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Le terreau fertile d'un État amoindri

Le rapport Duchesneau mesure l'impact de la perte d'expertise

Kathleen Lévesque   24 septembre 2011  Québec
Des décisions politiques s’imposent pour redonner au ministère des Transports les moyens qui lui font défaut.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Des décisions politiques s’imposent pour redonner au ministère des Transports les moyens qui lui font défaut.
Moins d'État, plus de dérapage. C'est à cette conclusion qu'en arrive le rapport explosif de Jacques Duchesneau, qui a fait l'objet d'une fuite la semaine dernière. Après un an et demi d'observation et de témoignages recueillis auprès de «gens exaspérés, voire désespérés», l'Unité anticollusion pointe la perte d'expertise ainsi que l'opération menée par les libéraux de rapprocher le public et le privé pour expliquer la gangrène administrative installée au sein du ministère des Transports.

Juin 2003. Jean Charest est premier ministre du Québec depuis six semaines. La vision de l'État qu'il expose lors de son tout premier discours inaugural ne laisse aucun doute sur les changements qu'il entend opérer. «Le Québec est à l'heure des décisions. Nous sommes arrivés au bout d'un modèle de fonctionnement» créé à la faveur de la Révolution tranquille, dit M. Charest. Ce dernier se donne cinq ans pour remodeler l'État québécois, qui est mésadapté à la réalité d'aujourd'hui, fait-il valoir. «L'avenir du Québec, ce n'est pas l'interventionnisme, c'est l'entrepreneurship.»

À partir de là, la machine de la réingénierie de l'État se met rapidement en branle. Une banque de 13 consultants privés est créée afin d'aider le gouvernement à établir sa «vision stratégique» et à faire la «gestion du changement». On apprend au même moment qu'après avoir orienté le gouvernement, ces mêmes consultants pourront soumissionner lorsque les activités publiques seront ouvertes au marché.

Tous les ministères et organismes gouvernementaux sont à pied d'oeuvre pour revoir leur mission afin de faire de plus en plus appel au secteur privé. Ils fournissent également une liste des partenaires privés potentiels.

De plus, une analyse émanant du sous-secrétariat à la réingénierie de l'État portant sur les obstacles pressentis qualifie de contraintes les règles d'attribution des contrats.

Le secteur des transports n'échappe pas à cette mutation. Le ministre responsable du dossier, Yvon Marcoux, ambitionne de faire des économies en misant sur le partenariat avec le privé pour la gestion, la construction et l'entretien des routes. C'est une baisse jusqu'à 20 % des coûts de conception, de construction, de réfection et d'entretien des routes que fait miroiter le ministre des Transports.

La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, pilote le dossier d'une poigne de fer. Selon elle, l'État québécois doit se débarrasser de ses façons de faire héritées des années 1960. «À vouloir s'occuper de tout, l'État québécois n'arrive pas à bien s'occuper de quoi que ce soit. C'est pourquoi nous voulons réorganiser l'appareil public pour le recentrer sur l'essentiel et en accroître l'efficacité», défend Mme Jérôme-Forget.

Les Québécois doivent se familiariser avec un nouveau vocabulaire: attrition, impartition, partenariat public-privé (PPP), réingénierie (terme délaissé pour celui de «modernisation» à la suite de pressions des firmes d'ingénierie).

La place accordée au privé touche la mission même du ministre des Transports, qui partage le contrôle du processus d'octroi de contrats avec des firmes d'ingénierie. Il a même mis en place, en 2004, dans une vision partenariale, un comité de concertation qui a les allures d'un club privilégié de firmes de génie-conseil afin de déterminer la façon dont sont octroyés les millions de dollars d'investissements dans les travaux routiers. Le privé ne gravite plus autour de l'État, il y a élu domicile.

La gouvernance libérale

«Le ministère des Transports est le ministère qui a le plus fait preuve de volonté d'auto-ratatinage depuis très longtemps. C'est dans ce ministère-là qu'il y a eu la première structure officielle pour regarder, avec un oeil attendri, les partenariats public-privé. Et c'était sous le Parti québécois, en 2000», explique le professeur Pierre Hamel, de l'Institut national de recherche scientifique (INRS).

