète. J'achète Sabor Latino, mais je n'aurais jamais accepté Latin Flavor, nom qui aurait été retenu s'il avait fallu que ce commerce suive l'exemple des deux premiers. Pourquoi ? Pour bien des raisons. Le nom Sabor Latino identifie bien, surtout qu'il s'agit d'alimentation, l'origine et la couleur du commerce. Ensuite, la présence des mots Boucherie, Super-Marché et Restaurant est conforme aux règles de l'affichage. Et enfin, l'espagnol est bien présent à Montréal, mais n'est pas une langue envahissante, contrairement à l'anglais. Cette langue est plutôt sous-représentée, au niveau de l'industrie culturelle surtout. Par exemple, il est très rare qu'on projette un film en espagnol sur les écrans de nos cinémas. Or, il existe un cinéma hispanophone qui n'a rien à envier en qualité avec ce qui vient de Hollywood. Et il y a plusieurs dizaines de milliers de Montréalais pouvant comprendre cette langue très riche.

    Si on n'intervient pas pour freiner l'impérialisme commercial de l'anglais auquel les commerçants contribuent généreusement grâce à l'affichage, les immigrants croiront que c'est la pratique à Montréal et on verra pousser d'autres Magic Shop.
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  • Patrick M. Gouin - Inscrit
    16 novembre 2011 11 h 36
    Quand nous avons honte de s'affirmer...
    Bravo à tous ces fossoyeurs des idéaux et des aspirations légitimes du peuple québécois. Bouchard, Charest et leurs compères occultes qui, depuis une décennie, ont réussi à faire qu'il devient honteux d'affirmer sa langue et sa culture, sans parler de l'indépendance nationale. Pourtant dans un pays «normal» ce seraient de nobles valeurs. Ici, on se couvre de ridicule si on y fait à peine allusion.
    Et dire qu'hier, le jour de l'anniversaire du 15 nov. '76, tout nous apparaissait possible.
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  • grace - Inscrit
    16 novembre 2011 14 h 37
    Injustifiable et Affirmation
    Ces récentes nouvelles sur les nominations de juges, de vérificateurs et de cadres supérieurs suscitent chez moi des réactions négatives. Elles sont encore plus négatives lorsqu'il s'agit de cadres supérieures en ressources humaines sur le territoire québécois.

    Je refuse les messages de justifications de l'injustifiable des services de communications de ces entreprises publiques et privées.

    Ces nominations et ces recrutements à la Caisse sont injustifiables. Il existe des cadres supérieurs pouvant s'exprimer dans les deux langues au Québec en 2011. HEC, UQAM, ULaval, USherbrooke, Concordia, McGill....

    Même mon cousin avec un nom italien ayant étudié dans le secteur anglophone est bilingue...alors Non les récents messages sont injustifiables messieurs et mesdame de la Caisse ou d'ailleurs.

    Injustifiable de diminuer et de circonscrire l'ensemble des Québécois diplomés à des imbéciles unilingues.

    J'en ai marre d'entendre et de voir cette soi-disante petite élite qui ne serait pas la n'eut été des efforts d'un géant comme Jean Lesage et bien d'autres.

    Nous ne sommes plus dans les années d'avant la révolution tranquille et même avant mon pere comptable parfaitment bilingual, did not get the top job... He was french ! However, he had the title of CA.

    Il y a des milliers de gens au Québec ayant un diplome universitaire dans les domaines des GRH, des TI, du Marketing de la production, de l'ingénierie, des sciences pures, qui sont bilingues et même trilingues. Pas capable de trouver le candidat...MENTEURS

    Injustifiable, même un québécois bilingue peut transiger à l'international.

    On nous envoie encore le message de : Vous n'etes que des porteurs d'eau, gagnez votre petit pain,et surtout....Soyez des subalternes chers québécois.

    Ces récentes nouvelles sont graves car elles témoignent du traitement de tous les Québécois. Non je refuse que l'on me traite en Speak White ! Non je refuse d'etre un éternel Subalterne.
    Affirmon
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  • Christian Nadeau - Inscrit
    16 novembre 2011 14 h 41
    Les Québécois francophones sont des patates de sofa linguistiques
    La révolution tranquille et souterraine d'assimilation à l'anglais poursuit sa marche inexorable.

