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Parti québécois - Avec vous, Madame Marois

Guy Chevrette - Ancien député du Parti québécois  11 novembre 2011  Québec
Madame Marois,

J'ai écouté avec grand intérêt l'entrevue que vous accordiez récemment à Jean-Luc Mongrain et je tiens à vous transmettre mes sincères félicitations.

J'ai été impressionné par votre détermination à mettre fin aux chicanes qui nuisent depuis trop longtemps au Parti québécois. Votre analyse est juste. Un électrochoc est nécessaire. Une minorité ne peut dicter son choix à la majorité. Trop de chefs du Parti québécois ont été injustement poussés vers la sortie par cette minorité. À trop l'écouter, nous nous éloignons de notre objectif de faire du Québec un pays.

Dans quelques jours, nous célébrerons le 35e anniversaire de la première victoire électorale du Parti québécois. Notre parti a été fondé par le grand René Lévesque qui a lui-même subi la fronde de ses militants deux mois avant de remporter l'élection du 15 novembre 1976. Notre parti est cruel envers ses chefs. De Pierre Marc Johnson à André Boisclair, nos chefs y sont tous passés à l'exception de Jacques Parizeau, qui a démissionné au lendemain du référendum de 1995. Il est temps que ça cesse.

Le poing sur la table

Les événements que vous vivez me rappellent ceux de 1987. Après le décès de M. Lévesque et le départ de M. Johnson, j'avais été nommé chef parlementaire de l'opposition officielle. Lors du conseil national suivant, je me souviens avoir eu à mettre le poing sur la table pour mettre fin aux chicanes qui empoisonnaient notre parti. J'étais allé jusqu'à inviter publiquement les dissidents à quitter le parti ou à se rallier. C'est la plus longue ovation que j'ai eue de ma carrière!

Je sais que ce n'est pas facile. Je sais aussi que c'était l'électrochoc dont le parti avait besoin, tout comme il en a besoin maintenant. René Lévesque nous a légué un grand parti avec le plus emballant projet de société. Encore aujourd'hui, le Parti québécois propose des idées novatrices au peuple. Il faut pouvoir le dire, mais tant que nos chicanes occuperont l'avant-scène, les gens ne nous écouteront pas. Il faut cesser de se diviser sur les questions qui touchent la façon d'accéder à la souveraineté et se concentrer sur les véritables raisons qui nous motivent à vouloir faire du Québec un pays. Il est temps de se rallier dans le but d'atteindre notre objectif le plus rapidement possible.

Continuer à étaler nos divisions sur la place publique serait suicidaire. Dans un parti démocratique, lorsque les débats ont eu lieu et qu'une majorité est en accord, on se rallie ou bien on s'en va. Une minorité ne peut empêcher une majorité de travailler.

Je suis entièrement derrière vous. Vous pouvez compter sur mon appui indéfectible. Amitiés.

***

Guy Chevrette - Ancien député du Parti québécois
 
 
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  • GLabelle - Abonné
    11 novembre 2011 03 h 35
    Un électrochoc?
    Comme si un électrochoc pouvait provenir de l'intérieur de ce parti moribond. C'est d'un défibrilateur qu'il faut. J'espère que les péquistes le trouveront en Aussant et en Option nationale.
    Remarquez que j'espère encore que le PQ survive. Mais surtout, qu'il comprenne qu'il a besoin de tout le monde pour faire un pays... quitte à faire des compromis.
    C'est le rôle que je veux voir ON jouer: le catalyseur d'une nécessaire remise en question des dogmes du PQ. Que ça ait la forme d'une coalition ou d'une refonte du programme.
    Et si ça ne marche pas...
    Eh bien je voterai selon mes convictions.
    En attendant, vive Option nationale!
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    11 novembre 2011 06 h 51
    @ M. GLabelle
    Vous critiquez Mme Marois en vous présentant comme un membre d'Option nationale. Vous auriez avantage à venter les mérites du programme de votre nouveau parti politique, à la place de critiquer celui des autres.