Tous les cas documentés dans le rapport Duchesneau concernent toutefois la gouvernance libérale. Le gouvernement Charest a vraisemblablement pesé sur l'accélérateur. Pour l'éthicien Yves Boisvert, professeur à l'École nationale d'administration publique (ENAP), le rapport Duchesneau doit d'abord être lu dans une perspective administrative; il mesure l'impact des décisions politiques des libéraux.

«La question de fond qui ressort de ce rapport, c'est la perte de l'expertise. On lit qu'il y a une absence d'estimateurs au ministère et on apprend, un peu plus loin, qu'il y a surestimation des coûts. C'est un exemple, mais c'est aussi le coeur du problème, c'est-à-dire un système administratif complètement laxiste», affirme M. Boisvert.

Même l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'inquiète des effets pervers possibles de recourir au secteur privé dans certaines circonstances: «L'interdépendance des sphères économique et politique favorise les relations incestueuses.»

Au Québec, la Révolution tranquille a permis d'étatiser la matière grise. Le gouvernement bénéficiait alors de l'indépendance de la fonction publique. Mais avec le mouvement de rationalisation, transfert de mandats vers le privé, PPP, compression de personnel, tout a été mis en place pour «la série de dérapages décrits dans le rapport Duchesneau», ajoute-t-il.

L'une des recommandations du grand patron de l'Unité anticollusion est justement d'endiguer la perte d'expertise professionnelle au profit des firmes privées. Faut-il réembaucher? Le ministre des Transports, Pierre Moreau, qui se démène dans la tourmente qu'a provoquée le rapport Duchesneau, ne s'engage à rien. Tout au plus, il dit qu'il regardera les choses de près et que, de toute façon, certaines mesures correctrices sont déjà en marche, selon lui. D'aucuns ont détecté dans ces réponses une volonté de ranger au plus vite ces quelque 80 pages de rapport.

Pour Yves Boisvert, il est pourtant possible de juguler le problème mis au jour par Jacques Duchesneau: la responsabilité est entre les mains du gouvernement Charest. «Le changement de cap est possible, car il est politique», soutient le professeur.

À cet égard, M. Boisvert estime que «la rhétorique policière de Jean Charest n'est plus acceptable». Depuis des mois, Jean Charest assure qu'il veut jeter en prison «les bandits». C'est d'ailleurs là son principal argument pour ne pas déclencher de commission d'enquête publique.

Jacques Duchesneau, lui, propose de revoir les façons de faire du ministère des Transports, en amont et en aval de l'octroi des contrats. Il constate un système d'attribution et de surveillance vicié.

«L'opposition devrait d'ailleurs, selon Yves Boisvert, axer beaucoup plus ses critiques sur le potentiel d'enquête de l'Unité anticollusion plutôt que de réclamer une commission d'enquête.»

De son côté, Jacques Duchesneau estime indispensable la tenue d'une commission d'enquête. Mais il croit qu'une première étape pourrait se faire à huis clos, comme il l'explique lors de son entrevue à l'émission Tout le monde en parle diffusée demain, sur les ondes de Radio-Canada.

Outre les importants aspects administratifs, l'ancien chef de police soulève également un phénomène de collusion et de corruption auquel serait lié le crime organisé. «S'il devait y avoir intensification du trafic d'influence dans la sphère politique, on ne parlerait plus simplement d'activités criminelles marginales, ni même parallèles. On pourrait soupçonner une infiltration, voire une prise de contrôle de certaines fonctions de l'État ou des municipalités, comme celle de l'octroi de contrats publics», peut-on lire dans le rapport Duchesneau.

Pour le professeur Hamel de l'INRS, la démission de l'État dans certains aspects de sa gestion constitue «des circonstances facilitantes pour la collusion, mais il n'y a pas de cause à effet». «La collusion n'implique pas que le gouvernement soit partie prenante. Elle peut se faire à son insu, à condition tout de même qu'il y ait un ou deux fonctionnaires avec la vue pas trop aiguisée», souligne Pierre Hamel. «La corruption, c'est autre chose et ça peut exister dans un gouvernement ultra-centralisé et ultra-contrôlant», ajoute-t-il.

