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Commission d'enquête - Des enquêtes ou des inquisitions?

Roderick Macdonald - Titulaire de la Chaire F. R. Scott en droit constitutionnel et en droit public de l'Université McGill  7 octobre 2011  Québec
La crise de l’industrie de la construction devrait nous inciter à poursuivre deux objectifs: découvrir ce qui s’est passé pour que nous puissions poursuivre en justice les malfaiteurs et corriger les abus au sein de nos instances gouvernementales et politiques. <br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
La crise de l’industrie de la construction devrait nous inciter à poursuivre deux objectifs: découvrir ce qui s’est passé pour que nous puissions poursuivre en justice les malfaiteurs et corriger les abus au sein de nos instances gouvernementales et politiques.
Tout le monde revendique une commission d'enquête sur l'industrie de la construction. Tout le monde est «convaincu» que la corruption est partout. Tout le monde «sait» que des pots-de-vin et des financements illégaux font partie du quotidien. Tout le monde est aujourd'hui «certain» que le crime organisé envahit le système par la violence et l'extorsion.

Il se peut que tout le monde ait raison, mais cette certitude ne provient pas de la preuve et des faits mis en lumière jusqu'ici. Ce que l'on peut dire avec certitude, c'est que la demande répétée de créer une commission d'enquête démontre qu'il existe une confusion quant à la nature et l'utilité des enquêtes publiques.

Comme citoyen, quels sont nos véritables besoins? Nous voulons connaître les faits. Nous voulons comprendre exactement ce qui se passe. Nous voulons savoir qui est impliqué. Nous cherchons à comprendre pourquoi et comment cette situation s'est produite. Nous voulons voir les crimes dévoilés au grand jour et les coupables punis. Finalement, nous voulons que nos politiciens adoptent des lois, des procédures et des institutions garantissant que la situation n'ait pas la chance de se reproduire.

Aucune de ces préoccupations ne nous dirige automatiquement et exclusivement vers une commission d'enquête publique comme le mécanisme pour les aborder. Ceux qui insistent sur le fait que seule une commission d'enquête est acceptable confondent le but qu'ils recherchent avec un des moyens juridiques dont nous disposons pour atteindre ce but.

Le passé ou l'avenir?

La crise de l'industrie de la construction devrait nous inciter à poursuivre deux objectifs. L'un vise le passé: il est important de découvrir ce qui s'est passé pour que nous puissions poursuivre en justice les malfaiteurs. L'autre vise le futur: nous voulons corriger les abus au sein de nos instances gouvernementales et politiques. Dans quelle mesure ces objectifs s'alignent-ils avec la demande grandissante pour une commission d'enquête?

Les commissions les plus réussies au Québec et au Canada ont été mandatées pour gérer l'avenir. Évidemment, ce type d'enquête doit s'appuyer sur des faits, mais ces faits appartiennent déjà au domaine public ou bien proviennent d'études demandées par les commissions. Des pratiques étrangères sont étudiées. Les changements recommandés par ces commissions ont, en général, d'ailleurs, déjà fait leurs preuves.

Les commissions qui visent le passé ont eu un certain succès lorsqu'il n'y avait pas lieu de poursuivre des criminels. Pensez par exemple aux commissions sur les accidents d'avion, les procès biaisés concernant les médicaments ou encore les ponts qui s'effondrent.

Les commissions publiques les plus désastreuses ont été celles qui examinaient le passé pour enquêter sur des crimes allégués. Une bonne enquête policière peut dévoiler des faits d'une manière bien plus efficace qu'une commission. En fait, les commissions publiques ont souvent l'effet de compromettre la preuve qui aurait été nécessaire pour assurer l'assise d'une accusation criminelle. Par ailleurs, une commission n'a pas le pouvoir de condamner un malfaiteur. Sans parler du cirque médiatique qui peut en découler. Nos commissions ressemblent davantage à des chasses aux sorcières qu'à des enquêtes ayant comme objectifs de renouveler nos politiques publiques: bon spectacle, mauvais résultat!

S'assurer que le dossier de l'industrie de la construction avance demande ainsi que nous soyons capables de faire la distinction entre ce regard vers le passé et celui vers le futur.