    Le PQ n’a certainement pas besoin de celles et ceuxm, les Brutus qui tentent de le démolir avec son chef, par leurs critiques publiques incessantes, en se disant souverainistes.
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  • François Ricard - Abonné
    11 novembre 2011 07 h 38
    Nous avons tous une mémoire sélective
    Le PQ met ses chefs à la porte.
    Qu'est-il arrivé à Jean Lesage après sa défaite de 1966?
    Qu'a fait Robert Bourassa après sa défaite de 1976?
    Qu'a-t-on fait comprendre à Claude Ryan après sa défaite de 1981?
    Et Daniel Johnson dans les années 1990?
    Le PQ est beaucoup plus démocratique que les partis traditionnels.
    En démocratie, le chef, du moins s'il comprend bien son rôle, n'est là que pour aider à la formation à arriver à un consensus. Mme Marois, depuis un an, devant les difficultés du PLQ et de Charest, se voyait déjà première ministre. Le 93% du printemps est venu amplifier chez elle ce sentiment de triomphe. Alors elle a voulu, avec sa garde rapprochée, mener le PQ comme Charest mène le PLQ.
    Mal lui en prit. Le PQ n'appartient pas à son chef mais à ses membres.
    A cause de cela, le lien de confiance entre la chef et et la base s'est rompu. En pareil cas, on ne change pas l'équipe mais le coach.
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    11 novembre 2011 07 h 50
    Tien tien,
    Dites moi, est-ce que l’honorable vétéran Guy espère obtenir une nouvelle job si jamais... C'est bien calculé puisque nous savons tous qu'il n'y aura pas foule aux portes si jamais les électeurs avaient le malheur orange encore une fois On ne sait jamais. La chance en vaut le lampion non non la chandelle.Au passage où auront lieu les funérailles ?
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  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit
    11 novembre 2011 07 h 58
    M. Chevrette, parions que...
    vous ne vivrez pas assez vieux pour voir votre projet se réaliser. Bien sûr que tous les fanatiques du PQ ne lâcheront pas le morceau. Mais, contrairement à ce qu'a dit Pauline Marois, une minorité ne fera jamais plier une majorité. Les contestations, quelqu'elles soient, sont toujours organisées par des minorités. Bonne chance quand même.
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  • France Marcotte - Abonnée
    11 novembre 2011 08 h 37
    À trois, vous revenez à la réalité...
    "En démocratie, le chef, du moins s'il comprend bien son rôle, n'est là que pour aider à la formation à arriver à un consensus", dit M.Ricard.
    Vraiment, êtes-vous sûr de cela?
    Il me semble que cela se discute.
    Mais vous toucher un point. Il faudrait s'entendre sur le rôle d'un chef.
    Qui sait, c'est peut-être ça la source du problème, un malentendu à propos du rôle du chef.
    Et M.Chevrette parle d'un électrochoc. Pas sur la population, dans le parti.
    Est-ce une bonne idée. En tout cas ça marche avec les enfants ou pour ressaisir quelqu'un d'égaré, genre, un saut d'eau froide dans'face.
    Et le mot pragmatisme, y'as-tu quelqu'un qui n'y est pas allergique?
    Il en faut pourtant un peu pour conduire un bateau à bon port.
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  • Soumande - Inscrit
    11 novembre 2011 08 h 50
    « Il faut que », « il est temps que », etc.

    Cette petite lettre de quelques 450 mots compte 5 fois les expressions « il faut », « il est temps » ou « il est nécessaire ».

    Mais comme le PQ et Mme Marois ne font même plus 20% dans les sondages ; « il est temps », comme le dit M. Chevrette, de se rallier ou de s’en aller.

    Reste tout de même, entre ces deux options, de changer le chef pour donner un sérieux coup de barre afin d’éviter le naufrage qui ne peut que servir la CAQ de Legault-Sirois et/ou le PLQ de Charest-Desmarais.
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  • Notsag - Abonné
    11 novembre 2011 09 h 06
    Pourquoi la stratégie du PQ donnerait des résultats maintenant?
    Bonjour M.Chevrette,

    Merci de nous faire part de votre position dans ce dossier.

    Le PQ a déjà pris le pouvoir. Il a fait plein de bonnes choses pour le Québec, en tant que province. Lorsqu'il a demandé aux québécois s'ils voulaient faire un pas de plus, il s'est fait répondre, deux fois plutôt qu'une: "Ben non. Ça vas pas si pire. Continuez votre bon travail"

    En fait, le PQ a démontré que que le Québec pouvait se tirer d'affaires en tant que province du Canada. Le PQ actuel s'apprête à faire le même exercice. Le parti fédéraliste (PLQ) a fait reculer le Québec à tous les plans, et le PQ viendra recoller les pots cassés, redonnant ainsi une nouvelle crédibilité au fédéralisme canadien.

    Pourquoi croyez-vous encore que cette stratégie donnera de meilleurs résultats que les deux autres fois?
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    11 novembre 2011 09 h 10
    @ M. François Ricard
    Vous écrivez : «Le PQ n'appartient pas à son chef mais à ses membres.»

    Pourquoi un chef ? Tous les membres devraient décider de tout...en groupe de 100 000...genre.
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  • François Ricard - Abonné
    11 novembre 2011 09 h 57
    @ Gilles Bousquet
    Il y a des différences qualitatives et quantitatives dans ces systèmes politiques que sont:
    ---la démocratie
    ---l'oligarchie
    ---la dictature
    Par exemple, la prise de décision n'est pas la même. Il vaut la peine d'explorer ces différences afin de ne pas confondre les genres.
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  • France Marcotte - Abonnée
    11 novembre 2011 10 h 44
    Je reviens sur le chef
    "En démocratie, le chef, du moins s'il comprend bien son rôle, n'est là que pour aider à la formation à arriver à un consensus", dit M.Ricard.

