Construction - Québec propose un succédané d'enquête publique

Québec — Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a prié l'opposition, hier, d'accepter la tenue d'un succédané d'enquête publique sur l'industrie de la construction, une formule dont il n'a cependant pas précisé la nature.

«Ne pourrait-on pas trouver un chemin convenable à tous, considérant qu'il y a des inconvénients à la position du Parti québécois?» a proposé Robert Dutil à l'opposition officielle lors de la période de questions. Le ministre a rappelé que c'est à l'unanimité que l'Assemblée nationale avait adopté ces dernières années des projets de loi pour contrer la collusion et la corruption comme le projet de loi 73 visant à lutter contre la criminalité sur les chantiers.

Reprenant des arguments que le commissaire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, a avancés lundi, Robert Dutil a fait valoir qu'une commission d'enquête publique présentait l'inconvénient de «nuire aux enquêtes en cours» et de limiter le recours aux délateurs par les forces policières.

Chose certaine, le gouvernement tente désespérément de trouver une solution qui pourrait réussir le test de l'opinion publique. «Toutes les options sont ouvertes», a dit Robert Dutil. Mais la réflexion semble particulièrement ardue. «C'est une situation beaucoup plus complexe qu'on ne le prétend», a dit le ministre. «Une situation d'une grande complexité», a ajouté, de son côté, la vice-première ministre Line Beauchamp.

Des accusations criminelles


À la place du Québec à Paris, Jean Charest a insisté sur la volonté de son gouvernement de porter des accusations criminelles contre les fraudeurs. «C'est pour ça qu'on a favorisé des enquêtes de police.» Quant aux réserves qu'a exprimées Robert Lafrenière sur la tenue d'une enquête publique, le premier ministre estime que le commissaire «a dit tout haut ce qui est déjà connu, c'est-à-dire qu'une enquête publique ou une enquête parallèle a une influence sur les enquêtes de police». Pour Jean Charest, ce n'est pas «noir ou blanc, au contraire».

Le premier ministre a dû aussi commenter la démission de son rédacteur de discours, Patrice Servant, dont la «conscience» ne lui permettait plus de relayer la position d'un gouvernement qui refuse de tenir une enquête publique. «Dans un gouvernement, il n'y a personne qui est à 100 % d'accord avec les décisions [qui sont prises]», a souligné Jean Charest. Patrice Servant, un contractuel, «avait déjà laissé entendre qu'il allait prendre une pause», a-t-il précisé. Une pause définitive, en quelque sorte.

À chaque jour suffit sa peine: un autre cas de fraude dans le milieu de la construction est venu embarrasser le gouvernement Charest hier. Comme le rapportait La Presse, la Régie du bâtiment du Québec n'a imposé qu'une suspension de sept jours à l'entrepreneur Terramex, reconnu coupable d'une fraude fiscale touchant des fausses factures d'une valeur de 280 000 $. La ministre du Travail, Lise Thériault, a indiqué à l'Assemblée nationale qu'elle déposera un projet de loi pour «barrer la route aux entrepreneurs frauduleux», ce que devait pourtant accomplir le projet de loi 73 adopté en 2009. Le projet doit être présenté cet automne.

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Avec la collaboration de Christian Rioux
  • Carole Dionne - Inscrite 5 octobre 2011 00 h 35

    QUE FAIT MARTEAU?

    Il cogne des clous dans son coin seul!!! UNE VRAIE FARCE. Au début, Marteau voulait voir les "bandits en prison, pas à la télévision", De semaine en semaine, on nous demandait d'être patient, que de gros coups arrivaient. Puis il y a eu Duchesneau, voyant que cela n'avançait pas avec Marteau , le gouvernement créa l'UAC. Comme le gouvernement avait peur de UAC, Jean Charest, le machiavélique, créa l'UPAC, qui avala Marteau et UAC. Qui croit présentement le commissaire Lafrenière à part Jean Charest et li ministre Dutil. Donc d'ici quelques mois, on va créer une autre structure qui va avaler l'UPAC, qui avait avaler Marteau et UAC. On gagne du temps. Et la fonction publique fait de l'embonpoint.. Si c'est ce que voulait dire Jean Charest quand il parlait de lui donner les deux mains sur le volant. HUM je suis presque sûr que la MAFIA tient Charest par les...

