Parti québécois - Avec vous, Madame Marois
Madame Marois,
J'ai écouté avec grand intérêt l'entrevue que vous accordiez récemment à Jean-Luc Mongrain et je tiens à vous transmettre mes sincères félicitations.
J'ai été impressionné par votre détermination à mettre fin aux chicanes qui nuisent depuis trop longtemps au Parti québécois. Votre analyse est juste. Un électrochoc est nécessaire. Une minorité ne peut dicter son choix à la majorité. Trop de chefs du Parti québécois ont été injustement poussés vers la sortie par cette minorité. À trop l'écouter, nous nous éloignons de notre objectif de faire du Québec un pays.
Dans quelques jours, nous célébrerons le 35e anniversaire de la première victoire électorale du Parti québécois. Notre parti a été fondé par le grand René Lévesque qui a lui-même subi la fronde de ses militants deux mois avant de remporter l'élection du 15 novembre 1976. Notre parti est cruel envers ses chefs. De Pierre Marc Johnson à André Boisclair, nos chefs y sont tous passés à l'exception de Jacques Parizeau, qui a démissionné au lendemain du référendum de 1995. Il est temps que ça cesse.
Le poing sur la table
Les événements que vous vivez me rappellent ceux de 1987. Après le décès de M. Lévesque et le départ de M. Johnson, j'avais été nommé chef parlementaire de l'opposition officielle. Lors du conseil national suivant, je me souviens avoir eu à mettre le poing sur la table pour mettre fin aux chicanes qui empoisonnaient notre parti. J'étais allé jusqu'à inviter publiquement les dissidents à quitter le parti ou à se rallier. C'est la plus longue ovation que j'ai eue de ma carrière!
Je sais que ce n'est pas facile. Je sais aussi que c'était l'électrochoc dont le parti avait besoin, tout comme il en a besoin maintenant. René Lévesque nous a légué un grand parti avec le plus emballant projet de société. Encore aujourd'hui, le Parti québécois propose des idées novatrices au peuple. Il faut pouvoir le dire, mais tant que nos chicanes occuperont l'avant-scène, les gens ne nous écouteront pas. Il faut cesser de se diviser sur les questions qui touchent la façon d'accéder à la souveraineté et se concentrer sur les véritables raisons qui nous motivent à vouloir faire du Québec un pays. Il est temps de se rallier dans le but d'atteindre notre objectif le plus rapidement possible.
Continuer à étaler nos divisions sur la place publique serait suicidaire. Dans un parti démocratique, lorsque les débats ont eu lieu et qu'une majorité est en accord, on se rallie ou bien on s'en va. Une minorité ne peut empêcher une majorité de travailler.
Je suis entièrement derrière vous. Vous pouvez compter sur mon appui indéfectible. Amitiés.
***
Guy Chevrette - Ancien député du Parti québécois
J'ai écouté avec grand intérêt l'entrevue que vous accordiez récemment à Jean-Luc Mongrain et je tiens à vous transmettre mes sincères félicitations.
J'ai été impressionné par votre détermination à mettre fin aux chicanes qui nuisent depuis trop longtemps au Parti québécois. Votre analyse est juste. Un électrochoc est nécessaire. Une minorité ne peut dicter son choix à la majorité. Trop de chefs du Parti québécois ont été injustement poussés vers la sortie par cette minorité. À trop l'écouter, nous nous éloignons de notre objectif de faire du Québec un pays.
Dans quelques jours, nous célébrerons le 35e anniversaire de la première victoire électorale du Parti québécois. Notre parti a été fondé par le grand René Lévesque qui a lui-même subi la fronde de ses militants deux mois avant de remporter l'élection du 15 novembre 1976. Notre parti est cruel envers ses chefs. De Pierre Marc Johnson à André Boisclair, nos chefs y sont tous passés à l'exception de Jacques Parizeau, qui a démissionné au lendemain du référendum de 1995. Il est temps que ça cesse.
Le poing sur la table
Les événements que vous vivez me rappellent ceux de 1987. Après le décès de M. Lévesque et le départ de M. Johnson, j'avais été nommé chef parlementaire de l'opposition officielle. Lors du conseil national suivant, je me souviens avoir eu à mettre le poing sur la table pour mettre fin aux chicanes qui empoisonnaient notre parti. J'étais allé jusqu'à inviter publiquement les dissidents à quitter le parti ou à se rallier. C'est la plus longue ovation que j'ai eue de ma carrière!
Je sais que ce n'est pas facile. Je sais aussi que c'était l'électrochoc dont le parti avait besoin, tout comme il en a besoin maintenant. René Lévesque nous a légué un grand parti avec le plus emballant projet de société. Encore aujourd'hui, le Parti québécois propose des idées novatrices au peuple. Il faut pouvoir le dire, mais tant que nos chicanes occuperont l'avant-scène, les gens ne nous écouteront pas. Il faut cesser de se diviser sur les questions qui touchent la façon d'accéder à la souveraineté et se concentrer sur les véritables raisons qui nous motivent à vouloir faire du Québec un pays. Il est temps de se rallier dans le but d'atteindre notre objectif le plus rapidement possible.
Continuer à étaler nos divisions sur la place publique serait suicidaire. Dans un parti démocratique, lorsque les débats ont eu lieu et qu'une majorité est en accord, on se rallie ou bien on s'en va. Une minorité ne peut empêcher une majorité de travailler.
Je suis entièrement derrière vous. Vous pouvez compter sur mon appui indéfectible. Amitiés.
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Guy Chevrette - Ancien député du Parti québécois
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