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Compressions de 800 millions - Les réductions résultent d'un suivi serré du budget, insiste Courchesne

20 septembre 2011 | Lisa-Marie Gervais | Québec
Les compressions de 800 millions se traduiront par des reports de dépenses et des ponctions dans les surplus dans certains secteurs, a insisté la présidente du Conseil du trésor hier. En entrevue à Maisonneuve en direct à Radio-Canada, elle a tenu à remettre les pendules à l'heure en martelant que l'opération résulte d'un suivi serré du budget. «Dans toutes les administrations, année après année, on fait des budgets que ce soit au privé ou au public, et on anticipe au meilleur de notre connaissance ce que seront les dépenses», a expliqué Mme Courchesne. «Il y a des compressions demandées en fonction des risques et des dépassements.» Elle cite en exemple les projets informatiques dans le réseau de la santé, qui coûtent deux milliards. «Je ne dis pas que les 300 millions vont être coupés là. Il y a des réaménagements de locaux qui vont être reportés, des achats qui ne se feront pas», a-t-elle précisé.

Au ministère de l'Éducation, il y a 77 millions de compressions sur 200 millions au total à couper strictement dans l'administration du ministère. Ces coupes consisteraient en des réductions du nombre de corporations d'achats, le report de l'implantation de la téléphonie IP ou d'un service national de courrier électronique, a indiqué le Conseil du trésor. Mais l'argent pour réparer ou construire des écoles ne sera pas touché, assure-t-on. «Les constructions d'écoles, c'est de l'argent neuf, d'une autre enveloppe», a dit Dave Leclerc, l'attaché de presse de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp. Selon lui, les compressions seront faites à même les surplus des commissions scolaires qui est évalué à environ 400 millions. «On n'appelle pas ça du gras, c'était des sommes non utilisées qui n'étaient pas engagées déjà», a souligné M. Leclerc. Il a affirmé que les compressions de 200 millions en éducation sont «une cible à atteindre», mais qu'il n'est pas certain qu'elle le soit véritablement.

Quels surplus?


Pour le président de la Fédération des cégeps, le calcul que fait le ministère est bon en théorie, mais pas dans la pratique. «Le ministère avait un certain décalage», a indiqué M. Beauchesne. «Il s'est demandé ce qu'il pouvait aller chercher et a pensé aux soldes de fonds. Théoriquement, leur raisonnement est bon, mais, en pratique, ces sommes-là sont dédiées.» Il précise que le surplus des collèges est de 90 millions, soit 5 % d'un budget de 1,8 milliard. «Ce n'est rien du tout», a-t-il insisté. Selon lui, des montants de ce surplus ont déjà été déboursés pour des projets éducatifs. «On discute de ça avec le ministère. Il y a même des collèges où des chèques ont été faits et des dépenses effectuées, on ne peut pas piger là-dedans!»

Elles ont beau résulter d'un suivi budgétaire, les nouvelles compressions de 30 millions s'ajoutent à celles de 31 millions déjà annoncées, déplorent la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). «Ce sont les deuxièmes coupes que subissent les collèges en moins de six mois. Nous sommes inquiets des impacts sur les services aux étudiants», a dit le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. Selon lui, les dernières réductions se sont traduites par le report de l'embauche de bibliothécaires et de techniciens de langue. Le syndicat canadien de la fonction publique dénonce lui aussi cette «troisième vague» de compressions, en ajoutant celles engendrées par la loi 100 et les phénomènes d'attrition.
 
 
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