    C'est cela qu'on attendait de René Lévesque, de Lucien Bouchard, de Bernard Landry et maintenant qu'on attendrait de Gilles Duceppe?

    C'est à se demander à quoi bon le charisme et tout le tralala.

    Soyez honnête: c'est ce que vous attendez ce cette chef, une sorte d'arbitrage effacé autant que possible.
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  • François Ricard - Abonné
    11 novembre 2011 11 h 22
    @ France Marcotte
    Tout chef a besoin de charisme, qu'il soit dictateur ou porte-parole d'un groupe.
    Un dictateur doit faire valoir sa volonté, son point de vue.
    Un chef de parti démocratique doit faire valoir le point de vue, la volonté de ses membres.
    Alors, si l'on croit que le chef est là pour nous dire où aller, nous ne sommes plus en démocratie.
    J'ai milité au PQ durant les années Lévesque.
    René Lévesque n'était pas d'accord avec la loi 101. Il a respecté la volonté des membres, Il s'est rallié et a défendu la loi 101.
    René Lévesque n'était pas d'accord avec la création des REA de Jacques Parizeau. Les membres le voulaient. Lévesque s'est rallié et a défendu le projet.
    Voilà un chef démocratique. Quoique l'on dise, quoique l'on fasse, René Lévesque était un grand démocrate et tenait à ce que le PQ demeure un parti démocratique.
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  • France Marcotte - Abonnée
    11 novembre 2011 12 h 24
    Merci M.Ricard
    Votre explication explique très bien dans quelle impasse se trouve ce parti: un tissu de contradictions.
    Un électrochoc, ça vous dit?
    Peut-être que ça remettrait le tricot sur ses mailles à l'endroit, ses mailles à l'envers.
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  • Pierre Schneider - Abonné
    11 novembre 2011 12 h 36
    Crédibilité
    Monsieur Chevrette a la même crédibilité des grosses forestières dont il se fait le porte-parole. C'est tout dire.
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  •  
  • Nelson - Inscrit
    11 novembre 2011 13 h 04
    L'important est que le PQ remplise l'espace vide de la Social-démocratie progressiste de Centre gauche.
    Le Parti Québécois doit écouter ;

    les québécois de la Vague Orange social-démocrate anti-droite,

    les québécois des mouvements des indignés,

    les étudiants,

    les québécois qu'ont assez des corruptions et collusions,

    et des coupures des programmes sociaux,

    et de nous faire voler nos ressources naturels,

    NOUS SOMMES 99% ET ÇA DEVRAIT INTÉRESSER AU PQ DE NOUS AVOIR, NON ???
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  • Christian Ouellet - Inscrit
    11 novembre 2011 20 h 10
    @ Notsag
    Je suis d'accord avec vous, depuis le premier référendum je vois que cette stratégie ne fonctionne pas.
    Mais maintenant la conjoncture est un peu différente avec harper au pouvoir et le programme du parti québécois qui est agressif envers Ottawa.

    Pour le moment il est important de sortir le PLQ du pouvoir et ce n'est pas en divisant les indépendantistes qu'on va réussir.

    les Jean-Martin Aussant (option national), Curzi, Lapointe, Beaudoin et Charette n'ont pas la meilleur stratégie.

    m. Chevrette j'abonde dans le sens.
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  • Jo Da - Inscrite
    11 novembre 2011 21 h 23
    Sans moi, Mme Marois
    Il y a ceux qui pensent que le PQ va s'en remettre, et il y a ceux qui ont perdu espoir depuis longtemps. Je suis de la deuxième catégorie, et je crois que ce parti est dépassé et n'a pas su se renouveler. Il est temps de passer à autre chose et de laisser la place aux jeunes.

    Pour moi, c'est désormais Option nationale. Et qu'on m'accuse de diviser le vote... de toute façon je ne vote plus PQ depuis des lunes...
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  • Notsag - Abonné
    12 novembre 2011 10 h 11
    Le PLQ réélu. So what?
    @LePetitQuébec:
    Effectivement, il y a un risque que le PLQ gagne la prochaine élection grâce à la division des forces indépendantistes. Mais, est-ce que cela serait si catastrophique?

    La majorité qui n'aura pas voté PLQ sera sous le choc. Cela pourrait bien être le terreau idéal pour l'Option Nationale. C'est vrai qu'ils ont encore beaucoup de travail à faire pour définir le "comment" de leur projet. Il est évident qu'ils ne seront pas prêt pour la prochaine élection en 2013. Toutefois, si le PLQ continue son bon travail, l'élection de 2017 pourrait être fort intéressante.

    Si le PQ prend le pouvoir, nous aurons droit à un autre "bon gouvernement". Est-ce que cela fera vraiment avancé la cause indépendantiste? Comme je l'ai écrit précédemment, je crains fort que ce "bon gouvernement" ne fasse que favoriser le statu quo constitutionnel.
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