Le rapport Duchesneau distingue les deux problèmes, mais il souligne que le plus souvent «ces deux réalités existent, s'entremêlent, voire s'épaulent». «La collusion se nourrit du secret de quelques-uns et prolifère dans le terreau de l'insouciance générale. Il faut lui opposer une volonté politique sans équivoque, assortie de mesures claires, et une mobilisation de tous les instants», écrit Jacques Duchesneau, qui apportera un plus large éclairage de son enquête lors de sa comparution en commission parlementaire, mardi prochain.
Des décisions politiques s’imposent pour redonner au ministère des Transports les moyens qui lui font défaut. <br />
 
 
 
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  • Carole Dionne - Inscrite
    24 septembre 2011 02 h 10
    VIVE LES PPP DE MME FORGET
    Toute une ministre. Elle a fait trembler les journalistes en roulant ses "R". Elle s,est toujours pris pour une autre. Aujourd'hui, le Québec récolte ce que Mme Forget a semé en parti. EXCELLENT ELLE A VOULU JOUER À L'ÉCONOMISTE AVEC UN PETIT COUR EN ÉCONOMIE 101.
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  • P. Boutet - Abonné
    24 septembre 2011 07 h 32
    Nouvel ordre mondial
    Tout a commencé au début des années 80, un nouveau monde était en construction. L'apogée en a été le nouvel ordre mondial annoncé en grande pompe fin des années 1990.

    Pendant cette période, toutes sortes d'expériences de partenariat public privé ont été mises en place avec trop souvent des résultats catastrophiques. La déréglementation nécessaire à une économie régulée par les marchés donnait naissance à des horreurs comme la maladie Creutzfeldt-Jakob, maladie animale transmise à l'humain communément appelée maladie de la vache folle. Cette dérèglementation avait permis l'introduction de farines animales dans la nourriture des bovins, associée à la mondialisation, ces farines transitaient des pays en émergence comme l'Inde vers les pays producteurs de viande de boeuf.

    En bout de ligne, le doute s'installa que ce n'était pas l'animal qui avait transmis la maladie à l'humain mais probablement l'humain qui avait transmis la maladie aux bovins qui l'avait retransmise à l'humain. Les farines produites en Inde contenaient des restes humains étant donné que souvent ces farines étaient produites avec les corps recueillis dans le fleuve Gange où la tradition voulait qu'on incinère les corps sur des radeaux flottant envoyés à la dérive sur le Gange. L'incinération n'étant souvent pas complète, une partie du corps retombait dans le fleuve, imbrûlé. Si ce corps contenait la maladie, le cycle commencait.

    C'est un cas parmis d'autres où la dérèglementation nécessaire au "nouvel ordre mondial" régulé par les marchés a créé des tragédies.
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  • P. Boutet - Abonné
    24 septembre 2011 07 h 41
    Le nouvel ordre mondial
    Tout a commencé au début des années 80, un nouveau monde était en construction. L'apogée en a été le nouvel ordre mondial annoncé en grande pompe fin des années 1990.

    Pendant cette période, toutes sortes d'expériences de partenariat public privé ont été mises en place avec trop souvent des résultats catastrophiques. La déréglementation nécessaire à une économie régulée par les marchés donnait naissance à des horreurs comme la maladie Creutzfeldt-Jakob, maladie animale transmise à l'humain communément appelée maladie de la vache folle. Cette dérèglementation avait permis l'introduction de farines animales dans la nourriture des bovins, associée à la mondialisation, ces farines transitaient des pays en émergence comme l'Inde vers les pays producteurs de viande de boeuf.

    En bout de ligne, le doute s'installa que ce n'était pas l'animal qui avait transmis la maladie à l'humain mais probablement l'humain qui avait transmis la maladie aux bovins qui l'avait retransmise à l'humain. Les farines produites en Inde contenaient des restes humains étant donné que souvent ces farines étaient produites avec les corps recueillis dans le fleuve Gange où la tradition voulait qu'on incinère les corps sur des radeaux flottant envoyés à la dérive sur le Gange. L'incinération n'étant souvent pas complète, une partie du corps retombait dans le fleuve, imbrûlé. Si ce corps contenait la maladie, le cycle commencait.

    C'est un cas parmi d'autres où la dérèglementation nécessaire au "nouvel ordre mondial" régulé par les marchés a créé des tragédies. Cette régulation par les marchés donnait le haut du pavée aux entreprises pour qui le droit au retour sur l'investissement provoquait une série de négligeances où le mot erreur avait le dos large.

