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    Québec coupe 800 millions

    17 septembre 2011 |Lisa-Marie Gervais | Québec
    Ces nouvelles compressions dictées par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, seraient en partie dues aux débordements des coûts en transport et ceux liés aux inondations en Montérégie, ainsi qu'aux revenus des exportations, moindres que prévus.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Ces nouvelles compressions dictées par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, seraient en partie dues aux débordements des coûts en transport et ceux liés aux inondations en Montérégie, ainsi qu'aux revenus des exportations, moindres que prévus.
    • 530 millions de moins pour la santé et l'éducation
    • Tous les ministères seront touchés
    A la poursuite de son objectif du déficit zéro, le gouvernement Charest impose à tous ses ministères des compressions de 800 millions pour l'année financière en cours, a appris Le Devoir. La moitié de cet «effort» budgétaire devra être réalisé par les deux plus importants portefeuilles de l'État, soit la Santé (environ 350 millions) et l'Éducation (environ 180 millions).

    Ces nouvelles compressions dictées par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, seraient en partie dues aux débordements des coûts en transport et ceux liés aux inondations en Montérégie, ainsi qu'aux revenus des exportations, moindres que prévus. «Pour atteindre notre objectif de retour à l'équilibre budgétaire, on fait des suivis. En cours d'année, il y a certains ajustements qui se font dans les enveloppes des ministères pour nous permettre d'atteindre notre cible globale. C'est un processus normal, a dit Isabelle Mercille, attachée de presse au Conseil du trésor. Mais ce sont des cibles qui touchent uniquement les dépenses administratives. Ça ne vise pas les services.» Il revient toutefois aux ministères de déterminer comment, dans leurs divers secteurs, seront ventilés les montants des coupes.

    En éducation, c'est le ministère lui-même qui écoperait du plus grand effort à faire (77 millions), suivi des commissions scolaires (environ 65 millions) et des cégeps (30 millions). «Ça n'aura aucun impact puisque c'est des coupes qui se font à même les surplus», a dit Dave Leclerc, l'attaché de presse de la ministre de l'Éducation.

    Selon divers acteurs du milieu interrogés par Le Devoir, il serait toutefois pratiquement impossible de procéder à ces coupes sans affecter les services aux élèves.

    Au premier chef, le réseau collégial qui, déjà aux prises avec des compressions de 31 millions, est particulièrement inquiet qu'on lui retranche de nouvelles sommes. Réunis d'urgence toute la matinée d'hier avec les présidents de leurs conseils d'administration, les directeurs des 48 cégeps ont voté à l'unanimité une résolution condamnant ces nouvelles ponctions dans leurs budgets et promettent des actions publiques de dénonciation. «On n'applaudira jamais des compressions», a affirmé Jean Beauchesne, président-directeur général de la Fédération des cégeps, qui est actuellement en pourparlers avec le ministère pour déterminer le meilleur moyen d'effecteur ces coupes. «C'est un choix politique et on en subit les conséquences.»

    Atteinte aux services aux élèves

    Réaliste, il ne peut garantir qu'elles seront sans heurts pour les services aux élèves. «Dire qu'on va réussir à ne couper que dans les services administratifs est une vue de l'esprit. Quand on est sur le terrain, c'est pas comme ça que ça se passe. Si je coupe un concierge, j'affecte les services aux étudiants. Indirectement, vous allez me dire, mais c'est ça pareil», a noté M. Beauchesne.

    Même son de cloche dans les commissions scolaires anglophones, où il apparaît difficile de couper sans toucher les élèves. «Nous avons une tâche dans la vie qui est de dispenser des services aux élèves. Et de dire qu'aucune coupe que ce soit, surtout au milieu d'un exercice financier, ne va affecter les services rendus aux élèves serait trompeur», a dit David Birnbaum, directeur général de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ), en disant toutefois apprécier avoir été consulté «cette fois-ci».

    Du côté francophone, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a déclaré qu'elle ne ferait pas de commentaires pour l'instant. «On a été informé des nouvelles compressions qui s'ajoutent à celles déjà annoncées, mais on n'a pas de précisions sur les modalités d'application. On a des échanges avec le ministère, mais on ne sait pas encore si ça va affecter les services aux élèves», a souligné la porte-parole de la FCSQ, Caroline Lemieux.

    En mai dernier, la Fédération était pourtant montée aux barricades pour s'opposer à des coupes de 110 millions qu'on lui infligeait. «Elle était sortie sur la place publique, mais cette année, on l'entend moins», s'est étonné le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent. Pour expliquer le silence de la FCSQ, il avance l'hypothèse que celle-ci est devenue plus conciliante moyennant un plus grand respect de son pouvoir décisionnel par le ministère.

    La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, s'est pour sa part inquiétée de ces nouvelles amputations dans les budgets. «Il ne faut absolument pas que ça affecte les services aux élèves. Ils sont déjà au minimum dans plusieurs milieux. On ne sera certainement pas d'accord avec ça», a-t-elle insisté.

    Coupes en santé


    Quant au ministère de la Santé, il n'a pas voulu confirmer le montant de 350 millions en coupes. L'attachée de presse du ministre Yves Bolduc, Natacha Joncas Boudreau, a toutefois reconnu qu'il se situait «dans ces eaux-là». «Les coupes vont se faire à l'intérieur du ministère, a-t-elle indiqué. On parle de frais administratifs et d'allocations budgétaires.»

    Le président de la CSN, Louis Roy, déplore cet entêtement dans l'atteinte du déficit zéro qui a mené à ces nouvelles coupes totalisant près de 1 milliard. «Lors du dernier budget, on savait que cette façon de comptabiliser-là, cette poursuite du déficit zéro à tout prix allait mener en cours de route à des compressions supplémentaires et on avait dit au gouvernement qu'on n'en voulait pas», a-t-il indiqué. S'il admet ne pas avoir entendu parler de coupes dans les services pour l'instant, il doute qu'une somme aussi importante puisse être retranchée uniquement en interne. «Je ne connais pas le budget à l'interne du ministère, mais si on arrive à couper 350 millions, fermons-le», a-t-il lancé.

    Le Conseil du trésor a refusé de révéler le détail des montants coupés pour chacun des ministères.












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