    Nous, qui souvent ne marmonnons qu'un Français approximatif, sommes incapables d'exprimer clairement et avec force notre désir d'épanouissement linguistique.

    Tout comme dans plusieurs domaines, plutôt que de nous tenir debout, nous nous affaissons comme des patates de sofa, regardant passer la parade. Et nos enfants élevés à coup de compétences transversales sont prêts à prendre cette triste relève.
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  • grace - Inscrit
    16 novembre 2011 14 h 45
    Injustifiable et affirmation (suite et fin)
    Il serait également interessant que nos journalistes s'intéressent davantage à cette petite élite issue des efforts des années 60 et 70.
    Petit Québec Inc. sans affirmation personnelle, petit Québec inc. petit oubliant qu'ils n'occuperaient pas ces postes sans les efforts d'hommes et de femmes courageux et travailleurs.

    Dresser un portrait de ces gens qui ne cessent de parler de pénuries de main d'oeuvre, de manques de ressources humaines diplomés, de petit Québec...et qui prospère sur notre sol à nous mépriser et à nous maintenir dans un modèle au combien Québecois. Mod`le du petit, de l'avare, de l'avenir limité, du rabaissement....

    Non petit Québec inc. vous n'etes pas les seuls à vouloir réussir et à prospérer. Non petit Québec inc. vous croyez que jouer dans les Big leagues consistent à diminuer et mépriser le bassin de ressources humaines compétentes que l'on peut trouver au Québec.

    Il n'est pas bilingue, just to bad, you can find someone else.
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  • Chezbrod - Abonné
    16 novembre 2011 22 h 18
    @Mme King
    Madame King

    plutôt que de chercher de lointains coupables, votre opinion nous importerait plus, si tant est que vous en ayez une sur le sujet.
    Péquistes ou libéraux, là n'est pas la question.
    Le fait que des solutions aient été apportées aussitôt le problème connu illustre bien son caractère problématique, sensible pour ne pas dire navrant pour les Québécois.
    Pierre Brodeur
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  • Shawn Pinsonneault - Inscrit
    18 novembre 2011 22 h 01
    Catalans
    J' étais à Barcelone en septembre. La situation linguistique a nettement évolué en cinquante ans. Les gens ont compris qu'il fallait une évolution pour assurer l'avenir de leur identité culturelle. En effet, les catalans sont différents des espagnols. Évidement, ils partagent beaucoup de choses:les tapas, la musique etc...mais ils ont su gardé leur culture et l'intérêt à la culture catalane a haussé chez les jeunes(je pense aux Castels, très populaires). En fait, c'est simple, les catalans parlent maintenant leure langue et ils n'ont plus à la revendiquer comme jadis.
    Selon moi, cette réussite est le fruit d'un effort, bien sûr d'un peuple, mais également d'un effort individuel.
    Si l'on regarde du côté de la France Catalane, l'intérêt semble moins vif chez les jeunes. L'intérêt semble plutôt plus grand, ces dernières années, chez les occitans. Mais là, voilà une situation qui représente tout à la France face aux langues régionales:
    Tout est en place, des professeurs formés pour enseigner l'Occitan. Des parents de plus en plus entousiastes à ce que leur-s enfant-s apprendre l'Occitan, langue longtemps méprisée et déniée, interdite dans le système scolaire Français. Cependant,même avec toute la volonté importante, on a décider d'y mettre un NON. La raison, le budget. Ce refus est de 2011.
    Enfin, tout cela pour dire que, pour conserver sa langue, il en dépend avant tout de sois-même, de la façon que l'on traîte notre langue, individuellement.
    Oui, nous avons la loi 101, oui nous avons un Canada (qui se dit) unilingue, oui nous avons des établissements en langue Française ainsi que des services gournementeaux en Français(qui laisse parfois à désirer) etc...mais tout cela n'est qu'en surface. C'est ce que l'on doit se souvenir...Québec je me souviens

    Québec je me souviens de ma langue...

    L'effort est donc avant tout à notre dépend. Croire que le gouvernement sauvera notre langue est une faute impardonable. Alo
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