Règles du droit criminel

Nous devrions examiner le passé à l'aide d'un processus qui a fait ses preuves: le système de justice pénale. Bien sûr, la situation actuelle semble toucher un si grand nombre d'intervenants et être si importante que des mesures spéciales sont nécessaires. Mais celles-ci doivent découler des règles normales du droit criminel.

Le gouvernement devrait nommer immédiatement, parmi ses procureurs les plus expérimentés, un «procureur spécial» pouvant prendre en charge le dossier. Celui-ci devrait se voir allouer un budget à la hauteur lui permettant de faire toutes les démarches et actions nécessaires. Ce procureur spécial devrait pouvoir compter sur des ressources policières adéquates lui permettant de mener à bien ses dossiers. Il devrait avoir en outre l'autorisation d'engager assez de personnel pour s'assurer que les criminels soient le plus rapidement possible traduits en justice.

Comment, alors, porter son regard vers l'avenir? Nous pourrions considérer une enquête publique, mais déclencher ce type d'enquête ne devrait pas se faire à la va-vite. Il faut absolument définir de manière réfléchie le mandat approprié. Le gouvernement pourrait emprunter une idée utilisée par la Commission royale sur les peuples autochtones, c'est-à-dire nommer une personne maintenant, non pas en tant que commissaire, mais plutôt comme consultant indépendant, qui aurait comme mission de s'enquérir auprès des milieux touchés et de préparer le mandat de l'enquête.

Cette personne pourrait établir les questions et les résultats attendus, en plus de proposer un échéancier pour la production d'un rapport. Ce travail préliminaire pourrait être fait sur une période de 60 à 90 jours, et ainsi, l'enquête publique pourrait commencer le 1er janvier. Pendant ce temps, le procureur spécial aurait déjà commencé son travail d'éradication du crime.

Pour faire de bonnes politiques publiques, il faut s'interroger sur les objectifs et sur les moyens d'y parvenir de manière efficace. Il ne faut surtout pas se sentir lié par un outil juridique — ici, une commission d'enquête publique — sans avoir considéré si ce moyen est le meilleur pour atteindre le but recherché.

***

Roderick Macdonald - Titulaire de la Chaire F. R. Scott en droit constitutionnel et en droit public de l'Université McGill
 
 
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  • Poirier Sylvie - Inscrite
    7 octobre 2011 02 h 09
    Quand il y a trop de lois, il n'y a plus de loi.
    M. Macdonald, Merci pour votre article, il est évident que nous nous perdons dans vos lois. Nous sommes abuser par les contraventions et personne ne nous défend. C'est du harcèlement de voir ces policiers pour avoir leur cota. De plus, la police n'a pas assez de policiers pour faire la preuve. M. Charest lance une commission d'enquête sur la construction. Nous n'avons plus confiance en ce PM ni à ses députés et ses ministres.

    Nous désirons savoir d'ou provient l'argent de presque 8 millions que le parti PLQ a ramassé et cela vous ne pouvez pas nous le dire et JJ Charest détourne tout pour que personne n'arrive à lui. La Nation Québécoise al'impression d'avoir été trompée et volée. Nous n'avons jamais vraiment su ce qui est arrivé avec les 40 milliards qui sont disparus de la Caisse de dépôt. Nous sommes taxés sans cesse, abusés continuellement. Nous payons et 250 000 personnes ont décroché du système en couchant dans les rues et parmi eux il y a des professeurs d'université, des hommes d'affaires, etc..Ce nombre de 250 000 et probablement plus est très significatifs. Nous savons que la mafia est comme une tentatulle... cette mafia a les mains longues.

    Je vous ai lu attentivement. Charest coupe partout et nous sommes assommés par les taxes, la classe moyenne est en train de disparaître car elle supporte trop de personnes qui ne peuvent travailler, ainsi que les personnes âgées. Il augmente l'électricité pour faire La Romaine qui nous reviens à 9 sous à cause des coûts exorbitants qu'elle a coûté et hydro soit qu'il ne trouve pas le moyen de l'exporter ou il doit la vendre à 4 ou 5 sous. Ou est le bon sens... Votre article ne nous redonne pas plus confiance dans ce gouvernement.