    Avec le nouvel ordre mondial la machine infernale était lancée et encore aujourd'hui on cherche comment l'arrêter.
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  • François Dugal - Abonné
    24 septembre 2011 08 h 04
    Moins d'État
    Un ti-n'ami surveillant un autre ti n'ami: les mafieux votent pour ce genre de gouvernance.
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  • Lise Moga - Inscrite
    24 septembre 2011 08 h 16
    L'intégrité serait-elle optionnelle!
    "Moins d'État, plus de dérapage." Il nous faut combien de plus de fonctionnaires que les autres provinces pour être à l'abri des dérapages? Toute proportion gardée, nous devrions être protégés mur à mur de la corruption. Pourquoi ne le sommes-nous pas?

    La "...réingénierie de l'État de 2003", beaucoup de gens, les partis d'opposition et surtout les syndicats l'ont décriée sur la place publique... ils n'avaient pas voté pour ça, criaient-ils. En 2010, plusieurs pros en parlaient comme de LA SOLUTION. À ramer dans toutes les directions, on ne se rend pas à destination.
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  • André Mainguy - Abonné
    24 septembre 2011 09 h 24
    Créer des coop d'ingénieurs
    Si on doit continuer à compter sur l'expertise externe des services professionels dans les projets de construction, tout en redonnant à l'État une expertise perdue, et qui profite actuellement aux entreprises qui gonflent les prix, comme le mentionne le rapport Duchesneau, ne faudrait-il pas encourager la création de coop d'ingénieurs qui pourraient compétitionner les bureaux d'ingénieurs dans l'optention des mandats de services professionnels ?

    On ne pose jamais la question, mais comment sont accordés les mandats de services professionnels au Québec, on ne voit jamais d'appels d'offres publics dans les journaux pour ce type de services ? Est-ce que les mandats sont accordés de façon discrétionnaire entre les principales firmes du Québec, lesquelles avalent les petits bureaux d'ingénieurs des régions à la vitesse gand V ?

    Des coop régionales d'ingénieurs pourraient être extrêmement utile à non seulement garder l'expertise en région, mais pourrait servir à développer de l'expertise en région, expertise qui pourrait être offerte à la grandeur du Québec. Les ingénieurs devraient réfléchir à cette nouvelle approche, pour répondre à la crise actuelle du monde de l'ingénierie - construction.
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  • Franfeluche - Abonné
    24 septembre 2011 09 h 32
    Le néolibéralisme en action
    Quand on regarde ce qui se passe aux États-Unis, on réalise que, depuis les années 80, les missions de l'état ont été graduellement transférées au privé qui ne s'en est pas privé pour se graisser la patte.
    L'expertise de l'état s'est aussi affaiblie non seulement par les diminutions d'impôt pour les plus riches mais par le fait de phénomène des portes tournantes. D'une part, des fonctionnaires de l'état se voyaient promettre par le privé de poursuivre une lucrative carrière en quittant la fonction publique, d'autre part, ce privé plaçait ces pions dans cette fonction publique. On peut ajouter que cela se passe aussi au niveau des représentants politiques. Question : Comment cela se passe-t-il au Québec ?
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  • Richard Deschenes - Inscrit
    24 septembre 2011 09 h 59
    L'État... une business?
    Lorsque nos dirigeants politiques se présentent comme des carriéristes et des administrateurs d'un appareil gouvernemental alors il y a un problème. L'État n'a jamais été, n'est pas et ne devrait pas être une entreprise. L'état est une entité voué au non-profit, au nivellement de la richesse de la population, à s'assurer des services réclamés par une population et prétendre le contraire nous conduit exactement là où nous sommes rendus.

    Sous prétexte de meilleure performance, de rationalisation on assiste à de coupures de services sans égard au besoin de la population. On fait de la ré-ingénierie en multipliant l'impartition des différents ministères (éclatement des ministères par l'élimination de certains services pour les confier à l'entreprise privée). Ce qui en fait a toujours été l'objectif non-avoué de ces gouvernements (fédéral et provincial)

    Comme si nous considérions que les entreprises maintenant chargé de responsabilités avaient à coeur le bien public alors que leur première mission est de faire des profits!!!! Ces entreprises naviguent sur des demandes de service vagues et imprécises(évidemment puisque ce sont des politiciens qui les expriment!). Est-il besoin de dire que ces entreprises qui facturent à l'acte sont très heureuses de revoir les contrats à la hausse à chaque opportunité. Sans compter que ces mêmes entreprises ont un lobby si puissant auprès de nos élus qu'ils continuent à travailler à réduire les champs de compétence des services gouvernementaux. (e.g. les PPP...). Ce puissant lobby a réussi à placer des valets comme Charest et Harper qui ne sont pas des hommes politiques mais des marionnettes au service de cet establishment. Les médias et la population ont été et sont toujours manipulés allègrement par toutes ces corporations de professionnels et ces entreprises qui gravitent autour de l'appareil gouvernemental.

