Commission sur le droit de mourir dans la dignité - La question de la légalisation de l'euthanasie ne fait toujours pas consensus
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les consultations ont eu lieu l’automne dernier sous la présidence du député Geoffrey Kelley.
Québec — Après deux ans de travaux, la commission parlementaire sur le suicide assisté et l'euthanasie n'arrive toujours pas à déterminer s'il faut légaliser l'aide médicale aux mourants ayant décidé d'en finir avec la vie.
La Commission sur le droit de mourir dans la dignité devait remettre son rapport cet automne, mais elle a demandé un délai de quelques mois supplémentaires pour terminer ses travaux et essayer de trouver un consensus autour de cette délicate et complexe question: l'État doit-il renoncer à poursuivre un médecin ayant aidé un patient à mettre fin à ses jours?
Selon ce qu'a appris La Presse canadienne, sans éluder le coeur de la question, le rapport de la commission misera surtout sur l'intervention en amont. C'est-à-dire que l'essentiel de ses recommandations portera sur les moyens à mettre en place pour éviter aux grands malades de devoir supplier qu'on les aide à mourir.
Elle recommandera donc au gouvernement d'augmenter substantiellement l'offre de services palliatifs, que ce soit à l'hôpital, en centres d'hébergement ou à la maison. De plus, les services palliatifs devraient faire partie du continuum de services aux malades, y compris ceux souffrant de maladies dégénératives. Ces services ne seraient plus réservés aux cancéreux en phase terminale.
La formation offerte aux médecins sur les soins à prodiguer en fin de vie devra être revue et augmentée. Le Code de déontologie des médecins serait modifié en conséquence.
Le combat contre la douleur, physique et morale, devra être mené de front, pour apaiser les souffrances des mourants et des grands malades, ce qui inclut la révision du protocole entourant la sédation terminale.
Les Québécois devront aussi être mieux informés de leurs droits, dont ceux de refuser tout traitement médical, de cesser un traitement, de refuser d'être gavés ou de demander que l'on débranche un respirateur artificiel.
L'idée générale à la base du rapport sera de tout mettre en oeuvre pour que la volonté du malade soit respectée, quelle qu'elle soit, et que sa fin de vie se passe en douceur. En cette époque d'acharnement thérapeutique, où la médecine peut transformer un mourant en malade chronique pour les années à venir, les médecins sont les premiers à réclamer de nouvelles balises.
En entrevue, la présidente de la commission, la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, et la vice-présidente, la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, ont affirmé qu'elles ne se déroberaient pas et qu'elles diraient clairement dans leur rapport si le Québec doit officiellement aider les malades qui le souhaitent à abréger leurs souffrances. Leur rapport ne sera pas «en demi-teintes», promettent-elles. «On ne fera pas plaisir à tout le monde», prévient Mme Hivon.
Car les commissaires ont pu constater durant la consultation menée sur le sujet que l'opinion publique était extrêmement polarisée sur cette question, entre partisans du caractère sacré de la vie et défenseurs d'une euthanasie fondée sur une plus grande compassion.
La commission parlementaire, qui croit maintenant pouvoir remettre son rapport en février prochain, a connu un record de participation, ayant reçu quelque 300 mémoires et entendu 400 témoignages.
La Commission sur le droit de mourir dans la dignité devait remettre son rapport cet automne, mais elle a demandé un délai de quelques mois supplémentaires pour terminer ses travaux et essayer de trouver un consensus autour de cette délicate et complexe question: l'État doit-il renoncer à poursuivre un médecin ayant aidé un patient à mettre fin à ses jours?
Selon ce qu'a appris La Presse canadienne, sans éluder le coeur de la question, le rapport de la commission misera surtout sur l'intervention en amont. C'est-à-dire que l'essentiel de ses recommandations portera sur les moyens à mettre en place pour éviter aux grands malades de devoir supplier qu'on les aide à mourir.
Elle recommandera donc au gouvernement d'augmenter substantiellement l'offre de services palliatifs, que ce soit à l'hôpital, en centres d'hébergement ou à la maison. De plus, les services palliatifs devraient faire partie du continuum de services aux malades, y compris ceux souffrant de maladies dégénératives. Ces services ne seraient plus réservés aux cancéreux en phase terminale.
La formation offerte aux médecins sur les soins à prodiguer en fin de vie devra être revue et augmentée. Le Code de déontologie des médecins serait modifié en conséquence.
Le combat contre la douleur, physique et morale, devra être mené de front, pour apaiser les souffrances des mourants et des grands malades, ce qui inclut la révision du protocole entourant la sédation terminale.
Les Québécois devront aussi être mieux informés de leurs droits, dont ceux de refuser tout traitement médical, de cesser un traitement, de refuser d'être gavés ou de demander que l'on débranche un respirateur artificiel.
L'idée générale à la base du rapport sera de tout mettre en oeuvre pour que la volonté du malade soit respectée, quelle qu'elle soit, et que sa fin de vie se passe en douceur. En cette époque d'acharnement thérapeutique, où la médecine peut transformer un mourant en malade chronique pour les années à venir, les médecins sont les premiers à réclamer de nouvelles balises.
En entrevue, la présidente de la commission, la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, et la vice-présidente, la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, ont affirmé qu'elles ne se déroberaient pas et qu'elles diraient clairement dans leur rapport si le Québec doit officiellement aider les malades qui le souhaitent à abréger leurs souffrances. Leur rapport ne sera pas «en demi-teintes», promettent-elles. «On ne fera pas plaisir à tout le monde», prévient Mme Hivon.
Car les commissaires ont pu constater durant la consultation menée sur le sujet que l'opinion publique était extrêmement polarisée sur cette question, entre partisans du caractère sacré de la vie et défenseurs d'une euthanasie fondée sur une plus grande compassion.
La commission parlementaire, qui croit maintenant pouvoir remettre son rapport en février prochain, a connu un record de participation, ayant reçu quelque 300 mémoires et entendu 400 témoignages.
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