    J'ai l'impression que votre sortie de votre Chaire est comme bien d'autre. Êtes-vous de manigance avec le PLQ ?
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    7 octobre 2011 09 h 56
    Bravo M. Macdonald
    Votre texte devrait devenir une lecture obligatoire pour tous les journalistes, les enquêteurs auto-proclamés de notre belle société médiatique, ainsi que pour tous les citoyens aspirant à la justice et à l'équité.
    Il devrait aussi être lu attentivement par un gouvernement en place qui ne prend pas la peine d'expliquer et une opposition officielle qui souffle sur les braises plutôt que de proposer des alternatives.

    J'applaudis enfin l'intervention d'un intellectuel dans le domaine public, ce n'est pas très fréquent dans notre société.
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  • Notsag - Abonné
    7 octobre 2011 10 h 13
    Mauvaise prémisse (1 de 2)
    Vous basez votre argumentation sur la confiance que vous accordez à notre système judiciaire. Malheureusement, cela est loin d'être démontré.

    Il est archi connu que la famille Rizzuto a représenté la mafia à Montréal pour les derniers 30 ans. Pourtant, notre système judiciaire n'a jamais réussi à les coincer, sinon pour quelques menu fretins.

    Finalement, on a réussi à incarcérer Vito Rizzuto (le chef) en se servant de la loi sur l'impôt pour l'accuser d'évasion fiscale. On a réussi à démontrer qu'il avait des revenus de plus de $20 millions, et qu'il n'avait pas payé d'impôt.

    Toutefois, notre merveilleux système judiciaire ne permet pas d'exiger de quelqu'un qu'il démontre la légalité de ses sources de revenus. C'est à la Couronne de démontrer que les revenus proviennent de sources criminelles, ce que notre système n'a jamais réussi à faire. Il est bien difficile d'obtenir des preuves HORS DE TOUT DOUTE, surtout lorsqu'elles sont systématiquement assassinées.

    Quand on a les moyens de se payer les meilleurs avocats du pays, et que la Couronne est menotté par des lois, qui somme toute, ne servent qu'à protéger les criminels, alors le système ne fonctionne tout simplement plus.

    Une commission d'enquête ne mettra pas plus de monde en prison, mais elle aura le mérite d'exposer au grand jour toutes les magouilles qui affligent notre société. Ce que la mafia craint le plus, c'est bien la clarté du jour.

    La Commission Gomery a bien démontré l'implication du PLC dans le scandale des commandites. Toutefois, après deux ans d'enquête, la GRC n'est pas parvenu à porter la moindre accusation à l'encontre des acteurs politique qui étaient derrière ce scandale.

    En ce qui concerne la collusion dans le domaine de la construction, M. Duchesneau a été très clair dans son témoignage: À cause de la nature des crimes, il sera très difficile, sinon impossible, d'obtenir des preuves qui tiendront en cour, qui pourrait me
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  • Notsag - Abonné
    7 octobre 2011 10 h 14
    Mauvaise prémisse (2 de 2)
    Pour conclure:

    La solution que vous proposée est tout à fait valide dans les livres. Toutefois, dans la réalité, elle ne tient pas la route.
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  • Isabelle Deschamps - Inscrite
    7 octobre 2011 11 h 02
    Recul nécessaire dans le brouhaha
    Proposition à la fois réfléchie et pratique. Un bon rappel qu'il faut prendre du recul dans le brouhaha des événements pour identifier les objectifs et choisir le moyen approprié pour les atteindre. Merci!
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  • celljack - Inscrit
    7 octobre 2011 11 h 16
    Une vraie solution
    Ok... on chiale, on s'indigne et ça finit pu!

    Maintenant, voici une suggestion concrète, sérieuse et réelle que j'aimerais faire pour améliorer la situation et pour faire diminuer la corruption. SVP relayez l'idée et faites que cette suggestion se répande dans toutes les conversations:

    Lançons le défi aux politiciens de télédiffuser en direct sans montage ni coupure toutes leurs activités au bureau, en réunion derrière portes closes, en négociation de contrats publics, etc... Lançons le défi qu'ils diffusent pro-activement tous les documents qui leurs sont soumis et tous ceux qu'ils produisent. Que tous les contrats publics soient rendus publics avant d'être signés.

