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Ras-le-bol

La population québécoise se fait carrément flouer par ceux-là mêmes qui sont élus pour défendre ses intérêts

Jacques Vaillancourt, citoyen  19 septembre 2011  Québec

À retenir

    «Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux»
    — Étienne de La Boétie (1530-1563) Discours de la servitude volontaire
L'éthique est à la mode. Mais de quoi parle-t-on quand on parle d'éthique? Qu'est-ce qu'un «manque d'éthique»? L'indignation et la colère que nous ressentons par rapport au système de corruption dans le domaine de la construction et de la politique relèvent-elles vraiment de l'éthique? N'avez-vous pas plutôt le sentiment que toute cette fraude est simplement immorale?

Quel gros mot, la morale! C'est beaucoup plus chic de parler d'éthique. Pourtant, l'éthique est une discipline qui s'intéresse, entre autres choses, aux fondements de la morale, de toute morale. C'est un travail qui exige au minimum une connaissance des théories qui soutiennent les positions morales. Mais nous n'en sommes pas là. Nous sommes plutôt au ras des pâquerettes...

La corruption dans l'industrie de la construction ne relève donc pas d'un problème éthique quelconque, c'est beaucoup plus simple que cela: on a affaire à des crapules qui fraudent le système avec la complicité des élus. Plus précisément, ils ne fraudent pas le système, ils en ont mis un en place: un système «gagnant-gagnant». Tu m'aides pour me faire élire, je t'aide pour tes contrats. Moral?

Une ploutocratie

La population québécoise se fait carrément flouer par ceux-là mêmes qui sont élus pour défendre ses intérêts. Peut-on parler de morale? Peut-on dire que quelqu'un qui trahit la confiance de ses électeurs est immoral? Un code d'éthique peut-il suppléer à la carence morale des individus? Permettez-moi d'en douter...

On n'est pas dans une démocratie, mais dans une ploutocratie, un gouvernement par les riches, pour les riches. La richesse en soi n'est pas nécessairement condamnable moralement (oups! Excusez le gros mot!) lorsqu'elle est acquise de manière honnête (et encore!), mais quand les intérêts particuliers et partisans prennent le dessus sur celui de la population, dans une véritable démocratie, on se débarrasse à grands coups de pied dans le derrière de ces despotes. Lorsqu'on se tient debout, comme peuple, on peut jusqu'à risquer sa vie pour sortir les crapules des cercles du pouvoir. Regardez le «printemps arabe». Quel courage! Sommes-nous si mous? Nous, on parle d'éthique...

Les Québécois se sont dotés d'un système de santé et d'éducation publiques accessibles (en principe) à tous. Si l'éducation et la santé nous tiennent vraiment à coeur, colmatons ces fuites dans nos coffres (les coffres de l'État), sacrons dehors les corrompus, cessons de demander plus aux étudiants, aux retraités, au monde ordinaire qui sue sang et eau pour voir son argent s'envoler dans les poches des bandits avec la complicité des dirigeants.

Et après, on nous dit de nous serrer la ceinture, qu'il faut faire notre part pour une gestion équitable des fonds publics, pour réduire le déficit, etc. Mon oeil! Nous sommes un peuple riche et nous pouvons nous donner des services publics de qualité avec tous les impôts et taxes que perçoit le gouvernement. On assiste présentement, impassible, à un gigantesque détournement de notre richesse au profit d'entreprises privées qui nourrissent aussi la main qui les nourrit. À même notre corps social. Moral?

Si le gouvernement actuel s'entête à refuser une enquête publique, j'en appelle à la population pour lui manifester clairement que nous ne voulons plus de cette forme de gouvernance, que ce soit celle d'un parti ou d'un autre. Pour assurer la paix sociale, pour que la colère justifiée devant l'entêtement du gouvernement à ne pas faire d'enquête publique ne se transforme pas en violence ouverte, manifestons pacifiquement, mais fermement notre désaccord. Le coup de pied nécessaire: grève générale et désobéissance civile. Et oui, c'est moral!