    Nous sommes à l'ère où nous ne sommes plus des individus faisan
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  • Richard Deschenes - Inscrit
    24 septembre 2011 10 h 09
    L'État... une business? suite...
    La dernière phrase aurait devrait se lire comme suit:

    ''Nous sommes à l'ère où nous ne sommes plus des individus faisant partie d'une société mais des CLIENTS!''
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  • Eric Allard - Abonné
    24 septembre 2011 10 h 54
    Un conservateur au pouvoir
    Si au plan social, le gouvernement Charest s'est comporté comme un gouvernemtn libéral (pas trop, mais pas assez), sur le plan économique, on a réelleement un gouvernement conservateur, pour lequel la présence de l'état devrait être minimal.

    Et on vit présentement avec les conséquences de ce désengagement. Et malheureusement, il n'a pas d'opposition. Le PQ n'a plus beaucoup de temps pour réajuster son tir, car au train où on va, même si les élections étaient retardées le plus possible, je ne vois pas comment le PQ arrivera à se positionner pour prendre le pouvoir.

    Et, économiquement, est-ce que ça va réellement être différent?
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    24 septembre 2011 14 h 33
    Principale source de corruption
    Il faut mettre fin sans délai au financement privé des partis politiques.

    C'est la principale source de la corruption.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    24 septembre 2011 17 h 11
    Un État amoindri.
    Comme ça, l'État de sert du privé pour gérer l'argent des contribuables. Est-ce du bénévolat? En même temps, question contrat et égalité des chances des entreprises, toutes peuvent-elle compter sur la totale objectivité du privé concernant la gestion des dossiers de l'état? Ensuite, on se demande pourquoi il a de la corruption. C'est comme de tenter le diable, tout en lui demandant de faire l'ange.
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  • Poirier Sylvie - Inscrite
    24 septembre 2011 23 h 49
    Madame Kathleen Lévesque
    Vous avez beau écrire deux pages mais celà ne change pas le fait que le ministère de Charest à l'exception de Me Bellemare se plaignait qu'il était harcelé par Fava et compagnie dans son bureau. Qu'il a eu des pressions indûes et que maintenant on va mettre le chapeau aux moyens qui lui font défaut.

    Je pense qu'il faut cesser de mélanger les faits réels qui enflamment les Québécois. Le senti du peuple québécois ne va pas dans le même sens que la réingénerie. Au départ, je m'évertue à l'écrire depuis deux ans sur votre réseau et autre qu'il y a un flagrant manque d'entrepreneurship avec un profil dictateurial. Il faut changer la tête ensuite nous pourrons faire de la réingénérie.
    Bonne nuit
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  • France Marcotte - Abonnée
    25 septembre 2011 11 h 02
    Lucidité tardive
    Après coup, maintenant que le terreau fertile fait fleurir les germes de la corruption, on peut saluer le beau travail des médias pour nous expliquer le pourquoi du comment.
    Mais pendant que, après les élections de 2003, on implantait le beau programme de la réingénierie, pendant qu'il était encore temps de renverser la vapeur de l'État amoindri, quelle attitude adoptaient les mêmes médias?
    Étaient-ils complices, d'accord, sous le charme, manipulés, impuissants?

    C'est beau la lucidité tardive mais ça n'engage à rien et ça garde le lectorat en confiance.
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  • Lise Thibault - Inscrite
    25 septembre 2011 12 h 42
    Un changement de paradigme condamnable
    Mme Lévesque, Bravo et Merci pour cet article de fond. On comprend mieux le stratagème qui a mené à ce changement de paradigme dont le gouvernement Charest s’est voulu l’artisan : abdiquer de son rôle de gestionnaire de l’état pour le remettre au privé.

    Sauf qu’un gouvernement responsable doit gérer essentiellement en vue du bien collectif. À contrario, une firme privée n’a de devoir qu’envers elle-même et ses actionnaires, soit faire des profits, toujours plus de profits.