    Lancez le défi. Les politiciens qui refusent ont quelque chose à cacher?
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  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    7 octobre 2011 11 h 19
    des enquêtes policières pour porter des accusations criminelles...
    Un élu municipal montréalais d'expérience, maire d'arrondissement, m'a déjà confié avoir été averti par les forces policières avoir été objet de discutions entre membres de la mafia lors d'écoutes électroniques (opération Colisée), et de faire attention de ne pas faire trop de vagues... Cet élu, comme tous les autres, ne m’apparaît pas toujours crédible, mais au moment de ces confidences, personne ne m'a paru autant sincère et je pouvais sentir la terreur dans sa voix.

    L'impératif d'une commission d'enquête publique, pour 80% des citoyens, vient de la faillite, depuis bientôt 3 ans, des méthodes traditionnelles (enquêtes policières) et de l'absence de résultats.

    Il existe un article au code criminel sur les complots terroristes qui m’apparaît pouvoir s'appliquer dans ce cas. Les preuves sont déja la, dans l'opération Colisée ; mais ou sont les accusations criminelles? Ou est la détermination des politiciens à combattre ce terrorisme?

    Guillaume Blouin-Beaudoin
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    7 octobre 2011 11 h 29
    Attentes exagérées du système judiciaire pénal
    M. Macdonald a une vision très universitaire du système judiciaire pénal mais c'est loin de la réalité. D'abord, au Canada on utilise très peu le concept de procureur spécial et c'est la plupart du temps lorsque le Ministère public pourrait être en conflit d'intérêt - par exemple si on enquête sur un juge, un policier ou un politicien, le dossier va être acheminé à un procureur spécial qui n'est pas un employé du gouvernement et qui peut analyser et poursuivre le dossier, s'il y a lieu, de manière indépendante et neutre. Le procureur spécial enquêteur est un concept plus familier aux ÉU où le procureur ou le District Attorney est impliqué directement dans les enquêtes criminelles et les dirige. Ici, les procureurs qui sont impliqués avant que le dossier soit acheminé à la couronne ne le sont qu'à titre de conseillers juridiques - ils ne dirigent pas l'enquête, c'est toujours la prérogative de la police.

    Mais ce qui est plus important ce sont les limites d'une enquête criminelle: on ne peut contraindre les gens à donner des déclarations à la police et si tout le monde garde le silence on n'ira pas loin... De plus, la preuve à constituer pour avoir une condamnation est très importante - hors de tout doute raisonnable - et souvent difficile à atteindre avec des preuves extrinsèques, comme la preuve scientifique ou documentaire qui est très rare dans ce type de dossiers.

