Pour une politique axée sur la collaboration
Le manifeste du député péquiste Sylvain Pagé a été accueilli froidement
Photo : Agence Reuters Mathieu Belanger
Dans son manifeste, Sylvain Pagé croit qu’il faut entre autres changer la disposition des sièges à l’Assemblée nationale afin d’adopter celle de l’hémicycle.
Québec — Pour mettre fin au cynisme de la population, il faudrait carrément révolutionner la démocratie québécoise, a soutenu hier le député péquiste de Labelle Sylvain Pagé en déposant un manifeste «Pour une nouvelle culture politique». Passer d'une culture politique d'opposition à une autre, de collaboration. De plus, «les citoyens ne veulent plus vivre leur démocratie aux quatre ans, mais pendant quatre ans», a-t-il soutenu hier en conférence de presse.
Comme son collègue Bernard Drainville, qui a dévoilé un rapport sur le sujet à la mi-août, M. Pagé croit que la pratique du vote libre en Chambre ainsi que les référendums d'initiative populaire pourraient, entre autres, guérir la démocratie québécoise. Mais il souhaiterait aller beaucoup plus loin. À ses yeux, il faut changer la disposition des sièges à l'Assemblée nationale afin d'adopter celle de l'hémicycle. Les parlementaires devraient aussi être placés par ordre alphabétique pour éviter les phénomènes d'opposition de groupes. Le Conseil des ministres devrait inclure des députés de l'opposition. D'ailleurs, il suggère d'éliminer le terme «opposition officielle» pour le remplacer par «deuxième parti». Les citoyens devraient pouvoir poser des questions directement aux élus. Les élus qui démissionnent de leur siège avant la mi-mandat — comme Monique Jérôme-Forget et Camil Bouchard — ne devraient pas avoir droit à une indemnité de départ.
Ce ne sont là que quelques-unes des multiples propositions du député (voir sylvainpagedepute.org/nouvelleculturepolitique/).
Lorsqu'on lui a demandé s'il était un «utopiste», il a répondu: «Peut-être, mais je pense que ça en prend.» Il a dit savoir qu'il risque de «frapper un mur».
Anti-applaudissement
À la différence de Bernard Drainville ainsi que du député de Matane, Pascal Bérubé, qui ont consulté des «citoyens», M. Pagé s'est entretenu avec des «acteurs et penseurs politiques», dont deux qui ont quitté le giron péquiste en juin, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe. Exécrant la partisanerie, reconnu pour refuser d'applaudir ses collègues péquistes lors de la période de questions, M. Pagé a aussi consulté des figures de proue de formations politiques adverses: Amir Khadir de Québec solidaire, Pierre Paradis et Benoît Pelletier du PLQ ainsi que le chef de l'ADQ Gérard Deltell.
Contrairement à M. Drainville, qui a dévoilé son rapport aux médias avant de le présenter à ses collègues du caucus péquiste — à leur grand déplaisir —, M. Pagé a présenté une partie de son rapport lors de la réunion du caucus péquiste de la semaine dernière à Saguenay. Malgré cela, il soutient que son texte n'est pas passé par le «filtre du PQ».
Le manifeste a été accueilli froidement hier. La chef Pauline Marois l'a transmis à un comité dirigé par la présidente du caucus du PQ, Monique Richard. «Il va très loin, ça ne veut pas dire qu'on va faire tout ça», a indiqué Mme Marois. Le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a soutenu que M. Pagé était un «ami» et qu'il recevait «avec beaucoup de respect» sa contribution. Il a toutefois refusé de dire s'il était prêt à considérer l'une ou l'autre de ses suggestions. «Il n'y a qu'un seul passage obligé pour que nous puissions avoir une démocratie meilleure, c'est [celui] que nous nous respections comme individus», a-t-il dit en marge du caucus du PLQ à Saint-Alexis-des-Monts.
***
Avec la collaboration de Robert Dutrisac
Avec La Presse canadienne
Comme son collègue Bernard Drainville, qui a dévoilé un rapport sur le sujet à la mi-août, M. Pagé croit que la pratique du vote libre en Chambre ainsi que les référendums d'initiative populaire pourraient, entre autres, guérir la démocratie québécoise. Mais il souhaiterait aller beaucoup plus loin. À ses yeux, il faut changer la disposition des sièges à l'Assemblée nationale afin d'adopter celle de l'hémicycle. Les parlementaires devraient aussi être placés par ordre alphabétique pour éviter les phénomènes d'opposition de groupes. Le Conseil des ministres devrait inclure des députés de l'opposition. D'ailleurs, il suggère d'éliminer le terme «opposition officielle» pour le remplacer par «deuxième parti». Les citoyens devraient pouvoir poser des questions directement aux élus. Les élus qui démissionnent de leur siège avant la mi-mandat — comme Monique Jérôme-Forget et Camil Bouchard — ne devraient pas avoir droit à une indemnité de départ.
Ce ne sont là que quelques-unes des multiples propositions du député (voir sylvainpagedepute.org/nouvelleculturepolitique/).
Lorsqu'on lui a demandé s'il était un «utopiste», il a répondu: «Peut-être, mais je pense que ça en prend.» Il a dit savoir qu'il risque de «frapper un mur».
Anti-applaudissement
À la différence de Bernard Drainville ainsi que du député de Matane, Pascal Bérubé, qui ont consulté des «citoyens», M. Pagé s'est entretenu avec des «acteurs et penseurs politiques», dont deux qui ont quitté le giron péquiste en juin, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe. Exécrant la partisanerie, reconnu pour refuser d'applaudir ses collègues péquistes lors de la période de questions, M. Pagé a aussi consulté des figures de proue de formations politiques adverses: Amir Khadir de Québec solidaire, Pierre Paradis et Benoît Pelletier du PLQ ainsi que le chef de l'ADQ Gérard Deltell.
Contrairement à M. Drainville, qui a dévoilé son rapport aux médias avant de le présenter à ses collègues du caucus péquiste — à leur grand déplaisir —, M. Pagé a présenté une partie de son rapport lors de la réunion du caucus péquiste de la semaine dernière à Saguenay. Malgré cela, il soutient que son texte n'est pas passé par le «filtre du PQ».
Le manifeste a été accueilli froidement hier. La chef Pauline Marois l'a transmis à un comité dirigé par la présidente du caucus du PQ, Monique Richard. «Il va très loin, ça ne veut pas dire qu'on va faire tout ça», a indiqué Mme Marois. Le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a soutenu que M. Pagé était un «ami» et qu'il recevait «avec beaucoup de respect» sa contribution. Il a toutefois refusé de dire s'il était prêt à considérer l'une ou l'autre de ses suggestions. «Il n'y a qu'un seul passage obligé pour que nous puissions avoir une démocratie meilleure, c'est [celui] que nous nous respections comme individus», a-t-il dit en marge du caucus du PLQ à Saint-Alexis-des-Monts.
***
Avec la collaboration de Robert Dutrisac
Avec La Presse canadienne
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