  • - Abonné 5 octobre 2011 00 h 58

    Vous y comprenez quelque chose ?

    Selon Robert Dutil une commission d'enquête publique nuirait aux enquêtes policières en cours. Or, la Fraternité des policiers de Montréal et les policiers de la Sûreté du Québec réclament cette enquête publique sur la corruption dans le milieu de la construction.
    Si les policiers ne se rendent pas compte qu'une telle enquête nuirait à leur travail, c'est qu'ils sont totalement incompétents.
    Et s'ils sont à ce point incompétents, comment Robert Lafrenière, Robert Dutil et Jean Charest peuvent-ils leur faire confiance ?

    Vous êtes pas tannés de mourir, bandes de caves ? dixit Claude Péloquin

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 5 octobre 2011 01 h 48

    trois ans trop tard

    Depuis 3 (oui, 3) ans qu'on réalise qu'il y a un problème et qu'une enquête publique est réclamée. Laisser les policiers travailler pour traîner les suspects devants les tribunaux, pour ensuite ressortir avec des suspensions-bonbons de 7 jours ne vaut pas la peine. Si cette stratégie avait été efficace, on aurait déjà des résultats, et surement possède-t-on déja beaucoup de preuves d'enquêtes, telles l'opération Colisée, qui nous permettraient déja de mettre les criminels en prison.

    Il ne faut pas se priver des connaissances nécessaires afin de légiférer efficacement et de stopper la situation décrite dans le rapport Duchesnault, comme connaître les différents stratagèmes utilisés et les pratiques d'intimidation-corruption de nos représentants. Nommons les choses comme elles sont, il s'agit de terrorisme ; rappelons la bombe au chalet de G.Tremblay lors d'une campagne électorale,

    Le diable est dans les détails et je me méfie du simulacre d'enquête proposé par Dutil car ça arrive beaucoup trop tard ; le calcul politique entre laisser ses successeurs faire une vraie enquête publique puis casser le système ou faire un show à la Bastarache m’apparaît moins compliquée qu'un devoir de 3e année.

    J'enjoins les députés de l'opposition à ne pas considérer la proposition Dutil comme étant un gain mais un moyen de cacher la vérité ; soyez persistants mais patients et n'acceptez pas de demi-solutions face à ce grave problème.

    3 ans à attendre que la vérité sorte... 2 de plus ne seraient pas graves pour avoir les résultats escomptés ; une commission bâclée, qui cache la vérité et qui nous empêcherait par la suite de faire la vraie enquête publique, serait un désastre.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Pierre Schneider - Abonné 5 octobre 2011 04 h 44

    Elle est bien bonne

    Peinturé dans leur coin, les libéraux cherchent maintenant des succédanés ! Elle est bien bonne, alors que les corps policiers eux-mêmes (et non leurs dirigeants qui songent à sauver leurs fesses) réclament depuis belle lurette une enquête publique au cours de laquelle le ou les commissaires pourront contraindre les témoins récalcitrants à témoigner.
    On voit bien qu'ils ne savent plus à quel saint se vouer pour éviter d'éclabousser leurs petits amis qui pourraient eux-aussi révéler des choses incriminantes sur les politiciens qu'ils financent et contrôlent, comme le fait la Mafia ailleurs dans le monde.

  • André Chevalier - Abonné 5 octobre 2011 05 h 42

    Ah ...la complexité !

    Depuis la sortie du rapport Duscheneau, un mot ressort constamment de la bouche de Charest et de tous les ministres et députés libéraux à chaque fois qu'on les interroge sur l'opportunité d'une enquête publique : la COMPLEXITÉ.
    Ils s'accrochent désespérément à ce mot pour continuer à tergiverser.
    Comme ils ne pourront pas gagner du temps indéfiniment sur ce thème, je suis curieux de voir par quel leitmotiv ils vont remplacer ce mot pour étirer la sauce jusqu'aux prochaines élections.