    Voilà où le bât blesse : suite à ce détournement du rôle de l’état au profit du privé, le bien commun est désormais exclu des décisions gouvernementales. Et ça, les citoyens commencent à le comprendre.

    Il faut maintenant espérer que ces même citoyens seront de plus en plus nombreux à sortir de leur petite zone de confort et à répondre «Présent». C’est essentiel pour un retour dans «l’ordre des choses».
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  • Lasante Pierre - Abonné
    25 septembre 2011 15 h 30
    $100 maximum par citoyen pour les contributions politiques...
    ...et interdiction à quelques compagnies que ce soit de faire des contributions. Ainsi les politiciens n'auront plus l'obligation de retourner l'ascenseur à leurs riches contributeurs. Et si jamais on s'aperçoit qu'un politicien a accepté des pots de vins alors c'est 1000 heures de travaux communautaires et abolition de sa pension. Pour les compagnies fautives c'est l'abolition de leurs licences d'exploitation plus une amende de 100% de tous les profits qu'ils ont réalisé grâce à leurs magouilles. Voila qui devrait en faire réfléchir plusieurs!
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  • Lise Moga - Inscrite
    25 septembre 2011 17 h 24
    Kadir l'a dit
    "$100 maximum par citoyen pour les contributions politiques..."

    Ça pourrait être même $5 000,00, pourvu que le don se fasse par amour.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    26 septembre 2011 01 h 15
    Moins d'État, plus de dérapages
    Pas facile à comprendre pour une masse de téléspectateurs matraquée au néolibéralisme depuis les années 80...

    Et la difficulté ne serait certes pas amoindrie si une enquête publique avait lieu. Peut-être, l'enfer, s'il existait, serait-il pavé de bonnes intentions? Pour notre part ce semble plutôt l'enfer qui pave nos routes et nos multiples destinations, mais frapper publiquement maintenant l'État cela ne risquerait-il pas de nous condamner à perpétuité dans cet état de choses? Qui peut encore nier les risques à jouer à Visa-le-noir-tua-le-blanc? Pour la survie et la vie du peuple québécois il faut viser la souveraineté, mais une souveraineté sans un État fort et sans la volonté populaire de l'entretenir et de l'améliorer, est-ce beaucoup mieux que la mort? À quel moment un courage imprudent se nomme-t-il témérité?

    Peu de temps après le refus du Parti libéral du Canada de cautionner la guerre en Irak en 2003, nous avions eu Gomery. Nous avons maintenant l'outrageux droitiste et très conservateurs Harper, anti ONU et issu d'une Alberta trop favorable aux guerres, guerres bien plus couteuses en vies et en argent que la plupart de nos dépenses publiques. N'aurions-nous pas davantage et mieux progressé si nous avions été plus prudents? À osciller entre l'éthique de la conviction et l'éthique de la responsabilité, à quel moment une justice insouciante de l'avenir se nomme-t-elle irresponsabilité?

    Cela dit, il est des choses dans lesquelles il n'est pas nécessaire de mettre le doigt dedans pour les identifier: sans doute faut-il abonder illico dans le sens du rapport Duchesneau et réclamer plus d'État et particulièrement plus d'expertise. Mais il semble urgent d'un point de vue structurel de mettre en place une laïcité économique afin de mieux séparer sphère d'autorité publique et espace de la société civile pour ainsi rompre de trop consubstantielles relations entre l'entreprise privée et l'État.
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  • giltrmb - Inscrit
    26 septembre 2011 05 h 14
    Contradictions
    Qui est l'homme le plus populaire au Québec? Legault, celui qui veut faire la même chose chez Hydro. Expliquez moi? Les politiciens n'ont jamais avoué ce qu'ils faisaient vraiement, soit donner l'étât au privé. Ils se contentent de parler de coupures des gras dûr, soit les fonctionnaires. Et on veux le faire là où est le gros de l'argent, soit à la santé et à l'éducation. Parlez-en à Charles Sirois, ce profiteur de l'étât sans égal...
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  • Lise Moga - Inscrite
    26 septembre 2011 08 h 31
    @ Eric Allaire
    " Le PQ n'a plus beaucoup de temps pour réajuster son tir, car au train où on va, même si les élections étaient retardées le plus possible, je ne vois pas comment le PQ arrivera à se positionner pour prendre le pouvoir".

    Encore faudrait-il que le PQ fasse parti de la solution plutôt que du problème.
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