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La commissaire Charbonneau n’a pas parlé au gouvernement depuis trois semaines

La Presse canadienne   9 novembre 2011 13h45  Québec
La commissaire France Charbonneau, nommée il y a trois semaines pour enquêter sur des malversations dans la construction, n’a eu aucune communication avec le gouvernement depuis son entrée en fonction.

Le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil a dit aujourd'hui que la «balle est dans le camp» de Mme Charbonneau.

M. Dutil a déclaré que la commissaire, mandatée il y a exactement 21 jours, est chargée de déterminer les budgets dont elle aura besoin.

Lors d’un point de presse à la sortie d’une réunion des députés libéraux, le ministre a indiqué que le gouvernement n’a reçu aucun signe de Mme Charbonneau depuis sa nomination, le 19 octobre.

«On n’a pas eu de ’feedback’ de Mme Charbonneau depuis sa nomination, a-t-il dit. La balle est dans son camp, j’imagine.»

À titre comparatif, la composition de l’équipe de la commission sur le processus de nomination des juges avait été annoncée le 10 mai 2010, soit 26 jours exactement après la nomination du juge Michel Bastarache, qui l’a présidée.

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a affirmé qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter du silence de Mme Charbonneau, malgré le temps écoulé.

«Ça prend du temps, mettre sur pied son équipe, ça prend du temps (pour) faire ses recherches, laissons-là travailler, c’est une des meilleures qu’on a au Québec», a-t-il dit.
En début de semaine, le ministère de la Justice et le Conseil du trésor se sont renvoyé la balle pour éviter d’avoir à préciser les moyens financiers et matériels mis à la disposition de la commissaire.

Après la période des questions, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, a reconnu que le budget de la commission est une information publique. Mais Mme Courchesne a cependant estimé que ces détails ne peuvent être divulgués actuellement.

«Ce sera public en temps et lieu, a-t-elle dit aux journalistes. Il y a une reddition de comptes qui sera faite au lieu approprié, au moment approprié.»

En Chambre, le Parti québécois a tenté en vain de savoir où en était le processus d’organisation de la commission.

La députée Véronique Hivon a déploré l’absence d’information concernant l’embauche des procureurs et autres membres de l’équipe de la commission.

«La seule chose que nous ayons apprise, c’est que, trois semaines après l’annonce de sa création, la pseudo-commission n’a même pas de secrétaire, a-t-elle dit. Pire, du fait qu’elle n’est pas assujettie à la Loi sur les commissions d’enquête, le gouvernement n’est même pas tenu de lui en nommer un.»

Le député péquiste Sylvain Simard a pour sa part tenté de connaître, auprès de Mme Courchesne, des détails sur les budgets dégagés afin que Mme Charbonneau puisse se doter de personnel, d’un local et de lignes téléphoniques.

«Est-ce qu’il y a de l’argent? Est-ce que ça existe, cette commission?», a-t-il lancé.
Le premier ministre Jean Charest a confirmé, mardi, que le gouvernement n’a nommé aucun secrétaire pour administrer la commission, contrairement à ce qui se fait habituellement.

Le ministère de la Justice a affirmé que cette situation s’explique par le fait que la Commission Charbonneau ne relève pas de la Loi sur les commissions d’enquête, une situation dénoncée par l’opposition.

 
 
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  • celljack - Inscrit
    9 novembre 2011 14 h 09
    La commissaire
    Elle devrait venir faire un tour à l'Occupation près de chez elle!
    Ça remet l'humanité à la bonne place. Peut-être qu'elle a encore la capacité de faire de cette "patente" une vraie commission d'enquête qui donnera des résultats, malgré les bâtons qui lui sont vraisemblablement mis dans les roues!
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  •  
  • Claude Kamps - Inscrit
    9 novembre 2011 14 h 12
    De l'argent et surtout de l'énergie, jetez par la fenêtre !!
    Il y a tout simplement des arrangements politiques pour que cette «supposé enquête publique» qui en a le nom mais pas les obligations ni les protections, soit modulée avec l'agenda des élections de Charest.

    Je ne comprend toujours pas comment une personne du gabarit de MMe Charbonneau puisse avoir dit oui, ce qu'on ne sait toujours pas de sa bouche, à un simulacre d'enquête au style personnelle de Charest, complètement inutile sauf pour des motifs politiques...

    Jusqu’à maintenant il n'y a aucune preuve que Charest ne dirige pas l'agenda judiciaire de cette organisme fantôme, comme pour la commission Bastarache...
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  •  
  • northernbud - Inscrit
    9 novembre 2011 14 h 25
    Surpris, quelqu'un ?
    On le savait tous que cette affaire là serait une "patente à gosses" destinée à détourner l'attention et acheter du temps pendant que Charest et ses amis feraient surchauffer les déchiquetteuses à papier. Peu importe ce qui va arriver par la suite, ça va être trop peu trop tard.
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  • Annabella Durocher - Inscrit
    9 novembre 2011 15 h 58
    Nous voyons bien que Charest manipule même la loi !
    Avec le décret que Charest a fait passé cette commission d'enquête n'est pas assujesttie à la loi sur les commissions d'enquêtes.

    Ce décret enlève tous les pouvoirs à la juge qui a été nommée à titre de présidente de la commission d'enquête par Charest sur la recommandation du juge en chef de la cour supérieure.

    Pourquoi Charest a t'il enlevé tous les pouvoir à la loi sur les commissions d'enquêtes avec ce décret ?
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  •  
  • Lise Moga - Inscrite
    10 novembre 2011 08 h 35
    QU'ON LAISSE LA COMISSION OPÉRER!
    C'est ce qu'on appelle communément la séparation de la politique et du judiciaire. Les partis de l'opposition et certaines médias devraient célébrer cela plutôt que de piailler constamment pour que Me Charbonneau livre son agenda, à leurs acerbes critiques.
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  •  
  • DG5DP - Inscrite
    12 novembre 2011 11 h 45
    Élargir le mandat de la commissaire Charbonneau
    Bien que cette commission d'enquête soit coûteuse, elle est inévitable. Malheureusement, elle ne posera son regard que sur différents aspects de l'octroi de contrat en construction. L'étendue de la malversation dépasse largement ce secteur d'activités gouvernementales comme on peut le lire dans l'article Informatique - Québec choisit les logiciels sous licence, sans appel d'offres dans l'édition du Devoir d'aujourd'hui.

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/335976/in
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