    Enfin l'ampleur d'une telle enquête est humainement impossible. On voit dans le milieu international les limites des enquêtes de la Cour pénale internationale: on ne va se préoccuper que des principaux acteurs, les dirigeants haut-placés, car on ne peut physiquement pas enquêter tous les participants de crimes de guerre etc. Dans les cas de corruption, la même règle doit s'appliquer car poursuivre tout le monde est une mission presque impossible.
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  • Observer - Inscrit
    7 octobre 2011 11 h 45
    @ Sylvie Poirier :: Vice de forme...
    À votre question 'Êtes-vous de manigance avec le PLQ?' je ne connais pas la réponse mais j'ai une vague idée du germe des problèmes. Avez-vous remarqué la différence de comportement des individus avant et après 'la chose publique'. Un tel ou une telle, super avant d'entrer dans ses fonctions, méconnaissable pendant et parfois après. Dans notre pays il y a quelque chose d'implicitement 'organisé' et de fondamental pour couper toute communication valable entre 'le haut' et 'le bas' et cela s'appelle la monarchie constitutionnelle. Vous et moi aux yeux de la loi fondamentale ne sommes rien que des sujets de sa majesté (absente d'ailleurs) et le sujet doit obtempérer aux ordres données 'de haut'. Mais sa bienveillante majesté a alloué l'oportunité à certains de détendre quelque peu la ferrule royale en octroyant des 'positions' dotés de quelques 'privilèges' permettant de devenir 'kek qu'un': le notable. Le propre d'une monarchie est que le règnant est une fontaine de pouvoir de qui découle à peu près tout et la 'mécanique' de ce principe ne se retrouve inscrite clairement nulle part. Alors Mme Poirier ne vous surprenez pas qu'après quelques 150 ans de ce régime celui-çi ait quelque fois des subresauts surtout en période économique jugée 'difficile'. On aura beau le 'patcher' de lois, de réglements ou de ce que vous voudrez, c'est sa base qui est déficiente. N'importe qui de sensé qui entre dans ce 'moulin à viande' de la pratique de la gouvernance dans ce pays se retrouvera complètement 'gaga', charmé et asphyxsié par l'étouffante bienveillance royale. Ce qui guette les participants à une monarchie: l'éventuelle démence imprévue. Exemple: les drapeaux et la prison!
    Alors, le PLQ ou un autre? Participer au régime suffit à s'y faire avaler. La monarchie est une machine infernale d'avilissement qui a plus que d'autres le potentiel de tout corrompre. C'est de ce phénomène que provient l'expression 'tous des pourris'. ADN obli
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  • Philippe Perrier - Abonné
    7 octobre 2011 11 h 49
    La vrai question
    M. McDonnald, votre plaidoyer pour une enquête à huis clos ne me convainc pas du tout. En quoi, l’article 11 de la loi sur les commissions d’enquête du Québec, empêche le commissaire de dénoncer un individu coupable de crime et en quoi la poursuite ne pourrait poser toutes les questions qu’elle veut dans un éventuel procès contre un témoin de l’enquête publique? L’article 11 dit ceci :

    « Quiconque refuse de prêter serment lorsqu'il en est dûment requis, ou omet ou refuse, sans raison valable, de répondre suffisamment à toutes les questions qui peuvent légalement lui être faites, ou de témoigner en vertu de la présente loi, commet un outrage au tribunal et est puni en conséquence. Toutefois, nulle réponse donnée par une personne ainsi entendue comme témoin ne peut être invoquée contre elle dans une poursuite en vertu d'une loi, sauf le cas de poursuites pour parjure ou pour témoignages contradictoires. »

    Alors, si un témoin a commis un crime, il n’est pas absous de ses crimes, la police pourra enquêter sur lui et l’amener en procès. La poursuite ne pourra pas produire les déclarations du témoin prononcé durant l’enquête, mais elle pourra les utiliser pour orienter son enquête. Le commissaire n’a-t-il pas la possibilité d’évaluer au préalable les documents remis par le témoin avant de les déposer à la commission? Voilà justement pourquoi le choix du commissaire pour cette commission d’enquête ne peut être confié à un de ceux qui pourraient avoir des liens avec les fautifs. La vraie question maintenant, c’est qui et comment devrait-on choisir le commissaire?
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  • Daniel Cote - Inscrit
    7 octobre 2011 12 h 51
    Reste que....
    ... la grande majorité des citoyens vivent une crise de confiance envers les institutions et plus encore envers le gouvernement actuel. Ce n'est pas des mesures prisent par ce même gouvernement qui vont rétablir la confiance.
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  • Notsag - Abonné
    7 octobre 2011 12 h 53
    Pourquoi le système judiciaire ne peut pas faire le travail
    Pour faire suite à mon commentaire de 10h13:

    Un certain Tony Accurso a été accusé de fraude fiscale par Revenu Canada. La preuve était tellement solide, que M. Accurso a plaidé coupable.

    La loi est ainsi faite (pourquoi?) que suite à un plaidoyer de culpabilité, le preuve ne peut pas être rendu publique. Donc, on ne saura jamais exactement ni du comment, ni du pourquoi.

    Revenu Québec a demandé à Revenu Canada de partager les informations qu'ils détenaient sur ce monsieur. Revenue Canada a refusé. Il faut bien protéger les droits de ce fraudeur.

    Revenu Québec s'est donc adressé à la cour pour forcer la main à Revenu Canada:
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2011

    Les avocats de M. Accurso se sont objecté à cette ordonnance, et ils ont gagnés:
    http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2011/0

    C'est à en pleurer de rire. Ce système judiciaire me fait penser aux douze travaux d'Astérix!