***

Jacques Vaillancourt, citoyen
 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    19 septembre 2011 00 h 36
    Monsieur Vaillancourt, chapeau !
    Un constat impitoyable sur la réalité que nous vivons et qui dit tout!
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  • Jean-Richard - Inscrit
    19 septembre 2011 08 h 08
    Bravo!
    Une personne qui dit exprime le même ressentiment. Comme le dirait mon grand-père: "Commencez par faire le ménage dans la soue avant".
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  • Dalvas - Inscrit
    19 septembre 2011 08 h 58
    Question...
    Je me pose sérieusement la question; si tous les québécois arrêtaient de payer ses impôts au gouvernement mais en les enregistrant dans un compte en fidéicommis, en attendant la formation de cette Commission d’enquête et la mise en accusation de ces escrocs qui nous volent en plein jour, est-ce qu’on pourra réussir ?
    Après tout, c’est notre argent et on se fait voler d’une poche, faudrait quand même pas montrer l’autre…
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  • Marc Donati - Abonné
    19 septembre 2011 09 h 54
    Manifestation ce samedi
    Il y aura une manifestation-monstre samedi prochain, le 24, devant les bureaux de Jean Charest à Montréal, au 770 Sherbrooke ouest à partir de 14h30.
    Tout le Québec y est convié: le thème: réapproprions-nous le Québec. Manifestons contre la corruption, contre les compagnies minières qui pillent notre sous-sol en nous laissant des miettes... manifestons contre le fait qu'on demande aux plus faibles de payer toujours plus.

    http://www.facebook.com/#!/event.php?eid=169480786

    Partout à travers la planète, les populations s'indignent. En Europe, les citoyens manifestent contre l'austérité. Il y a eu le printemps arabe. Même certaines personnes en Chine et aux États-Unis ont commencé à se réveiller. Il est temps d'en faire de même. Le Québec regorge de mécontents, combien d'entre eux seront dans la rue le 24?
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  • michel lebel - Inscrit
    19 septembre 2011 10 h 17
    Le poids des mots...
    À lire et entendre certains, toute la classe politique serait pourrie au royaume du Québec. À force d'entendre ce refrain, plus d'uns finissent par le croire. C'est ainsi qu'une démocratie s'étiole. Quand les médias nour montreront-ils un plus grand sens d'éthique. À moins que les mots aient grandement perdu leur poids au Québec. C'est hélas ce que je crois. Un certain Québec ne va décidément pas bien.
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  • SNost - Abonné
    19 septembre 2011 13 h 21
    Pacifique?
    Il faut bien sûr être pacifique, si cela peut produire les résultats escomptés. Mais il faut également être prêt à ne pas l'être si cela devient absolument nécessaire. C'est là le coeur même du printemops arabe.

    Nous sommes des mous parce que notre situation quotidienne n'est aucunement comparable aux citoyens arabes qui se sont révoltés. Mais de là à revêtir le chapeau du pacifisme à tout prix, il y a une marge...

    Si le gouvernement persiste dans le statu quo, il faut envisager tous les moyens nécessaires pour le faire plier. La corruption, c'est assez!
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    19 septembre 2011 15 h 11
    Le Québec au diapason de la planète?
    Pendant ce temps-là, certains trouvent que c'est une bonne idée de faire des États généraux sur la souveraineté!!! Quel décalage avec l'indignation dont vous parlez et qui traverse de toute façon une bonne partie de la planète. Le Brésil connaît des manifestations monstres contre la corruption, les Chiliens demandent des réformes constitutionnelles pour permettre l'éducation publique de qualité et un système de retraite quasi-inexistant (là aussi les minières canadiennes sont très très présentes!); le printemps arabe réclame des comptes, les Grecs, les Portugais, les Espagnols... les Islandais ont refusé de rembourser les banques en faillite. etc...
    Tout se passe comme si sachant la fin proche de leur système, ils ne prennent plus aucune précaution pour en cacher les mécanismes... Ploutocratie vous dites? oui au service d'une oligarchie, dont les entrepreneurs en construction ne sont malheureusement que la pointe de l'iceberg, tout comme les «fraudeurs» désignés officiellement par les «autorités compétentes» ces dernières années.
    Le 24 septembre j'y serai, mais cela ne peut être une seule journée, il faut un mouvement...

    Bernard Gadoua
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  • Helpaul - Inscrit
    19 septembre 2011 21 h 22
    @Gadoua
    N'oubliez pas qu'apres tous ces printemps, les arabes en sont maintenant a se demander quoi faire... Alorsd, des états généraux, ca n'est peut-etre pas si bete....
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    20 septembre 2011 10 h 32
    La corruption.
    La corruption relève moins de l'éthique et de la morale que d'une culture établie. À un point tel que quelqu'un qui ne veut pas vivre son quotidien de cette façon risque de se faire stigmatiser par les autres qui eux, parfois par faiblesse, ont décidé de revêtir son habit.
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