    Attendez, ce n'est pas fini!

    Ce matin, on nous apprenait que cet honorable monsieur a déposé une poursuite de $2 millions contre Richard Martineau et TVA, pour atteinte à la réputation. Lui, il sait comment faire valoir ses droits!

    Alors, M. Chartrand, dites-moi pourquoi vous croyez que ce système judiciaire pourrait être le moindrement efficace dans le système de collusion décrit par M. Duchesneau.
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  • camelot - Inscrit
    7 octobre 2011 15 h 38
    Pourri à l'os
    Votre stratégie n'est pas valide. Parce trop de gens sont impliqués. Des avocats, juges, politiciens, promoteurs sont bien organisés et s'arrangent pour les choses soient conçues en leur faveur. C'est pourquoi une commission publique est la seule option possible. La commission Gomery n'a pas empêché la GRC d'en épingler quelques-uns.
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  • Notsag - Abonné
    7 octobre 2011 15 h 47
    Correction
    Le dernier paragraphe de mon message de 12h53 aurait dû se lire:

    "Alors, M. MacDonald, dites-moi pourquoi vous croyez que ce système judiciaire pourrait être le moindrement efficace dans le système de collusion décrit par M. Duchesneau."
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    7 octobre 2011 17 h 38
    Un devoir civique
    Devant la corruption généralisée dans l’octroi de contrats gouvernementaux, et le refus du gouvernement de déclencher une Commission d’enquête sur la corruption, la délation devient un devoir civique.

    Le problème, c’est de savoir à qui ou à quel organisme de police transmettre les informations de collusion$, corruption$ , et malversation$.
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  • Louise Richard - Abonné
    13 octobre 2011 21 h 28
    L'objectif
    L'objectif premier, monsieur Macdonald, n'est pas d'amener les coupables devant les tribunaux mais d'éradiquer le système. Mieux vaut laisser certains criminels en liberté si, ce faisant, on élimine le système dont profite les criminels. Je me fous qu'on n'attrape que 70% des profiteurs du système si ce système diparait. Une commission d'enquête nuira peut-être aux procès mais elle mettra le système en lumière.

    Ce que vous proposez permettra peut-être d'attraper plus de criminels mais nuira à l'essentielle éradication du système. Changez votre optique légaliste pour une optique de société. Cela conviendra mieux.

    Louis Germain
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  • Pierre Bellefeuille - Inscrit
    9 novembre 2011 19 h 01
    Je ne partage pas ce point de vue.
    Plusieurs juristes contredisent des propos tenus dans cet article dont : « En fait, les commissions publiques ont souvent l’effet de compromettre la preuve qui aurait été nécessaire pour assurer l’assise d’une accusation criminelle. »

    Ici on tourne en rond, c’est l’argument principal de Charest, et plusieurs juristes ont dit que le risque de compromettre le travail des policiers est minime. Les gens veulent la transparence avant tout, ils veulent savoir. Même le président de l’association des policiers de Montréal a dit que vraie Commission pouvait aider à aller plus loin dans leur travail.

    La conclusion de toute cette histoire remplie de contradictions repose sur la juge Charbonneau.

    « Nous devrions examiner le passé à l’aide d’un processus qui a fait ses preuves : le système de justice pénale. Bien sûr, la situation actuelle semble toucher un si grand nombre d’intervenants et être si importante que des mesures spéciales sont nécessaires. Mais celles-ci doivent découler des règles normales du droit criminel. »

    Je ne partage pas son opinion, car le délai de prescription risque de toute façon de minimiser les risques de poursuite. Assez perdu de temps maintenant!

    Les gens veulent surtout savoir à qui ils ont affaire, ce qui leur permettra de faire de meilleurs choix politiques aux prochaines élections, ce qui me semble bien plus important qu’emprisonner quelques personnes qui coûteront 100 000 annuellement au gouvernement québécois.

    En fin, je ne suis pas en accord avec le fond de son article. La commission d’enquête publique a encore toute sa pleine valeur démocratique. Je n’ai pas confiance ici dans les propositions de Roderick Macdonald.
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